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Balnéothérapie et thalassothérapie, les sources thermales en Grèce

Ce n’est pas ce qui vient en tête quand on y pense mais la Grèce est un pays montagneux (80 % de son territoire) qui compte six volcansSantorinMilosNisyros, Kos, Poros et Méthana dont deux Santorin et Nisyros sont d’ailleurs encore actifs.
En raison de sa situation, à la rencontre des plaques eurasienne et africaine, la Grèce est soumise à une activité tectonique et volcanique, à l’origine de nombreuses sources thermales d’eaux chaudes naturelles jaillissant du sous-sol.
On compte ainsi plus de 700 sources thermales à travers le pays, dont environ 85 reconnues pour leurs propriétés thérapeutiques et/ou curatives du fait de leur composition en minéraux, officiellement certifiées (chiffre de 2023) par le ministère et environ 32 établissements thermaux en activité.
Ces sources sont de différente sortes et si certaines régions volcaniques (par exemple les îles de la mer Égée) voient jaillir des eaux chaudes dans la mer ou les lacs, d’autres sur le continent sont des sources thermales intérieures. Cela fait de la Grèce l’un des pays les plus riches au monde en termes de stations thermales et une destination parfaite pour tout type hydrothérapie: thalasso, spa, ou cure thermale.

Une longue histoire thermale

Cela ne date pas d’hier et la connaissance des bienfaits des thermes grecs est connu depuis l’Antiquité. Le mot thermal vient d’ailleurs du mot grec θερμόςthermos qui veut dire « chaud » ! Hérodote aurait été le premier à observer les effets bénéfiques des bains chauds, et Hippocrate, le « père de la médecine » né sur l’île volcanique de Kos, fut le premier à classer les sources et à documenter les maladies qu’elles pouvaient soulager.

De nombreux sanctuaires de guérison (Asclépieions) étaient établis à proximité de sources chaudes, tant la relation entre eaux thermales, religion et santé était forte.
Depuis des milliers d’années, les Grecs et les voyageurs ont fait confiance aux sources thermales grecques pour leur bien être ou pour soulager leurs problèmes chroniques.
À l’époque romaine puis byzantine, on construisit des thermes autour de ces sources pour profiter de leurs bienfaits. Cet engouement historique explique la présence, encore de nos jours, de stations thermales multimillénaires comme Édipsos au nord de l’île d’Eubée ou Loutraki sur l’isthme de Corinthe.
Aujourd’hui la Grèce investie dans ces infrastructures pour les moderniser et c’est l’occasion de découvrir le pays sous un nouveau jour.

On trouve des sources thermales dans toutes les régions et sur les îles

On trouve des sources thermales dans presque toutes les régions de Grèce, sur le continent et sur les îles, et la plupart se trouvent dans des sites naturels pittoresques. Ce peut alors être une bonne idée d’expérience lors de votre voyage.
Sur les ~85 sources officiellement reconnues par le Ministère du Tourisme, beaucoup se situent en Grèce continentale (notamment dans le nord du pays et le centre). Les régions de Macédoine (nord de la Grèce continentale) et de Grèce centrale concentrent un grand nombre de ces sources  thermales historiques, de même que certaines îles volcaniques comme Ikaria ou Lesbos. À l’inverse, la Grèce occidentale et le Péloponnèse possèdent moins de sources exploitées (quelques-unes tout de même, souvent connues depuis l’Antiquité), et la Crète compte pour le coup peu de sources thermales.

Parmi toutes ces sources, les 3 plus connues font partie de la route européenne des villes thermales historiques: ce sont Loutra Pozar,  Edipsos et Loutraki.

Des sources plus ou moins organisées

En règle générale, les sources les plus réputées et fréquentées par le public disposent d’installations (douches, piscines, bassins individuels, hammams…) et sont exploitées soit par une entité publique, soit par des entreprises privées sous licence. Si les stations thermales les plus haut de gamme qui se sont développées ces dernières années ciblent particulièrement les voyageurs, les sources publique et celles dans la nature en accès libre sont surtout fréquentées par la population locale. On ne peut donc que vous encourager à regarder la carte des sources thermales que nous essayons de tenir à jour pour voir si vous avez l’occasion de passer par l’une d’elle.  

