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Agathonisi, une île confetti entre nature préservée et vie insulaire
Au nord du Dodécanèse, presque au contact des îles du nord de la mer Égée, entre Samos, Patmos et Lipsi et à seulement 10 km des côtes turques, Agathonisi fait partie de ces petits coins de paradis grecs que l’on découvre rarement par hasard. Avec des liaisons par ferry deux a quatre fois par semaine, c’est une petite île discrète longtemps restée à l’écart des grandes routes touristiques, qui offre une expérience insulaire rare : celle d’un territoire où la nature et la vie quotidienne des habitants occupent encore le premier rôle.
Une île où le tourisme reste très limité. Vous ne viendrez pas à Agathonisi pour une vie nocturne animée ou des infrastructures développées, mais pour la tranquillité, la mer et une certaine idée de la Grèce insulaire d’autrefois.
Au sommaire
Le meilleur d’Agathonisi
Malgré sa petite taille, Agathonisi a une identité bien à elle. Son nom viendrait d’une confusion étymologique autour d’un mot signifiant « île des épines », allusion à son maquis piquant et aride. Les locaux l’appellent aussi familièrement Gaidouronisi, « l’ile de l’âne », a cause de sa silhouette qui évoque un âne au galop. Le paysage sec de l’îme, composé de collines rocailleuses aux buissons épineux, ne dispose que de très peu de terres cultivables et aucune source d’eau douce permanente. Les habitants, descendants pour la plupart de familles venues de Patmos et Fourni au XIXe siècle, ont dû faire preuve d’ingéniosité pour vivre ici : collecte d’eau de pluie dans des citernes, culture des quelques oliviers, figuiers, amandiers ou cactus résistants au climat, et élevage de chèvres sur les hauteurs. Cette autarcie laborieuse a forgé une communauté soudée et hospitalière.
Agathonisi est l’une des plus petites îles habitées de Grèce. L’île compte à peine 200 habitants permanents, répartis dans deux villages intérieurs, Megalo Choria (le Grand Village) et Mikro Chorio (le Petit Village) ainsi qu’un petit port, Agios Georgios.
Blotti au fond d’une large baie abritée, ce petit port est bordé de maisons blanchies à la chaux, de quelques tavernes et de barques de pêche qui offrent l’une des plus jolies cartes postales du Dodécanèse. La plupart des hébergements et de la vie sociale sont concentres ici mais le tourisme reste encore très confidentiel et l’ambiance y est paisible et accueillante.
En remontant la colline pendant une quinzaine de minutes, on atteint Megalo Horio, le plus ancien village de l’ile construit, comme sur la plupart des îles, en hauteur, invisibale de la mer pour se protéger des pirates. Ses ruelles pavées, son d’enceinte en pierre qui entoure les maisons, sa placette ornée d’une mosaique représentant l’ile composent un tableau d’une beauté tranquille. On y trouve trois eglises : Zoodochou Pigis, Agios Ioannis Theologos et Agios Rafail.
En face, le minuscule Mikro Horio (« le petit village ») ne compte plus que quelques habitants, mais son charme est intact : maisons blanches, cours fleuries et la petite chapelle d’Agios Panteleimonas perchée au sommet de la colline, d’ou la vue sur le port et la mer est absolument saisissante.
Lors des grandes fêtes religieuses, ces églises deviennent le centre de la vie insulaire : le 27 juillet à Agios Panteleimonas, et le 15 août pour la fête de la Panagía (Assomption) qui donne lieu à une célébration suivie d’un banquet autour de plat de chèvre rôtie, de pain et de pâtisseries locales.
