Accueil > Les îles Ioniennes
Les îles ioniennes : de splendides plages de sable et une nature luxuriante
Les îles Ioniennes (Ιόνια Νησιά / Iònia Nisiá) forment un chapelet de six iles principales (Corfu, Céphalonie (Kefalonia), Ithaque, Leucade / Lefkada, Paxos et Zakynthos) le long de la côte ouest du continent grec face à l’Albanie et à l’Italie auxquelles on rattache l’ile de Cythère, située au sud du Péloponnèse . Elles constituent un monde à part dans l’espace grec : leur végétation luxuriante, leur architecture vénitienne, leur cuisine influencée par l’Italie et leur rapport particulier à l’histoire les distinguent radicalement des Cyclades ou du Dodécanèse.
Le voyageur habitué à l’aridité volcanique de la mer Égée est souvent surpris par la densité de la végétation ionienne : oliviers centenaires, cyprès, vignobles, collines recouvertes de forêts. Ce vert intense est le produit des pluies hivernales abondantes qui arrosent l’archipel, bien plus que le reste de la Grèce. Situées sur une zone sismique les iles ioniennes offrent également au voyageur de superbes paysages montagneux, d’imposantes falaises et des plages de sable qui comptent parmi les plus belles de Grèce voire du monde. On citera notamment les plages de Navagio à Zakynthos, de Porto Katsiki à Lefkada, de Myrtos à Céphalonie, ou d’Agios Gordis à Corfu.
Quelle île ionienne pour quel type de voyage ?
Les sept îles de l’archipel ne se ressemblent pas. Voici, du nord au sud, ce que chacune offre et le profil de voyageur auquel elle correspond le mieux.
Corfou est la plus grande et la plus connue des Ioniennes. Sa vieille ville (Kérkyra), classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, mêle ruelles vénitiennes, arcades à la française et forteresses. C’est une destination polyvalente, adaptée aux familles, aux amateurs d’histoire comme aux voyageurs en quête de plages. Réserve toutefois : les secteurs côtiers du nord et de l’est ont connu un développement hôtelier comparable aux côtes espagnoles.
Paxos et Antipaxos forment l’ensemble le plus intimiste de l’archipel. Ports vénitiens miniatures, oliveraies millénaires, eaux d’un bleu irréel : Paxos est prisée des plaisanciers et louée surtout en maisons, les hôtels y étant rares. C’est une île pour qui cherche le calme et la lenteur, à condition d’éviter le cœur de l’été, où elle est saturée. Antipaxos, l’îlot voisin aux criques translucides, se visite à la journée.
Leucade (Lefkada) est reliée au continent par un pont, ce qui en fait la seule île ionienne accessible en voiture sans ferry. Sa côte ouest aligne certaines des plus belles plages de Grèce (Porto Katsiki, Egremni, Kathisma), tandis que le canal de Vassiliki est un spot de windsurf réputé. C’est un bon compromis pour qui veut un accès facile, des plages spectaculaires et un arrière-pays montagneux préservé.
Céphalonie (Kefalonia) est la plus grande et la plus montagneuse des Ioniennes. Vignobles de Robola, sommet du mont Ainos (1 628 m), plage de Myrtos, grottes de Mélissani et de Drogarati : l’île offre une variété de paysages rare et a mieux résisté que d’autres à l’uniformisation touristique. Elle convient aux voyageurs actifs qui veulent combiner mer, randonnée et villages.
Ithaque (Itháki), l’île d’Ulysse, est protégée du tourisme de masse par l’absence de grandes plages de sable. Peu de stations balnéaires, beaucoup d’atmosphère : criques, monastères isolés, sentiers et le port profond de Vathy. C’est la destination de ceux qui cherchent la tranquillité, la marche et une Grèce insulaire restée discrète.
Zakynthos (Zante) a deux visages. Mondialement connue pour la baie du Naufrage (Navagio), l’île concentre au sud (secteur de Laganas) un tourisme balnéaire et nocturne intense, alors que le nord et l’intérieur restent préservés. Zakynthos abrite aussi une importante population de tortues Caretta caretta, dont la nidification a entraîné la fermeture ou la régulation de plusieurs plages.
Cythère (Kythira) occupe une place à part : géographiquement isolée au sud du Péloponnèse, elle est rattachée aux Ioniennes mais fonctionne de façon indépendante. Villages de pierre blanche à l’architecture cycladique, gorges verdoyantes, criques difficiles d’accès : c’est une île pour l’authenticité sans circuit balisé, très attachée à sa diaspora gréco-australienne.
