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Milos la multicouleurs, une île volcanique aux paysages spectaculaires

Milos (Μήλος) est une île volcanique du sud-ouest des Cyclades, connue pour les roches blanches sculptées de Sarakiniko, ses plus de 70 plages et ses villages de pêcheurs aux maisons creusées dans la falaise. L’extraction de l’obsidienne y attirait déjà les Minoens, et l’exploitation minière (perlite, bentonite, kaolin) reste aujourd’hui un pilier économique aussi important que le tourisme, ce qui a longtemps épargné l’île de la pression touristique de ses voisines. Cet équilibre tend à basculer depuis 2025 et pour exemple la construction d’un hôtel cinq étoiles juste à côté de Sarakiniko a déclenché une mobilisation des habitants et la suspension du chantier par le ministère grec de l’Environnement.

Au sommaire

le meilleur de Milos

 

Le port d’Adamas et la capitale Plaka, à 4 km l’un de l’autre, concentrent l’essentiel des commerces et hébergements. La côte nord, jusqu’à Pollonia, aligne les villages de pêcheurs les plus photogéniques (Firopotamos, Mandrakia, Klima) et Sarakiniko, point le plus fréquenté de l’île en été. La côte sud, abritée du meltemi, déroule des plages organisées (Paleochori, Provatas) sur fond de falaises colorées. À l’ouest, la péninsule sauvage de Halakas, classée Natura 2000, abrite Kleftiko, le site le plus emblématique de Milos.

Que voir à Milos : Adamas, Plaka et les villages de pêcheurs

Adamas, le port principal, occupe l’une des plus grandes baies naturelles de Méditerranée, vestige d’un cratère effondré. Le village est récent, fondé vers 1835 par des réfugiés crétois fuyant une rébellion ratée contre les Ottomans, ce qui explique son architecture sans grand cachet face aux autres ports cycladiques. On y visite le musée ecclésiastique, installé dans l’église d’Agia Triada et ses icônes byzantines rapportées de Crète, et le musée des Mines de Milos, qui retrace l’histoire minière de l’île.

À 4 km au-dessus du port, Plaka, la capitale, déroule ses maisons cubiques blanchies et ses ruelles pavées fleuries [vue 360°]. Le musée archéologique, dans une villa néoclassique, présente une copie de la Vénus de Milo (l’original, découvert sur l’île en 1820, est aujourd’hui au Louvre) et la Dame de Filakopi, terre cuite datée d’environ 1400 av. J.-C. Les marches qui montent au kastro vénitien du XIIIe siècle offrent l’un des plus beaux couchers de soleil des Cyclades [vue 360°].

Prolongeant Plaka, Trypiti tire son nom des catacombes paléochrétiennes voisines (Ier au Ve siècle), parmi les plus importantes de Grèce après celles de Rome : trois galeries bordées de tombes s’enfoncent sur près de 200 mètres dans la roche volcanique, mais seuls les cinquante premiers mètres se visitent. Un chemin mène ensuite au théâtre romain de l’ancienne Melos, qui surplombe la baie. Au pied de la falaise, Klima [vue 360°] est le plus photogénique des hameaux de pêcheurs de l’île, avec ses sirmata (σύρματα), hangars à bateaux colorés creusés dans la roche.

Que voir sur la côte nord, de Plaka à Sarakiniko et Pollonia

La route littorale qui relie Plaka à Pollonia traverse les sites les plus connus de Milos : mieux vaut la parcourir un jour sans vent, cette partie de l’île étant la plus exposée au meltemi. Elle débute par deux villages de pêcheurs aux eaux translucides, Firopotamos [vue 360°] et Mandrakia [vue 360°], avant Sarakiniko [vue 360°], paysage lunaire de roches blanches sculptées par l’érosion il y a deux à trois millions d’années. C’est aujourd’hui l’endroit le plus saturé de l’île en plein été, dès 9h, et le symbole d’une pression immobilière croissante sur Milos depuis le projet d’hôtel cinq étoiles contesté sur le site en 2025. Pour en profiter au calme, le seul vrai créneau reste le lever du jour.

