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Santorin, la caldeira la plus photographiée de Grèce et ses villages oubliés

Santorin est une caldeira de 10 km de diamètre ouverte sur la mer Égée, des falaises de pierre ponce et de lave plongeant de 300 mètres, et des villages blancs accrochés au bord du vide. La plus célébrée des Cyclades est aussi la plus fréquentée de Grèce : plus de 3 millions de visiteurs par an pour 15 000 habitants à l’année. L’île mérite le détour pour ses sites archéologiques, son vignoble franc de pied et ses villages médiévaux, mais elle exige une préparation honnête. En juillet et août, la corniche de Fira à Oia relève du parc d’attractions, pendant que les villages de l’intérieur, à quinze minutes de route, restent presque vides. Tout l’enjeu d’un séjour à Santorin tient dans cet écart.

Au sommaire

Le meilleur de Santorin

Santorin couvre 91 km² au sud des Cyclades. L’île est le croissant résiduel d’un volcan dont l’éruption du XVIIe siècle av. J.-C., l’une des plus violentes de l’histoire humaine, a englouti le centre de l’île. Le point culminant est le mont Profitis Ilias, à 567 mètres.

C’est une ile avec des régiosn très différentes. La corniche ouest, de Fira à Oia, longe le bord de la caldeira et concentre l’image emblématique de l’île comme l’essentiel de la saturation. La côte est aligne les longues plages de sable volcanique noir et les ruines de Théra antique. Le sud rassemble les vignobles, les villages fortifiés et le site minoen d’Akrotiri. Enfin, les villages de l’intérieur et l’îlot de Thirassia, en face, conservent la Santorin d’avant le tourisme de masse.

La corniche de la caldeira, de Fira à Oia

Fira, la capitale, a été reconstruite après le séisme de 1956 et s’accroche à la falaise à 220 mètres au-dessus de la mer. La vue est réelle, mais les ruelles sont embouteillées de juin à septembre et la zone commerciale relève du bazar. L’essentiel culturel tient dans deux musées : le Musée de la Préhistoire de Théra, qui conserve les trouvailles d’Akrotiri, fresques reconstituées, mobilier pétrifié dans la cendre et une figurine d’ibex en or du XVIIe siècle av. J.-C., et le Mégaro Ghyzi, palais de la noblesse catholique où sont exposées des cartes du XVe siècle.

Firostefani et Imerovigli prolongent Fira vers le nord avec moins d’agitation. Imerovigli commande l’accès à Skaros, l’éperon rocheux qui portait la capitale médiévale, cédée en 1207 au Vénitien Iakovos Barozzi. Jamais pris par les pirates ni les Ottomans, le site fut ruiné par l’éruption de 1650. La marche jusqu’à la pointe (30 à 40 minutes aller) donne des vues que les groupes n’atteignent pas.

Oia, à 11 km de Fira, est la ville la plus photographiée de Grèce, mais toute l’île s’y retrouve entre 18 heures et le coucher du soleil. Pour la voir vraiment, il faut y être avant 9 heures du matin. En soirée, descendez à Ammoudi, le port relié par 220 marches, pour dîner face aux falaises cramoisies. Juste à côté, Finikia comptait 150 à 200 kanaves, les caves à vin troglodytiques de l’île, actives jusqu’en 1956.

Santorin figure parmi les destinations les plus sous pression de l’Index du surtourisme des îles grecques : la densité atteint 1 000 personnes au km² en haute saison. Les mesures engagées depuis 2025 vont dans le bon sens : plafonnement des croisiéristes à 8 000 par jour, taxe de 20 euros par passager, gel des nouvelles autorisations de lits touristiques. Depuis juillet 2026, les navires de plus de 1 000 passagers doivent répartir leurs débarquements, 70 % dans la baie de Fira et 30 % à Athinios, sous peine d’amendes de 10 000 à 30 000 euros, afin de désengorger le port principal.

Organiser votre voyage: où dormir à Santorin

La côte est, de Kamari à Vlihada

Kamari est la station la plus aménagée de la côte est. Une route puis un sentier montent vers Théra antique, cité dorienne fondée au IXe siècle av. J.-C. sur la crête de Mesa Vouno à 396 mètres : temples hellénistiques, agora, théâtre, mosaïques et inscriptions murales du VIe siècle av. J.-C. d’une franchise que les guides passent sous silence.

Perissa et Perivolos, au sud de Mesa Vouno, forment une bande de sable gris et noir de plus de 6 km : plongée d’un côté, beach bars de l’autre. Plus au sud, Vlihada change de registre, avec ses falaises d’érosion sculptées par le vent et son port de pêche abrité. La cheminée du Musée industriel de la Tomate D. Nomikos y domine une ancienne conserverie où se lit toute l’histoire économique de l’île.

