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Ios, l'île de la fête au cœur tranquille et au passé homérique
Ios (les Grecs disent Nios) est une île des Cyclades, posée à mi-chemin entre Naxos et Santorin, sur l’axe maritime le plus fréquenté de l’archipel. Montagneuse, ceinturée de criques, elle compte près de 81 km de côtes dont une bonne moitié de plages de sable. Son nom viendrait, selon Plutarque, du mot grec désignant la violette.
La tradition antique en fait la patrie de la mère d’Homère et le lieu de sa sépulture. Sa réputation de capitale de la fête est réelle, mais saisonnière et très localisée : en dehors de juillet-août et du triangle Gialos-Hora-Mylopotas, Ios redevient une île cycladique paisible.
Au sommaire
Le meilleur de Ios
Ios mesure environ 18 km de long sur 10 km de large, avec un relief sec et un point culminant à 713 m (mont Pyrgos). Le tourisme se concentre sur trois pôles, le reste de l’île restant peu bâti. La première zone, Hora et le nord-ouest, regroupe le port, la capitale et les sites majeurs : c’est la partie la plus animée. La deuxième, la côte est, plus à l’écart, aligne quelques plages familiales et des ruines. La troisième, le sud, sauvage et difficile d’accès, abrite les plus belles plages.
Hora, le port et le nord-ouest
On débarque à Ormos (aussi appelé Gialos), seul port de l’île, au fond de l’une des baies les mieux abritées des Cyclades, ce qui valut très tôt à Ios un rôle de carrefour maritime. À l’entrée du port, la petite chapelle d’Agia Eirini se dresse sur les rochers. De là, vingt minutes de montée à pied (ou un bus) mènent à Hora, la capitale construite en amphithéâtre sur la colline. Une rue principale la partage en deux : la vieille ville grimpe le versant à gauche, la ville neuve s’étend en contrebas. Hora est un village cycladique classé, dédale de ruelles blanchies, d’arcades et de chapelles à coupole bleue, inaccessible aux voitures. Au sommet, les ruines d’un château médiéval (1397, érigé par le seigneur vénitien Marco Crispi) dominent le village, à côté de l’ancienne ville d’Ios dont subsistent des pans de murs. L’église de la Panagia Gremiotissa, perchée sur la crête, offre l’un des plus beaux couchers de soleil de l’île. Plus bas, les églises d’Agios Nikolaos, Evangelismos et Agia Aikaterini auraient été bâties sur l’emplacement d’un temple d’Apollon Pythien. Hora aligne aussi douze moulins à vent (trois restaurés et en état de marche, cas rare dans les Cyclades) et le théâtre Odysseas Elytis, taillé en pierre à la manière d’un théâtre antique. Le musée archéologique, installé dans la demeure néoclassique Amoiradakeio, présente le contexte indispensable avant de visiter Skarkos.
Juste au nord du port, sur une colline proche des terres les plus fertiles, le site de Skarkos est l’un des plus importants habitats préhistoriques des Cyclades, environ mille ans plus ancien qu’Akrotiri à Santorin. Fouillé entre 1984 et 1997, il conserve des maisons à deux étages préservées jusqu’à trois mètres de hauteur, des sols dallés et un système d’évacuation des eaux. Le musée de Hora en expose le mobilier : céramiques, figurines de marbre cycladiques, outils en obsidienne et en os. En 2008, Ios a reçu pour la conservation de Skarkos le prix du patrimoine culturel de l’Union européenne (Europa Nostra), l’un des six lauréats parmi plus de cent candidatures. On y accède par un sentier pierré depuis Hora (15 min) ou en voiture.
