Accueil > Région de l’Épire
L'Épire, gorges, villages de pierre et rivières du nord-ouest de la Grèce
L’Épire occupe le nord-ouest de la Grèce continentale, entre la frontière albanaise, la mer Ionienne et la chaîne du Pinde, qui la sépare de la Macédoine et de la Thessalie. Montagnes, gorges et rivières y couvrent l’essentiel du territoire : la gorge de Vikos, les 46 villages de pierre du Zagori, inscrits à l’UNESCO en 2023, les Tzoumerka et le Smolikas, deuxième sommet du pays, à 2 637 m. Plusieurs parcs nationaux y protègent des forêts de hêtres et de sapins où vivent encore l’ours brun et le loup. Ioannina, ville universitaire au bord de son lac, en est la capitale. Rattachée à la Grèce en 1881 pour Arta et en 1913 pour le reste, la région garde une forte empreinte ottomane et valaque. Sur la côte, de Syvota à Preveza, Parga attire la foule en été, tandis que la montagne se visite toute l’année. Ioannina est à un peu plus de quatre heures d’Athènes par l’autoroute Ionia Odos, et les ferries d’Italie et de Corfou accostent à Igoumenitsa.
Au sommaire
Quelles sont les grandes régions de l’Épire ?
La région d’Épire se partage entre quatre sous-unités : Ioannina, la plus vaste, qui couvre toute la montagne du nord, la Thesprotie, Preveza et Arta. Pour le voyageur, on distingue ici sept ensembles : Ioannina et ses environs, le Zagori et les gorges de Vikos, Konitsa et le Pogoni le long de la frontière albanaise, Metsovo et le Pinde du Nord, les Tzoumerka et Arta, puis deux portions de côte ionienne, de Syvota à Parga et autour de Preveza.
| Sous-région | Pour quel voyage | Incontournables | Où se baser |
|---|---|---|---|
| Ioannina et Dodone | Ville, musées, histoire ottomane, archéologie | Kastro, île du lac, Dodone, grotte de Perama | Ioannina |
| Zagori et gorges de Vikos | Randonnée, villages de pierre, ponts, eau vive | Gorge de Vikos, Monodendri, Papigo, Voidomatis | Monodendri, Aristi ou Papigo |
| Konitsa, l’Aoos et le Pogoni | Rivières, monastères, villages peu visités | Pont de Konitsa, gorge de l’Aoos, lac de Zaravina | Konitsa |
| Metsovo et le Pinde du Nord | Culture valaque, vin, fromage, ski | Metsovo, Milia, col de Katara | Metsovo |
| Tzoumerka et Arta | Villages perchés, cascades, rafting, églises byzantines | Syrrako, Kalarrytes, pont de Plaka, pont d’Arta | Pramanta, Syrrako ou Arta |
| Syvota et Parga | Plages, îlots, bateau | Syvota, Perdika, Parga, plage de Valtos | Syvota ou Parga |
| Preveza et l’Achéron | Mythologie, sites antiques, lagunes | Nikopolis, Nekromanteion, gorge de Glyki, golfe Ambracique | Preveza ou Ammoudia |
Ioannina, son lac et l’oracle de Dodone
Capitale de l’Épire et ville universitaire, Ioannina (📍) s’étend au bord du lac Pamvotis. Sa forteresse, le kastro, enferme encore un quartier habité et la synagogue de la communauté juive romaniote, dont environ 1 900 membres furent déportés en 1944 ; une centaine seulement revinrent. Dans la citadelle d’Its Kale se trouvent la mosquée Fethiye (📍), le tombeau d’Ali Pacha et le musée byzantin. Ali Pacha, qui tint la région de 1788 à 1822, fut tué sur l’île du lac, Nissi, que des bateaux rejoignent en une dizaine de minutes. Le village de l’île, fondé au XVIe siècle par des réfugiés venus du Magne, garde le monastère Filanthropinon et ses fresques, ainsi qu’un petit musée consacré à la période pré-révolutionnaire. En ville, la mosquée Aslan Pacha, bâtie en 1618, abrite le musée municipal, et le musée de l’orfèvrerie rappelle un savoir-faire encore pratiqué par les orfèvres de Ioannina. Le lac, pollué, ne se prête pas à la baignade. Au nord de la ville, la grotte de Perama se visite sur environ 1 100 m. À une vingtaine de kilomètres au sud, Dodone (📍) (vue 360°) conserve le plus ancien oracle grec, où l’on interprétait le bruissement d’un chêne sacré, et un grand théâtre antique adossé à la colline. Comptez une journée pour la ville, une demi-journée de plus pour Dodone et Perama.