On distingue ainsi 3 types de sources themales

  • De nombreuses stations sont administrées par les collectivités locales ou des entreprises publiques alors qu’en Grèce, le thermalisme s’est longtemps développé sous l’égide de l’État : dans les années 1950-1970, l’Organisme National du Tourisme (EOT) gérait la plupart des stations thermales. 
  • Sous l’impulsion de l’état, le secteur privé a investi certaines sources pour créer des centres de spa plus ou moins haut de gamme. C’est le cas par exemple du centre thermal moderne à Loutraki, ou des spas privés à Édipsos. J’ai lu qu’une directive européenne autorise le remboursement des cures à l’étranger et que pour cette raison les investissements ont lieu.
  • Enfin plusieurs sources restent à l’état naturel, sans infrastructures développées : cascades et bassins en plein air accessibles librement aux baigneurs. C’est une super expérience même si certaines sont parfois un peu plus difficiles d’accès.

Carte des sources thermales certifiées en Grèce (84)

Nous avons listé sur cette carte les sources thermales reconnues par le gouvernement grec et publiées au Journal officiel ΦΕΚ (liste ici). Nous avons par ailleurs essayé de traduire parfois les noms des sources. Ce n’est pas parfait mais n’hésitez pas à nous écrire si vous voyez des choses à améliorer.

Quelles sont les principales sources thermales en Grèce ?

Impossible bien sur de vous présenter toutes les sources. Ni même la centaine de sources environ qui sont aménagées ou accessibles sur les plus de 700 connues (nous ne les connaissons d’ailleurs par toutes).
Mais voici une liste et quelques indications concernant les plus populaire, les historiques ou certaines qui sont particulièrement intéressantes.

A proximité d’Athènes et dans la région de l'Attique

La région de l’Attique abritent quelques sources remarquables, idéales pour une escapade bien-être d’une journée ou d’un week-end au départ d’Athènes.

  • Au sud d’Athènes, le lac de Vouliagmeni (📍) est alimenté par des sources chaudes souterraines. Son eau, mêlée à de l’eau de mer, affiche une température de ~24°C toute l’année. Riche en minéraux et légèrement radioactive, elle est réputée pour ses vertus dermatologiques et relaxantes. Le lac Vouliagmeni est aménagé en espace de baignade public (douches, vestiaires et cafétéria sur place) et offre l’originalité de bains en plein air dans entre falaise et mer [vue 360°]

  • À l’ouest d’Athènes, à environ 80 km par l’autoroute, la station thermale de Loutraki (📍) est renommée depuis l’Antiquité pour ses eaux chaudes et figure parmi les stations thermales les plus célèbres de Grèce. Les sources de Loutraki produisent une eau chlorurée sodique légèrement radioactive à ~30°C. Elle aliment aujourd’hui un centre hydrothérapeutique ultra-moderne en plein centre-ville, ainsi que plusieurs hôtels spa. Loutraki c’est des installations contemporaines (piscines, hammams, salles de massage) adossées à une tradition thermale ancienne, le tout dans un cadre naturel agréable entre mer et montagnes à 1h d’Athènes.