A l’est de l’ile, près de la chapelle d’Agios Nikolaos et au-dessus de la plage de Vathy Pigadi, se trouvent les mystérieux Tholoi (coupoles) d’Agathonisi (📍). Ces constructions voutées en pierre datent du XIe siecle et servaient autrefois de greniers ou d’entrepôts alimentaires grace a un système d’aeration ingenieux dans leur toiture. Selon la légende locale, une vaste grotte souterraine relie les deux extremites de l’ile sous ces structures. Bien qu’elles ne soient plus entretenues et partiellement clôturées pour les protéger, c’est l’occasion d’une petite marche agréable le matin ou en fin de journée avec en contrebas la petite crique de Vathi Pigadi qui s’étire, sauvage et déserte.
Sur l’île vous trouverez 2 ou 3 petites épiceries et quelques tavernes au port, une ou deux tavernes saisonnières à Megalo Horio. Il y a désormais un distributeur de billets Eurobank. La couverture telephone et internet est limitée, les tavernes offrent du Wi-Fi mais le debit est modeste. L’ile est alimentée en eau par des citernes d’eau de pluie et des navires-citernes en periode de secheresse aussi faites attention.
Randonnees, chapelles et patrimoine religieux
Agathonisi se découvre a pied, et le réseau de routes cimentées et de sentiers permet de relier tous les points de l’ile en quelques heures. La majeure partie de l’ile est classée zone Natura 2000, abritant des espèces d’oiseaux rares et une flore typique de maquis méditerranéen : lentisques, caroubiers, chênes kermes, oliviers et figuiers de Barbarie.
La randonnée la plus classique relie le port d’Agios Georgios à Megalo Horio (15 minutes de montée) puis se prolonge vers les plages de la cote est. Pour les Tholoi byzantins, il faut prendre la route qui traverse l’ile vers l’est en direction d’Agios Nikolaos : le detour vaut largement l’effort. On peut aussi explorer les sentiers de la cote ouest vers les criques isolées, ou l’on ne croise que des chèvres sauvages (les agriokatsika) qui descendent parfois jusqu’a la mer.
L’ile recele une douzaine de chapelles et eglises dispersées dans le paysage. L’église d’Agios Georgios, bâtie en 1932 domine le port avec ses coupoles bleues. Les chapelles jumelles d’Agios Ioannis et d’Agia Eirini Chrysovalantou, situées sous Megalo Horio au-dessus de la plage de Tsangari, partagent un mur mitoyen et un unique clocher : elles possèdent chacune leur propre iconostase en bois sculpté.
Les plages d’Agathonisi : criques cachées et eaux cristallines
Si Agathonisi ne possède pas de longues plages de sable, vous trouverez une collection de criques intimes aux eaux limpides. Toutes les plages ou criques de l’île sont accessibles à pied par de petits sentiers, parfois un peu escarpés mais jamais bien longs, et aucune n’est vraiment organisée. Ni parasol, ni buvette, ni toujours beaucoup d’ombre naturelle en dehors de quelques arbustes aussi n’oubliez pas d’emporter de l’eau, quelques fruits et un chapeau.
Juste en face du petit quai où accostent les ferries, se trouve la plage d’Agios Georgios, la plage la plus fréquentée de l’île (ce qui reste relatif). Une plage familiale de sable mêlé de fins galets, longée par quelques tavernes et chambres à louer, idéal pour déjeuner les pieds dans l’eau ou en famille. Les tamaris qui bordent le rivage offrent une ombre bienvenue au plus fort de la journée.
En s’éloignant du port, nos deux criques préférées sont celles de de Spilia (📍) (la « grotte » en grec), une plage abritée à l’est, réputée pour ses eaux aux reflets émeraude et une grotte marine toute proche où l’on peut nager. Juste après Gaidourovlakos (📍), la « baie de l’âne », est une crique plus profonde bordée de galets dorés et des fonds marins translucides idéale pour le snorkeling. On accède à ces deux plages depuis le port par des sentiers terreux partant du haut des falaises. En partant vers l’est on trouve Tsangari (📍), une plage de galets et de rochers ou il faut faire attention aux oursins, et Vathy (📍) au dessous de l’eglise d’Agios Nikolaos, une crique de galets. Plus loin la baie de Poros (📍) est la seule plage sableuse de l’ile, accessible en 45 minutes de marche depuis le port. C’est l’occasion d’une belle randonnée et un picnic à l’abri des pistachiers. Au sud-est, Tholi (📍) à 25 minutes au-delà de Poros est totalement isolée et sympa pour le snorkeling.
