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Visite Mythologique d'Athènes, entre mythe et réalité

Athènes est l’une des plus anciennes cités du monde, et sa naissance même se confond avec la mythologie. Selon la légende, racontée dans de nombreux écrits anciens, y compris dans les œuvres d’Hésiode et d’Homère, la ville aurait été fondée sous le règne du roi mi-homme mi-serpent Cécrops, à l’issue d’une compétition entre deux divinités: Athéna et Poséidon. Pour devenir la protectrice de la future cité, Athéna, déesse de la sagesse, planta le tout premier olivier sur le rocher de l’Acropole, tandis que Poséidon, dieu de la mer, fit jaillir une source d’eau salée d’un coup de trident. Le don d’Athéna fut jugé le plus utile par les habitants et la déesse fût consacrée protectrice d’Athènes, qui prend alors son nom. La tradition raconte même que l’olivier sacré d’Athéna repoussa après l’incendie de l’Acropole par les Perses en 480 av. J.-C., symbole de la résilience de la cité. D’autres mythes fondateurs entourent la ville, notamment celui du héros Thésée, roi légendaire qui unifia les villages d’Attique et libéra Athènes du joug du Minotaure crétois.

Entre mythe et réalité, Athènes est une ville fascinante qui vous propose un véritable voyage dans le temps où chaque lieux ou monument raconte une légende ou une page de l’histoire antique de la ville.

Caryatides au portique de l'Erechthéion, Acropole
Au sommaire

Une brève histoire d’Athènes: de la gloire antique aux invasions

Si les mythes attribuent la fondation d’Athènes aux dieux, l’histoire réelle de la cité est tout aussi passionnante. Des traces de peuplement existent dès le Néolithique, et la ville se développe véritablement au VIIIe siècle av. J.-C. autour de la colline de l’Acropole. Au Ve siècle av. J.-C., Athènes connaît son « « Siècle d’or » sous Périclès. Victorieuse des guerres médiques contre les Perses, la cité domine la Grèce au sein de la ligue de Délos et devient un centre culturel sans égal, « l’école de la Grèce » selon Périclès. C’est à cette époque que sont construits les monuments emblématiques de l’Acropole (Parthénon, Érechthéion, temple d’Athéna Nikè, Propylées) grâce au tribut des alliés d’Athènes. Les arts, la philosophie (avec Socrate, Platon, Aristote) et le théâtre y fleurissent, jetant les bases de la civilisation occidentale .

Après la défaite d’Athènes face à Sparte lors de la guerre du Péloponnèse (404 av. J.-C.), la cité perd son hégémonie mais reste un centre intellectuel à l’époque hellénistique puis romaine. Au IVe siècle apr. J.-C., sous l’Empire byzantin, Athènes décline avant de renaître partiellement grâce au commerce méditerranéen.

L’histoire de la ville est ensuite  marquée par les occupations étrangères. À partir de 1204 et la conquête d’Athènes par la quatrième croisade la ville devient la capitale d’un duché franc. Elle est ensuite contrôlée par les Francs bourguignons, puis la Compagnie catalane qui s’empare d’Athènes en 1311, et enfin la famille florentine Acciaiuoli à la fin du XIVe siècle. Athènes tombe ensuite aux mains des Ottomans en 1456: le sultan Mehmed II, émerveillé par la beauté des monuments antiques, protège l’Acropole par décret. Le Parthénon est transformé en mosquée, puis sera gravement endommagé en 1687 lors d’une explosion provoquée par un obus vénitien frappant la poudrière turque qu’il abritait. 
Ce n’est qu’au XIXe siècle, après la guerre d’indépendance grecque, que la ville d’Athènes renoue avec la liberté en 1834 en devenant la capitale du nouvel État grec.

Aujourd’hui encore, en arpentant Athènes, on ressent derrière les constructions modernes des année 60-70 ce mélange unique de mythologie et d’histoire.

