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Alonissos, une île verte discrète au cœur du plus grand parc marin européen

Alonissos (en grec Αλόννησος, l’île du sel) est la troisième île habitée des Sporades, à l’est de Skopelos et à quatre heures de bateau de la Thessalie. Longue de 20 km pour 64,5 km², elle est couverte de pins d’Alep, d’oliveraies et de vignes, et entourée depuis 1992 par le Parc marin national d’Alonissos et des Sporades du Nord, le premier créé en Grèce et le plus vaste d’Europe. L’Antiquité la connaissait sous le nom d’Ikos, cité réputée pour son vin, dont les vestiges affleurent encore sous la mer à Kokkinokastro. Côté tourisme, la situation est claire : Alonissos reste l’île discrète de l’archipel, sans aéroport et sans tourisme de masse, à l’inverse de sa voisine Skiathos.

Plage de Spartines à Alonissos Grèce Vue aérienne de la baie de Steni Vala à Alonissos Vue sur la plage de Kokkinokastro dans l'île d'Alonnisos Vue aérienne de la ville de Patitiri sur l'île d'Alonnisos, Grèce Alonissos vue le port de pêcheur pittoresque de Votsi Vue panoramique sur la plage de Chrysi Milia beach à Alonnisos
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Le meilleur d’Alonissos

Alonissos forme une longue crête boisée orientée nord-est, culminant au mont Kouvouli (475 m). Les côtes ouest et nord sont abruptes, exposées aux vents et creusées de grottes marines. La côte est, abritée par la masse de l’îlot de Peristera, enchaîne les baies. Quatre zones structurent la visite : Patitiri et le sud, seul secteur vraiment équipé, qui concentre presque toute la population ; la Chora et le versant ouest, perchés et beaucoup plus calmes ; la côte est jusqu’à Steni Vala, où se succèdent les plages et le seul autre vrai village ; et le nord sauvage, quasi vide, jusqu’au bout de la route.

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Patitiri et le sud : le port et les services

Patitiri occupe une baie encadrée de falaises de grès plantées de pins. Le nom signifie « pressoir à vin » et rappelle le passé viticole de l’île. Le village est entièrement moderne : il a été construit après le séisme de mars 1965 qui a détruit la Chora et provoqué le déplacement forcé de la population. L’architecture est banale, on le dit sans détour, mais le front de mer pavé, les cafés et les tavernes en font une base pratique et agréable le soir.

Deux visites justifient un arrêt. Sur le port, le Centre d’information sur le phoque moine de l’ONG MOM présente gratuitement vidéos, maquettes et infographies sur l’espèce emblématique du parc : c’est court, pédagogique et parfait avec des enfants. Un peu au-dessus, dans un beau bâtiment de pierre, le Musée d’Alonissos déploie sur quatre niveaux costumes, cartes marines anciennes, matériel vinicole, une collection d’armes de pirates et une section sur la résistance pendant la guerre.

Juste à côté, Roussoum Gialos et Votsi, deux petits ports de pêche devenus des faubourgs, se rejoignent à pied en quelques minutes et offrent de meilleures baignades que la plage de galets de Patitiri elle-même. À l’extrémité sud, la plage de Marpounda est monopolisée par un grand complexe hôtelier : passez votre chemin, la crique voisine de Vythisma est bien plus jolie.

La Chora et le versant ouest : le village perché

La Chora, ou Palia Alonissos, se tient à environ 200 mètres au-dessus de la mer sur une crête qui domine tout le sud de l’île. Vidée de force après 1965, puis abandonnée définitivement en 1977 avec la fermeture de l’école et la coupure de l’électricité, elle a été rachetée pour presque rien par des étrangers qui l’ont restaurée maison par maison. Le résultat est superbe et un peu étrange : ruelles pavées, toits d’ardoise, bougainvillées, vues jusqu’au mont Athos par temps clair, mais aussi beaucoup de boutiques de souvenirs et peu d’habitants permanents. Le village ne s’anime réellement que quelques semaines en été. Trois églises ont survécu au séisme et méritent le détour : la Nativité du Christ (XIIe siècle), Agios Athanasios (XIe siècle) et sa cour pavée, et Agios Georgios, qui a gardé son caractère médiéval.