Le sud : Pyrgos, Akrotiri et les vignobles

Pyrgos, officiellement Pyrgos Kallistis, est le village le plus haut de l’île et son ancienne capitale. Son kastelli est le plus récent des cinq villages fortifiés bâtis contre les pirates : il date de 1580, alors que Santorin était déjà ottomane, mais reprend la technique vénitienne. Les murs extérieurs des maisons formaient l’enceinte et des couloirs souterrains menaient à l’unique porte gardée, la Kasteloporta, fermée au coucher du soleil et surmontée d’une meurtrière à huile bouillante. On raconte encore que certains escaliers en spirale furent bâtis à l’envers pour forcer les assaillants à tenir l’épée de la main gauche. On compte 24 églises hors du kastelli et six à l’intérieur, dont le Theotokaki, chapelle du XIVe siècle qui contenait à peine cinq fidèles avant 1663. Deux clochers offrent un panorama sur toute l’île [vue 360°].

La région de Pyrgos et Megalochori concentre le vignoble, reconnaissable à sa conduite en koulura : une couronne rampante au ras du sol où les grappes pendent au centre, protégées du vent et du sable. Les 140 hectares francs de pied de l’île ont échappé au phylloxéra, et la vigne y est cultivée depuis 3 500 ans. Dix-huit caves se visitent, dont Venetsanos, Hatzidakis, Estate Argyros et Santo Wines. Voir nos vins et terroirs grecs.

Au bout de la pointe sud-ouest, le site minoen d’Akrotiri est une ville du XVIIe siècle av. J.-C. ensevelie sous la cendre, préservée jusqu’à deux étages avec ses ruelles, son drainage et ses céramiques en place : l’un des grands sites de la Grèce ancienne. Visiter d’abord le musée de Fira est indispensable. Le phare du cap, à l’extrémité de la presqu’île, offre un coucher de soleil sur toute la caldeira sans la foule d’Oia.

Les villages de l’intérieur et Thirassia

C’est ici que Santorin redevient une île grecque. Emporio, à 12 km de Fira, cache le plus saisissant des kastelia : un labyrinthe de ruelles étroites, d’escaliers verticaux, de voûtes et de passerelles aériennes, tout en pierre volcanique, avec huit moulins sur la colline de Gavrilos à la sortie du village. Vothonas s’est bâti dans un ravin dont les parois abritent des habitations creusées. Karterados, village de capitaines, occupait le lit d’un ancien torrent qui le rendait invisible depuis la mer. Megalochori, cerné de vignes, garde ses demeures derrière de hauts murs. Mesa Gonia abrite la Panagia Episkopi, le plus important monument byzantin de l’île, fondée en 1115 par Alexis Ier Comnène.

Pour la caldeira sans la cohue, la réponse est Thirassia [vue 360°], l’île d’en face détachée par une éruption antique. Avec 200 habitants, elle offre les mêmes vues depuis Manolas, perchée sur le rebord de la caldeira. Le port de Riva a ses tavernes de poisson et Agrilia ses kanaves.

Peut-on randonner à Santorin ?

Santorin n’est pas une île de grande randonnée : les distances sont courtes, le relief modeste hors de la caldeira, et le réseau de sentiers sans commune mesure avec celui de Naxos ou d’Amorgos. Elle possède néanmoins quelques itinéraires remarquables, dont la douzaine de tracés balisés que répertorie l’application Santorini TopoGuide.

Le parcours le plus connu est la traversée de la caldeira de Fira à Oia, soit 9,1 km pour environ 3 heures de marche, via Firostefani, Imerovigli et Skaros. Pas d’ombre, exposition permanente au vent et au soleil : partez tôt, de préférence en mai, juin ou septembre, avec au moins 1,5 litre d’eau. Le détour vers la pointe de Skaros ajoute 30 à 40 minutes et vaut l’effort. La difficulté reste modérée, sans technicité.

Le deuxième itinéraire est la montée à Théra antique depuis Perissa : un sentier empierré part de la plage et atteint les ruines en 45 minutes à 1 heure, avec des vues simultanées sur les deux côtes. Depuis Kamari, la route est piétonne en juillet-août, avec navettes aux deux extrémités.

Sur Thirassia, un chemin relie le port de Riva à Manolas puis au Profitis Ilias local, à 270 mètres : une heure de montée pour la vue la plus complète sur la caldeira. Dans le sud de Santorin, des chemins relient Pyrgos au monastère de Profitis Ilias à travers vignobles et maquis. Cette zone, comprise entre Pyrgos, Mesa Vouno et le sommet de l’île, appartient au réseau Natura 2000 au titre de la conservation des habitats rupestres et de l’avifaune.

