In Carnets de voyage

A la voile ! Croisière dans Les Cyclades en Catamaran.
Paros, Syros, Mykonos, Dhonoussa, Amorgos, Iraklia et Antiparos.

Semaine du 13 au 19 septembre 2013

J’ai décidé de partir en voyage en mode challenge pour accomplir une aventure en solitaire ! Je veux dire par là : sans mon amoureux.

J’ai loué une « cabine » sur un catamaran auprès d’Archipel Club (en fait de cabine je voyage dans un des flotteurs 😉 ) pour une semaine de navigation dans les Cyclades. Je partage le bateau avec 8 autres personnes inconnues. Et évidemment je stress ! Mais je suis trop contente de vivre cette aventure 🙂

Le vol est direct de Lyon à Athènes (2:30) et je suis toute seule sur ma rangée : tranquille ! Par le hublot je vois défiler les Alpes, Turin, Rimini, Ancona, Naples, Bari, Brindisi, Corfu puis enfin Athènes. A mon arrivée à l’aéroport d’Athènes je saute dans le bus X96  pour une heure et demie de route jusqu’au port du Pirée. C’est long. Pourtant le bus roule vite mais il faut traverser tout Athènes pour rejoindre le port et la circulation est dense. Scooters, voitures… le piéton n’est pas légion !

Ensuite il faut compter 5 heures de ferry avant d’arriver sur Paros. Plusieurs compagnies assurent cette liaison maritime : j’opte pour la Blue Star Ferries. J’avais réservé un siège en cabine sur leur site internet. A savoir que malgré ma réservation je me suis rendu dans l’une de leurs agence pour retirer mon billet avant l’embarquement.

vol avion lyon athènes

Il est 23:00 lorsque je débarque enfin au port de Parikia, Paros.

Je loue une nuit d’hôtel à l’Appolon *** situé à proximité de Livadia, la plage la plus proche de la vieille ville de Parikia.
La chambre est spacieuse et très propre. Je pose mon sac et à 23:30 je ressors prendre un verre sur la plage et profiter… de la chaleur nocturne, des lumières de la vieille ville qui se reflètent sur l’eau, et du ciel rempli d’étoiles qui scintillent au dessus de ma tête !

Le lendemain, à midi, j’ai rendez vous avec Georges Gritsis (archipelclub.com) sur le port pour faire la connaissance du reste de l’équipage et connaître les modalités de notre périple de la semaine.

Comme je suis debout tôt dans la matinée je choisis de prendre le petit déjeuner de l’hôtel. 6€ pour un petit déjeuner moyen. La prochaine fois autant sortir de l’hôtel pour me rendre dans une des tavernes aux alentours qui proposent un petit déj. de meilleur qualité.
Après quoi je choisi de me promener sur les quais et de remonter jusqu’à la vieille ville de Parikia avant le rendez-vous. Je m’amuse de voir une dizaine de canards sur le quai et m’attarde devant un bougainvillée vandalisé sur lequel on a déposé des dizaines de poèmes dédiés à sa mort.

Je retrouve Georges à l’heure au café « Marina » situé à quelques mètres du quai. Je fais la connaissance d’Eric, notre skipper pour la semaine, à lui tout seul il gère l’ensemble du bateau. Le reste de l’équipage s’installe petit à petit à la table que nous occupons (Jay et Deby (Houston), Juan et Liliana (Mexico), Scott et Rose (Michigan), Sandra (Paris).

Georges nous expose le programme : navigation le matin afin de rejoindre une île et passer la journée à la découvrir, à bronzer, ou nager, dîner dans des tavernes typiques. Passer la nuit à quai dans un petit port ou au mouillage dans une baie à proximité d’une île… Le programme fait rêver !

Mais avant de partir il faut mettre au point l’organisation “alimentaire” : une caisse de bord nous permet de régler les frais alimentaires quotidiens (petit déj., déjeuner) mais également les dîners dans les tavernes le soir et les frais de carburant du bateau.
Le rôle de trésorier est affecté à Jay à qui nous remettons nos 200€ chacun. Pour gagner du temps Georges a organisé les premières courses à bord, mais un groupe se forme pour faire les dernières courses. Je décide plutôt de prendre mes marques sur « Astarté » le catamaran sur lequel nous voguerons toute la semaine, et découvrir ma chambre de la semaine : la cabine pilote.

A 13:00 nous laissons derrière nous les rivages de Paros pour faire cap en direction de Syros. Le ciel est bleu, la mer est belle, la température est idéale pour moi qui rêvais de chaleur et de soleil 🙂 Trois dauphins se joignent à nous durant quelques minutes.