La Chora abrite aussi le centre à terre du Musée sous-marin d’Alonissos, installé dans une école de 1903. On y plonge virtuellement sur l’épave de Peristera grâce à des caméras immergées et à la réalité augmentée, sans mettre un pied dans l’eau. On y voit aussi une maquette du site et des répliques d’amphores. L’entrée est gratuite.

Le sujet mérite qu’on s’y arrête. Repérée par un pêcheur en 1985 puis fouillée par l’éphorat des antiquités sous-marines, l’épave gisant près de l’îlot de Peristera est l’un des plus grands navires de commerce d’époque classique retrouvés en Égée : coulé vers 425 avant notre ère par 25 mètres de fond, il transportait plusieurs milliers d’amphores à vin. Ouvert en août 2020, c’est le premier musée sous-marin de Grèce, accessible aux plongeurs brevetés accompagnés d’un instructeur.

Peut-on randonner à Alonissos ?

C’est même la meilleure île des Sporades pour cela. Seize itinéraires ont été relevés, numérotés et balisés de petites pancartes jaunes. Le réseau n’est plus entretenu depuis des années et certains tronçons sont envahis par la végétation ou effacés : la carte Terrain au 1:25 000, en vente sur l’île, est vraiment utile, y compris en version numérique sur Avenza Maps.

Le classique reste le sentier n° 4, l’ancien kalderimi pavé qui reliait le port à la Chora : 2,4 km, environ 45 minutes de montée et 30 à la descente, entre vergers et oliveraies. Le n° 2 grimpe de la Chora au sommet du Kalovoulos en une heure et offre le plus beau panorama de l’île, à 360 degrés. Le n° 1 descend de la Chora à Mikros Mourtias par un vieux chemin dallé en 35 minutes.

Au nord, deux boucles plus sérieuses. Le n° 11 part de Kastanorema et rejoint la plage d’Agios Dimitrios en une heure, face à Peristera et Lechousa ; on peut le combiner avec le n° 15, qui remonte le lit asséché d’un torrent sur près de cinq kilomètres jusqu’aux plages de Strovili et Mourtitsa. Le n° 13, de Melegakia à la chapelle d’Agios Konstantinos, traverse une forêt de pins très dense et se prolonge par le n° 12 vers Agios Georgios. Le n° 5, enfin, mène aux deux chapelles des Agioi Anargyroi en passant par la fontaine de Pente Vryses, dont l’eau est potable.

Le parc marin et l’est de Skopelos sont classés en zone Natura 2000 et reconnus zone importante pour la conservation des oiseaux : faucons d’Éléonore, faucons pèlerins, aigles de Bonelli, cormorans huppés et puffins cendrés y nichent, et l’archipel se trouve sur un couloir de migration majeur. Plus de 1 000 espèces et sous-espèces végétales ont été recensées dans les Sporades du Nord.

Quelles plages choisir à Alonissos ?

Les plages d’Alonissos ne rivalisent pas avec le sable de Skiathos, et c’est très bien ainsi. Ce sont pour l’essentiel des galets blancs, qui donnent à l’eau une transparence remarquable, souvent bordés de pins jusqu’au rivage. Beaucoup sont peu ou pas aménagées.

Au sud, autour de la Chora, Megalos Mourtias déroule cent mètres de galets clairs entre deux falaises, avec deux tavernes dans l’oliveraie : accessible par une route pentue depuis le village, elle peut être bruyante. Sept cents mètres à l’ouest, Mikros Mourtias se mérite par un sentier et reste nettement plus tranquille. Sur la côte ouest, isolées et sans services, Vrisitsa et Gialia, cette dernière surmontée d’un vieux moulin, ont plus de sable que de galets.