C’est aussi ici que se concentre la pression touristique. En juillet-août, les ruelles de Hora se transforment le soir en parcours de bars et de clubs, et la grande plage voisine de Mylopotas, principal centre de sports nautiques de l’île, tourne à plein régime. Cette affluence reste pourtant relative : sur notre index du surtourisme, Ios n’occupe que la 40e place sur 74 îles, loin derrière Santorin, Mykonos ou Paros. La saturation est intense mais brève et cantonnée au nord-ouest. Depuis les années 1990, la municipalité a d’ailleurs cherché à diversifier son public au-delà des seuls fêtards. Le matin, quand ces derniers dorment, j’ai retrouvé un village où les enfants jouent sur les places et où l’on prend le café au calme : pour en profiter ainsi, visitez Hora en journée et privilégiez juin ou septembre. À la pointe nord, à Plakotos, un sentier balisé conduit à la tombe d’Homère : une modeste construction de pierre et de marbre, vestige d’une tour hellénistique. La légende veut que l’oracle de Delphes ait annoncé au poète que l’île de sa mère l’accueillerait à sa mort, et des monnaies antiques d’Ios portent son effigie et son nom.
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La côte est
Une route goudronnée traverse l’île jusqu’à la côte orientale, beaucoup plus calme. Agia Theodoti, à environ 9 km de Hora, est un long ruban de sable aux eaux d’un bleu profond, apprécié des familles grecques ; on y voit les vestiges d’un aqueduc romain, et un sentier file de l’ancien hameau vers le lieu-dit Gefyri à travers un paysage saisissant. Quelques kilomètres au sud, Palaiokastro dresse sur un piton rocheux les restes d’un château vénitien des 7e et 8e siècles, qui englobe une ville médiévale revêtue de marbre et une église byzantine, face à l’îlot escarpé de Psathonisi. Plus au sud-est, Psathi reste un coin tranquille, doté d’une bonne taverne et bien connu des windsurfeurs. Même en plein mois d’août, cette façade de l’île garde un rythme lent, à l’opposé de l’effervescence de Hora : c’est l’Ios des familles grecques venues passer leurs vacances loin du bruit.
Le sud de l’île
Le sud est la partie la plus sauvage et la plus belle. La route y serpente dans les montagnes, dominant des criques cachées, avant d’atteindre Manganari, à une quarantaine de minutes de Hora : deux grandes plages de sable blanc séparées par un îlot, dans une eau turquoise et peu profonde. C’est ici que Luc Besson a tourné les scènes d’enfance du jeune Jacques Mayol dans Le Grand Bleu, le cinéaste ayant lui-même passé une partie de son enfance sur l’île. Selon les habitants, certains enfants d’Ios figurèrent dans le film, et les dauphins amenés pour le tournage seraient restés plusieurs années dans les parages. Les plongées en eau profonde, en revanche, ont été filmées à Amorgos. Autour de Manganari, les criques de Tris Eklisies, Kalamos et Plakes et le monastère d’Agios Ioannis tou Kalamou se méritent et il fautune voiture, un scooter ou un bateau pour y accéder. L’ensemble reste très peu construit : quelques maisons, une ou deux tavernes, et le sentiment d’être loin de tout, ce qui fait précisément le prix de cette côte.
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Peut-on randonner à Ios ?
Oui, et c’est l’une des plus belles façons de découvrir l’île. L’association locale Ios Paths a balisé et documenté un réseau de Routes culturelles qui reprennent d’anciens monopatia, ces chemins muletiers en pierre sèche reliant villages, fermes et chapelles. On compte une douzaine d’itinéraires : six parcours d’intérêt culturel numérotés et six autres balades suggérées, précisée par GPS via l’application Ios Paths (iOS et Android), auxquels s’ajoutent les tracés de l’Ios Trail Race, la course Run the Churches, sur 14 et 24 km.
Autour de la Hora, la route 1 rejoint le site de Skarkos par les chapelles de la Sainte-Trinité et d’Agios Prokopios, et la route A descend vers la plage de Valmas, la chapelle d’Agia Eirini et le port. Vers les hauteurs, la route 3 part du théâtre de Hora en direction de la chapelle de Profitis Ilias, et la route 4 grimpe jusqu’à la zone du mont Pyrgos (713 m) par le monastère d’Agios Ioannis Prodromos, en passant près d’une fromagerie traditionnelle. Vers l’est, les routes 2 et 2a relient Hora à Agia Theodoti puis à la plage de Palaiokastro. Vers le sud, la route 5 descend de Hora à Mylopotas puis aux criques de Sapounochoma, Klima et Pikri Nero, tandis que le sentier C mène de Koumbara au phare du cap Fanari.