Syros est le chef lieu des Cyclades, elle se trouve presque au centre. Formée de collines et de vallées, son littoral forme deux vastes ports naturels qui sont Ermopoulis et Finikas et nous arrivons à 17:00 dans le petit port de Finikas. L’eau est limpide et claire, et les rochers du port sont plein d’oursins ! Gage de pureté de l’eau 🙂 Aurais-je l’audace de me baigner demain matin ?

Syros cyclades

En  septembre le soleil décline vite et il est trop tard pour organiser une visite diurne de cette partie de l’île, surtout à pied, alors nous décidons de nous rendre sur la plage de Kokkina située à quelques centaines de mètres du port. Certains se promènent en amoureux, d’autres se baignent, discutent.

19:30, nous partons dîner au “Limaniki” une taverne typique à quelques pas du catamaran.
Pour simplifier la prise de commande et nous faire découvrir les spécialités de l’île Eric, notre skipper et guide culinaire, se propose de choisir certains plats : poulpe grillé, octopus à la tomate, fromage frit (saganaki), tsadiki (fromage brebis, concombre et aneth), salade de roquette, sèche fourrée au fromage, saucisse de Syros, accompagné de vin blanc et de raki (boisson alcoolisée distillée à partir de marc de raisin, semblable à la souma). Le repas est délicieux et l’ambiance sympathique. L’équipage s’entend bien et l’ambiance est sympa. Je me sens un peu en retrait avec mon anglais sommaire mais j’arrive à suivre !

Nous en profitons pour aborder la prochaine journée. Il est prévu de faire cap sur Mykonos mais je comprend vite qu’il ne faut pas parler de la navigation du lendemain parce qu’on est jamais sûr de la météo, et donc de l’île que nous visiterons.

SYROS (à quai Baie de Finikas) – MYKONOS (mouillage Baie d’Ornos)

Je suis sur le pont aux alentours de 8:00 après une bonne nuit de sommeil bercée par l’ondulation des vagues. Sandra est partie tôt se promener et elle revient de la boulangerie avec des viennoiseries. Nous entamons un petit déjeuner copieux avant de faire cap en direction de Mykonos.
Vers 10:00 nous laissons derrière nous Syros et la baie de Finikas. La mer est calme avec un peu de vent du nord. Mais le vent forci et notre skipper hisse les voiles : remarquable spectacle de voiles, cordes et nœuds. Nous profitons alors d’une navigation « silencieuse » mais sportive !

Au bout de quelque temps la mer agitée aura raison de moi et, toute nauséeuse, je reste fébrilement installée sur la banquette de la cabine de pilotage (l’endroit le plus stable du bateau). Bonne idée le copieux petit déj ! 😉 En même temps on est tous un peu fatigués : effet vent ! Certains rejoignent leur cabine et se reposent. Moi je ne peux pas rejoindre mon flotteur lors de la navigation donc je patiente sagement sur la banquette.

Vers 15:00 c’est l’accalmie et nous approchons d’une petite crique magnifique à l’eau bleue turquoise. Notre skipper, propose d’y faire une halte d’une heure : quel plaisir de nager jusqu’à la terre ferme pour se dégourdir les jambes !

Myconos possède des petites criques bordées de sable et ses rivages forment les baies de Korfos, Panormos, Kalo Livadi, Merichia et Ornos.

Nous arrivons à 16:00 dans la baie d’Ornos. Je remarque le nombre impressionnant de transats et de silhouettes sur la plage en face de nous.

Mykonos - baie d’Ornos

Au mouillage, baie d’Ornos

La veille nous avons passé la nuit à quai. Ce soir nous serons au mouillage, dans la baie au milieu de l’eau… j’ai hâte ! A noter qu’au mouillage nous sommes dépendants de notre skipper pour rejoindre la terre ferme à bord de l’annexe, par petit groupe.

Nous choisissons tous de visiter le village principal de Mykonos (Chora) situé à 3 km de la plage d’Ornos. La route est escarpée et sinueuse et puis il fait chaud. Mieux vaut prendre le bus (l’arrêt de bus est situé sur la plage) ou prendre un taxi. Nous optons pour cette dernière solution dans le but d’arriver rapidement et d’avoir le temps de nous promener un peu avant le coucher du soleil. Nous empruntons le début de la route qui monte au village et apercevons rapidement un taxi. Un signe au chauffeur et nous voilà transporté jusqu’à Chora.