Sur la côte est, Chrisi Milia est la seule vraie plage de sable doré, en pente douce et peu profonde : parfaite avec de jeunes enfants, donc très fréquentée en août. Sa voisine Milia, en galets blancs sous les pins, dispose d’une cantine. Plus au nord, Kokkinokastro est la plus spectaculaire de l’île, avec ses falaises rouges et son promontoire ; on distingue encore, à l’extrémité nord, les vestiges du rempart de la cité antique d’Ikos. Leftos Gialos, superbe crique de galets blancs cernée de pins, souffre de son succès : les bateaux d’excursion y déversent du monde et les beach bars mettent le son. Si vous cherchez le calme, préférez Tzortzi Gialos, juste à côté, plus petite et bien plus discrète.

Autour de Steni Vala, la longue plage de galets de Glyfa est à quelques minutes au nord, et Agios Petros, à dix minutes de marche au sud, mêle sable fin et galets dans une eau émeraude. Plus haut, Agios Dimitrios étire ses galets d’un blanc éclatant de part et d’autre d’une pointe étroite : la face sud est équipée, l’autre reste totalement sauvage.

Au nord enfin, pour les plus déterminés, Spartines demande quarante-cinq minutes de marche depuis Patitiri, et Megali Ammos, crique de galets nichée dans un vallon d’oliviers et de pins, se gagne par le sentier n° 5. Aucun service sur place, aucune ombre garantie : prévoyez eau et nourriture pour la journée. Le snorkeling y est remarquable.

  • Plages et activités sportives - 9/10
    9/10
  • Patrimoine historique et culturel - 6/10
    6/10
  • Villages et arrière pays - 7/10
    7/10
  • Authenticité - 8/10
    8/10
7.5/10
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : 64,5 km² (67 km de littoral)
  • Longueur maximum : 20 km, largeur maximum : 4,5 km
  • Point culminant : mont Kouvouli, 475 m (mont Geladias, 456 m)
  • 3 138 habitants (recensement 2021)
  • Port principal : Patitiri (abri de pêche à Votsi)
  • Aéroport le plus proche : Skiathos
  • Parc marin national d’Alonissos et des Sporades du Nord : environ 2 200 km², créé en 1992

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • Début juin : Alonissos Challenge, courses nature de 10 et 30 km et marches de 10 et 15 km, départ à Patitiri.
  • Première semaine de juillet : Festival de danses traditionnelles d’Alonissos, trois jours, avec des groupes venus de toute la Grèce, à Patitiri.
  • Mi-juillet : reconstitution du battage traditionnel du blé, à la Chora.
  • Juillet : fête des tourtes d’Alonissos, date variable.
  • Fin juillet : soirée du poisson, poissons grillés au charbon sur le port, à Patitiri.
  • 25 et 26 juillet : Agia Paraskevi, patronne de l’île, procession de l’icône le soir dans les rues de Patitiri suivie d’un panigiri.
  • 15 août : Dormition de la Vierge, grand panigiri sur la place de la Chora.
  • 15 août : reconstitution du mariage traditionnel d’Alonissos, à la Chora.

La carte d'Alonissos

Comment aller à Alonissos et s’y déplacer ?

Il n’y a pas d’aéroport à Alonissos. Le plus proche est celui de Skiathos, à une heure de bateau. Tous les ferries accostent à Patitiri. L’île est reliée toute l’année à Volos, Skiathos et Skopelos, et en saison à Mantoudi et Kymi sur l’île d’Eubée, à Skyros et à Agios Konstantinos ; Thessalonique est desservie de façon hebdomadaire. Depuis Skopelos, la traversée ne prend que 15 à 30 minutes. Les conseils pour réserver vos billets de ferry valent d’être lus : les liaisons rapides depuis Skiathos, calées sur les vols, se remplissent vite.

