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Quel budget prévoir pour deux semaines en Grèce ? (2026)

La Grèce est abordable>. Cette réputation, bien méritée pendant longtemps, mérite aujourd’hui d’être nuancée. Deux semaines à Santorin en juillet dans un hôtel avec vue sur la caldeira peuvent facilement dépasser le budget d’une semaine en Thaïlande. Deux semaines à Naxos en septembre, en petit hôtel familial, avec deux ou trois traversées en ferry depuis Athènes : c’est une autre histoire, et une expérience souvent bien plus authentique. 

Le vrai budget d’un voyage en Grèce dépend de deux variables qui écrasent toutes les autres : et quand. Choisir Mykonos ou Amorgos, juillet ou septembre, un hôtel en bord de falaise ou une pension dans un village de l’intérieur des terres peuvent faire varier l’addition du simple au triple. J’ai alors essayé de poser quelques chiffres réels, poste par poste, afin que vous puissiez vous faire une idée du budget de votre voyage.

Combien coûtent les vols depuis la France ?

C’est souvent le premier poste auquel on pense, et l’un des plus faciles à maîtriser si l’on s’y prend à l’avance.
Depuis Paris, les vols aller-retour vers Athènes oscillent généralement entre 150 et 280 € en mai-juin ou en septembre, et peuvent grimper à 300-500 € en plein juillet-août pour les départs du vendredi ou du samedi. Air France, easyJet, Volotea et Aegean Airlines desservent la route régulièrement depuis CDG et Orly. Depuis Lyon ou Marseille, Transavia et Volotea proposent des liaisons directes vers Athènes et les grandes îles.

Car il est désormais possible de voler directement vers les îles sans passer par Athènes : des liaisons directes existent depuis la France vers la Crète (Héraklion, La Canée), Rhodes, Mykonos, Santorin, Corfou ou Zakynthos. Ces vols directs sont souvent opérés par des compagnies charter ou low-cost en saison estivale. Pratiques si votre séjour est centré sur une seule île, ils sont moins intéressants si vous prévoyez un itinéraire multi-îles : dans ce cas, atterrir à Athènes et rejoindre les îles en ferry reste souvent plus logique et moins coûteux au total.

Conseil de réservation : trois mois à l’avance minimum pour juillet-août. Pour les périodes de basse et moyenne saison (mai, juin, septembre), deux mois suffisent généralement pour trouver de bons tarifs.

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L’hébergement : le poste qui fait tout varier

C’est ici que le budget se joue vraiment. Et c’est ici que le choix de la destination a le plus d’impact.

Ce que disent les chiffres du marché grec

Les données de l’ITEP indiquent une moyenne nationale de 83 € la chambre double en 2025, toutes catégories et saisons confondues. En pratique, les fourchettes varient selon la catégorie et la destination. Un petit hôtel familial (domátia) revient à 40-70 € la nuit hors haute saison. Un bon hôtel 3 étoiles se situe entre 80 et 130 € sur la plupart des îles. Les établissements 4 étoiles démarrent à 130-200 € mais la moyenne nationale des revenus par chambre a progressé de 15,4 % en 2025, signe que la tendance haussière se poursuit.

Pour les locations courte durée (Airbnb et équivalents), une étude récente indique que dans les Cyclades, le prix moyen par nuit atteignait 259 € en 2025, contre 108 € au centre d’Athènes, un écart qui illustre bien la pression exercée par le tourisme de masse sur les îles les plus convoitées.

Trois niveaux d’hébergement dans la réalité

Premier niveau : le petit hôtel familial (domátia)

L’hébergement de base en Grèce n’est pas l’auberge de jeunesse, c’est la pension ou le petit hôtel familial sans classement officiel, les fameux domátia (chambres en grec). Propres, simples, souvent gérés par les propriétaires eux-mêmes, ils offrent généralement une chambre double avec salle de bain privée, climatisation et parfois une terrasse. Dans un village de l’intérieur des terres ou en retrait du front de mer, les prix démarrent autour de 40-70 € la nuit hors haute saison, et peuvent monter à 70-90 € en juillet-août sur les îles moyennement touristiques. C’est souvent là que se trouve la Grèce la plus authentique.