Le Zagori et les gorges de Vikos
Au nord de Ioannina, le Zagori réunit 46 villages de pierre et de lauzes, reliés par des chemins pavés et des ponts en arc, inscrits en 2023 au patrimoine mondial de l’UNESCO comme paysage culturel. La gorge de Vikos, que le Livre Guinness des records range parmi les plus profondes au monde par rapport à sa largeur, le traverse. À Monodendri (📍), le monastère d’Agia Paraskevi (1412) et le belvédère d’Oxya surplombent le canyon, et c’est de là que part la traversée vers Vikos. Au centre, Kipi garde les ponts de Kokkori (1750) et de Plakidas, à trois arches ; depuis Koukouli, un ancien chemin de 2,5 km rejoint Kipi à pied, sous les arbres. Dilofo, où l’on laisse la voiture à l’entrée, possède la plus haute maison du Zagori, la demeure Makropoulou, haute de 13,5 m, et Vitsa (📍), plus calme, descend vers le pont de Misiou par un escalier de pierre. À l’est, l’escalier de Vradeto, environ 1 500 m de chemin dallé pour 250 m de dénivelé, fut longtemps le seul accès au village ; Tsepelovo, Skamneli et les villages du Zagori oriental, au bout d’une longue route, restent peu fréquentés. Au nord, Papigo (📍), au pied des falaises de l’Astraka, est le village le plus couru : en août et pendant les fêtes grecques, Megalo Papigo et Aristi, à l’entrée de la gorge, sont très fréquentés. Venez en semaine, au printemps ou en automne, et logez dans le Zagori central.
Konitsa, la gorge de l’Aoos et le Pogoni
Près de la frontière albanaise, Konitsa (📍) s’étage sur les pentes du mont Trapezitsa, au-dessus de la plaine où l’Aoos, le Voidomatis et le Sarantaporos se rejoignent. Son pont de pierre, d’une seule arche de 36 m, construit en 1870 par le maître maçon Ziogas Frontzos, ouvre la gorge de l’Aoos : un sentier d’une heure et demie à deux heures mène au monastère de Stomiou, où des centaines de pèlerins montent le 8 septembre. Konitsa est aussi la base des sports d’eau vive et de plein air du nord de la région. Au nord-est, sur les pentes du Grammos et du Smolikas, les Mastorochoria, villages des maîtres maçons comme Pyrsogianni ou Kastaniani, ont perdu la plupart de leurs habitants mais gardent leurs églises, leurs ponts et leurs chemins pavés ; à Amarantos, des bains de vapeur naturels, entre 33 et 38 °C, se visitent. Le monastère de Molyvdoskepastos, fondé selon la tradition au VIIe siècle, pillé en 1943 et rendu au culte en 1988, borde la frontière. Au sud, sur la route de Ioannina, Kalpaki a un musée consacré à la guerre de 1940, dont le front passait par ces montagnes. À l’ouest, le Pogoni est le pays du chant polyphonique : le lac de Zaravina (📍), près de la route de Kakavia, accueille un festival en août, et le village valaque de Kefalovryso défend ses tourtes. Le reste de l’année, on y croise surtout des habitants.