Pendant 2 heures nous nous promenons au grès des envies de chacun. Et que nous sommes nombreux à arpenter les ruelles ! Une tonne de touristes de tous horizons !

Le coucher de soleil atteint son apogée lorsque nous arrivons aux pieds des moulins du quartier de “la petite Venise”. La luminosité est magnifique, le ciel rougeoyant se découpe sur les pales des moulins, puis la nuit tombe. Nous reprenons le chemin inverse, je remonte à bord du bateau pour prendre une douche et revenir au point de rendez-vous pour le dîner.

Mykonos - Quartier de la « Petite Venise »

Quartier de la « Petite Venise »

Ce soir nous dînons au “Kostantis”. Une taverne particulièrement agréable par son atmosphère extérieure chic et accueillante, avec une nourriture très savoureuse et délicieuse (tsadiki, fromage frit, légumes grillés, courgettes avec tomates séchées, salade verte, mezze au fromage, miel et graines de sésame, boulette de veau accompagné de frites) le tout arrosé d’un vin blanc très rafraîchissant. Un digestif nous est offert en fin de repas (sucré et très goûtu aux arômes de cannelle). Nous sommes repartis repus et enchantés !

Après le repas certains partent se promener dans le village et faire quelques courses dans un des nombreux mini-market qui ferment tard, d’autres retournent au bateau. Je suis presque tombée dans l’eau en montant à bord de l’annexe et en m’installant du mauvais côté ! L’était bon ce vin blanc 🙂 Et c’est simplement magique de rejoindre le bateau dans le scintillement des étoiles qui se réfléchissent sur l’eau comme des milliers de diamants.

Demain notre captain a prévu de nous lever aux aurores et partir tôt (7:00) pour naviguer en direction de Délos et j’apprécie énormément cette initiative car c’est une île très visitée et je préfère être seule pour profiter pleinement de la quiétude des lieux. Alors quoi de mieux qu’être déposé sur le quai à 8:00 à l’ouverture !

Je file me coucher dans une ambiance musicale plurielle avec l’agitation des restaurants de la plage à laquelle nous faisons face. J’ai la chance d’apercevoir un mini feu d’artifice dans les hauteurs de l’île…ambiance festive, beaucoup de musiques ! toutes sortes de musiques et des chats. Des batailles de chats !

Les bruits sont amplifiés au milieu de l’eau mais être bercé par le roulis des vagues est très agréable et j’en oublie le fond sonore plutôt agité. Dans mon flotteur je suis comme dans un cocon, c’est étroit et réconfortant. Je laisse l’ouverture entrouverte et je m’endors en regardant les étoiles…

Jour 3: Mykonos (mouillage Baie d’Ornos) – Delos (mouillage) – Dhonoussa (à quai petit port de Stavros)

Mykonos - mouillage dans la baie d'Ornos

Lever de soleil, cap sur Délos

Il est 7:00 lorsque je suis réveillée par le vrombissement des moteurs du bateau que notre skipper a mis en route de bonne heure afin de faire cap sur l’île de Délos avant les touristes :). A ce propos j’ai plutôt intérêt à me réveiller rapidement et refermer la fenêtre de ma « cabine » parce que sinon l’eau rentrerait à l’intérieur ! => l’inconvénient majeur du voyage en flotteur :p

La mer est belle et peu agitée, nous naviguons à moteur. Rapidement se dessinent à l’horizon les rivages de plusieurs îles inhabitées, Le paysage est magnifique ! Délos se situe au sud-ouest de Mykonos. C’est une île étroite, aride, dotée d’une unique colline et d’une rivière. Elle forme une archipel appelée Délès (aucune de ses îles n’est habitée). Délos constitue l’un des sites archéologiques majeurs de Grèce, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO elle est à priori seulement habitée par quelques membres de l’École française d’archéologie d’Athènes. Lorsque j’ai commencé à voir les ruines des temples anciens j’ai compris que j’avais vraiment une chance incroyable d’être là, à cet endroit, à ce moment. La luminosité est particulièrement belle.

Cyclades - Délos

Nous mettons une heure et jetons l’ancre à quelques centaines de mètres du quai. Notre captain fait plusieurs voyages avec l’annexe pour tous nous déposer.

Nous sommes arrivés tôt 🙂 Je suis dans l’annexe la première alors j’arrive la première au guichet. Je pars de mon côté pour arpenter les « ruelles », chemins, places. Je profite de ma solitude. Je me faufile entre les colonnes, les statues, je chasse les indications fléchées pour me retrouver dans les hauteurs. Le temple d’Isis. Le point de vue magnifique ! Arrivée toooout en haut je suis rejoins par Sandra qui termine son chemin, nous faisons route inverse ensemble, tranquillement et déjà nous apercevons au loin les bateaux qui arrivent chargés de touristes.