Lieux mythologiques et antiques emblématiques

La ville moderne d’Athènes regorge de sites antiques où se mêlent le souvenir d’événements historiques et les légendes des dieux et héros. Du rocher sacré de l’Acropole aux mystères d’Éleusis, voici un tour d’horizon des principaux lieux et monuments athéniens liés à la mythologie grecque, et des mythes qu’ils racontent.

Les monuments sur l'Acropole

Le Parthénon

Véritable symbole d’Athènes, l’Acropole (📍) est un plateau rocheux qui domine la ville et abrite plusieurs temples du Ve siècle av. J.-C. Au centre de ce sanctuaire se dresse le Parthénon (📍), le temple dorique dédié à la déesse Athéna Parthénos (Athéna « la Vierge »), protectrice de la cité. Construit entre 447 et 432 av. J.-C. sous l’impulsion de Périclès, le Parthénon illustre la puissance et la piété des Athéniens à l’apogée de leur empire.
La mythologie est omniprésente sur ce site et c’est notamment sur l’Acropole qu’aurait eu lieu le concours entre Athéna et Poséidon pour le patronage de la ville, événement commémoré par la présence d’un olivier sacré et d’une cavité dans la roche attribuée au coup de trident de Poséidon. 
Du haut de l’Acropole, vous admirerez en outre un panorama imprenable sur Athènes, et vous comprendrez pourquoi les dieux de l’Olympe en ont fait leur théâtre favori.

Le Temple d’Athéna Nikè

A l’entrée de l’Acropole, surplombant les Propylées, le Temple d’Athéna Nikè (📍) est un petit temple ionique édifié vers 425 av. J.-C. dédié à Athéna Nikè, c’est-à-dire Athéna victorieuse (Nikè signifie « Victoire » en grec). Les Athéniens bâtirent ce sanctuaire pour commémorer leurs triomphes sur les Perses, notamment la victoire décisive de Marathon (490 av. J.-C.). Ce temple symbolisait la protection divine accordée aux remparts d’Athènes. Les mythes attribuent à Athéna de nombreuses victoires: elle guida Persée contre la Méduse, Héraclès dans ses travaux, et bien sûr les armées athéniennes lors des guerres médiques et du Péloponnèse. Le temple d’Athéna Nikè, premier monument que vous verrez en visitant l’Acropole, rappelle ces victoires mythiques et historiques. Sa silhouette élancée, reconstruite dans les années 1830 après avoir été démantelée sous l’occupation turque, évoque toujours l’élan de la déesse.

L’Érechthéion et les Caryatides

A quelques pas du Parthénon, l’Érechthéion (📍) est un temple célèbre pour son Portique des Caryatides. Construit entre 421 et 406 av. J.-C., l’Érechthéion honorait à la fois Athéna Polias (protectrice de la cité), Poséidon-Erechthée et le roi légendaire Érechthée. Poséidon y avait son autel, marqué par une cavité dans la roche où le dieu de la mer aurait frappé de son trident lors de son duel avec Athéna. Athéna y était également vénérée et un olivier sacré pousse encore à proximité. Le nom même du temple renvoie à Érechthée, ancien roi mythique d’Athènes qui aurait été foudroyé par Zeus dans ce lieu.
Le portique sud, soutenu par six statues de jeunes femmes (les Caryatides), confère au sanctuaire une grâce unique. Ces figures féminines pourraient représenter les prêtresses d’Athéna ou les jeunes filles de Caryes réduites en servitude par les Grecs. L’Érechthéion est donc le gardien des mythes fondateurs: on dit que c’est là que les dieux auraient délibéré lors du procès d’Arès et ici que se trouvent les traces tangibles du choix d’Athéna comme patronne de la ville. Face aux Caryatides (les originales sont au musée, des copies sur place), vous pourrez aisément imaginer la ferveur avec laquelle les Athéniens honoraient leurs dieux tutélaires en ce lieu sacré.