Metsovo et le Pinde du Nord
À l’est de Ioannina, sur l’autoroute Egnatia qui file vers la Thessalie et la Macédoine, Metsovo (📍) est la capitale des Valaques du Pinde. Le bourg, sous le col de Katara, à environ 1 700 m, doit beaucoup à ses grandes familles : la fondation Tositsas a fait d’une demeure un musée d’art populaire, et Evangelos Averoff a laissé une pinacothèque et un vignoble de montagne, le Katogi, planté à partir de la fin des années 1950. En contrebas, le monastère d’Agios Nikolaos garde des fresques de 1702. On y goûte le metsovone, fromage fumé, et les vins du domaine. La place se remplit les week-ends d’hiver et pendant les vacances grecques ; en semaine, le bourg retrouve son calme. À une douzaine de kilomètres, Milia (📍), village valaque à 1 160 m entouré de forêts de hêtres et de pins noirs, n’a ni hôtel ni taverne, seulement trois cafés, et des cascades sur la route de Krania où l’on se baigne l’été. Ces montagnes font partie du parc national du Pinde du Nord, qui s’étend jusqu’au Smolikas.
Les Tzoumerka et Arta
Au sud-est de Ioannina, les Tzoumerka culminent à 2 429 m au Kakarditsa. Peu visitées, elles sont protégées depuis 2009 par un parc national qui englobe la gorge de l’Arachthos. Les villages valaques de Syrrako (📍), à environ une heure et demie de route de Ioannina, et de Kalarrytes (📍), fermés aux voitures, se font face de part et d’autre d’un ravin, reliés par un sentier d’une heure et demie à deux heures ; près de Kalarrytes, le pont et le moulin de Kouiasa gardent des cascades et des vasques. Kalarrytes, patrie de Sotirios Voulgaris, fondateur de Bulgari, a son musée de l’orfèvrerie, et Syrrako la maison du poète Kostas Krystallis. Plus bas, le monastère de Kipina (1212) s’accroche à la falaise, Pramanta a sa grotte d’Anemotrypa, traversée par une rivière souterraine, et Melissourgoi le sentier de la cascade de Kefalovrysi. Le pont de Plaka, sur l’Arachthos, emporté par une crue en 2015, a été reconstruit. Au sud, Vourgareli, à environ une heure d’Arta par la route qui longe le lac de l’Arachthos, garde l’Église rouge et le pont des Fées, et Theodoriana ses cascades. Arta (📍), capitale du despotat d’Épire au XIIIe siècle, mérite une étape pour son pont de pierre, objet d’une célèbre légende de maçon, et l’église de la Panagia Parigoritissa.
Syvota, Parga et la côte de Thesprotie
Au sud d’Igoumenitsa, port des ferries d’Italie et de Corfou, la côte ionienne alterne criques et pinèdes. Syvota (📍) (vue 360°), ancien village de pêcheurs, fait face à un chapelet d’îlots inhabités : la plage de Bella Vraka et la Piscina, crique turquoise de l’îlot de Mavro Oros, se rejoignent à la nage ou en petit bateau depuis le port. Plus au sud, Perdika (📍), village perché, domine les plages d’Arillas et de Karavostasi. Parga (📍) (vue 360°), étagée sous son château vénitien, fut vendue en 1819 par les Britanniques à Ali Pacha, et ses habitants s’exilèrent à Corfou. Ses maisons colorées, la plage de Kryoneri face à l’îlot de la Panagia et celle de Valtos, au pied du château, en font l’escale la plus prisée de la côte ; plus au sud, Lichnos et Alonaki offrent d’autres plages, et le château d’Agia se dresse sur les hauteurs voisines. À Parga, dans une ancienne huilerie, le musée de l’olive Paragaea propose dégustations et ateliers. En juillet, en août et à Pâques, Parga et Syvota sont saturées, d’autant que des excursions en bateau arrivent chaque jour de Corfou. Venez en juin ou en septembre.
