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Sithonie : criques sauvages, forêts de pins et silhouette du Mont Athos

La Sithonie (Σιθωνία) est la péninsule du milieu en Chalcidique, et c’est pour moi la plus belle des trois si vous recherchez la nature, les criques sauvages et une atmosphère moins industrialisée que Kassandra. Forêts de pins qui descendent jusqu’à la mer, baies profondes fermées par des falaises, eaux turquoise entre lesquelles se glissent de petits îlots déserts : la Sithonie offre ce que beaucoup de voyageurs viennent chercher en Grèce sans le trouver à Mykonos ou à Santorin. Et depuis la côte est, la silhouette du Mont Athos se dessine en permanence à l’horizon : une présence visuelle rare, presque mystique, qui accompagne tous les déplacements sur cette partie de la péninsule.

La Sithonie n’est pas exempte de tourisme : quelques campings légendaires et deux ou trois complexes de luxe y existent. Mais l’essentiel de la péninsule reste à un niveau de développement que Kassandra n’a plus connu depuis trente ans. C’est ici que les Grecs du nord passent leurs étés depuis des générations, loin du tout-inclus et des beach bars à effets spéciaux.

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Le meilleur de la Sithonie

La Sithonie est plus accidentée et plus boisée que Kassandra. Une dorsale de collines, culminant au mont Ítamos à 808 mètres, parcourt la péninsule du nord au sud. Les forêts de pins couvrent les pentes jusqu’au bord de l’eau dans la moitié sud, et les oliviers dominent dans le nord. La péninsule se lit de préférence en sens des aiguilles d’une montre, en longeant d’abord la côte est (face au Mont Athos) puis en remontant par la côte ouest.

On distingue trois zones : le nord de la Sithonie, autour de Nikíti et Vourvourou, plus accessible et déjà bien fréquenté. Le centre-est, avec le long littoral des monastères entre Vourvourou et Sárti, qui offre certaines des plages les plus sauvages de la péninsule. Le sud, autour de Porto Koufo et Toroni, à la fois le plus spectaculaire et le mieux préservé.

→ Où s'installer sur la péninsule de Sithonie pour en profiter ?

Vourvourou et les îlots de Diaporos

Vourvourou (Βουρβουρού), sur la côte nord-est, n’est pas une plage à proprement parler : c’est un havre de mouillage, dont la baie découpée par plusieurs petits îlots offre un cadre exceptionnel. L’eau y est d’une transparence remarquable, et les îlots du groupe de Diaporos (Διάπορος), tout proches, comptent parmi les plus beaux de Chalcidique. On peut les rejoindre en louant un petit bateau sur place (sans permis pour les petites embarcations), et trouver des plages totalement désertes sur les faces cachées des îlots : Hawaii Beach et Blue Lagoon portent des noms touristiques mais correspondent à une réalité d’eau translucide et de sable blanc assez irréelle. L’arrière-pays de Vourvourou appartient au domaine du monastère de Vatopedhíou, sur le Mont Athos : la toponymie des criques de la côte est porte les noms de différents monastères athonites qui en furent les propriétaires historiques avant les redistributions du XXe siècle.

Un point d’attention cependant : Vourvourou souffre désormais d’une fréquentation qui dépasse la capacité de charge de la baie, en particulier du côté des petits bateaux à louer. L’INSETE (l’institut de recherche du syndicat des entreprises touristiques helléniques) le documente explicitement dans ses études stratégiques, pointant le risque de saturation et de pollution des eaux à l’intérieur du chapelet d’îlots. En juillet-août, la baie peut ressembler à un parking nautique. Privilégiez le mois de juin ou la première quinzaine de septembre pour retrouver ce cadre à une échelle humaine.

Le littoral des monastères : criques sauvages entre Vourvourou et Sárti

Entre Vourvourou et la station de Sárti (Σάρτη), environ 30 kilomètres de route côtière longent certaines des plus belles criques de la Sithonie. Cinq baies balisées se succèdent, chacune dotée d’un camping et de peu d’autre chose : c’est ce qui fait leur charme. Les noms de ces baies (Koutloumousíou, Zográfou, Armenistis) rappellent les monastères du Mont Athos qui en étaient propriétaires avant les réfugiés d’Anatolie qui vinrent les repeupler dans les années 1920. Un peu en retrait de la route principale, près d’Armenistis, un chemin de terre mène à deux petites criques quasi tropicales, parmi les plus secrètes de la péninsule.

Sárti elle-même ne présente guère de charme architectural, mais elle dispose d’une des plages les plus larges de la péninsule, avec une vue imprenable sur le profil du Mont Athos depuis la mer. Les services y sont complets : épiceries, restaurants, distributeurs. C’est une bonne base pour rayonner sur le centre de la Sithonie.

