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Importer son véhicule en Grèce : démarches et réalité du terrain

Vous envisagez de vous installer en Grèce avec votre voiture française ou belge ? La question de l’immatriculation se pose tôt ou tard, et la réponse grecque à ce sujet est à l’image de son administration : labyrinthique, coûteuse, et chronophage. Voici ce que vous devez savoir avant de vous lancer.

Circuler temporairement : la règle des 6 mois

En tant que ressortissant d’un pays de l’Union européenne (France, Belgique, etc.), vous pouvez circuler librement en Grèce avec votre véhicule immatriculé dans votre pays d’origine pour une durée totale de 6 mois par année civile. Cette règle s’applique par cumul de jours de présence sur le sol grec, non nécessairement en continu.

Si vous sortez du pays avant l’échéance et revenez, il n’y a pas de problème particulier, à condition de conserver les preuves de vos passages de frontières notamment les tickets de ferry si vous transitez par l’Italie, et toute preuve en général. Ces justificatifs peuvent vous être demandés en cas de contrôle.

Au-delà de 6 mois de présence cumulée, vous êtes légalement tenu d’immatriculer votre véhicule en Grèce.

L’immatriculation grecque : une procédure en plusieurs étapes

Pour être tout à fait transparent : les méandres administratifs grecs et les coûts associés sont tels que, dans la grande majorité des cas, il est financièrement et pratiquement plus simple de revendre votre véhicule et d’en acheter un directement en Grèce. Cela dit, si vous souhaitez importer votre voiture, voici la procédure. Conditions préalables Votre véhicule doit être en votre pleine propriété et en usage depuis au moins 6 mois dans votre pays de résidence précédent. C’est une condition sine qua non pour bénéficier de l’exonération fiscale liée au changement de résidence. La propriété s’établit par le titre de propriété et la carte grise ; l’usage, par le permis de conduire. Point d’attention important : depuis le 20 octobre 2020, les véhicules aux normes Euro 1, Euro 2 et Euro 3 ne peuvent plus être immatriculés en Grèce. Si votre voiture relève de l’une de ces normes, l’importation est impossible, elle ne figurera pas sur le certificat de métoikésie.

Étape 1 – Le certificat de changement de résidence

Avant même de mettre votre véhicule dans le ferry, vous devez obtenir un certificat de changement de résidence (pistopoihtiko metoikesias) auprès du consulat grec le plus proche (à Paris ou à Marseille pour les ressortissants français). Ce document officialise votre transfert de résidence habituelle vers la Grèce et ouvre le droit aux exonérations douanières. Pour l’obtenir, vous devez justifier avoir résidé à l’étranger pendant au moins deux années consécutives avant votre installation en Grèce.

Étape 2 – L’attestation d’entrée du véhicule

Vous aurez besoin de justifier la date d’entrée de votre véhicule en Grèce. Si vous arrivez en ferry depuis l’Italie, conservez impérativement vos tickets de traversée. Ce justificatif est indispensable pour la suite des démarches.

Étape 3 – Le dédouanement

À votre port d’entrée (Patras, Igoumenitsa, Héraklion…), vous devez procéder au dédouanement du véhicule auprès des douanes grecques dans un délai d’un mois à compter de son arrivée en Grèce. Pour les véhicules en provenance d’un pays de l’UE, une Déclaration Spéciale (Eidiki Dilosi) doit être déposée au plus tard le 15 du mois suivant l’entrée du véhicule. Si les conditions de la métoikésie sont remplies (véhicule possédé et utilisé depuis 6 mois dans le pays de départ, certificat de métoikésie en règle), vous bénéficiez d’une exonération totale de droits de douane, de TVA et de taxe d’immatriculation. Ce droit s’exerce une seule fois par unité familiale. Si votre véhicule est considéré comme neuf (moins de 6 mois ou moins de 6 000 km), la TVA grecque de 24 % reste due même en cas de métoikésie. En dehors du régime de métoikésie, deux taxes principales s’appliquent à l’importation :
  • La taxe d’immatriculation (telos taxinomisis) est calculée en fonction de la valeur vénale du véhicule après dépréciation, de ses émissions de CO₂, de sa norme Euro et de son âge. À contre-intuition, plus le véhicule est ancien, plus cette taxe peut être élevée, en raison d’un barème pénalisant les émissions élevées des motorisations d’ancienne génération.
  • La taxe environnementale (telos perivallontikis epivarvnsis) s’applique aux véhicules importés dont la norme d’émissions est inférieure à Euro 6. Son montant est fixe et peut représenter un coût significatif à ne pas négliger:  Euro 6d / Euro 6d-TEMP: exonéré – Euro 5a et 5b: 1 000 € – Euro 4: 3 000 € – Euro 3 et inférieurs: Non immatriculables en Grèce

Étape 4 – Le contrôle technique grec (KTEO)

Votre véhicule doit passer le contrôle technique grec (KTEO) avant de pouvoir être immatriculé définitivement.

Étape 5 – La vignette (telos kykloforias)

Après immatriculation, votre véhicule doit être déclaré au fisc grec (eforia) du quartier de votre domicile, et vous devez vous acquitter de la vignette annuelle. Son coût varie selon la cylindrée ou le taux d’émissions de CO₂ : de 0 € à 1 320 € selon les cas.

Étape 6 – L’immatriculation définitive

Les démarches finales s’effectuent auprès de la direction de la circulation (Diefthinsi Trocheas) la plus proche de votre lieu de résidence. Le dossier complet comprend les documents suivants :
  • carte grise originale du pays d’origine
  • récépissé de la déclaration NOVA (Dilosi NOVA)
  • facture ou contrat d’achat
  • certificat d’émissions (CO₂ et norme Euro)
  • déclaration de kilométrage (loi grecque n° 1599/1986)
  • attestation d’assurance grecque en cours de validité
  • certificat KTEO si le véhicule a plus de 4 ans d’ancienneté
  • justificatif de résidence en Grèce

Restriction de revente : ce qu’il faut savoir

Si votre véhicule a été importé dans le cadre de la métoikésie (avec exonération totale ou partielle de taxe d’immatriculation), une interdiction de revente d’un an s’applique à compter de la date d’acceptation du document douanier. Au-delà d’un an et jusqu’à cinq ans, la revente est possible sous conditions : une taxe libératoire dégressive doit être acquittée auprès des douanes grecques, calculée selon le temps écoulé depuis le dédouanement. À partir de cinq ans, la cession est libre et sans frais supplémentaires.

Est-ce alors une bonne idée d’importer sa voiture ?

La question mérite d’être posée franchement. Pour un véhicule récent à faibles émissions (Euro 4 ou supérieur), possédé depuis plus de 6 mois, et importé dans le cadre d’un changement de résidence officiel, l’exemption totale de taxe d’immatriculation rend l’opération financièrement intéressante. Les frais de transport (ferry inclus) représentent entre 500 et 1 500 euros selon la route.

En revanche, hors régime de métoikésie, ou pour un véhicule diesel ancien ou à émissions élevées, la taxe d’immatriculation peut considérablement alourdir la note. Dans ces cas, revendre avant de partir et acheter directement en Grèce reste souvent la solution la plus rationnelle. Mais chacun à ses raisons.

Pour aller plus loin

Guides officiels de l’administration fiscale grecque (AADE) et du gouvernement

Droit européen

Note : les procédures administratives grecques évoluent régulièrement. Aussi ces informations ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal. En cas de doute, rapprochez-vous d’un professionnel maîtrisant le droit grec (logistis ou avocat spécialisé).