En bas nous croisons quelques groupes de personnes, vite ! je veux retrouver la quiétude du catamaran ! Un geste en direction du bateau et déjà je vois s’activer notre captain qui décroche l’annexe et vient nous récupérer sur le quai.

De retour au bateau, certains prennent le temps de petit déjeuner, moi j’enfile rapidement mon maillot de bain, je récupère un masque et un tuba et je tente le snorkelling ! Je me jette dans les eaux turquoises qui m’attirent ! … Et je manque de m’étouffer, non mais décidément je préfère nager, tout simplement 🙂

Midi, nous reprenons la navigation en direction de Dhonoussa. C’est une petite île qui se situe à l’est de Naxos. Elle appartient aux “Petites Cyclades” (avec les îles de Kéros, Koufonissia, Schinoussa et Iraklia). Elle compte seulement 150 habitants répartis entre 4 hameaux.

Nous amarrons au quai du petit petit port de Stavros après 3 heures de navigation sur une mer belle sans trop de vent. Et je dois avouer mon désarroi parce que je n’ai plus de batterie dans mon appareil photo !

La petite plage de Stavros est très belle, bordée de tamaris et l’eau est turquoise. A peine quelques minutes après avoir amarré tout le monde se jette dans cette eau limpide et lumineuse de fin d’après midi.

Quelques brasses me suffisent, j’ai brusquement une envie de marcher et de trouver un point de vue intéressant alors je décide de quitter le groupe et d’entamer une promenade dans les hauteurs de Dhonoussa. Arrivée au bout d’un chemin praticable je remarque un panneau indiquant un petit sentier rocheux qui file vers les hauteurs de l’île. Equipée de mes spartiates (acheté l’année dernière lors d’une promenade dans Lefkes, à Paros) que je décide de grimper, grimper et grimper !

 Il fait au moins 35°C ! et arrivée près d’un arbre accueillant je me dis qu’il est temps d’ouvrir la petite bière que j’avais acheté au mini market du village en sortant de la plage ! Et puis je trinque à la santé de mon amoureux 😉

Au terme d’une heure de marche dans les maquis qui pique j’arrive au sommet de l’île et le point de vue de l’autre côté est à couper le souffle, je suis heureuse de mon initiative ! Sur mon chemin je croise la route d’un chasseur qui arpente comme moi les dédales de pierres et de végétations piquantes, je pense qu’il chasse les lapins ! (ou les chèvres ? ou les chats ?!)

J’en profite pour me poser sur les rochers et apprécier la lumière déclinante du coucher de soleil avant de prendre le retour en direction de la plage de Stavros. J’arrive sur la plage à 19:30 et je suis accueilli par Scott qui me propose une bière pour trinquer à cette belle soirée 🙂

Cette nuit nous sommes à quai et nous dînons à la tavers « Tsiftis » à quelques pas du bateau. Je prend une douche et je rejoins le reste du groupe qui est déjà attablé et profite d’un apéritif.  Nous laissons une fois de plus à Eric, notre skipper-guide-culinaire, le choix des plats que nous mangerons. Très vite la table se remplie des mets les plus appétissants. Je m’aperçois que chaque île à sa spécialité culinaire et les plats en sauce sont la spécialité sur Dhonoussa. Au menu salade de tomate et fromage de brebis, rillettes d’aubergine à la saveur fumée, cœur artichauts et légumes en sauce, ragoût de chèvre, ragoût de veau, et ragoût d’octopus. Les plats sont particulièrement bons et copieux, mais trop de sauce tue la sauce !

Il est 21:30 et je suis très fatiguée. Nous nous réunissons dans la cuisine pour discuter de cette journée, et comme je l’ai passé seule ça me fait plaisir d’échanger et d’écouter les aventures des mes collègues de catamaran.

Plus tard, assise sur mon flotteur je domine le quai ! L’ambiance est festive avec le mariage qui se déroule dans la taverne voisine et je passe un bon moment à étudier la soirée qui se déroule en face de moi. La musique est typique, les gens chantent et dansent, s’amusent… je suis heureuse d’assister à ce spectacle 🙂

Jour 4: Dhonoussa (à quai petit port de Stavros) – Amorgos (à quai à Aighiali)

Le jour se lève sur le petit port de Dhonoussa. Pieds nu je traverse la passerelle du bateau et saute sur le quai, j’ai envie de me promener un peu et prendre mon thé dans un café à quelques mètres.