Le Théâtre de Dionysos

Sur le versant sud de l’Acropole, en contrebas des temples, le Théâtre de Dionysos (📍) est un grand amphithéâtre de pierre semi-circulaire considéré comme le berceau du théâtre grec et  occidental. Pouvant accueillir jusqu’à 15 000 spectateurs à l’époque classique, ce théâtre est l’un des plus anciens du monde.
Dédié à Dionysos, dieu du vin, de l’extase et du théâtre, ce site accueillait dès le VIe siècle av. J.-C. les Grandes Dionysies, un festival annuel en l’honneur du dieu où étaient présentées tragédies et comédies. C’est ici qu’Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane ont vu jouer leurs œuvres. Le cadre ouvert sur la colline de l’Acropole ajoutait une dimension sacrée aux représentations et la mythologie imprégnait le répertoire théâtral: on y jouait les malheurs d’Œdipe, les exploits d’Héraclès ou la colère des dieux.
Aujourd’hui encore, il reste possible de s’asseoir sur les gradins millénaires de ce théâtre en ruine.

L’Odéon d’Hérode Atticus

Sur le flanc sud-ouest de l’Acropole, l’Odéon d’Hérode Atticus ou Théâtre d’Hérode Atticus (📍) est un amphithéâtre romain toujours en usage de nos jours et remarquablement conservé. Construit en 161 apr. J.-C. par Hérode Atticus en mémoire de son épouse, l’édifice pouvait accueillir environ 5 000 spectateurs protégés à l’origine d’un toit semi circulaire en bois. Bien que postérieur à l’époque classique, ce théâtre est l’héritier direct de la tradition culturelle d’Athènes et il fait le lien entre culture grecque classique et les bienfaiteurs romains. Il servait principalement aux concerts de musique et récitations poétiques. 

De nos jours, l’Odéon sert de cadre à des concerts et opéras pendant le festival d’Athènes, perpétuant l’usage artistique du site. Assister à une représentation dans ce théâtre en pierre, avec l’Acropole illuminée en toile de fond, est une expérience inoubliable.

À l’époque classique, l’Agora d’Athènes (📍) était le cœur vivant de la cité: une grande place publique entourée de portiques, de temples et de bâtiments civiques, où se tenaient marchés, débats politiques et cérémonies religieuses. C’est ici que Socrate discutait avec les jeunes Athéniens, que l’Assemblée se réunissait parfois avant la Pnyx, et que se déroulait la vie quotidienne animée.
L’Agora abritait également plusieurs sanctuaires et autels dédiés aux dieux protecteurs de la cité. Outre le Temple d’Héphaïstos, on y trouvait un temple d’Apollon Patroos (Apollon « ancestral »), un autel des Douze Dieux (centre symbolique de la ville), et des monuments honorant Arès (Mars) ou Zeus. On y célébrait les Panathénées, grande procession en l’honneur d’Athéna, qui partait de l’Agora pour rejoindre l’Acropole.

En se promenant aujourd’hui dans l’Agora archéologique, on peut admirer la Stoa d’Attale (📍), reconstitution d’un portique hellénistique abritant le musée de l’Agora, où sont exposés inscriptions et objets de la vie courante. Ces artefacts rappellent que la religion imprégnait tous les aspects de la cité et l’Agora,  » la place de rassemblement », témoigne de cette symbiose entre le sacré et le quotidien.

Au cœur de l’Agora antique s’élève le temple dorique d’Héphaïstos (📍), également appelé Héphaïstéion ou parfois “Théséion”. Dédié au dieu Héphaïstos, patron des forgerons, et à Athéna Ergane (protectrice des artisans), ce temple fut édifié vers 449-415 av. J.-C. C’est l’un des temples grecs les mieux conservés au monde, avec son toit et sa colonnade d’origine presque complets. La légende raconte qu’Héphaïstos, le forgeron infirme de l’Olympe, aurait épousé Athéna ou tenté de la courtiser, symbolisant ainsi l’union du savoir-faire artisanal et de la sagesse. Les frontons et métopes du temple figurent quant à eux les exploits d’Héraclès et ceux du héros Thésée, façon de rappeler les valeurs de courage et d’ingéniosité.

