Quels sont les sites grecs classés au patrimoine mondial de l'UNESCO ?
La Grèce est depuis toujours un carrefour de civilisations, et il n’est pas surprenant d’y trouver autant de sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, répartis sur tout le territoire. Avec 20 sites classés (voir la carte des sites), la Grèce figure parmi les pays d’Europe les plus représentés sur la liste. Ces biens culturels et naturels témoignent d’une histoire longue de plusieurs millénaires et de son influence déterminante sur la civilisation occidentale.
Parmi ces 20 sites :
- 17 sont inscrits comme patrimoine culturel
- 2 comme patrimoine mixte (culturel et naturel) : les Météores et le Mont Athos
- 1 comme paysage culturel : le Zagóri
- 10 sites remontent à la période antique, 8 aux périodes paléochrétienne et byzantine, 1 davantage lié aux périodes byzantine, ottomane et moderne (Zagóri), et 1 à la préhistoire (centres minoens)
Quels sites UNESCO se trouvent à Athènes et en Attique ?
L’Acropole d’Athènes (1987)
Inscrite au patrimoine mondial en 1987, l’Acropole est le symbole absolu de la Grèce antique et de la démocratie athénienne. Édifiée principalement au Ve siècle avant notre ère sous Périclès, avec des architectes comme Ictinos et Callicratès, elle rassemble sur un éperon rocheux dominant Athènes le Parthénon, l’Érechthéion, les Propylées et le temple d’Athéna Niké. Ces monuments constituent l’une des expressions les plus accomplies de l’architecture classique grecque. En contrebas, le théâtre de Dionysos et l’Odéon d’Hérode Atticus complètent cet ensemble exceptionnel. À visiter tôt le matin, avant l’afflux des groupes.
À lire : notre guide de visite de l’AcropoleLe monastère de Daphni (inscrit conjointement avec Hosios Loukas et Néa Moni – 1990)
Daphni (Δαφνί) se trouve à 11 km au nord-ouest d’Athènes, sur l’ancienne Voie sacrée qui conduisait à Éleusis. Ce monastère byzantin du XIe siècle est un chef-d’œuvre de l’art paléochrétien : ses mosaïques à fond d’or, notamment le célèbre Christ Pantocrator de la coupole centrale, comptent parmi les plus belles réalisations de l’art byzantin grec. Classé avec les monastères de Hosios Loukas (Béotie) et Néa Moni de Chios, il représente le rayonnement de l’empire byzantin à son apogée. Actuellement en cours de restauration après des dommages sismiques, les visites restent soumises à des conditions d’accès variables.
Quels sites UNESCO découvrir dans le Péloponnèse ?
Le Péloponnèse concentre à lui seul cinq sites classés, ce qui en fait la région continentale la plus riche en patrimoine reconnu par l’UNESCO.
Le sanctuaire d’Asclépios à Épidaure (1988)
Le sanctuaire d’Épidaure est, depuis le IVe siècle avant notre ère, le principal centre de guérison du monde grec antique. Dédié au dieu de la médecine Asclépios, il attirait des pèlerins venus de tout le bassin méditerranéen. On peut y voir les vestiges de l’Asclépiéion (lieu de soins), du gymnase, des thermes et des hôtels antiques. Mais c’est le théâtre qui frappe le plus : construit vers 340 av. J.-C. par Polyclète le Jeune, il est le mieux conservé de l’Antiquité grecque. Son acoustique prodigieuse permet d’entendre distinctement le froissement d’une feuille depuis les derniers gradins. Chaque été, il accueille le Festival d’Athènes et d’Épidaure.
À lire : notre guide d’Épidaure
La ville médiévale de Mystras (1989)
Mystras (Μυστράς) est une ville-fantôme byzantine accrochée aux pentes du mont Taygète, à 6 km de Sparte. Fondée par les Francs en 1249 et rendue aux Byzantins dès 1261, elle devint le dernier grand foyer intellectuel et artistique de l’Empire byzantin avant la chute de Constantinople. Entre le XIVe et le XVe siècle, des philosophes comme Gémiste Pléthon y enseignèrent, influençant la Renaissance italienne. À l’intérieur du site, on découvre des palais, des monastères et des églises remarquablement conservés, ornés de fresques byzantines d’une finesse extraordinaire. Un site hors des sentiers battus, à parcourir de bonne heure.