Preveza, l’Achéron et le golfe Ambracique
L’Achéron, que les Anciens tenaient pour une porte des Enfers, descend des montagnes de Souli sur une cinquantaine de kilomètres jusqu’à la mer, à Ammoudia. À Glyki, il sort d’une gorge de falaises calcaires où l’on remonte la rivière à pied dans l’eau froide en été. Le sentier part du pont métallique de Glyki et passe par les « Portes de l’Hadès », à la sortie de la gorge, et par le pont de Dalas ; au-dessus se dressent le château de Kiafa et le plateau de Souli, fief des Souliotes qui résistèrent à Ali Pacha. À l’embouchure, des kayaks explorent les roselières. Le Nekromanteion (📍), oracle des morts sur une butte au-dessus de Mesopotamos, se visite parmi des vestiges hellénistiques, et, dans la vallée, la colline de Kastri garde les remparts polygonaux de l’antique Pandosia. Au sud, la longue plage de Monolithi file jusqu’aux abords de Preveza (📍), petite ville portuaire à l’entrée du golfe Ambracique, dont le front de mer s’anime le soir. Juste au nord, Nikopolis (📍), fondée par Octavien après sa victoire d’Actium, en 31 av. J.-C., étale ses remparts, son odéon et ses basiliques paléochrétiennes. Le golfe, zone humide protégée par la convention de Ramsar, accueille oiseaux d’eau et dauphins, et ses crevettes sont réputées. Un tunnel sous le détroit mène à Aktio, à l’aéroport et à Leucade.
Quelles traditions vivantes découvrir en Épire ?
L’Épire compte 17 éléments inscrits au registre national grec du patrimoine culturel immatériel. Le plus emblématique est le chant polyphonique épirote, chanté sans instruments dans les villages du Pogoni, de Filiates et de Konitsa ; la Caravane polyphonique, qui le transmet, figure depuis 2020 au registre des bonnes pratiques de l’UNESCO. La fête du 15 août de Syrrako, inscrite à l’UNESCO en 2022 avec celle de Vlasti, en Macédoine occidentale, rassemble habitants et diaspora ; celle de Vitsa, dans le Zagori, figure au registre national. Arta concentre plusieurs traditions : les Bandidoi du carnaval, la décoration florale des épitaphioi le Vendredi saint et le grand feu du Jeudi saint à Agia Theodora. Les forêts sacrées du Zagori et de Konitsa, protégées par des interdits de coupe, le rassemblement des Sarakatsanes à Gyftokampos et l’orfèvrerie d’argent de Ioannina complètent la liste. Le détail est sur notre page traditions d’Épire, et les coutumes communes à tout le pays sur la page traditions vivantes de Grèce.
La carte de l’Épire
L’Épire, une région à découvrir toute l’année
L’Épire change de visage à chaque saison. Le printemps gonfle les rivières et fleurit les montagnes, l’été appartient aux plages de Parga et de Syvota et aux fêtes de village, l’automne colore les forêts du Zagori et des Tzoumerka, l’hiver enneige Metsovo et les villages de pierre. Ioannina, ville étudiante, vit toute l’année.
Quel climat et quelles températures en Épire ?
Le climat oppose une côte ionienne douce à une montagne au climat continental. À Aktio, près de Preveza, les maximales moyennes atteignent 30 °C l’été et l’hiver reste doux, avec des minimales autour de 7 °C. À Ioannina, à 470 m d’altitude, les journées d’été sont aussi chaudes, autour de 31 °C, mais les nuits plus fraîches, et les minimales tombent autour de 1 °C de décembre à février. Plus haut, la neige recouvre chaque hiver le Pinde, les Tzoumerka et les villages du Zagori. L’Épire est l’une des régions les plus arrosées de Grèce : Ioannina reçoit environ 1 100 mm de pluie par an, surtout d’octobre à février. La mer, autour de 16 °C en hiver, atteint 25 °C en moyenne l’été et garde 23 °C en automne.
| Saison | Aktio, littoral (max / min) | Ioannina, intérieur (max / min) | Mer |
|---|---|---|---|
| Printemps (mars à mai) | 20 °C / 12 °C | 19 °C / 7 °C | 17 °C |
| Été (juin à août) | 29 °C / 20 °C | 31 °C / 15 °C | 25 °C |
| Automne (septembre à novembre) | 23 °C / 15 °C | 21 °C / 9 °C | 23 °C |
| Hiver (décembre à février) | 14 °C / 7 °C | 10 °C / 1 °C | 16 °C |
Source : Températures de l’air : normales du service météorologique national (EMY), stations d’Aktio (aéroport de Preveza) et de Ioannina (aéroport), période 1991-2020. Pluie : normales 1956-2010 du service météorologique national pour Ioannina. Mer : moyennes mensuelles sur dix ans relevées par seatemperature.info pour Preveza.