Deuxième niveau : le bon hôtel 3 étoiles

Un hôtel confortable avec parfois une petite piscine, petit-déjeuner optionnel et un peu de cachet : le budget de référence pour ce profil est de 80-130 € la nuit sur la plupart des îles grecques (Naxos, Paros, Crète hors zones très touristiques, Rhodes, Samos, Tinos…). Ce segment offre le meilleur rapport qualité-prix et correspond à ce que la Grèce fait le mieux : des établissements à taille humaine, souvent tenus en famille, où l’accueil est sincère.

Troisième niveau : les îles stars en haute saison

Santorin et Mykonos forment une catégorie à part. En juillet-août, un hôtel 3 étoiles correct commence à 150-200 € la nuit, souvent sans vue particulière. Les établissements avec vue sur la caldeira ou en bord de mer démarrent à 300-500 €, et les suites de luxe dépassent allégrement les 1 000 €. C’est moins cher, parfois nettement, hors saison : en mai ou septembre, les mêmes hôtels affichent des tarifs 30 à 40 % inférieurs.

L’effet « village de l’intérieur »

Un conseil que les Grecs connaissent bien : s’éloigner du front de mer fait chuter les prix de 30 à 40 %. Dans les villages de l’intérieur des îles, les prix restent beaucoup plus raisonnables, les tavernes sont moins chères, et l’ambiance est incomparablement plus tranquille. À Naxos, loger à Halki plutôt qu’à Agios Prokopios ; à Paros, choisir Lefkes plutôt que Naoussa, c’est à la fois moins cher et plus calme.

Pour un séjour de 14 nuits, l’hébergement représente le poste le plus lourd du budget. Il est judicieux de le calibrer d’abord, avant de fixer les autres paramètres.

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La taxe de séjour : un poste souvent oublié

Depuis 2024, la Grèce a remplacé son ancienne taxe hôtelière par la taxe de résilience face aux crises climatiques. Elle s’applique à tous les types d’hébergements : hôtels, pensions, locations Airbnb, villas; et n’est généralement pas incluse dans le prix affiché à la réservation. Elle se paie directement à l’hébergement, en espèces ou par carte.

En haute saison (mars à octobre), les montants par chambre et par nuit varient selon le classement de l’établissement : de 1,50 € pour les hébergements 1-2 étoiles à 10 € pour les hôtels 5 étoiles. Pour un hôtel 3-4 étoiles, comptez environ 5-7 € par nuit. Sur 14 nuits, cela représente 70 à 100 € supplémentaires à prévoir, un montant non négligeable qu’on découvre parfois avec surprise à l’arrivée.

Les ferries : la dépense qui étonne le plus

Les voyageurs qui organisent leur premier séjour en Grèce sous-estiment systématiquement le coût des ferries. Ce n’est pas un transport en commun anodin : c’est un poste budgétaire à part entière, qui peut peser 150 à 400 € par personne pour un itinéraire multi-îles.

Deux types de navires coexistent sur les mêmes lignes, avec des tarifs, des durées et des ambiances très différentes. Les ferries conventionnels (Blue Star Ferries, ANEK, Minoan Lines) sont des bateaux-ferries de grande taille, avec ponts extérieurs, restaurants, fauteuils et cabines. Plus lents, mais moins chers et idéaux pour les traversées de nuit. Les ferries à grande vitesse (SeaJets, Fast Ferries) sont des catamarans rapides, bruyants, où tout le monde est assis à l’intérieur, sans cabines. Chers, mais efficaces quand on veut gagner du temps.

Les grandes lignes et leurs fourchettes de prix

Pirée – Santorin : la traversée en ferry conventionnel (Blue Star, 7 à 9 heures) démarre autour de 46 € en billet économique. En ferry rapide (SeaJets, 5 heures), comptez 85-130 € selon la date et l’anticipation de la réservation. Une cabine double sur le ferry de nuit revient à environ 200 € en moyenne.

Pirée – Mykonos : les billets démarrent autour de 43-87 € selon le type de navire et la saison. La traversée en ferry rapide prend 2h30, en ferry conventionnel environ 4h30.