Les sites archéologiques de Mycènes et de Tirynthe (1999)
Inscrits conjointement, Mycènes et Tirynthe sont les deux sites emblématiques de la civilisation mycénienne (XVIe-XIIe siècle avant notre ère), qui a précédé et profondément influencé la Grèce classique. Mycènes, citadelle royale dominant la plaine d’Argos, révèle la Porte des Lionnes, les immenses murs cyclopéens, le tombeau dit d’Agamemnon (dit trésor d’Atrée) et les cercles de tombes royales fouillés par Schliemann. Tirynthe, sur la côte, impressionne par l’épaisseur titanesque de ses remparts. L’ensemble offre une plongée dans l’univers de l’Iliade et de l’Odyssée, là où le mythe et l’histoire se confondent.
À lire : notre guide de Mycènes
Le site archéologique d’Olympie (1989)
Olympie (Ολυμπία) est le sanctuaire panhellénique consacré à Zeus, et le berceau des Jeux olympiques qui s’y déroulèrent pendant plus de mille ans (776 av. J.-C. à 393 apr. J.-C.). Le site révèle les vestiges du temple de Zeus (qui abritait autrefois l’une des Sept Merveilles du monde antique, la statue chryséléphantine de Zeus par Phidias), du temple d’Héra, du stade, du gymnase et de la palestre. L’atelier de Phidias, identifié grâce aux outils retrouvés sur place, est également visible. Le musée archéologique d’Olympie est l’un des plus beaux de Grèce, avec les sculptures du temple de Zeus et l’Hermès de Praxitèle.
À lire : notre guide d’Olympie
Le temple d’Apollon Épikourios à Bassae (1986)
Le temple d’Apollon Épikourios à Bassae est le premier site grec à avoir été inscrit sur la liste de l’UNESCO, en 1986. Perché à 1 131 mètres d’altitude dans les montagnes d’Arcadie, ce temple du Ve siècle avant notre ère a été conçu par Ictinos, l’architecte du Parthénon. Il est remarquable pour l’usage précoce de colonnes corinthiennes à l’intérieur et pour sa frise sculptée (aujourd’hui au British Museum). L’altitude et l’isolement lui confèrent une atmosphère particulière, presque sauvage. Le site est actuellement protégé par une bâche de protection. Un détour exigeant mais récompensé.
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Quels sites UNESCO se trouvent en Grèce centrale ?
Le sanctuaire de Delphes (1987)
Delphes (Δελφοί), nichée sur les pentes du mont Parnasse au-dessus d’une immense mer d’oliviers, fut pendant des siècles le centre religieux et politique du monde grec. C’est ici que l’oracle d’Apollon — la fameuse Pythie — rendait ses oracles à tous ceux qui venaient consulter le dieu, des simples citoyens aux rois. Le site antique comprend le sanctuaire d’Apollon, le trésor des Athéniens, le théâtre et le stade. Le musée de Delphes, qui abrite l’Aurige de Delphes et la Sphinge de Naxos, est incontournable. Un lieu chargé d’une aura difficile à décrire, même pour un visiteur contemporain.
À lire : notre guide de Delphes
Le monastère de Hosios Loukas (inscrit conjointement – 1990)
Hosios Loukas (Όσιος Λουκάς), perché sur un flanc du mont Hélicon en Béotie, est l’un des monuments les mieux préservés de l’art byzantin du Xe-XIe siècle. Le monastère comprend deux églises imbriquées : le Catholicon et la Théotokos, ornés de mosaïques à fond d’or d’une qualité exceptionnelle. Son isolement dans un paysage de collines et d’oliviers renforce l’impression de hors-temps. Fondé en souvenir du moine Loukas de Steiris, mort en 953, le site constitue avec Daphni et Néa Moni de Chios un triptyque représentatif du classicisme byzantin médio-byzantin. Un arrêt logique sur la route de Delphes.
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Site et régions au patrimoine de l'Unesco
Quels sites UNESCO se trouvent en Macédoine grecque ?
La région de Macédoine compte quatre sites classés, dont le Mont Athos dont l’accès reste soumis à des règles très particulières.