Plus loin, Papafragkas [vue 360°] est un ravin où la mer s’engouffre sous une arche rocheuse, donnant accès par des marches taillées à une minuscule plage intérieure, l’une des images les plus reconnaissables de Milos. Juste à côté, les vestiges de l’ancienne Filakopi, comptoir commercial de l’obsidienne durant la civilisation cycladique, comptent parmi les sites archéologiques majeurs de la période. La route se termine à Pollonia [vue 360°], village de pêcheurs devenu un centre de windsurf reconnu, tourné vers l’île de Kimolos à laquelle il est relié par un étroit bras de mer franchi plusieurs fois par jour en ferry local.

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Que voir sur la côte sud de Milos ?

Protégée du meltemi, la côte sud aligne une succession de plages volcaniques sur fond de falaises spectaculairement colorées. En descendant de Plaka, on traverse Zefyria, première capitale médiévale de l’île, abandonnée au XVIIIe siècle après un séisme et des épidémies attribuées aux émanations volcaniques du sol. Deux édifices subsistent sur la place du village : l’église de Panagia Portiani, ancienne cathédrale de Milos aux fresques anciennes, et celle, plus modeste et plus ancienne, d’Agios Charalambos, accolée à la première par une arche. Les deux ont été bâties avec la roche volcanique locale, la même perlite que celle encore extraite aujourd’hui à quelques kilomètres de là. Plus au sud, Paleochori [vue 360°] est l’une des plages les plus organisées de l’île, réchauffée par des vents volcaniques affleurant sous le sable. Tsigrado [vue 360°], plus difficile d’accès, se mérite par une descente en échelles de bois jusqu’à une crique encaissée donnant accès à plusieurs grottes en nageant (détails dans la section plages ci-dessous).

Que voir dans la péninsule sauvage de Halakas ?

La moitié ouest du fer à cheval que dessine Milos forme une zone protégée Natura 2000, sans village hormis le petit port de pêche d’Emporios. On y circule sur des pistes de terre, préférables en voiture qu’en scooter. C’est ici que vivent les rares espèces endémiques de l’île, dont la vipère de Milos et le lézard des murailles de Milos. Dans le coin sud-ouest, les grottes de Kleftiko [vue 360°] forment le site le plus symbolique de Milos : selon la légende, des pirates y cachaient leurs butins dans ces formations rocheuses semi-submergées, tunnels et grottes percées de toutes parts. Le chemin à pied est très difficile, et traverse la réserve des vipères de Milos : on y accède presque toujours en bateau, pour profiter aussi d’une baignade dans des eaux cristallines. La grande grotte de Sykia, dans le même secteur, se visite lors des mêmes excursions en mer.

Peut-on randonner à Milos ?

Milos compte un réseau de sentiers anciens, hérité des chemins muletiers reliant les villages avant l’arrivée de la route, ainsi qu’un réseau plus récent de pistes géologiques créées pour relier les principaux sites volcaniques de l’île. Le sentier le plus emblématique relie les catacombes au théâtre antique, puis grimpe jusqu’au Profitis Ilias, point culminant de Milos à 774 mètres, sur un parcours d’environ 2,5 km. Sur la côte nord, un itinéraire de près de 9 km longe le littoral de Sarakiniko à Mytakas, traversant un paysage de roches volcaniques blanches sans aucune ombre. Un autre sentier relie Zefyria à la plage d’Agia Kyriaki (environ 5 km), tandis qu’un parcours plus long, d’une dizaine de kilomètres, va de Fyropotamos à Lagkada, près d’Adamas.

Dans le secteur sud-ouest, un sentier permet de rejoindre un belvédère donnant sur Kleftiko sans passer par la mer, pour ceux qui préfèrent la marche au bateau. La péninsule de Halakas, classée Natura 2000, concentre les itinéraires les plus sauvages : peu balisés, ils demandent de bonnes chaussures et de l’eau en quantité, le terrain étant exposé et sans ombre. Plus d’informations sur les zones Natura 2000 grecques.