Pirée – Paros : à partir de 40-74 € en tarif de base, avec une durée de 3h30 à 4h30 selon le bateau.

Pirée – Naxos : billet d’entrée autour de 42-77 €, traversée en 3h20 à 5h selon le navire.

Pirée – Héraklion (Crète) : les ferries pour la Crète sont des navires de grande taille avec cabines. La traversée dure de 8h45 à 11h selon la compagnie. Les billets en siège de pont démarrent à 30-45 € avec certaines offres early booking, le tarif standard siège se situe entre 45 et 80 €. Une cabine (2 ou 4 lits, douche et WC) coûte entre 60 et 150 € par cabine selon la saison et le confort — une option intéressante pour la nuit, car elle économise une nuit d’hôtel. Les compagnies ANEK/Superfast, Minoan Lines et SeaJets desservent cette ligne.

Pirée – La Canée (Crète) : liaisons similaires, mêmes fourchettes tarifaires. ANEK et Minoan Lines proposent des départs quasi quotidiens.

Mykonos – Santorin : le trajet inter-îles le plus populaire des Cyclades, assuré par SeaJets, Golden Star Ferries et Cyclades Fast Ferries. La traversée dure entre 1h55 et 3h30. Les billets démarrent à environ 70-100 € en réservant à l’avance. En haute saison, les prix peuvent dépasser 180-230 € par personne sur certaines compagnies rapides.

Pour les petites liaisons entre îles voisines (Naxos – Koufonissia, Paros – Antiparos, inter-îles des petites Cyclades), les prix sont beaucoup plus accessibles : 7-15 € par trajet.

Comment éviter les mauvaises surprises

Les ferries grecs pratiquent une tarification dynamique qui s’apparente au yield management aérien : les premiers billets sont les moins chers, les derniers disponibles avant le départ peuvent être deux à trois fois plus chers, voire indisponibles. En juillet-août, certaines traversées partent complètes plusieurs semaines à l’avance. Réserver sur Ferryhopper ou directement chez les compagnies est fortement conseillé.

Pour tout ce qui concerne la réservation, les compagnies et les astuces pratiques, notre guide complet des ferries est disponible sur hellenica.fr/organiser-son-voyage/ferry-bateau-iles-grecques/.

→ Nous conseils pour réserver vos billets de ferry

Se restaurer : la taverne ou le piège touristique

La cuisine grecque reste l’un des meilleurs rapports qualité-prix de la Méditerranée; à condition de savoir où manger.

Dans une taverne locale, un repas complet (entrée, plat, vin en carafe, eau) revient à 15-25 € par personne. Pensez à  demander le krasi huma (vin en vrac ou en carafe) plutôt que le vin en bouteille, trois à quatre fois moins cher pour une qualité souvent très correcte. Un gyros-frites dans une snack-shop locale coûte 4-7 €. Un café grec (ristretto) ou un frappé : 2-3 €.

En face de mer à Oia ou sur le port de Mykonos, les mêmes plats de poisson ou de pieuvre coûtent deux à trois fois plus cher, et la qualité n’est pas nécessairement meilleure. S’éloigner de 200 mètres de la place principale fait souvent une vraie différence.

Budget repas raisonnable : 30-40 € par personne et par jour en taverne locale, petit-déjeuner inclus dans un café de village. 60-80 € dans les restaurants touristiques des îles les plus fréquentées.

Organisez votre voyage : une agence locale pour un séjour sur-mesure

Les visites et activités

La Grèce n’est pas une destination coûteuse en matière d’activités culturelles mais cela reste un budget. Les sites archéologiques demandent des droits d’entrée modestes : le site de l’Acropole d’Athènes est à 20 €, le musée de l’Acropole à 10 €, Delphes à 12 €, Olympie à 12 €. La plupart des petits musées des îles coûtent 3-6 €. Les plages sont gratuites, sauf la location des transats, qui peut grimper à 25-30 € les deux sur les plages organisées des îles stars.

Prévoir un budget de 80-150 € par personne pour 14 jours couvre la plupart des visites sans être restrictif.