Kavourotrypes et les criques de roches blanches

À quelques kilomètres au sud de Vourvourou, les Kavourotrypes (Καβουρότρυπες, « trous de crabes ») sont des coves creusées dans une roche blanche calcaire, formant des bassins naturels d’une clarté exceptionnelle. Il n’y a pratiquement rien sur place : pas de transats, pas de bar. On s’y baigne sur des rochers plats ou dans des anfractuosités que l’eau a sculptées. C’est une plage « sans plage » qui fascine autant qu’elle déroute les habitués des plages aménagées. Elle est toutefois connue et fréquentée, surtout le week-end. L’arrivée tôt le matin ou en fin d’après-midi reste la meilleure stratégie.

Porto Koufó : le fjord sourd de Sithonie

Porto Koufó (Πόρτο Κουφό) est l’un des sites les plus impressionnants de Chalcidique. Une baie presque entièrement fermée par deux caps rocheux hauts, au creux desquels les bateaux mouillent à l’abri de tous les vents. Le nom « Koufó » signifie « sourd » en grec : à l’intérieur de la baie, par temps de forte mer, on n’entend pas le ressac. Les Allemands et les Italiens y utilisèrent la baie comme abri pour leurs sous-marins pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, c’est un port de pêche et de plaisance parmi les plus actifs de Sithonie, avec plusieurs tavernes qui servent des poissons pêchés le matin même. À l’extrémité nord de la baie, une route descend vers une bande de sable au fond de laquelle des barques de pêcheurs sont tirées à sec. Le panorama depuis le bord de l’eau est l’un des plus caractéristiques de la Grèce du nord.

Toróni et Tristiníka : deux kilomètres de sable

Toróni (Τορώνη), à 3 kilomètres au nord de Porto Koufó, est une grande plage en croissant de 2 kilomètres, exposée plein ouest, avec un fond de collines boisées. À l’extrémité sud de la plage, quelques vestiges d’une forteresse byzantine et les fondations d’une basilique paléochrétienne font de Toróni un site à double intérêt. Un peu plus au nord, Tristiníka (Τριστινίκα) est une plage légèrement moins connue, de dimensions comparables, dans un cadre d’oliviers et de pins. La qualité de l’eau y est excellente. Ce sont deux des meilleures plages de la péninsule, et parmi les plus belles de la Chalcidique.

Parthenónas : le seul vrai village traditionnel de Sithonie

Parthenónas (Παρθενώνας) est à lui seul une bonne raison de venir en Sithonie. Accroché aux pentes du mont Ítamos à 800 mètres d’altitude, ce village fut abandonné dans les années 1960 quand ses habitants descendirent vers la mer pour profiter du tourisme naissant. Jamais alimenté en électricité de son vivant actif, il s’est retrouvé préservé par défaut : ses maisons de pierre aux balcons en bois, ses ruelles en escalier, ses fontaines et ses platanes centenaires ont été restaurés au fil des années en résidences secondaires. Une taverne tenue par une famille du village sert des plats en cassole depuis des décennies, avec une terrasse depuis laquelle la vue descend sur toute la baie de Toróni. C’est l’un des rares endroits de Sithonie où l’on sent encore quelque chose de la Grèce rurale d’autrefois.

Nikíti et le nord de la péninsule

Nikíti (Νικήτη), à l’entrée nord de la boucle, est une localité agréable et bien équipée, avec un vieux village de maisons de pierre en retrait de la route principale. C’est une bonne base pour un séjour en Sithonie, avec les services nécessaires (banque, pharmacie, restauration) et un accès raisonnable aux plages du nord et du centre de la péninsule. À 4 kilomètres au nord-ouest de Nikíti, le Danaï Beach Resort est l’un des complexes les plus exclusifs du nord de la Grèce, avec sa propre plage privée.

Porto Carrás et Néos Marmarás

Dans le quart sud-ouest de la Sithonie, le domaine de Porto Carrás est une enclave en soi : quatre hôtels de catégories différentes, un centre de thalassothérapie, le seul golf de toute la Grèce du nord (18 trous, par 72) et des vignobles qui produisent certains des meilleurs vins du nord de la Grèce, notamment l’AOP Pentes de Mélitona (Πλαγιές Μελίτωνα) pour les rouges d’assemblage et l’IGP Sithonia pour les blancs. Le complexe, fondé par la famille Carrás (armateurs et vignerons), est vaste et relativement autonome. Néos Marmarás (Νέος Μαρμαράς), le village le plus proche, est un petit port de pêche avec une place animée en soirée et quelques tavernes correctes. C’est l’endroit le plus pratique pour trouver une banque ou un supermarché dans le sud de la péninsule.

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Les campings de Sithonie : une tradition

La Sithonie est la péninsule des campeurs par excellence. Plusieurs campings de qualité jalonnent la côte est, certains installés depuis plus de vingt ans dans les forêts de pins au bord de l’eau. Armenistis Camping, signalé depuis la route principale sur la côte centrale, est l’un des plus connus : restaurant, bars, épicerie, infrastructures sportives, et une réputation de soirées festives en été avec des DJs. Camping Isa, à Tristiníka, est plus calme, avec des emplacements dans les oliviers à 500 mètres de la plage. Camping Alikes à Ammoulianí (sur l’île, non sur la péninsule) mérite aussi la mention. À noter que le camping sauvage est strictement interdit sur toute la péninsule.

Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : environ 393 km²
  • Point culminant : mont Ítamos, 808 m
  • Côte : environ 80 km de littoral
  • Distance depuis Thessalonique : 2 h à 2 h 30 selon la destination
  • Aéroport le plus proche : Thessalonique Makedonia (SKG)

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Carte de la Sithonie

Quelles sont les meilleures plages de Sithonie ?

La Sithonie accumule des dizaines de plages : certaines rejoignables par route asphaltée, d’autres au bout d’une piste carrossable, d’autres encore accessibles uniquement à pied ou par la mer. Vouloir toutes les lister serait vain et, surtout, trompeur : chaque retour d’une plage connue en révèle une autre, anonyme, au bout d’un chemin non balisé. La Chalcidique recense à elle seule environ 1 000 plages et criques sur ses 550 kilomètres de côtes, dont une part importante en Sithonie. Voici quelques plages qu’il faut connaitre avant de partir.

Les plages incontournables de Sithonie

Toróni est sans doute la plage la plus complète de la péninsule : 2 kilomètres de sable en croissant, exposée plein ouest, avec un fond de collines boisées. À l’extrémité sud, les vestiges d’une forteresse byzantine et les fondations d’une basilique paléochrétienne confèrent au site une dimension supplémentaire. La fréquentation reste raisonnable, le niveau de service suffisant sans être industriel. Tristiníka, quelques kilomètres plus au nord, est son alter ego légèrement moins fréquentée : même configuration de sable blanc et d’eau translucide, avec le camping du même nom à proximité immédiate.

Kavourotrypes (les « trous de crabes ») est d’une autre nature. Pas de sable : des roches calcaires blanches sculptées par l’eau, formant des bassins naturels d’une clarté exceptionnelle. Pas de transats, pas de bar digne de ce nom, juste des dalles plates et de l’eau turquoise. Il faut arriver avant 10 heures du matin en juillet-août pour trouver une dalle libre.

Kalamítsi est une double baie dont le premier plan est organisé et accessible, et le second, accessible uniquement à pied sur un sentier de 10 minutes, est naturiste et beaucoup plus sauvage. Le contraste entre les deux côtés du même cap est saisissant. Porto Koufó n’est pas une plage à proprement parler, mais une bande de sable au fond de la baie fermée, avec des barques de pêcheurs tirées à sec : arrêtez-vous pour déjeuner dans une des tavernes du port, puis explorez le sable au bord de l’eau.

Les plages familiales

Sárti est la référence pour les familles : large, bien équipée, avec une entrée dans l’eau progressive et peu profonde, des services complets (épicerie, restaurants, distributeur à 5 minutes). C’est la plage la plus fonctionnelle du centre de la péninsule. Vourvourou offre une eau calme et protégée, idéale pour les jeunes enfants, mais sa fréquentation en haute saison est problématique : voir le paragraphe dédié plus haut sur la saturation de la baie.

Les plages plus sauvages

Tigania (Τηγάνια) est probablement la plage la plus impressionnante de Sithonie pour ceux qui y sont déjà allés : trois criques successives, accessibles à pied depuis un chemin non balisé ou par la mer, avec une vue frontale directe sur le profil du Mont Athos à l’horizon. Un seul bar de plage rudimentaire en été. L’un des panoramas les plus intenses de la Chalcidique, dans un calme que les plages accessibles par route n’offrent jamais.

Kriaritisi (Κριαρίτσι) est une crique naturiste accessible par une piste à 4×4 ou à pied depuis un parking (20 minutes de marche). Peu de monde même en août. Les deux criques sans nom aux abords du camping Armenistis méritent aussi le détour : un chemin de terre depuis la route principale, 10 minutes à pied, sans infrastructure. Les pins descendent jusqu’à l’eau.

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Comment venir et se déplacer en Sithonie ?

Depuis Thessalonique, comptez 2 heures à 2 heures 30 selon votre destination sur la péninsule. Des bus KTEL Halkidiki desservent Sárti et Vourvourou depuis le terminal dédié à l’est de Thessalonique (3 à 4 départs par jour), mais les liaisons entre les deux extrémités de la péninsule sont quasi inexistantes par les transports en commun : seul un bus quotidien, en août uniquement, relie les deux côtes sans revenir par l’intérieur. La voiture est indispensable pour une visite satisfaisante de la Sithonie. Il n’y a pas de liaison directe par les transports en commun entre Sithonia et la péninsule du Mont Athos : il faut repasser par Poligiros, le chef-lieu de Chalcidique dans l’intérieur des terres.