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Petralona et Filopappou, la vie de quartier à l'ouest de l'Acropole

Petralona occupe le versant ouest de la colline de Filopappou, entre l’avenue Pireos et les pentes boisées qui font face à l’Acropole. La voie de la ligne 1 coupe le quartier en deux : Ano Petralona, adossé à la colline, avec ses maisons basses et ses places de village ; Kato Petralona, plus plat et plus dense, héritier des ateliers. Au sud, Petralona se prolonge par le petit quartier de Filopappou, derrière la colline et en contrebas du théâtre Dora Stratou, une poche résidentielle qui fait la jonction avec Koukaki. L’ensemble forme l’un des secteurs du centre où la vie athénienne ordinaire se lit le plus directement, entre marchés de rue, kafeneia et tavernes. Reste à savoir si le quartier se prête à une nuit ou à une semaine, et ce qui mérite le détour une fois sur place. La pression touristique se concentre sur les sentiers de la colline en fin de journée, et épargne presque entièrement les rues alentour.

Où se situe le quartier de Petralona à Athènes ?

Petralona prolonge vers le sud le quartier de Thissio et s’etends à l’ouest de la colline de Filopappou. Comptez une vingtaine de minutes à pied jusqu’à l’entrée sud de l’Acropole par les chemins de la colline, dix minutes jusqu’à la place de Thissio, et moins de cinq minutes entre la station et la place Merkouri. Les rues Troon et Dimofontos structurent la partie haute, Kiriadon et Trion Ierarchon la partie basse.

La station Petralona est sur la ligne 1, celle qui dessert directement le port du Piree : un argument sérieux pour un départ en ferry à l’aube. Pour l’aéroport, il faut changer à Monastiraki et prendre la ligne 3, soit une heure environ, aucun bus ne desservant le quartier. Le détail des tickets et des fréquences figure sur la page transports en commun d’Athènes.

Côté relief, Ano Petralona grimpe pas mal dès qu’on quitte la rue Troon, escaliers et trottoirs étroits. Kato Petralona est plat et facile à parcourir, mais le stationnement y devient difficile dès le milieu de matinée.

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Quelle ambiance dans le quartier de Petralona ?

Petralona a d’abord été un pâturage. Les bergers y menaient leurs chèvres jusqu’à l’interdiction municipale de 1925, d’où le surnom de Katsikadika donné à la partie basse. Le nom actuel vient des aires de battage en pierre qui occupaient les pentes. Après 1922, environ huit cents familles de réfugiés d’Asie Mineure s’installent plus haut, sur une colline nue, dans un secteur d’abord appelé Attaliotika puis Asyrmatos. Un incendie le ravage en 1944, cent soixante-dix maisons en pierre sont rebâties en 1956, et le haut du quartier a fini par porter leur nom : Petrina. En contrebas, ateliers et petites usines ont donné à Kato Petralona une allure ouvrière qui se voit encore sur les façades.

Le tissu social n’a pas basculé. On y croise des familles installées depuis trois générations, des étudiants, une population créative arrivée dans les années 2000, très peu de touristes en semaine. Les commerces du quotidien tiennent bon : quincailleries, merceries, primeurs, boulangeries. Le versant Filopappou reste purement résidentiel.

C’est un quartier très agréable. Le matin, le quartier est silencieux et les kafeneia se remplissent d’habitués : je n’ai jamais vu la place Merkouri occupée par autre chose qu’une tablée de voisins un jour ouvré. Le mercredi, le marché de la rue Pandorou anime Kato Petralona, et le vendredi celui de la rue Kallisthenous fait la même chose dans la partie haute. Le soir, l’animation se concentre sur quelques dizaines de mètres, rues Troon, Dimofontos et Kydantidon, et les rues résidentielles retombent vite. Le dimanche midi reste le moment le plus athénien de la semaine.

La sécurité ne pose pas de problème particulier dans ce quartier familial. La prudence ordinaire s’applique à la frange ouest, vers l’avenue Pireos et la rue Chamosternas, peu fréquentée une fois les ateliers fermés, et aux passages sous la voie ferrée tard le soir. Les rues Troon, Dimofontos, Kydantidon, Dorieon et les abords de la place Merkouri restent fréquentés à toute heure. Le surtourisme reste relatif et se concentre sur la colline : entre mai et septembre, le belvédère face à l’Acropole est saturé dans l’heure qui précède le coucher du soleil.