Port de Donoussa dans les cyclades

Nous prenons le cap vers 10:00 pour Amorgos sur une mer belle à peu agitée, il fait déjà très chaud malgré l’air de la navigation.

Amorgos est une île située à l’extrémité orientale des Cyclades, à proximité de Naxos. Elle possède une végétation relativement importante. Luc Besson y à tourné le Grand Bleu en 1988. Chora (le chef lieu de l’île) est construit au sommet d’un rocher imposant sur lequel se dresse un fort vénitien et un aqueduc, ainsi qu’un monastère (Panaghia Hozoviotissa construit en 1017). L’île est vaste et il y a beaucoup à visiter.

Il est 13:00 lorsque nous arrivons dans la baie d’Aghiali. Il y a plus de vent que dans les îles visitées précédemment. Au port une place énooorme est occupée par un énooorme bateau. C’est lui qui approvisionne toute l’île en eau potable (cette manœuvre peut durer une nuit !). Heureusement nous arrivons lorsque sa manœuvre est quasi terminée donc nous attendons qu’il libère la place au quai. Alors nous patientons. Et puisque que nous sommes au mouillage pendant quelques heures… autant en profiter pour se baigner !

La couleur de l’eau est impressionnante par sa transparence et ses dégradés de turquoise et de vert. Je rejoins la plage à la nage pour sécher un peu sur le sable. Agréable ! la plage d’Aghiali est coupée du vent par sa position dans la baie.

Allongée sur la plage en face du quai j’observe les pêcheurs qui vaquent à leurs occupations. Je remarque également la manœuvre de notre captain et quelque minutes suffisent pour qu’Astarté soit à quai. Je n’ai plus qu’à rejoindre le bateau à pied, m’habiller et rejoindre les autres pour déjeuner.

 Nous choisissons de déjeuner dans la taverne “Limani” situé dans une ruelle et à proximité de la plage. Elle possède une décoration intéressante avec des objets traditionnels et de nombreuses peintures de grandes tailles accrochées au murs (dont une de Wolfgang Mann, qui a séjourné quelques temps sur Amorgos). La vue au bout de la ruelle me donne envie de faire ma première blague bilingue « Enjoy your mill ! ». Nous déjeunons de salade grecque, brochette de porc et de poulet, zucchini balls (beignets de courgettes), pommes frites, tsadiki et saganaki (fromage frit.) Et d’une grande FIX … bière  que personne n’a voulu partager avec moi !

Aegiali à Amorgos dans les Cyclades

De retour au bateau je remarque une multitudes de chats qui patientent pour récupérer leur repas : les pêcheurs leur donne les restes des poissons triés. Eric nous demande de ne pas laisser de nourriture à bord puisque les chats y montent facilement pour se sustenter durant la nuit et déchiqueter les sacs poubelles laissés à proximité.

Après le déjeuner, l’équipage se scinde en deux et loue deux voitures pour visiter l’île et aller jusqu’à Chora. Personnellement je préfère retourner au bateau me munir de mon livre et traverser le quai pour me poser sur les rochers à proximité. Tranquille ! avec une vue parfaite sur l’horizon de la baie d’Aghiali. Prendre un peu de temps pour soi. Et assimiler la bière !

3 heures de lecture passent et je décide enfin d’aller au bout du quai louer un scooter pour partir à l’aventure dans les hauteurs de l’île. Je ne vais quand même pas passer ma journée à comater !

Le monsieur de l’agence de location est super sympa, parle très bien français et use de tous les arguments pour me faire changer d’avis (beaucoup d’accidents en scooter) et je repars avec une petite Panda (pour le prix d’un scoot) et ce n’est pas plus mal.

Le vent s’est levé et les nuages obscurcissent le ciel, la température baisse. Mais pour autant je ne pense pas à prendre mon coupe vent ! Nan.

Me voilà dans ma voiturette sur la route de Chora pour atteindre son monastère. La route est bordée de chèvres à poils très long qui paissent tout le long. Mieux vaut adopter une conduite tranquille avec tous les bestiaux et tous les virages.