Les monuments paléochrétiens et byzantins de Thessalonique (1988)
Thessalonique concentre un ensemble remarquable de 15 édifices paléochrétiens et byzantins échelonnés du IVe au XVe siècle, classés en bloc par l’UNESCO. On y trouve la Rotonde (IVe s.), l’église de l’Acheiropoïetos (Ve s.), la basilique de Saint-Démétrios (Ve s., patron de la ville), Sainte-Sophie (VIIIe s.) et les remarquables églises de Brontochion et des Saints-Apôtres (XIVe s., période paléologue). Ces édifices ont influencé le développement de l’architecture chrétienne en Europe orientale et dans les Balkans. La plupart sont visibles en se promenant dans le centre-ville, ce qui est une particularité appréciable.
À lire : notre guide de Thessalonique
Le site archéologique d’Aigai – Vergina (1996)
Aigai (nom antique de l’actuelle Vergina) fut la première capitale du royaume de Macédoine et la nécropole royale dynastique. C’est ici qu’en 1977, l’archéologue grec Manolis Andronikos découvrit des tombes royales intactes, dont celle attribuée à Philippe II, père d’Alexandre le Grand. Les objets trouvés dans ces tombes — diadème d’or, armure, os brûlés — figurent parmi les plus spectaculaires jamais mis au jour en Grèce. Le musée de Vergina est lui-même aménagé dans le grand tumulus qui recouvre les tombes, offrant une expérience de visite saisissante. Un site incontournable pour comprendre la Macédoine antique.
Le site archéologique de Philippes (2016)
Philippes (Φίλιπποι) est une cité fondée par Philippe II de Macédoine en 356 avant notre ère, sur un carrefour stratégique entre l’Orient et l’Occident. Elle est surtout connue pour la bataille de Philippes (42 av. J.-C.) au cours de laquelle Octave et Marc Antoine vainquirent Brutus et Cassius. Plus tard, l’apôtre Paul y fonda la première communauté chrétienne d’Europe, vers 49 apr. J.-C. Le site révèle des vestiges grecs, romains et paléochrétiens superposés : théâtre, forum, basiliques chrétiennes monumentales. Moins connu que Delphes ou Olympie, Philippes mérite amplement le détour depuis Kavala.
Le Mont Athos (1988) – patrimoine mixte
Le Mont Athos (Άγιον Όρος, la « Montagne Sainte ») occupe toute la péninsule la plus orientale de la Chalcidique. Depuis 963 et la fondation du monastère de la Grande Laure par saint Athanase l’Athonite, il abrite une république monastique autonome regroupant 20 monastères orthodoxes, dont certains remontent au Xe siècle. Les fresques, manuscrits enluminés et icônes qui y sont conservés représentent un trésor inestimable de l’art byzantin. L’accès est strictement réglementé : seuls les hommes peuvent y pénétrer, munis d’un permis spécial (le diamonitirion), dans des quotas journaliers limités. Un lieu hors du monde.
Quels sites UNESCO se trouvent en Thessalie ?
Les Météores (1988) – patrimoine mixte
Les Météores (Μετέωρα, « suspendus dans les airs ») constituent l’un des paysages les plus stupéfiants de Grèce : des piliers de grès gris culminant jusqu’à 400 mètres s’élèvent au-dessus de la plaine de Thessalie, surmontés par des monastères fondés à partir du XIVe siècle. L’ensemble, inscrit au patrimoine mixte pour ses valeurs à la fois culturelles et naturelles, compte aujourd’hui 6 monastères ouverts aux visiteurs sur les 24 qu’a connus la région à son apogée. La concentration touristique en été est aujourd’hui problématique : préférez une visite hors saison ou en semaine pour retrouver l’atmosphère contemplative du lieu.
À lire : notre guide des Météores
Quel site UNESCO se trouve en Épire ?
Le paysage culturel de Zagóri (2023)
Zagóri (Ζαγόρι) est l’inscription la plus récente sur le continent grec, obtenue en septembre 2023 au titre des paysages culturels. Nichés dans les montagnes du Pinde, au nord-ouest de la Grèce, les 46 villages en pierre des Zagorochoria présentent une architecture traditionnelle remarquablement cohérente, organisée autour de places centrales ombragées de platanes et reliées entre elles par des ponts à arches de pierre. Prospère aux XVIIIe et XIXe siècles grâce aux marchands qui faisaient fortune entre Vienne et Constantinople, la région est aujourd’hui l’un des joyaux méconnus de la Grèce montagnarde. Les gorges de Vikos, parmi les plus profondes d’Europe, se trouvent dans ce périmètre classé.