Ios n’abrite pas de grande zone protégée classée, mais ces chemins, secs et largement ouverts sur la mer, offrent l’essentiel : silence, panoramas et chapelles oubliées
Quelles plages choisir à Ios ?
Ios revendique une trentaine de plages de sable, ce qui en fait l’une des îles les mieux dotées des Cyclades. Côté nord-ouest, la plage du port de Gialos est étonnamment paisible et venteuse, pratique pour une première baignade à l’arrivée. La petite crique de Valmas, à courte distance du port, et celle de Kolitsani, nichée sous Hora dans une eau très claire, conviennent à ceux qui fuient la foule. Vingt minutes de marche vers l’ouest mènent à Koumbara, plus rocheuse, bordée de palmiers et idéale au coucher de soleil, avec une bonne taverne (un complexe de luxe y a toutefois été bâti récemment). Juste derrière la colline de Hora, Mylopotas déroule un kilomètre de sable doré : c’est la plage la plus aménagée et la plus animée, équipée pour le ski nautique, la planche à voile et la plongée, mais l’essentiel de la vie nocturne se joue à Hora, pas ici.
Sur la côte est, Agia Theodoti offre une longue plage calme aux eaux limpides, prisée des familles grecques, tandis que Psathi séduit les amateurs de planche à voile. Tout autour, des criques plus sauvages comme Vryses ou Domino, et plus au nord Loretzena et Diamoudia, se gagnent à pied ou par la mer et restent désertes même en plein été. Les plages du triangle nord-ouest (Gialos, Koumbara, Valmas, Kolitsani et Mylopotas) sont les seules accessibles facilement à pied ou en bus ; partout ailleurs, mieux vaut disposer d’un véhicule ou d’un bateau.
Au sud, Manganari est la plus impressionnante, avec son sable blanc et son eau turquoise qui prend des reflets magnifiques le matin. Les plus belles criques du secteur, comme Kalamos, Tris Eklisies ou Plakes, demandent un véhicule, une bonne marche ou un caïque, et les anses de Sapounochoma, Klima et Pikri Nero, au sud de Mylopotas, ne se rejoignent que par un sentier ou par bateau : c’est le prix de leur tranquillité. En été, des caïques partent chaque matin de Gialos et de Mylopotas vers les plages de la côte sud. Deux règles à connaître avant de poser sa serviette : le camping sauvage et le naturisme sont interdits sur les plages d’Ios.
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Plages et activités sportives - 8.5/10
8.5/10
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Patrimoine historique et culturel - 6.5/10
6.5/10
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Villages et arrière pays - 7/10
7/10
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Authenticité - 6/10
6/10
Avis des voyageurs
4.97/10 (16 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
- Office touristique officiel de Ios
- Réseau de bus Ktel à Ios
- Iospaths : sentiers et chemins de randonnées à Ios
- Site archéologique de Skarkos (ministère grec de la Culture)
- Sports nautiques et plongée à Mylopotas
- Centre de plongée PADI et sports nautiques à Mylopotas
- Musée d’art moderne dédié à Yannis Gaitis et Gabriella Simossi,
- Location de voitures, scooters et quads chez Vangelis Rentals
- I Love Ios : portail d’information sur l’île
- Carnet de voyage de Flo et Nico
Quelques repères sur Ios
- Superficie : environ 109 km² (environ 81 km de littoral, dont près de 32 km de plages de sable)
- Longueur maximum : environ 18 km ; largeur maximum : environ 10 km
- Point culminant : mont Pyrgos, 713 m
- Population : environ 2 300 habitants (recensement 2021)
- Port principal : Ormos (Gialos)
- Aéroport le plus proche : Santorin, puis Naxos et Mykonos
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Les principales fêtes à Ios
- Mi-mai à début septembre : Omiria, événements culturels en hommage à Homère, théâtre Odysseas Elytis, Hora.
- 29 août : fête d’Agios Ioannis (saint Jean), Psathi et Manganari.
- 15 août : Dékapentavgoustos, fête de la Panagia (Assomption), Hora.
