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Céphalonie (Kefalonia), la plus vaste des Ioniennes, entre montagne sauvage et mer turquoise

Céphalonie ou Kefalonia (en grec Κεφαλονιά) est la plus grande des îles Ioniennes, posée en mer Ionienne face au golfe de Corinthe, entre Ithaque, Leucade et Zante. Île montagneuse et verdoyante, elle est dominée par le mont Énos (1 628 m), point culminant de l’archipel, et bordée de plus de 250 km de côtes découpées. Son nom viendrait du héros mythologique Képhalos.

Rasée par le séisme de 1953, elle a perdu presque toute son architecture vénitienne, sauf à Fiskardo, Le tourisme s’y est développé tard et reste plus diffus qu’à Zante ou Corfou, même si quelques sites saturent en plein été. Grande et contrastée, Céphalonie est une île qui se mérite : il faut une voiture et du temps pour en saisir toutes les richesses.

Au sommaire

Le meilleure de Céphalonie

Céphalonie s’organise autour d’un massif central et de deux grandes péninsules. Pour simplifier, j’ai distingué cinq zones. Autour de la capitale Argostoli, le centre et le sud-ouest concentrent les services, les vignobles de Robola et le mont Énos : c’est la partie la plus vivante et la plus accessible. À l’ouest, la péninsule de Paliki et la ville de Lixouri offrent des paysages d’argile et des plages encore préservées. Le sud-est, de Lourdas à Poros, regroupe l’essentiel du tourisme balnéaire. Autour de Sami, à l’est, se trouvent les grottes et le principal port. Le nord, de Myrtos à Fiskardo, aligne les paysages les plus spectaculaires de l’île.

Argostoli, le sud-ouest et le mont Énos

Reconstruite après le séisme de 1953, Argostoli a troqué son élégance vénitienne pour une ambiance de petite ville grecque. Le soir, la vólta anime la place Valianou et la rue piétonne Lithostroto, bordée de cafés. La longue chaussée de Drapano, bâtie par les Britanniques en 1813 du temps du protectorat, traverse la baie et se parcourt désormais à pied. Le musée d’Histoire et de Folklore Korgialenios conserve des photographies d’avant et d’après le tremblement de terre, témoignage précieux d’un monde disparu, tandis que la Fondation Focas-Cosmetatos et le musée archéologique éclairent le passé de l’île. Deux kilomètres au sud, le jardin botanique Cephalonia Botanica rassemble la flore locale. Au bout de la baie, les Katavóthres sont des gouffres marins où la mer s’engouffre sous l’île pour ressortir, on l’a prouvé au colorant, dans la grotte de Melissani à l’autre bout de Céphalonie. Sept kilomètres au sud-est, les ruines d’Agios Georgios (Ayios Yeoryios), capitale vénitienne médiévale, dominent Peratata.
Vers l’intérieur, la vallée d’Omala abrite le monastère d’Agios Gerasimos, saint patron de l’île, et juste derrière la cave coopérative de Robola. Plus haut, le mont Énos, parc national depuis 1962, protège le sapin endémique Abies cephalonica et une petite population de chevaux semi-sauvages. Son sommet, le Megas Soros, était dans l’Antiquité un lieu de sacrifice à Zeus ; en hiver, la montagne se couvre parfois de neige.

Lixouri et la péninsule de Paliki

Reliée à Argostoli par un petit ferry qui traverse la baie en vingt minutes, Lixouri est la seconde ville de l’île. Plus discrète qu’Argostoli, elle sert souvent de base à ceux qui veulent explorer la péninsule de Paliki, un pays d’argile blanche, ocre et rouge, de villages perchés et de vignes. Sur la côte ouest, sauvage et battue par le couchant, le monastère de Kipouria s’accroche à la falaise, tenu naguère par un unique moine.
Cette zone reste l’une des plus authentiques de Céphalonie : peu de grands complexes mais des tavernes de village et des plages où l’on peut encore trouver de la place en août, à condition d’avoir une voiture. Au nord-ouest, le hameau d’Athéras et sa baie de sable ferment l’un des derniers replis tranquilles de la péninsule. C’est ici, à Petani, que se cache l’une des plus belles plages de l’archipel. Curiosité géologique, le rocher de Kounopetra oscillait imperceptiblement jusqu’au séisme de 1953, qui l’a figé ; la péninsule a de nouveau été secouée en janvier 2014, sans faire de victimes.