Petralona et Filopappou en un coup d'œil

  • Localisation et transports - 6/10
    6/10
  • Ambiance et sorties - 6/10
    6/10
  • Vie locale et authenticité - 8/10
    8/10
  • Calme la nuit - 8/10
    8/10
  • Sécurité ressentie - 8/10
    8/10
  • Espaces verts - 7/10
    7/10

Localisation : Station Petralona sur la ligne 1, Piree sans changement, mais vingt minutes de marche jusqu’à l’Acropole et un changement à Monastiraki pour l’aéroport.
Ambiance : Tavernes et kafeneia serrés autour des rues Troon et Kydantidon, animation réelle mais courte, qui retombe avant le milieu de la nuit en semaine.
Vie locale, authenticite : Quartier réellement habité, commerces d’usage quotidien et marchés rue Pandorou le mercredi, rue Kallisthenous le vendredi, avec un versant Filopappou avant tout résidentiel.
Niveau sonore : Rues résidentielles silencieuses passé 23 heures, le bruit se limitant aux terrasses de Troon et de Kydantidon pendant les soirées d’été.
Securite ressentie : Quartier familial fréquenté à toute heure, seule la frange ouest vers Pireos et Chamosternas se vidant après la fermeture des ateliers.
Espaces verts : Colline de Filopappou accessible à pied depuis les rues hautes d’Ano Petralona, pins et brise en fin de journée, tissu plus minéral à Kato Petralona.

Ideal pour : Séjour long, voyageur qui veut vivre le quotidien athénien plutôt que courir les sites, budget contenu, départ en ferry depuis le Piree par la ligne 1.
A eviter si : Séjour de deux ou trois nuits centré sur les monuments, mobilité réduite dans les rues en pente d’Ano Petralona, besoin d’un accès direct à l’aéroport.

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La carte du quartier

Que voir et que faire à Petralona et sur la colline de Filopappou ?

La colline de Filopappou est le véritable point fort du quartier. Les Grecs l’appellent aussi colline des Muses, et son sommet porte le tombeau de Philopappos (📍), prince de Commagène exilé devenu bienfaiteur d’Athènes, élevé entre 114 et 116. Le reste de la colline se parcourt par les chemins dallés que Dimitris Pikionis a dessinés dans les années 1950 pour relier les Propylées à Filopappou : une maçonnerie montée à la main, avec des pierres récupérées, qui compte parmi les plus belles interventions d’architecture du siècle en Grèce. On y trouve aussi la basilique Agios Dimitrios Loumbardiaris (📍), la prison de Socrate (📍), la Pnyx (📍) et la colline des Nymphes (📍), coiffée de l’Observatoire national (📍). Les pages collines d’Athènes et visite de l’Acropole détaillent ces sites.

Sur le versant ouest, le théâtre Dora Stratou donne depuis les années 1950 des danses traditionnelles grecques, région par région. En contrebas s’étire le quartier de Filopappou, quelques rues calmes bordées de maisons néoclassiques. Dans Petralona même, le cinéma en plein air Zefyros (📍), rue Troon, ancien théâtre de variétés, programme reprises et classiques depuis les années 1930 devant un public athénien. Le haut du quartier vaut le détour pour lui-même, entre les Petrina et l’immeuble (📍) que l’architecte Elli Vasilikioti y a construit en 1967.

Une balade d’une heure dans Petralona

Partez de la station Petralona, remontez la rue Trion Ierarchon jusqu’à la rue Kiriadon, puis traversez la voie ferrée et suivez la rue Dimofontos jusqu’à la place Merkouri : cafés, kiosque, bancs occupés toute la journée. Continuez par la rue Troon, l’axe le plus caractéristique du quartier, jusqu’au cinéma Zefyros. Bifurquez dans la rue Apolloniou pour les Petrina, ces maisons en pierre qui donnent au haut du quartier des airs de village de montagne. Montez ensuite vers la colline de Dexameni, en haut de la rue Koilis, puis entrez sur Filopappou par le sentier qui part au-dessus du théâtre Dora Stratou : les chemins de Pikionis mènent en dix minutes au monument, face au Parthénon.

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Nos adresses pour un café, manger ou prendre un verre à Petralona

Le matin appartient aux kafeneia. Bambouras (📍), rue Dimofontos, est le plus fidèle à l’idée qu’on s’en fait : marbre, café grec servi au briki, journaux du jour et conversations qui durent. En bas, Gnorimia (📍), rue Skamvonidon, tient le registre du café ouzeri de quartier, petites fritures, marathopita crétoise, clientèle presque entièrement locale. Face à la place principale, Adad Books & Cafe (📍) sert un café de spécialité au milieu des livres d’art et des revues indépendantes : le meilleur poste d’observation un dimanche matin.

À midi et le soir, Petralona joue sur son terrain. Oikonomou (📍), à l’angle des rues Troon et Kydantidon, est le mageireio du quartier depuis près d’un siècle : plats mijotés annoncés de vive voix, vin en vrac, tablées familiales le dimanche. Therapeftirio (📍) s’est fait une réputation sur les grillades et le poisson frais, et reste l’adresse où les habitants emmènent la famille de passage. Aschimopapo (📍), rue Ionon, est la taverne classique du haut du quartier, murs couverts de tableaux et cuisine sans détour. Sur la place Merkouri, Rantevou (📍) tient le registre du mezedopoleio d’avant, celui où l’on commande quatre assiettes et une carafe sans regarder l’heure.