Sur place, deux lignes de bus circulent uniquement l’été, de Patitiri vers la Chora (environ une fois par heure) et vers Steni Vala (deux fois par jour). Les billets s’achètent avant de monter. Plusieurs loueurs de voitures et de scooters sont installés autour du port : c’est la meilleure option pour atteindre les plages du nord. Voir les conseils pour la location de voiture en Grèce.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

La gastronomie et les spécialités typiques d’Alonissos

Alonissos ne compte aucun produit AOP ou IGP, mais sa cuisine est l’une des plus caractérisées des Sporades. Le thon d’Alonissos en est l’emblème : pêché localement, il est mis en conserve dans l’huile d’olive, nature ou à la tomate, et se retrouve dans presque toutes les cuisines de l’île, notamment en makaronada (μακαρονάδα) au thon. C’est ce qu’il faut ramener dans sa valise.

La spécialité la plus locale, ce sont les tourtes, toujours cuites à la poêle et non au four. On trouve la chtapodopita (χταποδόπιτα) à la pieuvre, la kremmydopita (κρεμμυδόπιτα) à l’oignon, la strifti spanakopita (στριφτή σπανακόπιτα) aux épinards roulée en spirale, la tyropita (τυρόπιτα) au fromage, et le bgi (μπγκι), nom local de la tourte aux herbes sauvages. Côté mer, l’astakomakaronada (αστακομακαρονάδα), pâtes à la langouste, et la soupe de poisson sont partout.

Les douceurs valent aussi le détour. Les chamalia (χαμαλιά), gâteau de mariage, sont des massepains enveloppés de pâte à filo, saupoudrés de sucre et parfumés au citron ou à la bigarade, à la cannelle, au clou de girofle et à la muscade. On sert également des fouskakia (φουσκάκια), les beignets locaux, et la soultana (σουλτάνα), une bougatsa sucrée.

La vigne, elle, a presque disparu : quelques parcelles de roditis, vradiano, limnio, mandilaria et muscat produisent encore un vin de table servi en vrac dans quelques tavernes. On l’accompagne volontiers d’un verre de tsipouro.

Le reste vient des jardins et des collines : huile d’olive familiale souvent non filtrée, miel de pin produit en très petites quantités, fromages de chèvre frais ou demi-affinés, et les horta (χόρτα), herbes sauvages cueillies sur les pentes, servies bouillies avec de l’huile et du citron.

    • Plonger sur l’épave de Peristera, premier musée sous-marin de Grèce : un navire du Ve siècle avant notre ère chargé de milliers d’amphores, à 25 mètres de fond.
    • Monter à pied de Patitiri à la Chora par le kalderimi pavé, en fin d’après-midi, quand la lumière rase les oliveraies et que la chaleur retombe.
    • Grimper au sommet du Kalovoulos depuis la Chora : une heure de montée régulière pour le seul panorama à 360 degrés de l’île.
    • Passer une journée en bateau dans le parc marin, jusqu’au monastère du Xe siècle de Kyra Panagia, entretenu par un seul moine agriculteur.
    • Dîner sur le quai de Kalamakia, du poisson pêché le matin même, avec les caïques amarrés à deux pas de la table.
    • Commander une chtapodopita, la tourte à la pieuvre cuite à la poêle, spécialité qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans les Sporades.
    • Rapporter du thon d’Alonissos en conserve, mis en bocal artisanalement dans l’huile d’olive par les pêcheurs de l’île.
    • Visiter le Centre MOM sur le port de Patitiri pour comprendre pourquoi le phoque moine reste l’un des mammifères les plus menacés d’Europe.
    • Marcher jusqu’à Megali Ammos ou Spartines, deux criques sans aucun service où l’on passe souvent la journée seul.
    • Chercher, à l’extrémité nord de Kokkinokastro, les restes du rempart de la cité antique d’Ikos, aujourd’hui en partie sous l’eau.
    • Pousser jusqu’à Gerakas, au bout de la route, pour la sensation rare d’être arrivé à l’extrémité d’une île habitée.