Le sud-est, de Lourdas à Poros

En suivant les contreforts sud du mont Énos, la route de Poros dessert la zone la plus touristique de l’île. Lourdas (Lourdata) et Trapezaki alignent de longues plages au pied de la montagne. Le village de Markopoulo est connu pour un rituel singulier : chaque 15 août, jour de l’Assomption, de petits serpents inoffensifs « apparaissent » dans l’église, en mémoire d’une légende de nonnes priant d’être changées en serpents pour échapper aux pirates. Plus à l’est, Skala est une station balnéaire de parmi les pins, avec les vestiges d’une villa romaine et ses mosaïques du IIe siècle, dégagées dans les années 1950. La côte autour de Kato Katelios et de la plage de Mounda est un site de ponte de la tortue caouanne (Caretta caretta) : le camping y est interdit et il faut respecter les zones balisées. Au bout, Poros, l’une des premières stations de l’île, est aujourd’hui surtout un port pratique pour le ferry de Kyllini, dans le Péloponnèse.

Sami, les grottes et la côte est

Principal port de l’île, Sami occupe le site de l’antique cité homérique, du temps où Céphalonie relevait du royaume d’Ithaque. C’est aussi ici qu’a été tourné l’essentiel de La Mandoline du capitaine Corelli, le film qui a fait connaitre l’île à un plus grand nombre. Au-dessus de la ville subsistent les murs de l’acropole antique, et la baie voisine d’Antisamos a servi de décor au film. À quelques kilomètres, deux grottes valent le détour : Drogarati, vaste chambre de stalactites profonde de 60 m, découverte il y a plus de trois siècles et parfois utilisée pour des concerts, et surtout la grotte de Melissani, lac souterrain que l’on visite en barque sous un toit effondré laissant entrer la lumière (on y a retrouvé des figurines de nymphes d’époque hellénistique). Les deux figurent parmi les géosites du Géoparc mondial UNESCO de Céphalonie-Ithaque.
Au nord de Sami, le long de la baie, le hameau de Karavomilos et le port de pêche d’Agia Efimia offrent des bases plus calmes ; ce dernier abrite l’un des rares centres de plongée de l’île. En revanche sur cette la côte est, il peut y avoir pas mal de vent qui s’engouffre entre les montagnes, et des plages parfois réduites à quelques mètres de galets.

Le nord, de Myrtos à Fiskardo

La partie nord de la route entre Argostoli et Fiskardo est la plus spectaculaire de l’île. En contrebas, Myrtos déploie sa longue bande de galets blancs au pied d’une falaise calcaire vertigineuse : magnifique vue d’en haut, mais sans ombre et bondée en haute saison. Six kilomètres plus loin, Assos s’accroche à un isthme dominé par une forteresse vénitienne, avec ses maisons restaurées autour d’une placette ombragée de platanes : rien d’équivalent dans les autres îles ioniennes.
À la pointe nord, Fiskardo a échappé au séisme grâce à son sol calcaire et garde ses façades du XIXe siècle, aujourd’hui occupées par des restaurants et des boutiques chics. Deux phares, l’un vénitien, l’autre victorien, gardent l’entrée de la baie, et le village doit son nom au chef normand Robert Guiscard, mort là au XIe siècle. C’est le coin le plus cosmopolite et le plus chic de l’île, vite saturé l’été. Mieux vaut alors parfois viser les petites criques voisines, comme ÉmblisiFoki, la minuscule Alatiés nichée dans une roche blanche, ou la sublime Agia Ierousalim.

Peut-on faire de la randonnée à Céphalonie ?

Oui, et c’est même l’une des îles ionienne les plus intéressantes pour la marche (voir notre page randonnée en Grèce). Le cœur du réseau est le parc national du mont Énos, qui protège la forêt de sapins endémiques et offre des vues sur Ithaque, Zante et le continent. Au moins cinq sentiers y sont balisés et faciles ; les deux plus suivis montent vers le sommet, coiffé d’antennes, depuis deux versants opposés, en boucles d’environ 6,5 km chacune et de dénivelé modéré. On y croise parfois les chevaux semi-sauvages de la montagne. Attention, le temps peut s’y dégrader très vite hors été, et la route d’accès part à mi-chemin de l’axe Argostoli-Sami.