  • Non loin de là, sur la côte est de l’Argolide, on peut mentionner Loutro Elénis, le Bain d’Hélène (📍), une petite source thermale sur la route vers Épidaure. Selon la légende, la belle Hélène de Troie s’y serait baignée pour conserver sa beauté. Aujourd’hui, vous trouverez directement sur la plage quelques piscines cimentées [vue 360°] alimentées par cette eau sulfureuse  ~30°C, réputée bénéfique pour la peau.
Le Péloponnèse n’est pas la région la plus riche en sources thermales, mais il abrite quelques sites notables, souvent nichés dans des environnements naturels préservés. Moins fréquentées que celles du nord, ces stations peuvent être la surprise reafraichissante d’un roadtrip dans la région.
  • Sur la côte ouest du Péloponnèse au bord de la mer Ionienne (~24km du site d’Olympie), se trouvent les Thermes de Kaïafas (📍).  Le cadre est idyllique au cœur d’une forêt de pins, entre lac et mer et en été on se baigne dans le lac où l’eau thermale se mêle à l’eau douce. Kaïafas était connue dès l’antiquité – selon la mythologie, les Centaures s’y baignaient pour guérir leurs blessures – et l’eau de Kaïafas est utilisée pour traiter les rhumatismes, l’arthrite et certaines affections dermatologiques.
  • Plus au nord, non loin du port de Kyllini (d’où partent les ferries pour Zante), se cachent les Thermes de Kyllini (📍). L’eau thermale de Kyllini, déjà exploitée à l’époque romaine, est sulfureuse et sort de terre à environ 25-30°C. On lui reconnaît des propriétés apaisantes pour la peau (eczéma, dermatites) et les articulations douloureuses. Sur place subsistent les vestiges d’anciens bains et même d’un petit sanctuaire d’Asclépios, témoignant de l’usage ancien de ces sources. L’endroit est peu fréquenté et à vrai dire un peu sauvage et à l’abandon mais quelques bassins rustiques permettent de s’immerger dans l’argile thermale tiède (et très odorante). Une expérience improbable au coeur d’une forêt d’eucalyptus et de pins magnifique.
  • À l’extrême nord-est du Péloponnèse, presque en face d’Athènes (à ~50km d’Epidaurela péninsule de Methana (📍) est un autre lieu volcanique avec plusieurs sources chaudes. Les Thermes de Methana, connus depuis l’Antiquité, ont vu leur premier établissement de bains construit en 1912. Ces bain au charme rétro, autrefois très populaire sont fermés mais on peut se baigner dans une anse de mer toute proche où l’eau chaude se déverse. L’eau de Methana, à environ 38-40°C, est fortement sulfureuse (son odeur d’œuf pourri surprend d’abord le visiteur) et de couleur turquoise laiteuse. Elle est réputée pour soulager les douleurs articulaires, les problèmes de peau et les troubles gynécologiques.

La Grèce centrale englobe la région continentale au nord d’Athènes, la Phthiotide, l’Eubée, la Béotie et la Thessalie méridionale est particulièrement riche en sources thermales célèbres. C’est dans cette partie du pays que l’on trouve Édipsos, Kamena Vourla, Ypati ou encore les légendaires Thermopyles. Ces sites, pour la plupart exploités depuis l’Antiquité, forment le cœur historique du thermalisme grec.