Quelles sont les plus belles plages de Milos ?

Avec plus de 70 plages recensées, Milos doit sa réputation à la diversité de son littoral volcanique : sable blond, galets, falaises colorées, criques semi-submergées, parfois accessibles seulement en bateau. Les plus connues, Sarakiniko et Paleochori, sont aussi les plus fréquentées en juillet-août : mieux vaut les viser tôt le matin ou en fin de journée.

Sur la côte nord, outre Sarakiniko, Firopotamos et Mandrakia conjuguent eaux translucides et hameaux de pêcheurs encore habités, sans grande infrastructure de plage. Mytakas, accessible par une piste de 500 mètres, et Papafragkas, son ravin spectaculaire où la mer s’engouffre sous une arche rocheuse, complètent ce tronçon : le premier plus tranquille, le second minuscule mais l’un des sites les plus photographiés de l’île. Au large, les îlots de Glaronissia, colonnes de basalte en orgues volcaniques, ne se découvrent qu’en bateau, lors d’une excursion ou d’un tour de l’île. Dans la grande baie d’Adamas, les plages de Papikinou et d’Achivadolimni attirent plutôt les amateurs de windsurf et de kitesurf, exposées aux vents dominants.

Sur la côte sudPaleochori et Provatas sont les plages organisées par excellence, avec chaises longues, tavernes et activités nautiques. Fyriplaka [vue 360°], l’une des plus longues de l’île, et Agia Kyriaki [vue 360°], aux galets blancs caractéristiques, offrent un compromis entre confort et tranquillité selon l’endroit où l’on s’installe sur le sable : les abords des beach-bars sont animés, les extrémités beaucoup plus calmes et parfois naturistes. Pour échapper à la foule, Tsigrado, accessible uniquement par une échelle en bois plantée dans la falaise, reste la plus difficile d’accès et donc la plus préservée parmi les plages organisées du sud.

À l’ouest, dans la zone Natura 2000 de Halakas, GerontasTriades [vue 360°] et Ammoudaraki [vue 360°] restent sauvages et sans aucune infrastructure : prévoir eau et ombre en quantité, et idéalement un véhicule adapté aux pistes de terre. Le site le plus impressionnant de l’île, Kleftiko, ne se découvre qu’en bateau, lors d’un tour de l’île qui permet aussi d’apercevoir, avec un peu de chance, le rarissime phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus), qui trouve refuge dans les grottes marines de l’archipel Milos-Kimolos-Polyaigos, classé Natura 2000 à ce titre.

MILOS
  • Plages et activités sportives - 9/10
    9/10
  • Patrimoine historique et culturel - 8/10
    8/10
  • Villages et arrière pays - 4/10
    4/10
  • Authenticité - 6/10
    6/10
6.8/10
7/10
Avis des voyageurs
7.04/10 (611 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : 151 km² (126 km de littoral)
  • Longueur maximum : 23 km, largeur maximum : 12 km
  • Point culminant : mont Profitis Ilias, 774 m
  • Environ 5 302 habitants (2021)
  • Port principal : Adamas, port secondaire : Pollonia
  • Aéroport : Milos (MLO)

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • Début juillet à fin août : Festival de Milos (concerts, théâtre) dans plusieurs villages
  • 17 juillet : fête d’Agia Marina à Adamas
  • 26 juillet : fête d’Agia Paraskevi à Pollonia
  • 26 juillet : fête d’Agios Panteleimonas à Plaka et à Emporios
  • 15 août : fête de l’Assomption de la Vierge (Panagia) à Zefyria
  • 15 août : fête d’Agios Charalambos à Adamas
  • 22 août : fête de Panagia Faneromeni à Trypiti
  • 26 août : fête d’Agios Fanourios à Pollonia
  • 8 septembre : fête de Panagia Korfiatissa à Plaka
  • 26 septembre : fête d’Agios Theologos à Plaka

La carte de Milos

Comment venir à Milos et comment s’y déplacer ?