Quels sites UNESCO se trouvent sur des îles grecques ?
Délos (1990)
Délos (Δήλος) est une toute petite île déshabitée au coeur des Cyclades, accessible uniquement en excursion depuis Mykonos. Considérée dans l’Antiquité comme l’île sacrée d’Apollon et d’Artémis — lieu de leur naissance selon la mythologie —, elle fut l’un des grands sanctuaires panhelléniques et un carrefour commercial majeur à l’époque hellénistique. Les fouilles menées par l’École française d’Athènes depuis 1873 ont mis au jour un ensemble archéologique exceptionnel : sanctuaire d’Apollon, quartier du théâtre, villas aux mosaïques remarquables (Maison des Dauphins, Maison des Masques), Terrasse des Lions. Un site fantôme, fascinant par son silence.
La ville médiévale de Rhodes (1988)
La vieille ville de Rhodes est l’une des cités médiévales les mieux conservées de la Méditerranée. Fondée par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Hospitaliers) après 1309, elle constitue un exemple remarquable d’urbanisme militaire médiéval, avec sa rue des Chevaliers, ses palais, ses églises gothiques reconverties en mosquées à l’époque ottomane et ses fortifications colossales. La ville a accueilli successivement Byzantins, Croisés, Chevaliers, Ottomans et Italiens, et chaque couche laisse des traces lisibles dans l’espace urbain. La pression touristique estivale est très forte à l’intérieur des remparts : les ruelles sont nettement plus agréables en basse saison.
À lire : notre guide de Rhodes
Le centre historique de Patmos (1999)
Sur l’île de Patmos (Πάτμος), c’est dans la grotte de l’Apocalypse que l’apôtre Jean aurait rédigé le Livre de l’Apocalypse, vers 95 apr. J.-C. Le monastère fortifié de Saint-Jean-le-Théologien, fondé en 1088 par le moine Christodule sur les hauteurs de la chora, est l’un des grands centres de la spiritualité orthodoxe mondiale. Sa bibliothèque conserve des manuscrits enluminés d’une valeur inestimable. Le village de Chora qui s’étend autour du monastère est lui-même exceptionnel, avec ses maisons à loggia et ses ruelles pavées. Patmos est l’une des rares îles du Dodécanèse à avoir su préserver son identité face au tourisme.
À lire : notre guide de Patmos
Le monastère de Néa Moni de Chios (inscrit conjointement – 1990)
Néa Moni (Νέα Μονή, « nouveau monastère ») est l’un des plus beaux exemples d’architecture et d’art byzantin de l’ère macédonienne (XIe siècle). Fondé sur l’île de Chios en 1042 sur ordre de l’empereur Constantin IX Monomaque, il abrite des mosaïques à fond d’or d’une qualité rarissime, comparables à celles de Ravenne ou d’Istanbul. Les séismes de 1881 ont endommagé le bâtiment et détruit une partie des mosaïques, mais ce qui demeure est saisissant. Les moines qui gardèrent le monastère furent massacrés lors des événements tragiques de Chios en 1822. Un lieu qui mêle beauté et mémoire douloureuse.
À lire : notre guide de Chios
Pythagoreion et Héraion de Samos (1992)
Deux sites de l’île de Samos sont inscrits conjointement : le Pythagoreion (ancienne ville fortifiée, avec son port et le célèbre tunnel de l’ingénieur Eupalinos, chef-d’œuvre technique du VIe siècle avant notre ère) et l’Héraion, vaste sanctuaire dédié à Héra situé à 6 km à l’ouest de la ville. Le temple d’Héra fut l’un des plus grands temples grecs jamais construits, avec sa forêt de colonnes colossales. Aujourd’hui, une seule colonne se dresse encore. Ces deux sites témoignent du rayonnement de Samos à l’époque archaïque, patrie de Pythagore, de Thalès et d’Hérodote selon certaines sources.