Je quitte la voie principale en apercevant un panneau à ma gauche et je décide de suivre le chemin. J’arrive devant un écriteau qui indiquent plusieurs sentiers pédestres, dont un pour Chora. Rejoindre le monastère à pied ? Pourquoi pas ! je gare la voiture au bord de la route et j’entame le sentier en débardeur, short et spartiates. Le chemin est pentu, jonchés de morceaux de marbre rouge et beige de la grosseur d’un poing et il y a énormément de vent ! Mais cette ascension est magnifique, je suis tranquille (entourée de chèvres :p) et la vue déjà sublime promet d’être encore plus belle une fois toooout en haut ! … malheureusement le temps se couvre, le vent forci encore et l’air est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus frais. Evidemment ! je grelotte dans mon short et évidemment je rebrousse chemin sans atteindre ma destination.

Amorgos - route autour de la Chora

A mon retour, le reste de l’équipage est revenu de son périple. Eux ! sont arrivés à Chora et me montrent les photos qu’ils ont fait de leur journée 🙂

Le temps de prendre une douche et nous partons dîner dans un restaurant spécialisé dans le poisson. Ce soir tout le monde choisi le plat qu’il veut manger. J’opte pour un peu de salade et deux rougets appétissants, le plat est succulent. J’ai choisi moi même mon poisson frais dans le frigo de la cuisine du restaurant !

Durant la soirée le vent forci, forci, forci ! et la pluie tombe, la mer rentre dans le port. La nuit promet d’être agitée. Je remarque un voilier au mat qui tangue dangereusement, et je me félicite de naviguer sur un catamaran : quand même beaucoup plus stable !
Puis la pluie s’arrête. Après le repas certains arpentent les ruelles du village à la recherche d’un mini market : nos amis américains sont gourmands et ne peuvent pas se passer de chocolat 😉

Je m’installe sur les filets pour méditer sur cette journée en regardant les étoiles : je n’ai pas atteint le monastère mais c’était une sacrée belle promenade…

Jour 5: Amorgos (à quai à Aighiali) – Keros (mouillage) – Iraklia (mouillage baie d’Aghios Georgios)

Réveillée à 6:00 par le BlueStar qui passe à proximité, j’ai envie de m’énerver mais c’est une belle journée qui commence donc je me calme très rapidement 🙂 Nous prenons le temps de faire quelques achats de fruits, de légumes pour le petit déjeuner.
A 10:00, au moment de faire cap pour l’île de Kéros, le ciel est vide de nuage et la journée promet d’être magnifique.

Nous naviguons tranquillement sur une belle mer. Nous approchons de Keros, une île désertique qui forme les Petites Cyclades.

Keros - Petites Cyclades

Le bateau est au mouillage dans une baie turquoise, absolument magnifique certains prépare un déjeuner à base de fruits et de salade, pendant que d’autres partent nager.

Le captain est suivi par quelques inconditionnels du snorkelling qui, équipés de masque et de tuba, visitent une petite grotte sous marine. Personnellement je préfère nager, nager et nager. Je me souviendrais aussi de la brûlure de méduse ! pas très douloureux mais gênant pendant une 20aines de minutes, j’avais le coude en feu. Heureusement il y avait du vinaigre à bord, ça m’a bien soulagée (d’autant que Juan commençait à me parler d’uriner sur mon bras o_O)

Au terme de 2:00 de pause tranquille dans cette baie magique nous reprenons la navigation en direction de l’île de Schinoussa. Elle se situe entre Iraklia et Koufonissia et compte environ 150 habitants. Notre skipper choisi de partir en direction du petit port qui possède une taverne pour nous restaurer ce soir mais elle est fermée alors nous repartons en direction de Schinoussa ! Mais son petit port est trop occupé alors nous repartons pour Iraklia

A 17:00 nous arrivons vers le petit port mais le sort s’acharne ! puisque qu’il n’y a pas de place non plus. Peu importe ! la baie d’Aghios Georgios, à quelques mètres du port, est libre alors nous passerons la nuit au mouillage, protégés du vent par les reliefs autour de nous. Sandra se joint à la manœuvre de notre captain en plongeant pour attacher les cordes aux rochers en face de nous.

Schinoussa - Petites Cyclades

Le repas à la taverne est réservé pour 20:30 alors nous avons le temps de nous promener à la recherche de la lune avec Sandra. Sur notre chemin nous rencontrons une partie de l’équipage qui prend un verre dans un bar à proximité. Je peux dire qu’en m’arrêtant dans cet endroit j’ai goûté au meilleur mojito du monde : un mojito au basilic ! A ce propos il y en a des buissons énormes partout dans le village.
Ensuite nous rejoignons le reste de l’équipage à la taverne “Agathi” afin de partager un repas composé de salades, tsadiki, brochettes de viande, sèche, légumes grillés.