Lire aussi: Les Cyclades, l’Éden grec de la mer Égée
Les autres destinations pour :
La carte de Ios
Comment venir à Ios et s’y déplacer ?
Ios n’a pas d’aéroport. Les plus proches sont ceux de Santorin, de Naxos et de Mykonos, Santorin servant de porte d’entrée aérienne habituelle, à compléter par un ferry.
L’île se trouve sur l’axe Le Pirée, Mykonos, Naxos, Paros, Santorin : on y arrive facilement, par bateau rapide ou conventionnel, depuis Le Pirée (de 3 h 30 à plusieurs heures selon le navire) et depuis la plupart des îles voisines. Tous les bateaux accostent à Ormos. Sur place, des bus relient fréquemment Gialos, Hora et Mylopotas (toutes les 15 à 30 minutes l’été, de 8 h à minuit), et plus rarement les plages de l’est et du sud.
La location de voiture, de scooter ou de quad est très répandue, et des caïques desservent en saison Manganari depuis Gialos et Mylopotas.
Ios est une île très touristique, qui se découvre dans des conditions optimales au printemps et à l’automne.
Les durées indiquées sont les plus courtes sur chaque trajet (source gtp.gr). Par ailleurs, certaines lignes peuvent ne pas être assurées hors saison.
→ Conseils pour la réservation des ferries
Prochaine(s) traversée(s)
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La gastronomie et les spécialités typiques de Ios
Le produit emblématique d’Ios est un fromage, le skotiri (σκοτύρι) : pâte molle et crémeuse, au goût relevé, obtenue à partir de myzithra (μυζήθρα) et de kefalotyri, parfumée au throubi (θρούμπι), le thym sauvage de l’île. Il est notamment produit par une petite fromagerie artisanale locale. Le skotiri n’est pas un produit AOP ou IGP (Ios ne compte aucune appellation enregistrée), mais c’est la signature gustative de l’île. On trouve aussi sur place de la myzithra, du xinotyri, de la graviera et un bon miel de thym. Côté sucré, goûtez les mizithropitakia (μυζηθροπιτάκια), petits feuilletés à la myzithra arrosés de miel, le pasteli (παστέλι) au sésame et miel, les amygdalota aux amandes, la tarte à la pastèque ou les figues séchées. Les habitants d’Ios entretiennent des liens étroits avec la Crète, et l’on boit volontiers du raki crétois en fin de repas. Une boutique de producteurs vend les fromages locaux au port.
Découvrir la Grèce : produits de terroir AOP et gastronomie grecque
Ce qu’il ne faut pas rater à Ios
- Monter à la tombée du jour jusqu’à l’église Panagia Gremiotissa, perchée sur la crête en haut de la Hora, pour l’un des plus beaux couchers de soleil des Cyclades.
- Visiter Skarkos, habitat protocycladique mille ans plus ancien qu’Akrotiri avec ses maisons à étages et son système d’évacuation des eaux.
- Rejoindre la tombe d’Homère à Plakotos, à la pointe nord, vestige d’une tour hellénistique d’où la vue embrasse la mer Égée et les îles voisines.
- Se baigner à Manganari, au sud, dans l’eau turquoise où Luc Besson a filmé les scènes d’enfance du Grand Bleu.
- Goûter le skotiri, fromage crémeux et piquant parfumé au thym sauvage de l’île, accompagné d’un raki crétois en fin de repas.
- Vivre une soirée dans les ruelles animées de la Hora, une des capitales de la fête des Cyclades, puis redécouvrir le village au calme le lendemain matin.
- Suivre un ancien monopati en pierre sèche jusqu’à la zone du mont Pyrgos (713 m), par le monastère d’Agios Ioannis Prodromos.
- Passer une journée à Agia Theodoti, sur la côte est, longue plage familiale aux eaux limpides bordée des vestiges d’un aqueduc romain.
- Voir le théâtre Odysseas Elytis, taillé en pierre à la manière d’un théâtre antique, qui accueille en été les événements culturels des Omiria.
- Prendre un café ou même un raki sur la place de Hora au réveil de l’île, quand les enfants jouent et que la vie reprend son cours.