La vieille ville de Corfou (2007)
La vieille ville de Corfou (Κέρκυρα) est le reflet de la position stratégique et culturelle unique de l’île entre l’Occident et l’Orient. Sous domination vénitienne pendant quatre siècles (1386-1797), Corfou a développé une architecture à nulle autre pareille en Grèce : maisons à portego, façades ocre et rouge, ruelles étroites en kantounia. Les deux forteresses vénitiennes encadrant la ville — l’Ancienne et la Nouvelle Forteresse — témoignent de l’importance stratégique de l’île dans le contrôle des routes maritimes méditerranéennes. La vieille ville est aujourd’hui soumise à une pression touristique intense en saison. Une visite en mai ou en septembre permet d’en saisir l’atmosphère réelle.
À lire : notre guide de Corfou
Les centres palatiaux minoens (2025) en Crète
Inscription la plus récente sur la liste (juillet 2025), les centres palatiaux minoens regroupent six sites archéologiques de l’île de Crète représentant la civilisation minoenne, l’une des plus avancées de la Méditerranée préhistorique (1900-1100 av. J.-C.) : Cnossos, Phaistos, Malia, Zakros, Zominthos et Kydonia (Chania). Ces palais, construits autour de grandes cours centrales, constituaient à la fois des centres administratifs, religieux et économiques. Les fresques de Cnossos, en particulier le fameux taureau bondissant, comptent parmi les expressions les plus remarquables de l’art préhistorique européen. Le palais de Cnossos est le site le plus visité de Crète, souvent au détriment de Phaistos ou de Zakros, bien moins fréquentés et tout aussi impressionnants.
Quels autres sites grecs pourraient rejoindre le patrimoine mondial de l’UNESCO ?
Ces sites font partie de la liste indicative grecque soumise à l’UNESCO : ce sont des lieux que la Grèce envisage de présenter à l’inscription dans les années à venir. Ils méritent d’être connus et visités pour eux-mêmes, indépendamment de tout classement officiel. Tous ont été déposés sur cette liste le 16 janvier 2014. La Grèce compte actuellement 12 sites sur cette liste indicative, après le retrait de Zagóri (inscrit en 2023) et des centres palatiaux minoens (inscrits en 2025).
Les fortifications bastionnées du bas Moyen Âge en Grèce (site culturel)
Ce bien en série regroupe 9 forteresses vénétiennes et ottomanes (XIIIe-XVIIe siècle) défendant les routes maritimes de Méditerranée orientale : Corfou, Zakynthos, Koroni, Methoni, Messène dans le Péloponnèse, le complexe Bourtzi-Palamidi-Akronauplie à Nauplie, les forteresses d’Héraklion et de La Canée en Crète, et la citadelle de Mytilène sur Lesbos. Ces architectures militaires témoignent de l’hybridation entre les cultures latine, byzantine et ottomane en mer Égée.
Le parc national de Dadia-Lefkimi-Souflion (site naturel)
Situé en Thrace, au nord-est de la Grèce, ce parc est l’un des habitats les plus importants d’Europe pour les rapaces : on y recense 36 des 38 espèces diurnes présentes sur le continent, dont le vautour moine et l’aigle impérial oriental. La forêt de chênes et de pins qui recouvre ce territoire accidenté constitue l’un des derniers grands espaces naturels préservés du nord-est grec.
L’ancienne Laurion (site culturel)
Zone minière exploitée dès l’époque géométrique et industrialisée au Ve siècle avant notre ère, Laurion a fourni l’argent qui finança la flotte triérème victorieuse à Salamine (480 av. J.-C.) et alimenta la puissance athénienne. Le site conserve des vestiges exceptionnels des techniques minières antiques : galeries, laveries de minerai et fours de fusion. Il se trouve sur la côte sud de l’Attique, à proximité du cap Sounion.
La forêt pétrifiée de Lesbos (site mixte)
Formée il y a 20 millions d’années par une éruption volcanique qui a silicifié une forêt subtropicale, la forêt pétrifiée de Lesbos livre des troncs fossiles parfois encore debout dans le sol, atteignant plusieurs mètres de hauteur. Déjà reconnu comme géoparc mondial UNESCO, ce site de la moitié occidentale de l’île constitue un témoignage unique sur les paléo-environnements méditerranéens et une curiosité géologique d’envergure internationale.