Pour changer de registre, Treli Rodia (📍), rue Kydantidon, travaille une cuisine grecque plus légère, avec des produits de petits producteurs. Derrière la colline, dans le quartier de Filopappou, Hoop (📍) grille ses brochettes sur la place Elpidas : j’y retourne pour ce souvlaki de voisinage, loin des comptoirs à touristes du centre. Et pour une parenthèse française, Chez Lucien (📍), rue Troon, sert entrecôte, soupe à l’oignon et vins au verre dans un petit bistrot sous un bougainvillier, l’une des rares tables non grecques que le quartier revendique comme la sienne.

Le verre du soir se prend en bas ou en haut. Upupa Epops (📍), à Kato Petralona, occupe la cour d’une maison néoclassique et concentre l’essentiel de l’animation nocturne du secteur. Klouvi (📍) tient sur quelques mètres carrés, décor vintage et clientèle d’habitués qui se connaissent tous. Plus haut, Epi tis Dexamenis (📍) profite de la terrasse la mieux placée d’Ano Petralona, sous les arbres de la place. Les Athéniens y viennent surtout le week-end, ce qui rend la semaine nettement plus agréable.

→ L'agenda des sorties et évènements culturels à Athènes, quartier par quartier.

Petralona est-il un bon quartier pour s’installer ?

Les avantages et les inconvénients de Petralona

Les avantages :

  • Un rapport qualité prix parmi les meilleurs du centre.
  • La ligne 1 vers le Piree sans changement, décisive pour un départ en ferry.
  • Des commerces d’usage quotidien et deux marchés de rue par semaine.
  • La colline de Filopappou au bout des rues hautes : ombre, pins et brise le soir.
  • Des rues résidentielles silencieuses passé 23 heures, en dehors des axes de sortie.

Les inconvénients :

  • Vingt minutes de marche jusqu’à l’Acropole et un changement pour l’aéroport.
  • Ano Petralona monte sec : escaliers et trottoirs étroits, peu adapté à une mobilité réduite.
  • Une offre hôtelière presque limiutée : peu de réception ou de petit déjeuner mais pas mal de locations sur Airbnb.
  • Kato Petralona chauffe fortement en juillet et en août, avec peu d’ombre vers Pireos.
  • Les terrasses des rues Troon et Kydantidon portent le bruit tard pendant les soirées d’été.

Sept adresses recommandées pour dormir à Petralona

L’offre est singulière alors que la quasi-totalité sont des appartements de location de courte durée, largement proposés sur Airbnb, face à une poignée d’aparthotels et aucune adresse de luxe. Pour du haut de gamme, il faut viser Thissio ou Koukaki.

  • Troon of Athens Apartments : dix studios et lofts rue Troon, au coeur d’Ano Petralona, décoration contemporaine et cour intérieure. Abordable.
  • Melpomeni House : quatre suites rue Kydantidon, mobilier fait main, balcon et kitchenette, dans la rue des tavernes. Intermédiaire.
  • Pallineon House : aparthotel de la rue Pallineon, dans la partie haute, appartements spacieux et équipement complet. Intermédiaire.
  • Omian Emerald House : appartements rue Simmachidon avec toit-terrasse, côté Kato Petralona, à quelques minutes de la station. Intermédiaire.
  • NeMapartment : appartements familiaux rue Trion Ierarchon, au pied de la station Petralona, cuisine équipée. Intermédiaire.
  • Io Suites : dix appartements rue Ious, à Kato Petralona, balcons avec vue sur la ville et salle de sport. Abordable.
  • The Blue House Athens : studios de 26 à 38 mètres carrés rue Dimofontos, rénovation rétro soignée, métro à deux pas. Intermédiaire.

La page hébergements à Athènes couvre les autres secteurs, et la page quartiers d’Athènes situe Petralona entre Koukaki et Thissio.

Ce qu’il ne faut pas rater à Petralona et Filopappou

  • Le monument de Philopappos au sommet de la colline des Muses, et la vue frontale sur le Parthénon qu’il offre au lever du jour.
  • Les chemins dallés de Dimitris Pikionis, leurs pierres récupérées et leurs joints irréguliers, à parcourir lentement plutôt qu’en traversée rapide.
  • La basilique Agios Dimitrios Loumbardiaris, blottie sous les pins, l’un des rares coins d’ombre absolue de la colline en plein été.
  • La place Merkouri un matin de semaine, quand les kafeneia sont pleins et que le quartier n’a encore rien de touristique.
  • Les Petrina, ces maisons en pierre rebâties en 1956 pour les réfugiés d’Asie Mineure, entre les rues Apolloniou et Troon.
  • Le marché de la rue Pandorou le mercredi, pour ses étals de légumes, son poisson et les cris des marchands.
  • Une séance au cinéma en plein air Zefyros, rue Troon, où les reprises se voient devant un public entièrement athénien.
  • Le théâtre Dora Stratou sur le versant ouest, pour ses danses traditionnelles montées avec un sérieux ethnographique rare.