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Skopelos, l'île la plus boisée de l'Égée, au-delà de Mamma Mia!

p>Skopelos est la plus grande île de l’archipel des Sporades, coincée entre Skiathos et Alonissos, au large de la péninsule du Pélion. Le pin d’Alep y couvre 82 % du territoire et descend jusqu’à la mer : c’est la vraie signature de l’île, bien plus que le film qui l’a rendue célèbre. Dans l’Antiquité elle s’appelait Peparethos et exportait un vin réputé jusqu’en mer Noire ; la mythologie en attribue la fondation à Stafylos, fils de Dionysos et d’Ariane. Deux bourgs structurent le territoire : la Chora au sud-est, Glossa au nord-ouest. Sur le tourisme, si Skopelos n’est pas aussi touristique que Skiathos, elle reste très touristique durant les 2 mois de la saison.

Skopelos - Vue aérienne de la plage près du cap Cape Amarandos Skopelos, vue depuis la mer de la Chora de Skopelos dominée par le chateau vénitien Vue depuis le haut de l'ancien château de Peparethos et la forteresse vénitienne de Skopelos Skopelos, vue sur le village de Glossa au nord de l'île
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Le meilleur de Skopelos

Skopelos n’a ni aéroport, ni grand complexe hôtelier, ni route littorale continue : une seule dorsale asphaltée traverse l’île de la Chora à Glossa, tout le reste se gagne par des pistes ou à pied. On peut découper l’île en quatre zones : la Chora et le mont Palouki, ville-port et versant monastique ; le sud, de Stafylos au cap Amarandos, criques et petits ports de pêche ; la côte ouest, de Panormos à Neo Klima, façade balnéaire et zone la plus fréquentée ; le nord, autour de Glossa et Loutraki, la partie la plus rurale et la mieux préservée.

La Chora de Skopelos et le mont Palouki

La Chora, appelée simplement Skopelos, est la capitale et le port principal. Elle descend en amphithéâtre sur le flanc ouest d’une large baie, cascade de maisons blanchies aux toits de tuiles brunes [vue 360°], dominée par les vestiges d’un kastro vénitien du XIIIe siècle, héritage de la famille Ghisi qui contrôlait les Sporades au Moyen Âge. À l’entrée de la baie, sur son promontoire, l’église Panagitsa tou Pyrgou [vue 360°] conserve une iconostase sculptée du XVIIe siècle et des icônes des XVIIIe et XIXe siècles.

Le tissu urbain est classé site traditionnel protégé depuis 1978 : on y retrouve le style du Pélion voisin, maisons de pierre à balcons de bois sculpté, cours plantées de citronniers, escaliers passant sous des tonnelles. Plus de 120 églises et chapelles se cachent dans ce dédale, beaucoup étant des chapelles privées, désormais fermées à clé après une série de vols d’icônes. Le Musée du folklore (📍) semble fermé, mais la Maison Vakratsa (📍) se visite : l’ancienne demeure du médecin de l’île, laissée telle quelle, intérieur bourgeois skopélite du début du XIXe siècle. La maison natale de l’écrivain Pavlos Nirvanas (📍), quartier d’Agios Ioannis, accueille des expositions sur l’histoire de l’île.

À l’est de la Chora, le mont Palouki (565 m) porte les monastères historiques de l’île. Le monastère de l’Evangelismos, ceint de remparts, domine la baie [vue 360°]. Plus haut, celui de Timios Prodromos [vue 360°] vaut le détour pour sa quiétude. Ces deux-là reçoivent des visiteurs à l’année ; la Metamorfosis tou Sotiros (XVe-XVIe siècle) n’ouvre qu’en plein été, et l’Agia Varvara (XVIIe siècle), avec ses allures de forteresse, se regarde de loin.

Le sud : Stafylos, Agnondas et le cap Amarandos

À 4 km au sud de la Chora, la baie de Stafylos porte le nom du fondateur mythique de l’île ; derrière le promontoire, Velanio est plus longue et plus sauvage. La route traverse ensuite la pinède jusqu’au petit port d’Agnondas, à 8 km [vue 360°]. Ce village de pêcheurs blotti dans une baie abritée est bordé de tavernes de poisson dont les tables touchent l’eau : c’est là que les ferries se déroutent quand la météo ferme le port de la Chora. À 1,5 km, Limnonari occupe une anse aux eaux très calmes.