Organisez votre voyage : une agence locale pour un séjour sur-mesure
Quelles îles éviter en haute saison ?
En juillet et août, ce ne sont pas des îles entières qu’il faut fuir, mais des secteurs précis. À Zakynthos, la côte sud autour de Laganas (et, dans une moindre mesure, Kalamaki, Tsilivi, Argassi) concentre un tourisme de masse nocturne, alors que la même plage de Laganas est une zone de ponte des tortues : le mélange est mauvais pour les deux. Le belvédère de Navagio est saturé en milieu de journée, et l’accès à la plage elle-même, uniquement par bateau, est réglementé pour des raisons de sécurité après plusieurs éboulements.
À Corfou, les stations de Kavos (au sud, dédiée à la fête), Sidari, Ipsos et Benitses ressemblent à des resorts méditerranéens génériques plus qu’à une île grecque. L’intérieur, le nord-ouest (Paleokastritsa, le mont Pantokrator) et le sud autour de la lagune de Korission restent à l’écart de cette pression.
Paxos, minuscule et sans grands hôtels, est paradoxalement vite débordée : les excursionnistes venus de Corfou affluent à Gaios et sur les criques d’Antipaxos en milieu de journée. Mieux vaut y dormir quelques nuits et profiter des plages tôt le matin ou en fin d’après-midi. À Céphalonie, seuls quelques points chauds (la plage de Myrtos et la grotte de Mélissani aux heures de pointe) demandent d’arriver tôt.
La règle générale tient en une phrase : mai, juin et septembre offrent la même lumière et les mêmes eaux que l’été, sans les files ni les prix doublés. Pour comparer la pression touristique île par île avec des données chiffrées, consultez notre Index du surtourisme des îles grecques.
Comment aller dans les îles ioniennes ?
Les îles ioniennes par avion
Quatre îles disposent de leur propre aéroport : Corfou (CFU, Ioannis Kapodistrias), Céphalonie (EFL, Anna Pollatou, à 3 km d’Argostoli), Zakynthos (ZTH, Dionysios Solomos) et Cythère (KIT). Une cinquième porte d’entrée, sur le continent, dessert Leucade : l’aéroport d’Aktion / Préveza (PVK), situé à une vingtaine de minutes du pont qui relie l’île. Paxos, Antipaxos et Ithaque n’ont pas d’aéroport et se rejoignent en combinant l’avion et le ferry.
Depuis la France, Corfou est la mieux desservie en été, avec des vols directs depuis Paris, Lyon, Nantes, Bordeaux et Marseille (Ryanair, easyJet, Transavia). Zakynthos reçoit des vols directs depuis Paris, Nantes et Lyon (Volotea, Transavia, easyJet), Leucade via Préveza des vols low-cost depuis Paris, et Céphalonie quelques liaisons directes complétées par des vols avec escale à Athènes. Cythère se rejoint en avion uniquement depuis Athènes (Sky Express), plusieurs fois par semaine, avec une fréquence accrue en été. Pour comparer les options et les périodes, voyez nos conseils pour vos billets d’avion en Grèce et la liste des aéroports grecs.
| Île | Aéroport le plus proche | Code IATA | Accès |
|---|---|---|---|
| Corfou | Ioannis Kapodistrias (sur l’île) | CFU | Vols directs depuis Paris, Lyon, Nantes, Bordeaux, Marseille |
| Paxos et Antipaxos | Corfou (CFU), puis ferry | CFU | Avion vers Corfou + ferry depuis Igoumenitsa ou Corfou |
| Leucade (Lefkada) | Aktion / Préveza (continent) | PVK | À 20 min par le pont ; vols low-cost depuis Paris |
| Ithaque | Céphalonie (EFL) ou Aktion (PVK), puis ferry | EFL / PVK | Avion + ferry (Sami ou Astakos vers Pisaetos / Vathy) |
| Céphalonie | Anna Pollatou (sur l’île) | EFL | Vols directs depuis Paris, sinon via Athènes |
| Zakynthos (Zante) | Dionysios Solomos (sur l’île) | ZTH | Vols directs depuis Paris, Nantes, Lyon |
| Cythère (Kythira) | Kythira (sur l’île) | KIT | Vols domestiques depuis Athènes (Sky Express) |
À noter pour qui combine avion et continent : l’aéroport d’Aktion / Préveza (PVK) sert de point d’entrée commun à Leucade et au sud de l’Épire, tandis qu’Athènes (ATH) reste le hub des vols domestiques vers Céphalonie, Zakynthos et Cythère.