Milos dispose d’un petit aéroport, à 5 km au sud-est d’Adamas, desservi plusieurs fois par jour depuis Athènes (Olympic Air, Sky Express, Aegean) en saison, pour un vol d’environ 40 minutes.

L’île est aussi accessible en ferry depuis le port du Pirée, avec plusieurs liaisons quotidiennes en haute saison, pour une traversée de 3 à 7 heures selon le bateau. Milos est bien reliée aux îles voisines : Sifnos, Folegandros, Serifos et Kimolos sont à moins d’une heure, Santorin et Ios à 1h30-2h. Un petit ferry local relie aussi Pollonia à Kimolos en une vingtaine de minutes, une excursion facile à organiser à la journée.

Sur l’île, un réseau de bus KTEL dessert les principaux villages depuis Adamas, mais les fréquences se resserrent fortement hors saison. La location de voiture ou de scooter reste la solution la plus pratique, en particulier pour atteindre les plages de la côte ouest, accessibles uniquement par pistes de terre. La basse saison (mai-juin, septembre-octobre) permet de profiter de Sarakiniko et des sites les plus fréquentés dans des conditions bien plus agréables.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

Que manger à Milos : produits et spécialités locales

La cuisine de Milos est avant tout pastorale plutôt que marine : l’île compte plusieurs milliers de chèvres et une tradition fromagère affirmée. Le fromage le plus typique, le xiro tyri (ξηρό τυρί), aussi appelé ladotyri (λαδότυρι), est fabriqué à partir de lait de chèvre, affiné pendant six mois et parfois encore enduit d’huile d’olive selon la méthode traditionnelle ; certains producteurs continuent de l’affiner dans les grottes naturelles de l’île. Plus jeune, le même fromage donne la manoura (μανούρα), consommée fraîche ou semi-affinée.

La spécialité la plus emblématique reste le pelté milaikos (μηλέικος πελτές), une pâte de tomates locales séchées au soleil et fortement salées, servie en apéritif sur du pain ou du paximadi, ou utilisée comme marinade pour les viandes cuites au four. Les tomates de Milos, cultivées en sec, ont une réputation qui dépasse largement l’île, sans pour autant bénéficier à ce jour d’une appellation européenne protégée. Côté sucré, le koufeto (κουφέτο), confit traditionnellement offert lors des mariages et fiançailles, se prépare avec une courge blanche locale, du miel et des amandes ; le karpouzopita (καρπουζόπιτα), tarte fine à la pastèque, et les pitarakia (πιταράκια), petits chaussons frits au fromage sec ou à la myzithra, complètent la table milaike. Aucun de ces produits n’est aujourd’hui enregistré AOP ou IGP au registre européen eAmbrosia, malgré leur notoriété locale.

    • Lever le jour à Sarakiniko avant 9h, seule façon d’éprouver le paysage lunaire sans la foule qui s’installe ensuite pour la journée entière.
    • Faire le tour de l’île en bateau pour rejoindre Kleftiko et la grotte de Sykia, inaccessibles ou presque par la route.
    • Flâner dans les ruelles fleuries de Plaka au coucher du soleil, depuis les marches qui montent au kastro vénitien.
    • Descendre dans les catacombes de Tripiti, parmi les plus importantes vestiges paléochrétiens conservés en Grèce.
    • Goûter le xiro tyri, fromage de chèvre affiné en grotte, accompagné de pelté milaikos sur du pain frais.
    • Observer les maisons de pêcheurs aux couleurs vives de Klima et de Firopotamos, adossées directement à la falaise.
    • Marcher du théâtre antique au sommet du Profitis Ilias, le point culminant de l’île à 774 mètres.
    • Explorer les plages encore sauvages de Halakas, en zone Natura 2000, à l’écart des axes les plus fréquentés.
    • S’attabler à Pollonia en fin de journée, face à Kimolos, pour un dîner de poisson au calme.
    • Prendre le petit ferry local pour Kimolos, à vingt minutes de Pollonia, pour une excursion d’une journée hors des foules de Milos.

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