Mais le meilleur du sud se mérite à pied. Depuis Agnondas, une piste mène au cap Amarandos (📍), reconnaissable à ses trois pins isolés plantés à la pointe : 1,3 km depuis l’embranchement, avec des sentiers qui descendent vers de minuscules criques [vue 360°], certaines accessibles seulement par la mer [vue 360°]. À mi-chemin entre Agnondas et Stafylos, la faille de Drakontoschisma, la « fente du Dragon » (📍), ouvre une crevasse où les pins semblent pousser à la verticale au-dessus de l’eau. On n’y descend qu’en bateau, mais la vue d’en haut suffit.

Organiser votre voyage: où dormir à Skopelos ?

La côte ouest : Panormos, Kastani et Neo Klima

C’est la façade balnéaire, et là que se concentre la pression estivale. Panormos, à 12 km de la Chora, est le principal lieu de séjour hors de la capitale : un hameau au fond d’une large baie, quelques pensions et tavernes familiales, un coucher de soleil derrière le cap boisé. Juste en dessous, la crique de Blo, noyée dans la verdure et sans plage, sert de mouillage aux voiliers.

Plus au nord, Kastani est devenue « la plage de Mamma Mia! ». En juillet-août, c’est un beach bar qui pousse la sono sur une crique de sable et de galets : le cadre reste magnifique, l’expérience beaucoup moins. Pour la même pinède qui tombe dans l’eau sans la foule, préférez Milia juste au sud, ou les criques du nord. Notre index du surtourisme place Skopelos juste derrière Skiathos dans les Sporades ; la pression se concentre simplement ici sur quelques points précis plutôt que sur toute l’île.

La route continue à flanc de montagne. À mi-chemin de Glossa, un détour mène au site de Sendoukia (📍), sur le mont Delphi : une piste, puis vingt minutes de marche jusqu’à des tombes creusées dans la roche, d’origine antique ou romaine, entourées de légendes de pirates. Le panorama sur l’île et l’Égée justifie à lui seul la montée [vue 360°]. En redescendant, l’ancien village de Palio Klima, en partie abandonné après le séisme de 1965, se restaure lentement et reste l’un des plus beaux endroits de l’île. En contrebas, Neo Klima (ou Elios) a été bâti dans les années 1980 pour reloger les habitants déplacés : le village manque de charme, mais la forêt y descend jusqu’à la mer et c’est de là que l’on rejoint Hovolo.

Le nord : Glossa, Loutraki et la chapelle du Kastri

Glossa, à 26 km de la Chora, est le second bourg de l’île. Perchée en gradins à 250 m au-dessus de la mer, elle s’explore par des ruelles étroites presque interdites aux voitures, entre balcons de bois et jardins de jasmin. Rien à « visiter » ici, sinon un petit musée folklorique au-dessus de la place, et c’est ce qui en fait le meilleur endroit où passer une soirée à Skopelos. Une coopérative agricole de femmes y vend miel, pruneaux et pain ; un moulin à huile familial vieux de 130 ans se visite à la sortie du village.

En contrebas, Loutraki est le port de Glossa (2 km de lacets, ou un kalderimi plus court à pied) : quelques cafés, des voiliers au mouillage, les vestiges de thermes romains au bord de l’eau, l’arrivée des ferries comme seul événement de la journée. À l’est de Glossa, la route s’arrête face à un piton rocheux couronné d’une chapelle blanche [vue 360°] : Agios Ioannis sto Kastri, l’église du mariage de Mamma Mia!. Environ 105 marches taillées dans le roc mènent à un sanctuaire minuscule [vue 360°] et à un panorama qui porte jusqu’à Alonissos [vue 360°]. En saison, les bateaux d’excursion venus de Skiathos se succèdent et l’escalier, trop étroit pour se croiser, devient une file d’attente : venez tôt le matin ou en fin d’après-midi, une fois les groupes repartis.

Peut-on randonner à Skopelos et sur quels sentiers ?

Skopelos est l’une des meilleures îles de randonnée de l’Égée, et cela tient largement à une personne : Heather Parsons, Britannique installée sur l’île depuis 1986, qui dégage et entretient les vieux kalderimia avec des bénévoles depuis des décennies, et publie le guide Skopelos Trails. Sur cette base, la municipalité a fait étudier un réseau balisé de 110 km réparti en 18 itinéraires. Le balisage sur le terrain reste inégal : emportez une carte et de l’eau.

Quatre boucles ressortent. Chora, Agia Marina, monastère du Sotiros et retour : 5,8 km, 320 m de dénivelé, 2 heures, avec les chapelles d’Agios Georgios et du Profitis Ilias et une fontaine de pierre en eau toute l’année. Sotiros, sommet du Palouki, Sotiros : 4,6 km, 400 m, 1 h 45, intégralement en sentier, à travers chênaies et grands pins. Chora, Koimisia, Psalidi, Chora : 10 km, 380 m, 3 h 30, la plus complète, avec le monastère ruiné d’Episkopi et le monument d’Agios Riginos, saint patron de l’île martyrisé en 362. Palio Klima, Agios Ioannis sto Kastri, Palio Klima : 6,4 km, 430 m, 2 h 30, la plus belle façon d’arriver à la fameuse chapelle. Plus court, le sentier Glossa vers la plage de Keramoto (2,1 km) descend une combe boisée jusqu’à une plage déserte.