Les transports locaux : voiture et 2 roues

Sur les grandes îles (Crète, Rhodes, Corfou, Naxos), louer une voiture est quasi indispensable pour sortir des zones touristiques. Les tarifs démarrent à 25-40 € par jour pour une petite citadine, mais il faut impérativement bien gérer la question de l’assurance. La plupart des contrats de location incluent une franchise élevée (jusqu’à 1 500-2 500 €) en cas de dommage. Selon que l’on est couvert par sa carte bancaire premium ou non, il peut être utile de souscrire une assurance complémentaire. Attention également : présenter une carte de débit plutôt que de crédit à certains loueurs peut entraîner l’obligation de souscrire une assurance franchise non remboursable, parfois très onéreuse (où même de se voir refuser la location – histoire vécue) Notre page dédiée à la location de voiture en Grèce détaille tous ces points.

Sur les petites îles, un scooter ou un quad loué à la journée (15-25 €) suffit largement. Les bus KTEL fonctionnent bien sur les grandes îles et les villes continentales, pour des tarifs très bas (1,50 à 3 € le trajet).

→ Nous conseils pour réserver une voiture en Grèce

Récapitulatif : trois budgets pour 14 jours en Grèce

Les fourchettes ci-dessous s’entendent par personne, hors vol aller-retour. Elles correspondent à trois profils de voyage distincts : en petit hôtel familial avec ferries lents et tavernes locales ; en hôtel 3-4 étoiles avec un itinéraire multi-îles ; en hébergement premium sur les îles les plus touristiques.

Poste Budget économe Budget confort Budget premium
Hébergement (14 nuits) 560–840 € 1 120–1 820 € 2 800–7 000 €
Ferries (3–4 traversées) 130–220 € 220–380 € 350–700 €
Restauration (14 jours) 420–560 € 700–1 050 € 1 120–2 000 €
Transports locaux 100–180 € 250–450 € 400–700 €
Visites et activités 80–120 € 150–280 € 300–600 €
Taxe de séjour 40–60 € 70–100 € 100–200 €
Total sur place ~1 330–1 980 € ~2 510–4 080 € ~5 070–11 200 €

Budget par personne, pour 14 jours, hors vol aller-retour depuis la France.

Ajouter les vols aller-retour depuis Paris : 150-400 € selon la saison et la destination.
Note éditoriale : le coût de la vie en Grèce reste en moyenne 14 % inférieur à celui de la France, mais cet avantage disparaît presque totalement à Santorin et Mykonos en haute saison.

Quand partir pour optimiser son budget ?

La Grèce pratique une saisonnalité très marquée. En juillet et en août, les prix des hébergements peuvent doubler voire tripler sur les Cyclades par rapport à mai ou septembre. La mer est chaude dès début juin (autour de 22-24°C) et reste excellente jusqu’à fin octobre. Le mois de septembre et début octobre sont pour moi les meilleurs moment : affluence en nette baisse, mer encore à 25-26°C, tavernes revenues à leurs prix normaux, et une lumière dorée qui change tout.

Pour une vision précise de quelles îles sont les plus touchées par la surfréquentation en été, notre index de surtourisme des îles grecques propose un classement détaillé par destination et par saison.

Faire appel à une agence locale : est-ce plus cher ?

La question revient souvent. Un séjour organisé via une agence locale en Grèce peut sembler plus onéreux au premier regard mais ce n’est pas toujours vrai une fois qu’on comptabilise tout.

Pour un itinéraire de deux semaines incluant plusieurs îles, les vrais coûts cachés s’accumulent vite : ferries réservés trop tard au tarif fort, hébergement indisponible à la dernière minute en haute saison, journées perdues à cause d’un enchaînement logistique mal calibré, nuit supplémentaire imprévue à cause d’une correspondance manquée. Une agence locale connaît les bonnes connexions, les établissements dignes de confiance et les itinéraires qui évitent les pièges classiques.

Pour les voyageurs qui veulent construire un séjour sur mesure, en arbitrant entre les destinations, le rythme et le budget, l’accompagnement d’un spécialiste est alors souvent le meilleur investissement.

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