Ce temple montre qu’à l’époque antique, on honorait autant la pensée que le savoir-faire et il faut imaginer les artisans de l’Agora venant y honorer Héphaïstos, ou admirer les récits héroïques peints et sculptés dans la pierre.

Non loin de l’Acropole s’élèvent les hautes colonnes corinthiennes disséminées du Temple de Zeus Olympien, aussi appelé Olympiéion (📍). Ce temple dont il ne reste que 15 colonnes sur les 104 d’origine, fut l’un des plus grands temples jamais construits en Grèce. Sa construction débuta au VIe siècle av. J.-C. mais ce sont les Romains et l’empereur Hadrien en 131 apr. J.-C. – qui l’achevèrent enfin après plus de 600 ans de travaux. Dédié à Zeus, le roi des dieux, il abritait une statue colossale de Zeus.  Selon la mythologie, Zeus était le père d’Athéna. La légende raconte qu’il engendra la déesse en avalant Métis puis en ayant la tête fendue par Héphaïstos, d’où naquit Athéna en armes. Ainsi, l’Olympiéion symbolisait l’autorité suprême de Zeus sur la cité d’Athènes, malgré la prédilection locale pour Athéna. Hadrien fit ériger en face de ce temple une arche monumentale, la porte d’Hadrien. Le Temple de Zeus, bien qu’en ruine aujourd’hui, restye imressionnant avec ses colonnes de 17 mètres de haut. Autrefois lieu de cérémonies grandioses, l’Olympiéion est aujourd’hui un havre de paix dans l’Athènes moderne.
À proximité du temple de Zeus Olympien, une arche monumentale en marbre s’élève en travers d’une avenue moderne : c’est la Porte d’Hadrien ou Arc d’Hadrien (📍), érigée en 131 apr. J.-C. pour honorer l’empereur romain Hadrien. Deux inscriptions gravées de part et d’autre de l’arche, donne une perspective mythologique au monument: côté Arcropole, on peut lire : « Ceci est Athènes, l’ancienne cité de Thésée » ; côté Olympiéion, l’inscription répond : « Ceci est la cité d’Hadrien, et non celle de Thésée » La Porte d’Hadrien est ainsi un pont entre légende et histoire, reliant le règne des héros, Thésée le roi qui unifia l’Attique et vainquit le Minotaure, à celui des Césars qui cherchent à inscrire leurs noms dans la continuité des mythes fondateurs.

Au détour d’une ruelle du vieux quartier de Plaka,  isolé sur une placette entouré de maisons, le Monument de Lysicrate (📍), surnommé parfois la « Lanterne de Diogène » est un petit édifice de marbre érigé en 334 av. J.-C. par un riche Athénien nommé Lysicrate. Le monument commémore la victoire de son chœur au concours dithyrambique du théâtre de Dionysos. Dans Athènes antique, les citoyens fortunés finançaient les chœurs des pièces de théâtre, et le vainqueur se voyait décerner un trépied en bronze. Lysicrate fit construire ce petit temple rond pour exposer son trophée. C’est dire l’importance quasi religieuse accordée au théâtre et à Dionysos à cette époque.
Les scènes sculptées sur la frise représentent d’ailleurs une aventure mythologique de Dionysos: la transformation en dauphins des pirates tyrrhéniens qui avaient voulu capturer le dieu. Cette métamorphose mythique, contée par Hésiode, illustre le triomphe de Dionysos sur ses ennemis et par extension la victoire du chœur dithyrambique (consacré au dieu) financé par Lysicrate.