  • Sur la côte nord de l’île d’Eubée (Évia) accessible en pont ou en ferry depuis le continent, Édipsos (📍) (Αιδηψός) est certainement la station thermale la plus connue et fréquentée de Grèce. Depuis plus de 2 000 ans, on vient y « prendre les eaux » et Aristote lui même évoquait déjà ses sources.
    La ville d’Édipsos aligne les hôtels, établissements de bains et centres de spa le long de sa baie, où l’on voit couler dans la mer de spectaculaires cascades d’eau brûlante orangée. offrant aux baigneurs en bord de plage des jacuzzis naturels d’eau chaude salée. Plus de 80 sources différentes jaillissent dans la région à des températures variant de 28°C à 80°C. L’eau d’Édipsos est thermo-métallique : chargée en minéraux (fer, calcium, magnésium notamment) et contenant une légère radioactivité naturelle (radon), ce qui lui confère de puissantes propriétés thérapeutiques. Ses vertus curatives sont reconnues pour les affections articulaires et musculaires (arthrite, arthrose, sciatiques, lombalgies), les problèmes gynécologiques, ainsi que certaines maladies de peau.
    L’offre va des établissements de luxe (comme le célèbre Thermae Sylla Spa) aux thermes publics,  bains municipaux plus modestes mais agréables et bien sur la possibilité de profiter des sources qui se jettent dans la mer.
    L’atmosphère Belle-Époque de cette ville thermale, un brin nostalgique, ajoute au charme du séjour. 
  • Kamena Vourla (📍) est une autre station thermale réputée. Cette petite ville balnéaire fut développée dans les années 1930 précisément en raison de ses sources chaudes (30 à 42°C) à haute teneur en radon indiquées pour traiter des rhumatismes chroniques, l’arthrite, ainsi que certains problèmes gynécologiques et dermatologiques.
    On trouve sur place plusieurs hôtels avec centre de cure intégrés, proposant balnéothérapie, inhalations,… Kamena Vourla est par ailleurs une petite ville très agréable entre littoral (plages) et montagnes verdoyantes, qui en font une destination de bien-être relaxante à seulement deux heures d’Athènes.
  • À quelques kilomètres de là les Thermopyles (📍), ce célèbre défilé où Léonidas affronta les Perses doit son nom aux sources sulfureuses bouillantes qui jaillissent à cet endroit depuis l’Antiquité. De fait, en bord de route se trouve une cascade d’eau bleutée à ~40°C où l’on peut se baigner librement en plein air, dans le ruisseau thermal formé par les eaux. Les eaux des Thermopyles seraient bénéfiques pour les rhumatismes et affections de la peau. Un ancien établissement de bains désaffecté subsiste mais les sources sont accessibles librement
  • La Grèce centrale compte d’autres sources plus petites mais qui méritent le détour si vous passez dans la région. Loutra Ypatis (📍) est une source de Phthiotide connue depuis l’époque romaine, dont l’eau à 33°C, légèrement radioactive, est utilisée pour soigner les troubles cardiovasculaires et neurologiques. Les bains municipaux station thermale d’Ypati ouverts l’été, avec ses installations un peu rétro est une merveilleuse expérience.
  • Plus au nord, dans le sud de la Thessalie, les Thermes de Smokovo (📍) offrent un grand bassin thermal moderne alimenté par quatre sources sulfureuses ~40°C, réputées efficaces pour les affections respiratoires et rhumatismales. Perdu au milieu d’une forêt de sapins, proche du lac éponyme, Smokovo est une destination rêvée pour échapper à l’agitation. Un peu plus au sud toujours en Phthiotide, citons également les sources de  Platystomo (📍).

De la Macédoine centrale (région de Thessalonique) à la Macédoine occidentale, on trouve de nombreuses stations thermales réputées, souvent en pleine nature.

  • Les Bains de Pozar (📍) situées au pied du Mont Voras, dans la préfecture de Pella à ~20km de la frontière avec la Macédoine du Nord, les sources de Pozar sont parmi les sites thermaux les plus populaires et les plus photographiés de Grèce. Les sources à 37°C forment une rivière chaude Thermopotamos avec de petites cascades et des bassins naturels en plein air dans un décor enchanteur. Le site connu depuis l’antiquité est bien aménagé avec un accès libre aux cascades chaudes, des bains individuels en cabines, un hammam naturel dans une grotte, L’eau de Pozar, légèrement sulfureuse et riche en minéraux, est réputée pour relaxer les muscles et soulager arthrites, douleurs dorsales et affections dermatologiques. En hiver, se baigner dans les eaux fumantes de Pozar entouré de neige est inoubliable.
  • Dans la région de Sérres, deux villages thermaux offrent une ambiance différente, héritée de l’époque byzantine puis ottomane. Agistro (📍), pittoresque village près de la frontière bulgare, abrite un hammam byzantin authentique datant du Xe siècle apr. J.-C. – j’ai lu que ce serait le bain public le plus ancien de Grèce encore en service. Le hammam est hébergé dans un hôtel Hammam qui abrite les bassins mais on peut randonner jusqu’aux sources à l’extérieur du village.
    À quelques kilomètres, Loutro  Sidirokastro (📍) est une autre station dans un cadre vintage avec bains en marbre et hammams, alimentée par une source jaillissant à 45°C. 
  • Plus proche de Thessalonique, les installations municipales Lagkadas (📍) accueillent tout au long de l’année une clientèle locale venant soigner arthroses, eczémas et troubles circulatoires avec des eaux à ~40°C, de type sulfato-chloruré sodique, utilisée depuis la période byzantine. Non loin, sur les rives du lac Volvi, à Nea Apollonia (📍) on trouve des sources thermales à 40-45°C utilisées pour traiter rhumatismes, névrites et problèmes dermatologiques. Il semble ceendant que que le spa municipal soit fermé.