La lune est pleine et la nuit est claire, le ciel est vraiment magnifique avec toutes les étoiles qui se reflètent sur l’eau dans la quiétude de cette baie. Alors l’idée de dormir sur les filets me traverse l’esprit et je décide de m’enrouler dans ma couverture pour me protéger de l’humidité. La mer est éclairée par la lune et à plat ventre sur le filet je compte les poissons que je vois passer… L’instant est magique et je promets de garder se souvenir ancré dans ma mémoire. Mais quelques heures et beaucoup d’humidité ! suffiront à me faire retourner dans mon cocon 🙂

Jour 6: Iraklia (mouillage baie d’Aghios Georgios) – Antiparos (mouillage de Chora Antiparos)

Réveillée à 6:00 pour profiter du lever du soleil nous sommes déjà quelques uns sur le pont à observer tranquillement le lever du soleil. Assise sur la fenêtre du flotteur je médite sur ce paysage, cette aubaine d’être à cet endroit, à ce moment.

Lever de soleil sur Iraklia dans les petites Cyclades

Puisque nous avons décidé de lever l’ancre vers 10:00 il reste du temps pour profiter de cet endroit paisible et il fait déjà chaud alors je nage, et je nage et je nage !
Pendant que d’autres organisent le petit déjeuner…

Nous faisons cap sur Antiparos sur une mer belle avec un peu plus de vent qu’à notre habitude. Eric requiert l’aide de Sandra pour hisser les voiles. On éteint le moteur et la navigation se fait plus calme. Nous traversons un grand banc de petits poissons et j’aperçois une tortue qui nage à nos côtés pendant quelques minutes. En réalité la navigation devient aussi beaucoup plus sportive ! Le vent forci, le ciel est gris et il fait frais en comparaison des autres jours. Le vent tourne et nous avons du mal à atteindre notre but, notre captain tire les bords et quelques 7 heures sportives plus tard le ciel semble se scinder en deux et c’est l’acalmie : devant nous se dessinent les côtes d’Antiparos.

Antiparos est une île située au nord-ouest de Paros, sa population ne dépasse pas les 1000 habitants, autrefois cette île était rattachée à Paros et elle s’en détacha suite à divers mouvements géologique. L’unique village de l’île est Antiparos, également appelé Kastro. Ce village est magnifique entouré de ses remparts vénitiens du 13ième siècle.

Vue sur le port d'Antiparos dans les Cyclades

L’eau est toujours aussi turquoise mais un peu moins limpide : il s’avère que le fond est vaseux. Eric, devant nos regards médusés, nous explique que l’eau est aussi pure que les autres. Mais personne n’a envie de se baigner cette fois ci, je crois que nous avons trop pris l’habitude de voir des criques à l’eau transparente

Fa-ti-guée ! Exténuée. Je ne pense qu’à m’allonger (enfin !) dans mon flotteur pour me reposer de tout ce vent pris en pleine face toute la journée. Je ne peux pas rejoindre mon lit pendant la navigation contrairement à mes co-épquipiers en cabine.  Je m’endors dans mon cocon pour me faire réveiller vers 19:30. Déjà ? Je saute dans l’annexe et rejoins le reste de l’équipage dans une taverne en bord de plage. Cette taverne se nomme “I klimataria » et signifie “la tonnelle”, c’est un restaurant familial très agréable pour son emplacement sur le port, sa décoration et son ambiance. La nourriture et succulente et abondante. J’opte pour une moussaka énorme et délicieuse que je ne pourrais pas terminer.

Par la suite nous entamons ensemble une promenade dans les ruelles. Nous en profitons pour investir dans de l’anti-moustique. Il y a peu de vent ce soir et les moustiques sont nombreux.  Nous arpentons les ruines de ce village ancien dans une ambiance mi-paisible mi-euphorique et nous commençons à comprendre que l’aventure est bientôt terminée.

Jour 7: Antiparos (mouillage de Chora Antiparou) – Paros (port de Parikia)

Opérationnelle à 5:00 je prend mon thé assise sur mon flotteur. J’assiste avec beaucoup d’attention au dernier lever de soleil au milieu de l’eau. Assise ou allongée sur les filets j’observe le ciel, les premiers rayons du soleil ne vont pas tarder à percer les monts derrière moi, les déclinaisons de couleurs sont impressionnantes, la lumière aussi. Je profite de ces derniers moments au milieu de l’eau. A 8:00 notre skipper commence sa journée et petit à petit le reste de l’équipage se réveille et se rejoins dans la cuisine. Sandra, Jay, et Debbie sont déposés sur la terre ferme pour faire quelques courses. Et comme il y a une très bonne boulangerie ils reviennent les bras chargés de mets succulents !