Juste à l’ouest de l’Acropole, l’Aréopage (📍), littéralement la « colline d’Arès » est un petit promontoire rocheux qui doit son nom à un épisode mythologique marquant. Selon la légende, Arès (dieu de la guerre) y fut jugé par un tribunal divin pour le meurtre d’Halirrhotios, le fils de Poséidon après que celui ci eut violé sa Alcippe. Arès fut finalement acquitté, donnant son nom à la colline et l’Aréopage devint le siège du Conseil aristocratique d’Athènes, puis d’un tribunal sous la démocratie.
Un autre mythe lié à l’Aréopage est celui d’Oreste, le fils d’Agamemnon jugé sur l’Aréopage pour avoir vengé son père en tuant sa mère Clytemnestre. La légende raconte qu’Athéna présida le tribunal et trancha en faveur d’Oreste alors que qu’il y avait égalité des votes.
C’est donc un lieu où mythe et droit se rejoignent. Les Athéniens voyaient dans l’origine divine de l’Aréopage la caution sacrée de leur justice.
En gravissant les marches taillées dans la roche de l’Aréopage, vous penserez à ces tribunaux légendaires avant de jouir d’une vue splendide sur l’Agora en contrebas et l’Acropole au-dessus.

La Pnyx (📍), est un lieu hautement symbolique puisqu’il fut le siège de l’Ecclésia, l’assemblée des citoyens d’Athènes, dès le VIe siècle av. J.-C. Sur cette esplanade rocheuse taillée en amphithéâtre naturel, les citoyens se réunissaient pour débattre et voter les lois. Si la Pnyx relève davantage de l’histoire que de la mythologie, elle reste teintée de sacré alors qu’avant chaque séance, un sacrifice rituel était offert aux dieux protecteurs de la cité. Par ailleurs, la Pnyx est voisine de la colline des Nymphes (📍) et de celle des Muses (📍), inscrivant l’espace politique au milieu de collines consacrées à des divinités protectrices de la nature et de l’inspiration. Les vestiges du rocher oratoire (la bêma) d’où s’exprimaient Thémistocle, Périclès ou Démosthène est encore présent. C’est un lieu émouvant qui incarne l’idéal démocratique né à Athènes mais aussi un lieu magique pour le coucher de soleil alors qu’au milieu des pins et des chants de cigales, on jouit d’un calme olympien tout en surplombant l’Agora et l’Acropole.

Au nord-ouest de la ville antique s’étendait le Kerameikos (📍), quartier des potiers devenu la principale nécropole d’Athènes à l’époque classique. Après la construction des fortifications de Thémistocle en 478 av. J.-C., la partie du KeramiKos (ou Céramique) située hors des remparts fut consacrée aux sépultures alors que les Athéniens enterraient leurs morts à l’extérieur des murs. Le cimetière du Kerameikos, utilisé du XIe siècle av. J.-C. jusqu’à l’ère romaine, est l’un des plus vastes et riches de Grèce. Le long de la Voie Sacrée (qui menait d’Athènes au sanctuaire d’Éleusis) on peut voir encore aujourd’hui les fondations de tombes monumentales, de stèles funéraires et de sculptures de marbre (copies sur place, originaux au musée du Keramikos ou au Musée archéologique).
Le lieu est empreint de mythologie alors que l’on honorait Hadès et Perséphone lors des funérailles, et que des sirènes ou des sphinx en pierre figuraient souvent sur les tombes. C’est également par la porte du Dipylon au Kerameikos que passait la procession des Mystères d’Éleusis, rituels mystiques liés au retour de Perséphone et à l’espoir d’une vie après la mort. C’est également ici que Périclès prononça l’oraison funèbre des premiers morts de la guerre du Péloponnèse, un discours demeuré célèbre (rapporté par Thucydide) qui élève les défunts au rang de héros quasi mythologiques.