La Grèce du Nord au sens large comprend également les régions de Thrace (nord-est frontalier de la Turquie) et d’Épire (nord-ouest montagneux frontalier de l’Albanie) qui proposent quelques sources généralement en pleine nature qui méritent la visite. 

  • En Thrace orientale, à ~20km de la ville d’Alexandroupolis, Traianoupoli (📍) fut une importante ville thermale romaine avec des thermes fondé au IIe siècle. On trouve encoreencore des bains alimentés par des sources entre 42 et 52°C, riches en sulfures et en oligo-éléments utilisées pour soigner arthrites, sciatiques, troubles gynécologiques et dermatologiques. On trouve également les vestiges d’un hammam ottoman du XVe siècle subsiste [vue 360°].
  • Plus au nord en Thrace, dans la région de Xanthi, perdu à proximité de la frontière avec la Bulgarie, le village de Thermes [📍] est un village Pomak à majorité musulmane qui abrite des bains traditionnels avec des sources chaudes sulfureuses en accès libre [vue360°]. Ambiance et expérience très authentique.
  • Enfin en Épire (au nord-ouest coté Albanie), les sources chaudes se font plus rares. L’une des plus connues sont les bains à vapeur d’Amarantos (📍), dans le massif du Pinde. A plus de 1000m d’altitude, le petit centre Thermal de Konista permet de profiter de ces sources sulfureuses (~40°C) émergeant en pleine forêt dans un cadre grandiose.

Certaines îles grecques notamment celles avec des activités volcaniques ont des sources thermeles chauses.

  • Ikaria compte une dizaine de sources chaudes essentiellement sur sa côte est. Les plus connues jaillissent dans le village de Therma (📍), près de la capitale Agios Kirykos. Ces eaux hyperthermales (50 à 58°C) sont classées parmi les plus radioactives au monde en raison de leur teneur en radon et qui sont réputées pour traiter rhumatismes, arthrites, troubles endocriniens et maladies de peau. Les installations municipales sont simples mais tres authentiques. Certaines sources jaillissent directement dans la mer via des failles rocheuses – on peut ainsi se baigner dans des criques d’eau chaude naturelle mélangée à l’eau salée, par exemple sur la plage de Lefkada ou d’Agios Kyrikos.
  • Plus au nord, l’île de Lesbos (Mytilène) est un véritable paradis géothermal. Elle compte de nombreuses sources, dont certaines exploitées depuis l’époque ottomane. Les plus célèbres Eftalou (📍) charmant petit bain voûté en bord de plage tout au nord, les sources Hippocrates à Polichnitos (📍) avec des pics à 92,5°C, elle passe pour être l’une des sources les plus chaudes du monde et Géra (📍) abritée au fons d’un golfe tranquille, fournissent une eau salso-bromo-iodique à 39°C, excellente pour la peau.
  • Dans les Cyclades, certaines îles volcaniques offrent aussi des expériences uniques. Santorin, île volcan par excellence, possède au cœur de sa caldeira les sources chaudes de Palea Kameni (📍). En accostant sur ce petit îlot inhabité, on peut nager dans une crique où l’eau de mer teintée d’ocre [vue 360°] atteint 30-35°C près des fumerolles sous-marines.
  • Kythnos, est elle aussi renommée pour ses sources de Loutra (📍). L’établissement thermal d’origine a été achevé en 1857 ce qui en fait l’un des plus anciens de Grèce. L’eau de Kythnos, sulfatée et légèrement radioactive, est bénéfique pour les douleurs articulaires et les affections gynécologiques.
  • Dans le Dodécanèse, Kos mérite mention pour sa source de Therma (📍). Sur une plage isolée de la côte sud-est de l’île, une source à près de 50°C se déverse dans un bassin naturel au bord de la mer. On vient s’y baigner à toute heure (accès libre) pour profiter de l’eau sulfurée riche en potassium, calcium et magnésium, conseillée pour les douleurs arthritiques et les allergies de peau.
  • Enfin, il faut citer Samothrace, île du nord de la mer Égée, dont les sources chaudes de Therma (📍) étaient déjà vénérées dans l’Antiquité. On s’y baigne dans de simples piscines au coeur d’une forêt étonnamment luxuriante pour la Grèce. L’eau sort à ~40°C et soulage fatigue et problèmes de peau.