Au nord, Fiskardo concentre les courtes marches côtières : un panneau au parking décrit trois itinéraires balisés, dont le sentier nature de la presqu’île, et une jolie marche d’environ 3,5 km (45 min) à travers forêt et terrasses abandonnées mène à la crique de Dafnoudi. La montée à la forteresse vénitienne d’Assos (environ 3,6 km aller-retour) récompense par des vues plongeantes sur la baie et son isthme. La côte nord se prête aussi au kayak de mer, qui ouvre l’accès à des criques inatteignables par la route.

L’ensemble de l’île relève du Géoparc mondial UNESCO de Céphalonie-Ithaque, qui balise et protège grottes, gouffres et formations karstiques : autant de buts de balade, des Katavóthres d’Argostoli aux lacs souterrains de Sami. À deux pas de la capitale, la lagune de Koutavos se parcourt à pied ou à vélo et offre un bon spot d’observation des oiseaux. Cette zone humide, comme les côtes de ponte des tortues, figure parmi les espaces naturels protégés de l’île, en partie classés Natura 2000. En dehors de l’Énos et de Fiskardo, le balisage reste inégal : mieux vaut une carte et de bonnes chaussures.

Quelles plages choisir à Céphalonie ?

Céphalonie compte parmi les îles aux plus belles plages de Grèce, réparties dans toutes les zones (voir aussi nos destination pour de belles plages). On y trouve aussi bien de longues plages organisées que des criques sauvages où l’on n’accède qu’à pied ou en bateau.

Dans le nordMyrtos est la carte postale de l’île : une bande de galets d’un blanc éclatant au pied d’une falaise, spectaculaire mais sans ombre et très fréquentée en été. On la photographie d’en haut, on s’y baigne tôt le matin. Plus discrètes, les criques de galets autour de Fiskardo, Émblisi et Foki, et la plage forestière d’Agia Ierousalim, aux eaux très claires, sont des replis plus tranquilles. Les marcheurs rejoignent Dafnoudi, petite plage de galets blancs cernée de pins, par un sentier de 3,5 km ; à l’entrée du nord, Agia Kyriaki annonce la longue route panoramique en bord de mer.

Sur la péninsule de PalikiPetani rivalise avec Myrtos sans la même foule et reste l’une des plus belles plages des îles ioniennes. Au sud, Xi avec son sable rouge et ses eaux peu profondes est idéales pour les enfants. Elle se prolonge par Lépedha et Megas Lakkos, elles aussi entourées de petites falaises d’argile rouge. À l’extrême ouest, Kounopetra et l’isolée Agios Nikolaos (Vatsa) restent calmes même en plein été, tout comme la baie de sable de Porto Athéras.

Autour de SamiAntisamos déroule ses galets dans une baie arrondie et boisée, l’une des plus belles de l’est. La longue plage de Karavomilos longe la ville ; les criques d’Agia Efimia sont minuscules mais idéales pour le snorkeling. Près d’Argostoli, Makris Gialos et Platys Gialos sont les plages urbaines, animées, ombragées et bien équipées.

Dans le sud-est, le tourisme balnéaire se concentre sur la longue plage de galets et de sable de Lourdas, la plus fine et plus chic de Trapezaki, et les sables de Skala parmi les pins, faciles pour les familles. La grande plage de Poros reste plus modeste. Toute la côte de Kaminia à Mounda est en revanche un site de ponte de la tortue caouanne : baignade possible de jour, mais camping interdit et zones de nid à respecter.