Sur la côte nord, les plages de Katholiko (📍) et celle de Maistros (📍), isolées elles aussi complètent le tableau pour les marcheurs les plus déterminees. Sur toutes ces plages (à l’exception de celle du port), nous étions la plupart du temps seuls ou presque, libres de choisir notre coin pour étendre nos serviettes et profiter du soleil en toute quiétude.
Des sorties petit bateau sont parfois proposées en été, permettant de découvrir les îlots voisins : Kouneli, Glaros, Psathonisi, Strongyli, Neronisi ainsi que les plages désertes accessibles uniquement par la mer.
Quand aller à Agathonisi ?
La meilleure periode s’etend de mai à octobre, avec un pic de chaleur en juillet-aout. Le printemps (mai-juin) est ideal : temperatures agreables, fleurs sauvages et vous aurez l’impression d’avoir l’île pour vous tout seul. En septembre, le temps est encore chaud et la mer à son maximum, tandis que la plupart des touristes sont repartis. C’est comme pour presque toutes les îles le moment idéal.
En juillet-aout, l’ile accueille ses fêtes les plus animées, mais elle reste tres calme comparée à n’importe quelle autre ile grecque (vous rencontrerez surtout quelques familles grecques en vacances et des plaisanciers).
En dehors de cette saison, l’île vit au ralenti : beaucoup de pensions et tavernes ferment en hiver, les liaisons maritimes se font plus rares, et seuls restent les habitants vaquant à leur routine. Visiter Agathonisi hors saison, c’est s’exposer à une météo plus incertaine et à l’isolement, mais aussi découvrir la face la plus authentique de la vie insulaire, au coin du poêle dans la kafenío du port.
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Plages et activités sportives - 6.5/10
6.5/10
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Patrimoine historique et culturel - 6/10
6/10
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Villages et arrière pays - 6/10
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Authenticité - 10/10
10/10
Avis des voyageurs
9.5/10 (1 vote)
Quelques liens pour aller plus loin
Quelques repères sur Agathonisi
Superficie: 13,6 km² (30,8 km de littoral)
Longueur: km, largeur: km
Point culminant: mont Dendra, 209 m
Environ 359 habitants (2011)
Un ports: Agios Georgios
Aéroport le plus proche: Samos Airport (SMI)
Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques
Les principales fêtes à Agathonisi
- 27 juillet – Agios Panteleimonas
- 15 août Assomption
Voyage en Grèce: séjour sur mesure conçu par une agence locale
Les autres destinations pour :
La carte d'Agathonisi
Comment aller à Agathonisi ?
Pas d’aéroport, l’accès se fait exclusivement par ferry. Les liaisons les plus régulières sont avec Patmos (1h20 a 2h30, 2 a 4 fois par semaine), Samos (environ 1h, 2 fois par semaine), Leros, Lipsi et Kalymnos. La compagnie Dodekanisos Seaways assure des liaisons par catamaran rapide en été, et le ferry Nissos Kalymnos dessert l’ile toute l’année.
Depuis Athènes, le plus simple est de prendre un ferry de nuit vers Patmos depuis Le Pirée puis d’enchainer avec la correspondance. On peut aussi voler vers Samos ou Leros et prendre un ferry. Il est indispensable de prévoir de la flexibilité dans son emploi du temps : le meltem peut en effet perturber les liaisons.
Les durées indiquées sont les plus courtes sur chaque trajet (source gtp.gr). Par ailleurs, certaines lignes peuvent ne pas être assurées hors saison.
Si certains hébergements proposent un service de navette au port a l’arrivée du ferry, vous ne trouverez ni location de voitures, ni de scooters, ni de bus. sur l’île. Tout se fait a pied. Les routes cimentées relient les trois hameaux et mènent aux plages les plus éloignées. .