Quand partir en Épire ?
- Au printemps (mars à mai), la fonte des neiges gonfle le Voidomatis, l’Aoos et l’Arachthos : c’est la saison où les rivières sont les plus vives pour le rafting, et les cascades des Tzoumerka sont au plus fort de leur débit. Les prairies du Zagori fleurissent, mais la traversée de la gorge de Vikos peut rester impraticable en avril et au début de mai, quand le torrent recouvre le sentier. Pâques se fête dans chaque village, et Arta orne ses épitaphioi de fleurs ; les villages de montagne se remplissent alors de familles grecques. Sur la côte, la mer reste fraîche, autour de 17 °C, et les îlots de Syvota sont encore tranquilles.
- En été (juin à août), la foule se concentre sur la côte : en juillet et en août, Parga, Syvota et leurs plages sont saturées, routes et parkings compris. À l’intérieur, Papigo et Aristi sont très fréquentés en août, quand les familles reviennent au village pour le 15 août et les fêtes patronales, comme à Syrrako ou à Vitsa. C’est le moment de monter en altitude, où les nuits restent fraîches, et de se baigner dans les vasques de Rogovo, entre les deux Papigo, ou dans la gorge de l’Achéron, à Glyki. Les cascades de Balta di Striga, à Iliochori, attirent elles aussi beaucoup de baigneurs en août. Le festival du lac de Zaravina anime le Pogoni à la même période.
- En automne (septembre à novembre), la mer garde 23 °C en moyenne et la côte se vide : septembre est le meilleur mois pour Parga et Syvota. En montagne, les hêtres et les platanes du Zagori, des Tzoumerka et du Pinde prennent leurs couleurs en octobre, les châtaignes et les champignons arrivent sur les tables, et les vendanges animent Zitsa et Metsovo. Le 8 septembre, des centaines de pèlerins montent au monastère de Stomiou, dans la gorge de l’Aoos. C’est une bonne saison pour la randonnée, avant que les pluies de novembre ne grossissent les rivières.
- En hiver (décembre à février), la neige recouvre Metsovo, les Tzoumerka et les villages du Zagori. Les week-ends et pendant les fêtes de fin d’année, les familles grecques remplissent les hôtels de charme des villages ; en semaine, ils sont très calmes. On skie à Metsovo, sur les petites stations de Profitis Ilias et d’Anilio, et à Vasilitsa, de l’autre côté du Pinde, en Macédoine occidentale. Au carnaval, les Bandidoi chantent leurs couplets moqueurs dans les rues d’Arta. Sur la côte, beaucoup d’établissements saisonniers de Parga et de Syvota sont fermés.
Comment découvrir l’Épire ?
L’Épire se parcourt en voiture. L’autoroute Ionia Odos relie Athènes à Ioannina, et l’Egnatia traverse la région d’Igoumenitsa à Metsovo avant de filer vers Thessalonique. Les bus KTEL relient Ioannina aux grandes villes et à quelques villages, mais la montagne reste difficile à explorer sans véhicule.
Road trip en Épire : combien de jours prévoir ?