Toute la partie orientale de l’île est intégrée au site Natura 2000 GR1430004, « Parc national marin d’Alonissos et des Sporades du Nord, Skopelos est », et les eaux comprises entre Skiathos et Skopelos relèvent du site GR1430009. Ce statut ne se voit pas sur le terrain, mais il mérite d’être connu avant de mouiller ou de bivouaquer

Quelles plages choisir à Skopelos ?

Les côtes nord et est sont rocheuses et découpées ; le sud et l’ouest concentrent les plages. Presque toutes sont bordées de pins qui arrivent jusqu’au sable, ce qui change tout : on y trouve de l’ombre naturelle, chose rare dans l’Égée.

Sur la côte ouest, la crique de Hovolo (📍) est à mon avis la plus belle de l’île [vue 360°] : dix minutes de marche depuis le port de Neo Klima, après la plage d’Elios, en longeant la falaise, et l’on débouche sur une succession de petites anses de sable clair encadrées de roches blanches d’où jaillissent les pins. Aucun aménagement. Kastani est la plus célèbre [vue 360°], organisée et bruyante en saison : venez tôt ou en fin de journée, ou passez votre chemin. Juste au sud, Milia (📍) est la plus longue plage de l’île [vue 360°], face à l’îlot de Dassia : organisée au début, sauvage passé le beach bar. Panormos (📍) est une grande plage de galets clairs dans une baie abritée [vue 360°], facile d’accès et très fréquentée la journée, beaucoup plus paisible en soirée. C’est l’un des endroits où j’aime m’installer à Skopelos.

Au sud, Stafylos (📍) est la plage la plus proche de la Chora, familiale et bondée en août [vue 360°]. Franchissez le promontoire et vous arrivez sur Velanio [vue 360°], plus longue, plus préservée, entre falaises percées de grottes et pins odorants : sa partie située au-delà du rocher est la seule plage naturiste officielle de l’île. Plus à l’ouest, passé Agnondas, Limnonari (📍) est une anse de sable blanc protégée par deux promontoires [vue 360°], peu profonde, idéale avec des enfants et pour le snorkeling.

Au nord de la Chora, Glysteri (📍) est belle mais victime de son accès facile et de son beach bar. Beaucoup plus loin, Perivoliou (📍), à 7 km de Glossa au bout d’une route étroite dans la pinède, n’a aucun aménagement [vue 360°], pas plus que sa voisine Hondrogiorgi. Enfin, plusieurs des plus spectaculaires ne se rejoignent qu’en bateau : Ekatopenintari cernée de pins, Kerasorema et ses hautes falaises blanches, Chlia Stefani dont les rochers effondrés composent un décor minéral. Aucune n’est équipée : prévoyez eau et ombre.

SKOPELOS
  • Plages et activités sportives - 8/10
    8/10
  • Patrimoine historique et culturel - 6.5/10
    6.5/10
  • Villages et arrière pays - 7.5/10
    7.5/10
  • Authenticité - 7/10
    7/10
7.3/10
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Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : 96 km² (67 km de littoral)
  • Longueur maximum : 15 km, largeur maximum : 6 km
  • Point culminant : mont Delphi, 681 m (mont Palouki, 565 m)
  • Environ 4 518 habitants (recensement 2021)
  • Deux ports : Skopelos (Chora) et Loutraki (Glossa)
  • Aéroport le plus proche : Skiathos (JSI)

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • 25 février : fête d’Agios Riginos, saint patron de l’île, jour férié local, procession des reliques entre le monastère et l’église de la Nativité, Chora.
  • Carnaval (apokries), sept semaines avant Pâques : défilés et bals costumés, Chora.
  • Pâques orthodoxe : épitaphios du Vendredi saint et résurrection, Chora et Glossa.
  • Juillet : Festival de rebetiko de Skopelos, musiciens grecs et étrangers, Chora.
  • 15 août : Dormition de la Vierge, panigyri dans les chapelles de l’île.
  • Septembre : fête des vendanges, foulage du raisin, poésie et chants pendant une semaine, Glossa.

La carte de Skopelos

Comment aller à Skopelos et s’y déplacer ?

