Ikaria, l’île où prendre le temps de vivre prend tout son sens

A mi chemin entre Mykonos et Samos, balayée par le vent, Ikaria, bastion de la gauche grecque est un rocher perdu dans l’égée qui reste encore un peu méconnu des français. Connue pour la longévité exceptionnelle de ses habitants, l’île est pourtant une destination de vacances idéale avec ses fameuses Panigyria, les fêtes traditionnelles réputées dans toute la Grèce,  ses plages magnifiques et l’extraordinaire hospitalité de ses habitants.

Le meilleur d’Ikaria

Souvent sous-estimée, Ikaria est une île au caractère original parmi les îles grecques. Perdue à l’est de l’Egée, ce rocher vert surplombant le bleu de la mer est parfois surnommé le « Cuba de la Grèce ». C’est la guerre civile (1945-1949) qui a marqué durablement l’histoire et la mentalité d’Ikaria. Près de 13.000 partisans communistes (alors que l’île ne compte que 10,000 habitants) dont des hommes influents et célèbres comme le compositeur Mikis Theodorakis sont alors déportés et exilés.
Ici pas de grands hôtels resort qui bordent les plages, ni de tourisme de masse mais de simples maisons blanches, des petits villages de montagne, des petites routes sinueuses ou l’on croise des chèvres et surtout un état d’esprit unique. Solidarité et égalité ne sont pas ici de vains mots et les habitants semblent soudés face à la nature hostile, à l’isolement et à la crise. Mais on est surtout frappé par le mélange de douce excentricité, de laisser-aller et d’insouciance heureuse des habitants.
Ne soyez pas surpris, la vie tourne ici au ralenti, sans stress ni anxiété et l’île ne s’éveille doucement que le soir, lorsque la brise se lève. C’est alors le moment de se retrouver aux terrasses des cafés avant de rejoindre l’une des très nombreuse fêtes de villages, ces fameuses Panigiria qui comptent parmi les plus authentiques et les plus joyeuses de Grèce en particulier à la fin d’été.

Ikaria est une île avec de très nombreuses forêts qui viennent contraster avec des paysages de granit et de schiste. Au sud, la côte marquée par des falaises abruptes reste déserte tandis que la face nord est sillonné par de profonds canyons créant épingle la route virages extrêmes même selon les normes gréco-insulaires.

Agios Kirikos et environs

Située sur la côte est de l’île, Agios Kyrikos est la capitale administrative et surtout le port principal de l’ile (l’aéroport est à quelques kilomètres plus au nord). La ville n’est pas très interessante à l’exception de d’une dizaine de sources d’eaux chaudes radioactives connues en Grèce pour leur vertus thérapeutiques depuis Hérodote et exploitées par la station thermale de Therma fréquentée aujourd’hui par une clientèle âgée.
On préfèrera aller quelques kilomètres plus au sud, sur la côte de Therma Lefkedhos, ou une source d’eau chaude jaillit directement dans la mer autour de rochers volcaniques qui forment une piscine naturelle.
La route qui va vers le nord ouest d’Ikaria permettant de rejoindre Evdilos puis Armenistis sillonne entre de profonds canyons et offre de superbes mais vertigineuses vues sur la mer et les côtes de l’île.

Evdilos et Kambos sur la côte nord d’Ikaria

Les visiteurs rejoignent plutôt sur la côte ouest d’Ikaria, qui offrent de meilleurs infrastructures et des plages plus intéressantes. La route qui vous emmènent d’Agios Kyrikos vers Evdilos (40km) est là encore assez impressionnante et offre des points de vue vertigineux. Construite autour d’un petit port de pêche pittoresque, Evdilos seconde ville de l’île a su conservé son charme traditionnel avec ses maisons anciennes le long des quais du port. Entouré de jolis plages et de petits charmants villages (notamment le petit village de pêcheurs de Karavostamo ou le village de Fitema), Evdilos est une option interessante pour passer quelques jours et rayonner sur la région ouest.
A l’ouest d’Evdilos, le village de Kambos propose un petit musée réunissant les vestiges de l’antique Oinoé. On y trouve également les ruines d’un palais Byzantin et l’église d’Agia Irini, la plus ancienne de l’île (12e siècle). Entourés de très jolies et longues plages de sable. Le village est le point de départ de certaines des plus belles randonnées de l’île qui pourront vous mener à travers une forêt de pins jusqu’au monastère médiéval de Theoktisti (couverte-par-Dieu)et sa chapelle troglodyte perchée dans un chaos de dalles de granit (4km de Kambos).

A prévoir avant le départ

Attention, au mois d’Août, il peut être très compliqué de trouver une voiture à louer. Le service de bus n’étant pas aussi développé que sur d’autres îles, réservez une voiture bien à l’avance ou préparez vous à faire du stop.