Quelles sont les plus belles plages de Santorin ?

Les plages de Santorin ne ressemblent à aucune autre des Cyclades. Le sable volcanique absorbe la chaleur et devient brûlant dès 10 heures du matin en été : chaussons ou sandales sont indispensables. Ce ne sont pas les plus belles plages de l’archipel, et il faut le dire clairement : on ne vient pas à Santorin pour ses plages, mais certaines valent le déplacement pour leur décor.

Sur la côte est, Kamari reste la mieux équipée et la plus adaptée aux familles. Perissa et Perivolos étendent leur sable gris sur plus de 6 km, avec plongée d’un côté et beach bars de l’autre. Vlihada, encadrée de falaises blanches sculptées par l’érosion, est la plus préservée : au-delà des quelques transats du début, la plage se vide.

Au nord, Baxedes, Katharos, Pori et Paradisos, autour du cap Koloumpos, sont des criques de galets et de sable étroit, sans aménagement et peu fréquentées, accessibles en voiture ou à moto. Elles n’offrent ni transat ni buvette, mais compensent par une eau limpide et le sentiment rare, à Santorin, d’être à peu près seul en juillet.

Sur la côte sud, la plage Kokkini Ammos (sable rouge) est la plus spectaculaire, encaissée sous des falaises de cinabre. On y accède par un sentier de dix minutes depuis la chapelle d’Agios Nikolaos, ou en caïque depuis Akrotiri et Kamari. Elle est officiellement classée dangereuse pour risque de chutes de pierres, ce qui ne dissuade personne, et sa faible largeur la sature très vite : venez en début ou en fin de journée, ou hors juillet-août. Canoë, pédalo et paddle s’y louent sur place. Plus discrètes, Aspri Ammos, aux galets clairs, et Mesa Pigadia, au sable de basalte, restent encaissées sous les falaises et ne sont accessibles que par caïque depuis Akrotiri.

Au centre de la caldeira, les excursions depuis le vieux port de Fira desservent Palea Kameni pour ses sources sulfureuses à environ 35°C et Nea Kameni pour la montée au cratère fumant. Choisissez un petit opérateur plutôt que les grands bateaux des agences de croisière.

SANTORIN
  • Plages et activités sportives - 5/10
    5/10
  • Patrimoine historique et culturel - 9/10
    9/10
  • Villages et arrière pays - 8/10
    8/10
  • Authenticité - 3/10
    3/10
6.3/10
7/10
Avis des voyageurs
6.98/10 (259 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : 91 km² (70 km de littoral)
  • Longueur maximum : 18 km, largeur maximum : 12 km
  • Point culminant : mont Profitis Ilias567 m
  • Environ 15 000 habitants
  • Ports principaux : Athinios (ferries) et baie de Fira (croisières, tenders)
  • Aéroport : Santorin/Théra (JTR), Monolithos

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • 2 février : panigyri de la Panagia Trypa, Vothonas
  • Samedi de Lazare : élévation du Lazare et confection des vagidia, Megalochori
  • Vendredi saint : coutume des Fanarakia, des milliers de lanternes allumées sur les terrasses du kastelli, Pyrgos
  • 5 mai : fête d’Agia Irini, Thirassia
  • 28 juin : fête des Agioi Anargyroi, Messaria
  • 20 juillet : fête de Profitis Ilias, monastère du Profitis Ilias, Pyrgos
  • 26 juillet : fête d’Agia Paraskevi, Vothonas
  • Juillet-août : Santorini Music Festival, musique de chambre et classique, Fira
  • Juillet-août : Santorini Jazz Festival, Oia
  • 15 août : Dormition de la Vierge, célébrée dans toute l’île, notamment à Emporio
  • Septembre : Festival de la Tomate, Vlihada (date variable)
  • 21 novembre : fête de l’Eisodia tis Theotokou, église du kastelli, Pyrgos

La carte de Santorin

Comment venir à Santorin et comment s’y déplacer ?

L’aéroport de Santorin (JTR), à Monolithos sur la côte est, reçoit des vols directs depuis Paris, Bordeaux, Nantes et Lyon en saison, et des liaisons quotidiennes avec Athènes toute l’année. En ferry depuis le port du Pirée, les traversées rapides prennent environ 5 heures. Santorin est reliée à l’essentiel des Cyclades : FolegandrosIosAmorgosAnafiMilos et Héraklion en Crète. Consultez notre guide des ferries grecs pour réserver.