Il n’y a pas d’aéroport à Skopelos. Le plus proche est celui de Skiathos, relié à Athènes toute l’année et à de nombreuses villes européennes en été ; Volos et Thessalonique servent aussi de portes d’entrée. L’île a deux ports : Skopelos (Chora) et Loutraki, indiqué « Glossa » sur les horaires. Selon la ligne, le bateau touche l’un, l’autre ou les deux ; par gros temps, il se déroute sur Agnondas, mieux abrité. Les liaisons régulières desservent Skiathos, Alonissos, Volos et Agios Konstantinos, avec des rotations saisonnières vers Mantoudi et Kymi en Eubée, Skyros et Thessalonique. Les conseils pour réserver un ferry valent ici aussi.

Sur place, un réseau de bus estival relie la Chora à Glossa et Loutraki en longeant les côtes sud et ouest (Stafylos, Agnondas, Panormos, Milia, Kastani), avec une douzaine de départs quotidiens en juillet-août, beaucoup moins en juin et septembre. Pour le reste, comptez sur la location d’une voiture ou d’un scooter, disponibles près du port. Mai, juin et septembre offrent de loin les meilleures conditions.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

Que manger à Skopelos : produits et spécialités locales

La cuisine skopélite est terrienne avant d’être maritime : les vents du nord-est et la peur des pirates ont longtemps tourné les habitants vers la terre. Le symbole absolu, c’est la tyropita skopelitiki (σκοπελίτικη τυρόπιτα), une tourte en spirale de pâte fine frite à la poêle, garnie de fromage frais salé. Skiathos et Alonissos en revendiquent la paternité, mais c’est ici qu’on la trouve dans presque chaque boulangerie.

Le vrai produit de l’île, ce sont les damaskina (δαμάσκηνα), les prunes. Nées du greffage d’une prune acide venue du mont Athos, elles se déclinent en une dizaine de variétés séchées dans des fours traditionnels. Attention à une confusion fréquente : elles ne bénéficient d’aucune AOP à ce jour, seulement d’une candidature portée depuis plusieurs années par les producteurs. Les prunes rouges acides servent à cuisiner (chevreau à la tomate, lentilles), les noires sucrées à farcir volailles et porc, et la variété blonde donne l’avgato (αβγάτο), un fruit entier confit servi à la cuillère. Côté desserts, on trouve aussi les hamalia (χαμαλιά), massepains crus de forme irrégulière servis aux mariages et aux baptêmes, et les rozedes (ροζέδες), petites boules de noix ou d’amandes.

Le reste suit : une très bonne huile d’olive, un fromage blanc et une mizithra faits en maison, et une race caprine locale, la chèvre de Skopelos, aux effectifs encore réduits, que l’on retrouve en ragoût aux artichauts ou aux coings. À l’apéritif, demandez des tsitsiravla (τσιτσίραβλα), jeunes pousses de pistachier sauvage au vinaigre, avec un tsipouro local. Côté vin, le phylloxéra a détruit le vignoble vers 1940 et le cépage rouge Vradiano a disparu de l’île ; quelques producteurs relancent aujourd’hui un rouge dit péparithien.

    • Monter les 105 marches jusqu’à la chapelle d’Agios Ioannis sto Kastri, la fameuse chapelle de Mamma Mia, tôt le matin, avant les bateaux d’excursion venus de Skiathos.
    • Goûter la tyropita skopelitiki que l’on trouve dans la plupart sinon toutes les boulangeries de l’île, où le feuilletage est étiré à la main
    • Découvrez l’âme spirituelle de Skopelos en randonnant à travers pins et oliviers jusqu’aux monastères historiques perchés du mont Palouki
    • Passer une soirée entière à Panormos, rester après le départ des baigneurs et attendre le coucher de soleil derrière le cap boisé.
    • Commander un plat sucré-salé aux pruneaux de Skopelos dans une taverne, chevreau ou porc, ou au minimum un avgato à la cuillère.
    • Flâner en fin de journée dans les ruelles de Glossa, le village perché du nord, là où l’île vit encore à son propre rythme.
    • Rejoindre à pied la crique de Hovolo depuis Neo Klima, dix minutes le long de la falaise, pour la plus belle plage de l’île.
    • Louer un bateau à Panormos ou à la Chora pour atteindre les criques inaccessibles par la terre, de Kerasorema à Chlia Stefani.
    • Marcher jusqu’aux tombes rupestres de Sendoukia, sur le mont Delphi, pour le mystère autant que pour le panorama sur l’Égée.
    • Visiter la Maison Vakratsa dans la Chora, intérieur bourgeois skopélite du début du XIXe siècle laissé dans son état d’origine.