Lever de soleil sur Antiparos dans les Cyclades

Puis cap sur l’autre côté de l’île. A 10:00 nous levons l’ancre en direction d’une baie isolé et magique, de l’autre côté d’Antiparos. Nous y restons jusqu’à 13:00 à nager et faire du snorkelling jusqu’à épuisement.

Nous levons l’ancre pour rejoindre l’autre côté d’Antiparos. Notre arrivée dans le silence matinal de cette baie presque fermée est magique. Seul un voilier se repose tranquillement à quelques centaines de mètres. Certains lisent, d’autres nagent, moi je pars visiter la terre ferme que je remarque au loin et c’est étrange de nager pendant un temps en suivant l’horizon, de reprendre pied sur quelques mètres, traverser les rochers et se retrouver de l’autre côté sur une petite plage avec un horizon dégagé. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Lewis Caroll et Alice. Je rejoins le bateau encombrée de quelques coquillages.

L’ambiance est un peu à la tristesse car dès cette après midi la plupart auront quitté la Grèce, sa chaleur et ses paysages merveilleux, alors notre captain nous propose de nous conduire sur la terre ferme un peu plus loin, là où il est possible d’avoir un joli point de vue. J’entame une promenade sportive pieds nus dans les cailloux et le maquis-grec-qui piquent et je termine sur une vue somptueuse sur Naxos.

Retour sur l’île de Paros

A 13:00 : Départ pour Parikia, Paros, notre point de départ. Nous apercevons rapidement ses rivage, puis Parikia.

Personnellement très émue par le retour à la réalité après avoir vécue ce rêve éveillé : je suis la première à quitter le catamaran. J’ai préféré ne pas m’éterniser, non sans avoir récupéré la totalité des adresses mail de Rose et Scott, Jay et Deby, Liliana et Juan, et Sandra. Avec la promesse de nous contacter.

Coucher de soleil sur Paros dans les Cyclades

Dernier coucher de soleil, Paros

Ce fût une expérience hors du commun que de voyager dans un flotteur, en réalité très agréable, compliqué mais rigolo. J’ai quelque fois regretté mon choix et pourtant je savais que ça allait être périlleux … en réalité j’ai appris à me contenter de peu et c’était vraiment une bonne leçon. Et puis la difficulté supplémentaire (en plus de ne connaitre personne !) : la barrière de la langue anglaise qui me paraissait insurmontable mais heureusement Sandra m’a beaucoup aidée et j’ai finis par … penser english first, why not ?

Nous avons formé une bonne équipe aux personnalités différentes et finalement nous nous sommes tous bien entendu. Grande solitaire, j’avais peur de ne pas supporter la promiscuité mais j’ai rapidement pris le partie d’évoluer hors du groupe et ça n’a posé aucun problème d’intégration malgré tout. J’ai fais de superbes promenades et c’était génial de retrouver mon équipage après. Bon je n’ai pas trop aidé aux manœuvres. Et au départ j’ai aussi eu du mal avec le concept bateau-pas marcher mais j’ai réussi à appréhender le principe en intégrant le bronzage-sans-rien-faire-sur-le-filet pendant les heures de navigation puis séance de « marche pour aller voir derrière » et pour profiter des escales, dans la nature. J’ai aussi surtout adoré de nager n’importe où, n’importe quand, dans des eaux profondes ou pas.

Un petit mot sur notre skipper qui supporte des semaines de navigation sans relâche ? Fort de son expérience Eric est un excellent skipper au tempérament fort bien trempé. Sa personnalité et sa connaissance des Cyclades en font une aide très appréciable et appréciée ! Un vrai skipper qui parle ne pas beaucoup mais qui gère son bateau les yeux fermés (et qui récupère des objets perdus quand il en a envie)

Je garderais également un fort souvenir du mal de terre éprouvé lors de notre première escale dans une taverne, comme une ivresse. Et 2 jours après mon retour je continue à me balancer comme si j’ondulais sur l’eau. Loin d’être désagréable je garde cette impression dans mon cœur pour me souvenir.

Je tiens évidemment à remercier Vanessa et Georges Gritsis et http://www.archipelclub.com de m’avoir permis de vivre cette belle aventure.


Itinéraire :
Aéroport St Exupéry Vol Lyon – Athènes
Ferry port du Pirée (Athènes) – Port de Paroikia (île de Paros)

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Vue sur l'île de Despotiko (Paros) dans les Cyclades depuis le catamaran

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