Les sources thermales sont des milieux naturels fragiles et souvent des sites patrimoniaux.
Si vous allez sur un site naturel ne laissez aucun déchet, ne polluez pas l’eau avec du savon ou des produits cosmétiques. Suivez également les consignes affichées concernant la durée maximale de bain (surtout pour les eaux très chaudes ou radioactives).
Dans les bains communaux, renseignez-vous sur les usages locaux : par exemple, à Agistro, on se baigne nu (non mixte) dans le hammam ancien ; à Thermes (Xanthi), il y a des horaires pour hommes et pour femmes séparément.
Ces sources thermales communales sont des lieux populaires et vous serez essentielement entouré de locaux.  Profitez-en pour échanger avec eux, ils seront ravis de partager avec vous l’histoire et les légendes associées à leur « loutro » favori.

Conseils pratiques pour organiser votre séjour thermal en Grèce

Un voyage thermal en Grèce peut être aussi enrichissant qu’un circuit culturel ou balnéaire classique. Mais cela ne peut etre qu’une étape et une expérience un peu extraordinaire d’un périple plus classique pour découvrir le pays. Quoi qu’il en soit, voici quelques conseils pour en profiter pleinement.

Quelle est la meilleure période ?

Les stations thermales grecques peuvent se visiter toute l’année, mais la mi-saison (printemps et automne) est idéale. Durant ces périodes, le climat est doux et les sites sont plus calmes. En plein été, certaines stations connaissent une affluence accrue (notamment celles proches des plages ou des grandes villes). Comme toujours si vous voyagez en Grèce, privilégiez les mois de mai-juin ou septembre-octobre, voire l’hiver pour des sites comme Pozar ou Édipsos qui restent ouverts et offrent souvent des baignades en eau chaude entourées de neige.
Par ailleurs, pensez à visiter les bains tôt le matin : même en haute saison, les premières heures de la journée sont souvent moins fréquentées, vous garantissant un bassin presque pour vous seuls .

Comment y aller ?

Beaucoup de sources et notamment celle de Grèce centrale et du nord sont situées dans des zones rurales, mal desservies par les transports publics. Il est quasiment obligatoire de louer une voiture. Hors saison les locations sont économique, profitez en.
Par ailleurs certains sites dans la nature en accès libre (Thermopyles, Santorin Paléa Kaméni, etc.) nécessitent parfois de la marche ou un transport dédié (bateau touristique pour Paléa Kaméni).

Ou dormir près des sources thermales ?

Il est bien sur impossible de vous recommander des logements a coté de chaque source. D’ailleurs nous ne les connaissons pas toutes. La plupart des grandes stations thermales disposent d’hôtels ou chambres d’hôtes à proximité. À Édipsos, Loutraki, Kamena Vourla, vous trouverez un large choix d’hébergements tous budgets, certains intégrant même des services de spa.
Sur les sites plus petits (par ex. Pozar ou Agistró), on trouve généralement de petits hôtels familiaux et des maisons d’hôtes permettant de loger sur place à des tarifs raisonnables et la clientèle étant en partie locale, vous serez vraiment immergé dans la vie authentique grecque. 
Pour le reste Booking et Airbnb sont vos meilleurs alliés

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