Dans le quartier de Kolonaki, non loin du Jardin National, se trouve un site archéologique discret mais important pour l’histoire de la pensée: le Lycée d’Aristote (📍). Il s’agit des vestiges de l’école philosophique (Lykeion) fondée par Aristote en 335 av. J.-C. , où le philosophe enseigna en se promenant sous les colonnades (d’où le nom d’« école péripatéticienne », du grec peripatos, la promenade).
Redécouvert en 1996 lors de travaux, le site a été aménagé en parc ouvert au public depuis 2014. On peut y observer les fondations d’un gymnase antique, d’une palestre (salle de sport) et même d’un petit temple dédié à Apollon Lykeios. Ce lieu n’est pas directement lié à un mythe en particulier, mais il offre un aperçu unique sur la transmission des mythes et savoirs dans l’Antiquité. C’est au Lycée qu’Aristote et ses disciples discutèrent de cosmologie, de théologie, de poésie : Aristote analysa les mythes homériques et la tragédie dans sa Poétique, il classifia les dieux dans sa Métaphysique. Le Lycée était aussi un sanctuaire des Muses : Aristote y érigea un autel aux Muses et un « Mouseion » (sanctuaire dédié aux Muses) pour célébrer les choses de l’esprit . Visiter ce site aujourd’hui, c’est marcher dans les pas de Théophraste, de Straton et de tant d’autres érudits de l’Antiquité qui ont questionné les mythes pour en extraire la connaissance rationnelle. Ici s’est inventée une partie de la pensée scientifique, sans pour autant renier l’héritage des dieux et héros qui peuplaient l’imaginaire grec.

Le mont Lycabette est la colline la plus haute d’Athènes, reconnaissable à sa forme conique verdoyante surmontée d’une petite chapelle blanche. La légende raconte qu’Athéna, désireuse de rendre l’Acropole encore plus élevée pour y rapprocher son temple du ciel, transportait un énorme rocher depuis la montagne du Pentélique. En route, elle apprit une nouvelle soudaine (portée par deux corbeaux, dit-on) qui la surprit et lui fit lâcher le rocher avant d’atteindre l’Acropole. Le bloc tomba alors au centre d’Athènes, formant le mont Lycabette. Pendant l’antiquité, le sommet portait un sanctuaire dédié à Zeus (le Zeus Lycéen), marquant le caractère sacré du lieu le plus haut de la ville. Le Lycabette, par son origine mythique et sa position dominante, est un véritable belvédère des dieux d’où l’on embrasse l’histoire multimillénaire de la cité.

Deux idées de parcours mythologiques dans Athènes

Une visite de l’Acropole et des alentours

  • Matinée: Commencez tôt par le quartier de l’Olympiéion et de la porte d’Hadrien, point d’entrée symbolique de la ville antique. De là, visitez le Temple de Zeus, en imaginant l’imposante statue de Zeus trônant autrefois parmi les colonnes et en lisant l’inscription de l’arc d’Hadrien qui évoque Thésée.
    Direction ensuite l’Acropole (n’oubliez pas de réserver vos billets en avance): gravissez les Propylées, arrêtez-vous un instant devant le temple d’Athéna Nikè. Au sommet, consacrez une bonne heure à explorer le Parthénon et l’Érechthéion. Visualisez le duel d’Athéna et Poséidon sur l’Acropole: près de l’Érechthéion, un olivier rappelle le cadeau de la déesse, et on montre la « marque du trident » de Poséidon sur le rocher. Ne manquez pas d’admirer les Caryatides (des moulages in situ, les originales étant au musée de l’Acropole) et de faire le tour du Parthénon pour contempler les métopes et frises. Si vous avez réservé pour une visite tôt le matin (ce que l’on vous recommande) vous aurez alors le temps de visiter le musée de l’Acropole (pensez alors aux billets combinés).
  • Midi: prenez un moment pour flaner à travers le vieux quartier de Plaka aux ruelles pittoresques. Sur la petite place Lysicratous, faites une halte devant le Monument de Lysicrate, témoin charmant des concours théâtraux dionysiaques. Le quartier est très touristique mais en vous éloignant un peu vers le quartier de Koukaki, on trouve encore quelques bonnes tavernes pour déjeuner (nos adresses sur googlemap). 
  • Après-midi: Rejoignez l’Agora antique. Parcourez l’Agora en visitant le Temple d’Héphaïstos (encore intact) pour saluer le dieu des artisans et revoir les légendes sculptées de Thésée. Flânez jusqu’à la Stoa d’Attale où se tient le petit musée de l’Agora: vous y verrez entre autres les éléments de l’autel des Douze Dieux et la loi gravée d’Éleusis sur la célébration des Mystères, connectant politique et religion. Avant de quitter l’Agora, cherchez l’endroit exact où Socrate aurait discuté sous le portique royal (Stoa Basileios). 
  • Fin d’après-midi: Grimpez sur le rocher de l’Aréopage, juste au nord-ouest de l’Acropole. De là, profitez d’une vue splendide sur l’Acropole en contre-plongée et sur l’Agora en contrebas. C’est un lieu idéal pour ressentir la solennité de la mythologie judiciaire à l’heure où le soleil baisse et que l’ambiance devient dorée. Vous pouvez ensuite redescendre le quartier de Thissio (📍) plus calme que Monastiraki pour dîner.