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Les prochains ferries
La gastronomie et les spécialités typiques d’Agathonisi
Agathonisi propose une cuisine locale simple mais fraîche et généreuse. On compte à peine trois ou quatre tavernes sur l’île, majoritairement concentrées à Agios Georgios et Megalo Chorio. Mais chacune offre une expérience culinaire authentique, souvent dans un cadre familial où la mama est en cuisine pendant que les enfants servent en terrasse.
Les poissons frais apportés chaque matin par les pêcheurs de l’île sont à l’honneur: dorades, calamars ou poulpes grillés assaisonnés simplement d’huile d’olive, de citron et d’herbes aromatiques. On sert aussi parfois des oursins (selon la saison).
Les terres rocheuses d’Agathonisi permettent l’élevage de quelques chèvres et moutons, ce qui se traduit par de savoureuses spécialités à base de viande. Ne manquez pas le ragoût de chèvre aux pommes de terre, connu sous le nom de patatato, mijoté longuement avec des épices douces. L’agneau rôti au four est également un délice fondant, servi lors des fêtes ou des grandes occasions. Les fromages de chèvre locaux sont une autre fierté : on vous proposera sans doute de goûter à la myzithra fabriqué artisanalement localement (certains tavernes possèdent leur propre troupeau et produisent fromage et yaourt maison).
En accompagnement, on retrouve l’incontournable purée de fava, ces pois cassés jaunes cultivés dans les îles, écrasés en purée onctueuse avec de l’huile d’olive, du citron et des oignons. Mais aussi les pittypana (petits chaussons) fourrés au fromage ou aux herbes sauvages. On trouve aussi parfois du vin blanc frais produit sur l’île qui compte quelques vignes.
Avec le verre de raki ou de liqueur offert en digestif, vous aurez fait le tour des saveurs d’Agathonisi, simples et vraies, à l’image de l’île.
Ce qu’il ne faut pas manquer à Agathonisi
- Flâner à Megalo Choria : arpentez les ruelles du village principal, caché sur les hauteurs pour échapper jadis aux pirates, pour vous imprégnez de son atmosphère authentique..
- Prendre un café au port d’Agios Geórgios et laissez-vous gagner par la douceur de vivre de cette baie idyllique,et engager la discussion avec les habitants.
- Explorer les criques isolées : partez tôt le matin à la découverte des plages sauvages d’Agathonisi, loin du tumulte de la vie moderne.
- Randonnez jusqu’aux Tholoi byzantins : mystérieuses structures en coupole du XIe siècle, qui offrent des vues superbes.
- Montez au lever ou coucher du soleil jusque la chapelle d’Agios Panteleimonas perchée à 100 m d’altitude au dessus de Mikro Chorio pour le panorama qui embrasse toute l’île et l’horizon.
- Visiter le site antique de Kastraki, vestige d’un ancien port fortifié de l’époque hellénistique où l’on distingue encore des murs de fortification, des quais antiques et même les traces d’un sanctuaire
- Au printemps ou à l’automne, observez les oiseaux migrateurs qui font escale sur l’île, classée réserve Natura 2000.
- Faire un tour en bateau autour de l’île : si vous le pouvez, embarquez avec un pêcheur local pour une excursion en mer inoubliable. Vous découvrirez des grottes marines, des criques accessibles uniquement par bateau et une myriade d’îlots vierges alentour. Avec un peu de chance, vous pourrez même apercevoir des dauphins ou des phoques moines qui fréquentent parfois ces eaux préservées.
- Vivez une fête traditionnelle : si votre séjour coïncide avec une célébration (15 août pour la Vierge Marie, 27 juillet pour Agios Panteleimonas, 29 août pour Agios Ioannis), ne manquez pas d’y participer. Musique folklorique, danses traditionnelles et repas collectif qui vous laisseront un souvenir impérissable de la convivialité grecque.