Le site archéologique de l’ancienne Messène (site culturel)
Fondée en 369 avant notre ère par Épaminondas pour libérer les Messéniens de la domination spartiate, l’ancienne Messène est l’un des sites archéologiques les mieux conservés et les moins fréquentés de Grèce. Les fouilles ont mis au jour une enceinte de 9 km, un stade, un théâtre, un gymnase et un sanctuaire d’Asclépios. Les sculptures du musée du site comptent parmi les plus belles de la période hellénistique.
Le site archéologique de Nicopolis (site culturel)
Fondée par Octave Auguste en 31 avant notre ère pour commémorer sa victoire à Actium, Nicopolis devint rapidement l’une des grandes métropoles de la Grèce romaine, étape sur la Via Egnatia. On y trouve murailles imposantes, thermes, odéon, stade et plusieurs basiliques paléochrétiennes ornées de mosaïques. L’apôtre Paul y séjourna. Situé en Épire, près de Préveza, le site reste peu fréquenté malgré sa richesse archéologique.
La grande région du mont Olympe (site mixte)
Premier parc national de Grèce (1938), l’Olympe culmine à 2 918 m. Il abrite une biodiversité exceptionnelle : plus de 1 700 espèces végétales dont une centaine d’endémiques, et une faune incluant loups, lynx et aigles royaux. La valeur mixte du bien tient à l’extraordinaire résonance symbolique du site, demeure des dieux dans la mythologie grecque, combinée à un environnement montagnard d’une richesse écologique hors norme.
La zone des lacs Prespa, incluant les monuments byzantins et post-byzantins (site mixte)
À la triple frontière de la Grèce, de l’Albanie et de la Macédoine du Nord, les lacs Prespa abritent des colonies de pélicans frisés et dalmates dans une zone humide d’exception. S’y ajoutent des églises rupestres ornées de fresques byzantines des XIIIe-XIVe siècles, creusées dans les falaises des rives. Un paysage de bout du monde, peu accessible, qui représente une Grèce radicalement différente des circuits habituels.
Le parc national des gorges de Samaria (site naturel)
Les gorges de Samaria sont les plus longues d’Europe : 18 km à travers les Montagnes Blanches de Crète occidentale, depuis 1 250 mètres d’altitude jusqu’à la mer. Réserve de biosphère UNESCO depuis 1981, elles constituent l’habitat du kri-kri, le bouquetin sauvage endémique de Crète. Le passage des sideroportes (3 mètres de large entre des parois de 300 mètres) est l’un des moments forts de la traversée. Ouvert de mai à octobre.
La forteresse de Spinalonga (site culturel)
L’îlot de Spinalonga, dans le golfe d’Élounda en Crète orientale, est couronné d’une forteresse vénitienne de 1579 qui résista aux Ottomans jusqu’en 1715. Utilisée ensuite comme colonie de lépreux de 1903 à 1957, elle fut le dernier lieu d’isolement de ce type en Europe. Cette double histoire, militaire et humaine, rendue célèbre par le roman de Victoria Hislop, en fait l’un des sites les plus visités de Crète. À visiter tôt le matin.
Les anciennes tours de la mer Égée (site mixte)
Ce bien en série regroupe 10 tours médiévales disséminées dans les Cyclades et le Dodécanèse, construites entre l’époque hellénistique et le Moyen Âge pour surveiller les côtes et protéger les propriétés agricoles. Les sites concernés sont : la tour Cheimarros à Naxos, la tour d’Agios Petros à Andros, la tour d’Agia Triada à Amorgos, les tours blanches de Sifnos et Sérifos, la tour d’Agia Marina à Kea, la tour Drakanou à Ikaria, et les tours de Kastellorizo, Ro et Strongyli dans le Dodécanèse.
Les théâtres antiques grecs (site culturel)
Ce bien en série de 15 théâtres antiques répartis sur tout le territoire constitue un inventaire exceptionnel de cet héritage architectural. Les sites concernés : Dionysos à Athènes, Amphiaraon, Épidaure, Mégalopolis, Argos, Delphes, Érétrie, Larissa, Délos, Milos, Lindos, Oiniadai, Dodone, Aptère et Maronée. Plusieurs accueillent encore des représentations vivantes, dont certaines dans le cadre du Festival d’Athènes et d’Épidaure, perpétuant une tradition de plus de 2 500 ans.