Comptez au moins une semaine pour un premier tour de l’Épire, et dix jours pour y ajouter les Tzoumerka et la côte. Une boucle classique part de Ioannina, avec Dodone et la grotte de Perama, monte au Zagori pour trois nuits, à Monodendri, Aristi ou Papigo, le temps de la gorge de Vikos et du Voidomatis, poursuit vers Konitsa et la gorge de l’Aoos, puis revient par Ioannina pour gagner Metsovo par l’Egnatia. Au sud, les Tzoumerka se rejoignent par le pont de Plaka, et Arta par la route qui longe le lac de l’Arachthos ; de là, Preveza, l’Achéron, Parga et Syvota se suivent sur la côte, avant de remonter vers Igoumenitsa et le ferry de Corfou. Bases pratiques : Ioannina, le Zagori central, Konitsa, Metsovo, Syrrako ou Pramanta, Parga ou Syvota. Les routes de montagne sont étroites et sinueuses, parfois enneigées l’hiver : prévoyez des temps de trajet larges. En une semaine, choisissez la montagne du nord, de Ioannina à Metsovo, ou combinez Ioannina, le Zagori et la côte. Voir notre guide du road trip en Grèce et la page conduire en Grèce.
Nos road trips en Grèce continentale
Roadtrip au cœur de l’Épire : villages de pierre, gorges et traditions
- Villages de Zagori, Konitsa, Gorges de Vikos, Metsovo... -
🕐 6 jours
A partir de 610€
Roadtrip nature et légendes : villages du Pélion, Météores et Mont Olympe
- Mont Pélion, Météores, Vergina, Mont Olympe -
🕐 8 jours
A partir de 750€
Roadtrip en Grèce centrale, entre mer et montagne
- Delphe – Galaxidi – Villages d'Eurytanie -
🕐 7 jours
A partir de €770 par personne
Le grand Road Trip entre le sud et le nord de la Grèce
- Le Magne, Pylos, Olympie & les Météores -
🕐 12 jours
A partir de 1208€ par personne
Roadtrip : la vraie Grèce du Nord
- Thessalonique, Ioannina, Pélion, Météores et les montagnes du Pinde -
🕐 10 jours
A partir de 1050€ par personne
Roadtrip: les grands classiques de la Grèce
- La Grèce continentale et le Péloponnèse -
🕐 5 jours
A partir de 589€ par personne
Roadtrip: les merveilles de la Grèce continentale
- Delphes et les Météores -
🕐 3 jours
A partir de 327€ par personne
Comment aller en Épire ?
La région a trois portes d’entrée aériennes. L’aéroport de Ioannina (IOA), à quelques kilomètres du centre, est relié à Athènes en une heure environ. Celui de Preveza-Aktio (PVK), au sud du tunnel d’Aktio, reçoit en saison des vols directs depuis plusieurs villes européennes, comme celui de Corfou (CFU), d’où l’on gagne Igoumenitsa en ferry (voir notre page aéroports grecs). Par la route, Ioannina est à environ 450 km d’Athènes, soit un peu plus de quatre heures par la Ionia Odos, et à environ 2 h 30 de Thessalonique par l’Egnatia. Les bus KTEL relient Ioannina à Athènes en 7 h 30 environ et à Thessalonique en 3 h ; aucune ligne de train ne dessert l’Épire. Par la mer, Igoumenitsa reçoit les ferries d’Italie, de Bari, Brindisi, Ancône et Venise, et ceux de Corfou, plusieurs fois par jour. Sur place, une voiture de location reste indispensable pour la montagne.
Quelles îles combiner avec l’Épire ?
La côte d’Épire fait face aux îles Ioniennes du nord. Corfou se rejoint depuis Igoumenitsa en une heure à une heure et demie, vers la ville de Corfou ou vers Lefkimmi, au sud de l’île, avec de nombreuses traversées quotidiennes. Paxos est desservie depuis Igoumenitsa et, en saison, par des bateaux au départ de Parga, qui proposent aussi des excursions à la journée vers Antipaxos. Au sud, Leucade se rejoint par la route depuis Preveza, par le tunnel d’Aktio puis le pont flottant de Lefkada, en une demi-heure environ. Corfou se prête aussi à un voyage combiné : arrivée en avion sur l’île, traversée vers Igoumenitsa, puis boucle en Épire. En été, réservez à l’avance les traversées avec voiture vers Corfou.
Où randonner, faire du rafting et skier en Épire ?