En ferry depuis l’Italie
Les Ioniennes sont les seules îles grecques que l’on peut rejoindre directement en ferry depuis l’Italie. Des lignes régulières relient Ancône, Bari, Brindisi et Venise à Igoumenitsa et à Corfou (comptez 8 à 10 heures depuis Bari), certaines traversées se prolongeant jusqu’à Patras, sur le continent (plus de 24 heures depuis Venise, le port le plus au nord). C’est l’option privilégiée des voyageurs qui combinent la Grèce avec un road trip à travers l’Europe du Sud, et la plus pratique pour qui voyage en camping-car ou avec son propre véhicule.
En ferry depuis le continent grec
Des liaisons régulières connectent les Ioniennes entre elles et avec le continent. Igoumenitsa est la porte d’entrée de Corfou et de Paxos ; Kyllini dessert Zakynthos et Céphalonie ; Patras et Astakos relient Céphalonie et Ithaque. Leucade, rattachée au continent par un pont flottant, se rejoint sans ferry, mais ses ports de Nidri et Vasiliki ouvrent vers Céphalonie, Ithaque et l’îlot de Meganisi. Cythère fait bande à part : on l’atteint depuis Neapoli et Gythio, sur le Péloponnèse, ainsi que depuis Kissamos, en Crète, en saison.
→ Conseils et réservation des billets de ferry
Climat et météo des îles ioniennes
Les iles ioniennes bénéficient d’un climat méditerranéen doux avec des étés secs et chauds mais des hivers pluvieux avec des températures qui ne tombent que très rarement au-dessous de 0. C’est l’archipel le plus arrosé de Grèce avec des précipitations trois fois plus élevées que dans les iles de la Mer Egée (et notamment les Cyclades). Cela explique le caractère verdoyant des îles qui offrent une végétation dense complètement différente de l’image que se font la plupart des touristes qui viennent visiter les îles grecques et qui pensent trouver le paysage typique très aride des Cyclades. Contrairement à la plupart des autres archipels les iles ioniennes échappent au souffle du Meltemi, ce vent fort venu du nord qui balaie en été la mer Egée et peut rendre les soirées fraiches (et les traversées en ferry compliquées). Les étés peuvent alors être particulièrement chauds.La météo cette semaine à Corfou
CORFU WEATHERTempératures et précipitations annuelles dans les îles Ioniennes (Corfou)
| Jan. | Fév. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures moyennes (°C) | 9,7° | 10,3° | 12,0° | 14,9° | 19,6° | 23,9° | 26,4° | 26,3° | 22,7° | 18,4° | 14,3° | 11,1° |
| Jours pluvieux (moyenne) | 16,1 | 14,6 | 14,5 | 12,9 | 8,0 | 4,9 | 2,3 | 3,4 | 7,0 | 11,2 | 15,7 | 17,5 |
| Précipitations moyennes (mm) | 136,6 | 124,6 | 98,1 | 66,7 | 37,0 | 14,1 | 9,2 | 19,0 | 81,3 | 137,7 | 187,4 | 185,6 |
Source : Hellenic Meteorological Service (données 1955-1997)
Découvrir les îles grecques
nOs guides des îles ioniennes
Quelles histoires se cachent derrière les îles Ioniennes ?
Les Ioniennes sont les îles d’Homère : Ithaque était le royaume d’Ulysse, et certains hellénistes identifient Corfou à Schéria, le pays des Phéaciens où le héros naufragé fut recueilli par Nausicaa. L’histoire réelle est tout aussi singulière. Seules îles grecques à n’avoir jamais été ottomanes (à l’exception partielle de Leucade), elles passent sous domination vénitienne de 1386 à 1797, qui leur laisse une architecture sans équivalent ailleurs en Grèce.
Après la chute de Venise naît en 1800 la République des Sept-Îles (Eptanisos), souvent présentée comme le premier État grec autonome de l’époque moderne. Vient ensuite le protectorat britannique (1815-1864), dont témoignent encore les arcades du Liston à Corfou, avant le rattachement à la Grèce en 1864.
Cette frontière entre mondes grec et italien a produit une culture lettrée remarquable. Dionysios Solomos, né à Zakynthos en 1798, y écrit en 1823 l’Hymne à la Liberté devenu l’hymne national grec ; le premier chef de l’État grec indépendant, Ioannis Kapodistrias, est corfiote ; et Lord Byron rédige une partie de Don Juan à Metaxata, sur Céphalonie.