 Armenistís, Nas et l’ouest d’Ikaria

Ce n’est pas un hasard si Arministis est la principale station balnéaire de l’île. Entourées de deux grandes et belles plages de sable – Livadi et Messakti – accessibles à pieds, mais aussi d’une des plus grande et belle forêt d’Ikaria, Armenitis a su conserver son charme tout en développant des infrastructures touristiques.
La côte d’Ikaria est ici l’une des plus venteuse de la mer Egée et c’est un spot couru par les windsurfers ce qui confère à l’endroit une atmosphère jeune et joyeuse autour de beach bar qui restent agréables.Cela peut à contrario devenir contrariant en cas de fort vent alors que la mer devient rapidement grosse. Il faut alors prévoir de passer sur la côte sud plus abritée.
A quelques kilomètres plus a l’ouest, Nas regroupe quelques habitations surplombant une petite gorge luxuriante qui vient mourrir dans une crique de sable. Le coin est resté un peu hippy même si cela n’est plus le paradis des naturistes comme cela l’était il y a encore quelques années. Derrière la plage, on trouve les ruines d’un temple dédié à Artemis datant du 5ieme siècle avant JC qui mérite une ballade au soleil couchant.

Au dessus d’Armenistis, quatre hameaux – Kastanies, Agios Dimitrios, Agios Polikarpos et le plus important Christos  forment le gros bourg de Rahes particulièrement connu sur l’île alors que depuis le temps des pirates, les habitants ont pris l’habitude de vivre la nuit. Cette habitude est devenue une tradition et alors que le matin tout semble fermé avant 11h, la ville s’éveille vers 20h et l’on est surpris de pouvoir déambuler entre cafés, restaurants et magasins (ou l’on achètera le fameux sac à dos ikariote fait d’une peau de chèvre) en pleine nuit.

Ces petits villages de Rahes sont la destination privilégiée ou l’une des étapes pour les très nombreux sentiers de marche qui sillonnent cette région ouest au départ d’Armenistis ou Evdilos vers le charmant petit village Magganitis sur la côte sud [vue 360°]

La côte sud d’Ikaria.

Découpée de falaises abruptes, la côte sud de l’ile est plus sauvage et moins habitée. Cela reste une région aux panoramas à couper le souffle [vue 360°] ou règne calme et sérénité. Peu d’infrastructures touristiques même à Magganitis ou Karkinagri sinon quelques kafenio ou tavernes ouvertes en saison. C’est la magnifique plage de Seychelles, qui tient son nom de la couleur de la mer à cet endroit, plus belle plage de la côte sud qui attire les foules. On y arrive après dix minutes de marches depuis la route qui la surplombe ou mieux en petit bateaux au départ du petit port de Magganitis.

Le top des choses à faire à Ikaria.

  • Ikaria serait le lieu de naissance de Dionysos et les vins de l’ile ont toujours eu une excellente réputation. Les caves d’Ikaria près d’Evdilos, tournées vers l’agrotourisme, proposent des visites passionnantes autour du travail de la vigne.
  • Plongez dans la source d’eau chaudes jaillissantes près du village de Xylosyrtis. Une eau immortelle selon la tradition qui contiendrait de nombreux éléments minéraux radioactifs aidant au traitement de nombreuses maladies.
Quelques chiffres sur Ikaria

Superficie: 660 km²  (160 km de littoral)
Longueur max: 44km, largeur max: 11km
Point culminant: Pic Melissa 1,040m
Environ 8,400 habitants (2011)
Deux ports: Agios Kirykos (AGJ) et dans une moindre mesure Evdilos (EVD)
Un aéroport: Ikaria (JIK)

Les fêtes importantes

Les Panagiria d’Ikaria sont très nombreuses et vous en trouverez l’été chaque semaine. Nous avons sélectionné les plus importantes.

  • Agias Matronas, fête de l’indépendance d’Ikaria (17 juillet, Agios Kirikos, Katafigi, Arethousa)
  • Profitis Ilias (20 juilet Miliopo, Kossikia, Pigi, Glaredo, Profitis Ilias (Karidies), Vrakades)
  • Agia Paraskevi (26 juillet, Agia Paraskevi (Faros), Xsilosirti, Petropouli, Karavostamo, Karkinagri)
  • Agios Panteleimonos(27 juillet, Agios Panteleimon, Feidos, Mirsonas)
  • Fête d’Agios Dimitrios (3 Août)
  • Transfiguration du Christ (6 Août, Raxon, Kalamos, Christos (Ag. Kirikos), Oxea, Frantato, Dapnhe, Stavlos)
  • Fête de Mandria (8 Août)
  • Fête de Kares (12 Août)
  • Sainte Marie (15 Août, dans tous les villages de l’ile)
  • Saint Jean (29 Août, Mavrato, Prospera)
  • Naissance de la vierge Marie (8 septembre, Kerame, Plagia, Ploumari)

Les transports pour Ikaria

En arrivant de France, Ikaria est desservi en bateau depuis le le port du Pirée (Agios Kirikos 6h50 ou Evdilos 6h) et Mykonos (Agios Kirikos 2h20 ou Evdilos 1h50).
Ikaria dispose également d’un petit aéroport desservi par un vol quotidien depuis Athènes (50min).

En bateau, Ikaria est également desservi depuis les îles du nord-est: Fourni (30m), Samos (1h10), Chios (4h50), Lesbos (7h45) et Lemnos (12h55).
Depuis les Cyclades: Naxos (4h35), Paros (5h40) et Syros (2h15)
Depuis Patmos (1h15) dans le Dodécanèse.
Et depuis le port de Kavala (16h45) à l’est de Thessalonique.

Les durées indiquées sont les plus courtes sur chaque trajet. Par ailleurs, certaines lignes peuvent ne pas être assurées hors saison.

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