L’Épire réunit plusieurs des grands espaces protégés du pays. Le parc national de Vikos-Aoos, créé en 1973, et celui du Pinde du Nord, créé en 2005, couvrent le Zagori, Konitsa, Metsovo et le Smolikas ; le parc national des Tzoumerka, du Peristeri et de la gorge de l’Arachthos protège depuis 2009 le sud du massif. Le géoparc de Vikos-Aoos, membre du réseau mondial des géoparcs depuis 2010 et aujourd’hui Géoparc mondial UNESCO, met en valeur la géologie des gorges. L’ours brun, le loup et l’aigle royal y vivent encore.
La randonnée phare est la traversée de la gorge de Vikos (📍) : environ 12 km et 5 à 6 h de marche de Monodendri au village de Vikos ou à Mikro Papigo, en passant par les sources du Voidomatis. Évitez-la en avril et au début de mai, quand la fonte des neiges noie le sentier, et partez tôt l’été. Depuis Mikro Papigo, on monte en 5,7 km au refuge de l’Astraka, puis en 3 km environ au lac du Dragon du Tymfi, à 2 050 m ; une nuit au refuge est conseillée, et la baignade est interdite dans les lacs du parc. Plus court, le sentier du Voidomatis depuis Aristi se parcourt en moins de deux heures. L’Epirus Trail balise environ 360 km en 29 itinéraires, de Konitsa au Zagori (📍), à Metsovo et aux Tzoumerka.
L’eau vive est l’autre grande activité de la région. Le Voidomatis, aux eaux froides et limpides, se descend en raft ou en kayak entre le pont d’Aristi et Klidonia, un parcours de faible difficulté accessible aux débutants. Depuis Konitsa, on descend l’Aoos en raft ou en monoraft et on le remonte en randonnée aquatique ; la ville propose aussi le parapente et une via ferrata. Dans les Tzoumerka (📍), l’Arachthos offre un rafting plus sportif, jusqu’à cinq heures entre le pont suspendu de Gogou et le pont de Plaka. L’Achéron se descend lui aussi en raft, et le lac de Ziros, près de Filippiada, se parcourt en canoë. Partez avec un prestataire local, car les débits varient fortement selon la saison et la météo. L’hiver, on skie à Metsovo et à Vasilitsa, juste de l’autre côté du Pinde.
Meilleures saisons : mai-juin et septembre-octobre pour la randonnée, le printemps pour le rafting, quand les rivières sont hautes. Voir nos pages randonnée et trek et espaces naturels protégés.
Que manger en Épire ? Cuisine et produits AOP/IGP
La cuisine d’Épire est une cuisine de bergers et de montagne, dominée par les tourtes : on en compterait 178 sortes dans la région. Dans le Zagori, on goûte l’alevropita (αλευρόπιτα), fine galette de pâte et de feta cuite au four, la batsaria (μπατσαριά), aux herbes sauvages et à la farine de maïs, et la kothropita (κοθρόπιτα), viande sur les bords et riz au centre. Ioannina se réveille à la bougatsa (μπουγάτσα), et ses tavernes du lac servaient traditionnellement cuisses de grenouilles et anguilles. Le sanglier au poireau, l’agneau et le chevreau au four, le trachanas (τραχανάς) aux champignons et la truite d’élevage, comme à Papigo, complètent la table. Côté produits protégés, Metsovo fabrique le metsovone (μετσοβόνε) AOP, fromage fumé, et le kachkaval du Pinde (κασκαβάλι Πίνδου) IGP ; la feta (φέτα), le galotyri (γαλοτύρι) et la kefalograviera (κεφαλογραβιέρα) AOP sont aussi produits en Épire, comme le tsalafouti (τσαλαφούτι) AOP, fromage frais à tartiner produit notamment dans les Tzoumerka. Sur la côte, l’huile d’olive de Preveza et les olives konservolia (κονσερβολιά) d’Arta sont IGP, et la crevette du golfe Ambracique attend son enregistrement en IGP. Côté vin, Zitsa, au nord-ouest de Ioannina, a son AOP pour la debina (ντεμπίνα), blanc souvent pétillant ; Metsovo, Ioannina et l’Épire ont leur IGP, et le Katogi d’Averoff a fait connaître le vin de montagne de Metsovo. Le tsipouro (τσίπουρο), eau-de-vie de marc, accompagne les meze. Voir notre page vins grecs.