  • Plages et activités sportives - 8/10
    8/10
  • Patrimoine historique et culturel - 5/10
    5/10
  • Villages et arrière pays - 6/10
    6/10
  • Authenticité - 7/10
    7/10
6.5/10
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Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : environ 781 km² (plus de 250 km de littoral)
  • Longueur maximale environ 50 km, largeur maximale environ 30 km
  • Point culminant : mont Énos, 1 628 m (plus haut sommet des Ioniennes)
  • Population : environ 35 000 habitants (2011)
  • Ports principaux : Sami et Poros (aussi Argostoli, Lixouri, Pessada, Fiskardo, Agia Efimia)
  • Aéroport : aéroport international de Céphalonie (EFL), à environ 9 km au sud d’Argostoli

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • Février-mars : carnaval de Lixouri (Apokriés), réputé pour sa satire, Lixouri.
  • Été : Saristra Festival, musique et arts dans le village abandonné de Paliki Vlachata, près de Sami.
  • 15 août : Assomption et rituel des serpents de la Vierge, Markopoulo.
  • 16 août et 20 octobre : fêtes d’Agios Gerasimos, saint patron de l’île, monastère d’Omala (Valsamata).

La carte de Céphalonie

Comment venir à Céphalonie et s’y déplacer ?

L’aéroport international de Céphalonie (EFL) se trouve à environ 9 km au sud d’Argostoli. Il est relié à Athènes toute l’année et reçoit des vols saisonniers depuis plusieurs villes européennes ; depuis la France, le plus souvent via une correspondance à Athènes. Côté ferry, l’île a plusieurs ports : Poros et Sami sont reliés à Kyllini et Astakos (continent), Sami à Ithaque (Pisaetos), et une liaison saisonnière relie Pessada à Zante. Le ferry local Argostoli-Lixouri traverse la baie en continu.

Le réseau de bus KTEL rayonne depuis Argostoli vers les principaux villages, mais reste peu fréquent et quasi inexistant le dimanche : sur une île aussi étendue, une voiture est indispensable (voir nos conseils de location de voiture). Comme partout, le printemps et l’automne offrent les meilleures conditions, loin de l’affluence de juillet et août.

Les durées indiquées sont les plus courtes sur chaque trajet (source gtp.gr). Par ailleurs, certaines lignes peuvent ne pas être assurées hors saison.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

La gastronomie et les spécialités typiques de Cephalonie

La cuisine de Céphalonie est généreuse et tournée vers les tourtes et les viandes mijotées. Le plat emblématique est la kreatópita (κρεατόπιτα), une tourte à la viande (veau ou agneau) relevée de cannelle, d’ail et d’herbes, longuement cuite. On trouve aussi la bakaliarópita (μπακαλιαρόπιτα), tourte à la morue salée, l’aliáda (αλιάδα), une purée d’ail à la pomme de terre qui accompagne le poisson, proche de la skordaliá, et le tsigarídi (τσιγαρίδι), un plat d’herbes sauvages revenues à l’huile. Parmi les fromages locaux, le ladotyri (λαδοτύρι), conservé dans l’huile d’olive, se marie bien aux vins de l’île. Côté douceur, le mandoláto (μαντολάτο), nougat au miel et aux amandes, et les mándoles (μάντολες), amandes caramélisées, sont des spécialités locales.

Mais la vraie fierté de l’île est son vin. Le Robola de Céphalonie (Ρομπόλα, AOP depuis 1982) est un blanc sec, minéral et nerveux, issu d’un cépage cultivé sur les sols calcaires de la vallée d’Omala et des pentes de l’Énos, entre 300 et 800 m. C’est la seule appellation grecque de vin sec qui porte le nom d’un cépage et non d’une région. La coopérative voisine du monastère d’Agios Gerasimos se visite. L’île produit aussi des AOP de Muscat et de Mavrodaphne de Céphalonie. À découvrir avec notre page sur les vins grecs.

Ce qu’il ne faut pas rater à Céphalonie

  • La grotte de Melissani : lac souterrain bleu visité en barque, près de Sami.
  • La plage de Myrtos vue depuis la route en lacets, tôt le matin.
  • Le village d’Assos et sa forteresse vénitienne sur l’isthme.
  • Fiskardo, seul port épargné par le séisme de 1953.
  • Le mont Énos et sa forêt de sapins endémiques, en parc national.
  • La cave de Robola et le monastère d’Agios Gerasimos, dans la vallée d’Omala.
  • La grotte de Drogarati, immense salle de stalactites aux concerts réputés.
  • La plage de Petani, sur la péninsule de Paliki.
  • Un verre de Robola, blanc sec et minéral, sur la place d’Argostoli.
  • Une part de kreatópita, la tourte à la viande de l’île.

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