Enfin, les séismes de 1953 ont détruit l’essentiel de Céphalonie, d’Ithaque et de Zakynthos, reconstruites depuis : c’est pourquoi ces îles paraissent parfois plus récentes que leur âge. Corfou, chère aux frères Durrell, et Céphalonie, cadre de La Mandoline du capitaine Corelli, prolongent cette tradition littéraire.
Où s'installer dans les îles ioniennes ?
Les produits gastronomiques des îles ioniennes
La cuisine ionienne porte la marque de Venise : pasta, ragù, risotto revisités à la grecque coexistent avec les plats traditionnels. À Corfou, le sofrito (veau en sauce) et le pastitsada (pâtes en sauce à la viande) sont les plats emblématiques. L’huile d’olive de Corfou (IGP, Agios Mattheos) et l’huile de Zakynthos (IGP) bénéficient d’une certification européenne. Le kumquat de Corfou (IGP), ce petit agrume japonais introduit par les Britanniques au XIXe siècle, est le produit le plus singulier de l’archipel : on le consomme frais, confit, en liqueur ou en confiture, et la liqueur de koum kouat (IGP) est exportée dans toute la Grèce. Le raisin sec de Zakynthos (AOP, Stafida Zakynthou) est l’un des produits les plus anciennement certifiés. Côté vins, la Robola de Kefalonia (AOP) est un blanc sec réputé issu d’un cépage endémique, la Mavrodaphni de Kefalonia (AOP) est un vin doux naturel, et la Verdea de Zakynthos (IGP) est un blanc résineux particulier.
Des espaces naturels préservés à découvrir
Le Parc national marin de Zakynthos, créé en 1999 et premier du genre en Grèce, protège dans la baie de Laganas la plus dense zone de nidification de la tortue Caretta caretta de Méditerranée (jusqu’à 1 300 nids certaines années). La réglementation y est stricte : plages de ponte interdites de la tombée du jour à l’aube en saison, éclairage nocturne limité, zones de mouillage encadrées. L’association Archelon y anime un centre d’information à la plage de Gerakas.
À Céphalonie, le Parc national du mont Ainos (créé en 1962, intégré au réseau Natura 2000) protège autour du plus haut sommet de l’archipel (1 628 m) une forêt de sapins endémiques, l’Abies cephalonica, ainsi que des chevaux semi-sauvages et plusieurs espèces végétales propres à l’île. À Corfou, la lagune de Korission, zone humide Natura 2000 séparée de la mer par les dunes de Halikounas, accueille flamants roses et oiseaux migrateurs ; au nord, la lagune d’Antinioti joue un rôle comparable.
Plus discrètement, la lagune de Leucade (zone humide protégée, riche en avifaune), les fonds marins de Paxos et plusieurs sites côtiers de l’archipel figurent eux aussi au réseau Natura 2000, pour leurs herbiers, leurs grottes sous-marines ou leurs colonies d’oiseaux. Ces espaces sont précieux mais exposés aux flux estivaux : leur fréquentation se fait idéalement hors saison et dans le respect des règles d’accès.
Comprendre les zones Natura 2000 en Grèce et où se trouvent les espaces naturels protégés du pays.
→ Où se trouvent les espaces naturels protégés en Grèce ?
Quelles îles ioniennes privilégier pour la randonnée ?
Cinq îles se prêtent particulièrement à la marche. Corfou est traversée par le Corfu Trail, un sentier balisé de plus de 200 km reliant le cap Asprokavos, au sud, à la pointe nord de l’île en une dizaine d’étapes. Céphalonie offre les chemins du parc national du mont Ainos et de nombreux sentiers de moyenne montagne. Ithaque, montagneuse et peu balnéaire, se parcourt sur les pas d’Ulysse, entre criques et monastères isolés. Leucade conjugue gorges (Dimosari, près de Nydri) et villages d’altitude comme Karia. Enfin Paxos, malgré sa petite taille, se découvre à pied à travers ses oliveraies, jusqu’à l’église des Saints-Apôtres et les falaises d’Erimitis au coucher du soleil. Zakynthos et Cythère, davantage tournées vers la plage, conservent toutefois de belles balades dans leurs gorges et leur intérieur. Pour préparer vos itinéraires, voyez nos conseils randonnée et trek en Grèce.
Une agence locale pour votre les îles ioniennes
Choisir une agence locale grecque, c'est s'appuyer sur une connaissance du terrain : les bonnes adresses de saison, les îles à privilégier selon votre profil, les erreurs classiques à éviter. C'est la différence entre un voyage préparé à distance et un itinéraire construit par quelqu'un qui vit ici.