Nos guides pour l’Épire
Questions fréquentes sur l’Épire
-
Mai-juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes : rivières vives au printemps, randonnée agréable, mer encore chaude en septembre et côte moins chargée. Juillet et août conviennent à la montagne, plus fraîche, mais Parga et Syvota sont saturées. L’hiver attire les amateurs de villages enneigés, de ski à Metsovo et de carnaval à Arta.
-
Une semaine permet de voir Ioannina, le Zagori avec la gorge de Vikos, Konitsa et Metsovo. Comptez dix jours pour y ajouter les Tzoumerka et la côte, de Preveza à Syvota, et deux semaines si vous enchaînez avec Corfou ou Leucade.
-
Oui, pour l’essentiel. Les bus KTEL relient Ioannina à Athènes, Thessalonique, Metsovo, Konitsa, Preveza et Igoumenitsa, et desservent quelques villages du Zagori, mais leurs horaires ne permettent pas de circuler d’un village à l’autre ni d’atteindre les départs de randonnée.
-
En avion, Ioannina est à une heure d’Athènes, avec des vols quotidiens. Par la route, comptez un peu plus de quatre heures et environ 450 km par la Ionia Odos, ou 7 h 30 en bus KTEL. En saison, des vols directs desservent aussi Preveza et Corfou depuis plusieurs villes européennes.
-
Oui, le sentier est balisé : environ 12 km et 5 à 6 h de marche de Monodendri au village de Vikos ou à Mikro Papigo. Le parcours est linéaire, prévoyez donc le retour en taxi ou une nuit à l’arrivée. Évitez avril et le début de mai, quand la fonte des neiges rend certains passages impraticables, et emportez de l’eau.
-
Sur le Voidomatis, dans le Zagori, la descente du pont d’Aristi à Klidonia, de faible difficulté, convient aux débutants. L’Aoos se descend depuis Konitsa, l’Arachthos offre dans les Tzoumerka des parcours plus sportifs, et l’Achéron se descend aussi près de Glyki. Des prestataires sont installés à Konitsa, dans le Zagori, à Ioannina et dans les Tzoumerka.
-
La côte, oui : en juillet et en août, Parga, Syvota et leurs plages sont saturées, et Parga reçoit chaque jour des excursions depuis Corfou. Le Zagori se remplit autour du 15 août, surtout Papigo et Aristi. Konitsa, le Pogoni, les Tzoumerka et Metsovo en semaine restent calmes une grande partie de l’été.
Quelques liens pour aller plus loin
Repères sur l’Épire
- Superficie : Environ 9 200 km², un peu plus que la Corse
- Population : Environ 320 000 habitants (2021)
- Chef-lieu : Ioannina
- Sous-régions : Ioannina et Dodone ; Zagori et gorges de Vikos ; Konitsa, l’Aoos et le Pogoni ; Metsovo et le Pinde du Nord ; Tzoumerka et Arta ; Syvota et Parga ; Preveza et l’Achéron
- Points culminants : Smolikas, 2 637 m ; Tymfi (Gamila), 2 497 m ; Kakarditsa (Tzoumerka), 2 429 m
- Depuis Athènes : Ioannina : un peu plus de 4 h (environ 450 km) ; environ 1 h en avion
- Aéroports : Ioannina (IOA) ; Preveza-Aktio (PVK) ; Corfou (CFU), puis ferry jusqu’à Igoumenitsa
- Sites UNESCO : 1 : paysage culturel du Zagori (2023). Voir les sites UNESCO de Grèce. Le géoparc de Vikos-Aoos, membre du réseau mondial des géoparcs depuis 2010 et aujourd’hui Géoparc mondial UNESCO, relève d’un autre programme de l’UNESCO.