Sur l’île, les bus KTEL relient Fira à Oia, Kamari, Perissa, Athinios et l’aéroport avec des fréquences correctes en saison. La voiture ou le scooter de location reste le seul moyen commode d’atteindre les villages de l’intérieur et les caves, mais la circulation est saturée en juillet-août. Les taxis sont peu nombreux sur l’île : réservez le vôtre la veille pour l’aéroport ou le port. Avril à juin et septembre à octobre offrent les meilleures conditions, avec une pression touristique nettement moindre.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

Que goûter à Santorin : produits AOP et spécialités locales

Le sol volcanique, pauvre en eau et riche en minéraux, concentre les saveurs. La fava Santorinis (Φάβα Σαντορίνης, AOP) est cultivée sur l’île depuis plus de 3 500 ans : ce n’est ni une lentille ni un pois cassé ordinaire, mais une gesse réduite en purée, servie avec huile d’olive, câpres et oignon rouge. C’est le plat le plus honnête et le plus abordable des menus locaux. La tomataki Santorinis (ντοματάκι Σαντορίνης, AOP depuis décembre 2013) est une tomate cerise que la sécheresse concentre en sucres ; elle donne les ntomatokeftedes (ντοματοκεφτέδες), beignets frits omniprésents sur l’île. Voir notre page des produits du terroir grec.

Deux plats trahissent une cuisine de nécessité, sur une île qui n’a jamais eu d’élevage et importe l’essentiel de ses denrées de Crète et de Naxos. Les giaprakia (γιαπράκια), nom santorinien des feuilles de vigne farcies au riz, se faisaient nature ou au concentré de tomate, sans viande. Les feskoula (φέσκουλα), les blettes en dialecte local, se transformaient en boulettes frites que les ouvriers emportaient dans les vignes. On trouve aussi le chlorotyri (χλωροτύρι), fromage frais de brebis et chèvre, l’aubergine blanche de l’île, sans AOP mais bien locale, et en boulangerie les melitinia (μελιτίνια), petits gâteaux au fromage frais et au miel.

Les vins bénéficient d’une AOP. L’assyrtiko (ασύρτικο), blanc sec minéral à l’acidité tranchante, domine, accompagné de l’athiri et de l’aidani ; en rouge, le mavrotragano et la mandilaria. Le nykteri (νυχτέρι) désignait le foulage nocturne du raisin et nomme aujourd’hui les blancs élevés au moins trois mois en fût. Le vinsanto (βινσάντο), vin doux de raisins passerillés, vieillit des décennies.

    • La traversée de Fira à Oia le long de la caldeira (9,1 km, 3 heures) via Imerovigli et Skaros, l’une des plus belles marches côtières des Cyclades.
    • Le Musée de la Préhistoire de Théra à Fira : ses fresques minoennes et sa figurine d’ibex en or donnent la clé de compréhension du site d’Akrotiri.
    • Le site minoen d’Akrotiri, ville du XVIIe siècle av. J.-C. ensevelie sous la cendre, préservée jusqu’à deux étages avec ses ruelles et son drainage.
    • Théra antique sur Mesa Vouno et ses temples hellénistiques, avec vues simultanées sur les deux côtes, accessible à pied depuis Perissa en une heure.
    • Le kastelli d’Emporio, labyrinthe de voûtes et de passerelles en pierre volcanique, suivi des huit moulins de la colline de Gavrilos, à la sortie du village.
    • Pyrgos et son kastelli de 1580, le village fortifié le plus intact de l’île, avec ses trente églises et son panorama sans la foule [vue 360°].
    • Une dégustation dans une cave de l’arrière-pays (Venetsanos, Hatzidakis, Estate Argyros) pour comprendre pourquoi l’assyrtiko est devenu une référence mondiale.
    • Une nuit sur Thirassia, l’île d’en face : la caldeira est là, aussi spectaculaire, mais le silence revient dès que les bateaux repartent [vue 360°].
    • Oia avant 9 heures du matin : la qualité architecturale des maisons troglodytes et des coupoles bleues se lit enfin sans la marée humaine.
    • Déjeuner au port d’Ammoudi sous Oia, dans une taverne de poissons au bord de l’eau, sans file d’attente et sans les tarifs de la caldeira.
    • L’excursion vers le volcan actif de Nea Kameni et les sources sulfureuses de Palea Kameni, pour nager dans une eau à 35 degrés.
    • Le Musée industriel de la Tomate à Vlihada, ancienne conserverie dont la cheminée domine la plage, pour l’histoire économique méconnue de l’île.

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