 Au dela de l’Acropole, une visite 

  • Entamez votre journée par la découverte du Kerameikos, la cité des morts d’Athènes. Rendez-vous à l’ouverture pour profiter du calme matinal. En arpentant la Voie Sacrée entre les tombes, pensez aux légendes de l’au-delà: ici passait la procession vers Éleusis célébrant le retour de Perséphone, et là furent inhumés les héros de Marathon. Le petit musée du Kerameikos présente de belles stèles funéraires et le célèbre taureau de marbre gardien de tombe, associé symboliquement à Dionysos et aux rites de fertilité.
  • Fin de matinée: Depuis Kerameikos, traversez le quartier de Thissio et empruntez le chemin piéton qui grimpe vers la colline de Philopappou (Muses). Sur la montée, repérez sur votre droite trois ouvertures dans la roche: c’est la Prison de Socrate. Poursuivez jusqu’au sommet de la colline des Muses pour admirez le Monument de Philopappos. Prenez surtout le temps d’apprécier la vue panoramique qui englobe l’Acropole, le port du Pirée au loin, et le Mont Lycabette. C’est l’un des meilleurs belvédères d’Athènes pour rêver aux Muses et faire de belles photos.
  • Midi: Redescendez par l’autre versant vers le quartier de Koukaki ou de l’Acropole, où de nombreuses options de déjeuner existent (cuisine grecque moderne, street-food locale).
  • Après-midi: Consacrez-la à la visite d’un musées pour approfondir les mythes. Soit le Musée national archéologique (quartier d’Exarcheia, accessible en métro ou taxi) pour voir les chefs-d’œuvre archéologiques (comptez 2 à 3 heures de visite). Soit, si vous préférez quelque chose de plus court, le Musée d’Art cycladique à Kolonaki, que vous parcourerez en une heure et qui vous fera voyager sur une période de 5000 ans: les idoles protohistoriques, les vitrines sur la vie quotidienne, et souvent des expositions temporaires liant l’Antiquité et l’art moderne. 
  • Fin d’après-midi: Montez au sommet du Lycabette en funiculaire ou mieux à pied (20 minutes d’ascension dans les pins). Arrivé en haut, visitez la chapelle Saint-Georges puis installez-vous pour le coucher du soleil. La vue est grandiose : Athènes s’étale à vos pieds, de la mer aux montagnes. Repensez à la légende d’Athéna lâchant son rocher et contemplez l’Acropole au loin qui s’illumine. Redescendez tranquillement alors que les lumières de la ville scintillent et profitez de la soirée autour d’un verre et de quelques assiettes de mezze à Dexameni.
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