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Ithaque, l'île d'Ulysse restée à l'écart du tourisme ionien de masse
Ithaque est une petite île montagneuse des îles Ioniennes, à l’est de Céphalonie, connue dans le monde entier comme la patrie d’Ulysse dans l’Odyssée d’Homère. Longue d’à peine 23 km, elle est presque coupée en deux par un isthme étroit et enchaîne ports minuscules, villages perchés et collines d’oliviers. Elle compte peu de plages accessibles à pied, mais c’est un superbe terrain de marche, ponctué de sites homériques. Habitée depuis le Néolithique, frappée comme ses voisines par le séisme de 1953, elle a gardé une atmosphère rude et discrète. C’est l’une des Ioniennes les moins développées, un vrai contrepoint au tourisme de masse, même si le port de Vathy et le hameau de Kioni se remplissent de voiliers en août.
Au sommaire
Le meilleur d’Ithaque
Ithaque se découpe en deux moitiés reliées par l’isthme d’Aetos, large de 600 mètres à peine. Au sud, autour de la capitale Vathy, se concentrent le grand port naturel, le massif du mont Nirito (806 m), le village de Perachori et le plateau de Marathia : une zone plus animée, mais qui reste calme. Au nord, articulé autour de Stavros, le paysage devient un dédale de villages perchés (Anogi, Exogi, Platrithias) et de petits ports (Frikes, Kioni), avec l’essentiel des sites homériques et des sentiers. Les rares hébergements touristiques se regroupent à Vathy, Frikes et Kioni. Ces deux zones, le sud et le nord, structurent la visite.
Que voir à Vathy et dans le sud d’Ithaque ?
La capitale, Vathy, est posée au fond d’une baie si profonde et si refermée que l’on prend les montagnes du nord de l’île pour une côte lointaine. C’est une petite ville compacte, presque sans voiture, dotée du front de mer le plus paisible de toutes les capitales ioniennes. Le séisme de 1953 l’a durement touchée, mais quelques maisons d’avant la catastrophe subsistent. Face au quai, l’îlot de Lazareto et sa chapelle du XVIIe siècle ferment le tableau. Sa baie, l’un des mouillages naturels les plus sûrs de la mer Ionienne, est depuis toujours prisée des marins. Côté visites, la ville se parcourt vite : un musée du Folklore et un petit musée archéologique, qui rassemble des trouvailles de l’âge du bronze et de l’époque géométrique, suffisent à occuper une matinée pluvieuse. Dans l’Antiquité, Ithaque battait d’ailleurs sa propre monnaie à l’effigie d’Ulysse.
L’intérêt du sud est ailleurs, dans les sites homériques qui cernent Vathy. La grotte des Nymphes (Marmarospilia), au-dessus de la plage de Dexa, passe pour la cachette où Ulysse de retour dissimula les présents des Phéaciens : la caverne, aujourd’hui éclairée de lumières colorées, reste modeste à côté des grottes de Céphalonie. La montée vers la source d’Aréthuse, où le porcher Eumée menait boire ses bêtes, est plus marquante : je l’ai faite en trois heures aller-retour, sous la roche du Corbeau (Korax) que la tradition fait coïncider avec un passage de l’Odyssée, au prix d’un sentier raide et sans ombre. À l’isthme d’Aetos, les ruines d’Alalkomenes, baptisées « château d’Ulysse » par Heinrich Schliemann, dominent les deux versants de l’île ; il s’agit en réalité d’une cité antique (vers 800 av. J.-C.) aux murs cyclopéens, le palais d’Ulysse étant plutôt cherché aujourd’hui près de Stavros. Plus haut, le village de Perachori (3 km), sa forêt d’Afentikos Logkos et les ruines médiévales de Palaiochora complètent la zone. Le port des ferries de Pisaetos, sur la côte ouest, ne sert guère qu’aux arrivées de bateau. Sur l’eau, en août, les voiliers s’alignent le long du quai de Vathy : la ville reste agréable, mais c’est le moment où elle ressemble le plus à une marina. Pour replacer Ithaque dans le tableau, l’île ouvre droit aux pages voyage authentique et mythologie grecque.
Organiser votre voyage: Où dormir à Ithaque ?
Que découvrir dans le nord d’Ithaque, de Stavros à Kioni ?
Au nord de l’isthme, la route grimpe vers Stavros, deuxième bourg de l’île, dont la place est dominée par une statue d’Ulysse au regard sévère. Son petit musée archéologique rassemble les trouvailles de la colline de Pelikata, site de l’Helladique ancien parfois présenté comme le palais d’Ulysse. En contrebas, la baie de Polis, ancien port antique de l’île, abrite la grotte de Loizos, lieu de culte de l’Helladique ancien jusqu’au Ier siècle, où l’on a mis au jour des statues d’Artémis, d’Athéna et d’Héra, une plaque dédiée aux Nymphes et surtout des trépieds de bronze que l’on a rapprochés des présents offerts à Ulysse par les Phéaciens. Sur les hauteurs, l’École d’Homère, près d’Exogi, livre des fondations mycéniennes que des fouilles récentes rattachent au palais perdu d’Ulysse : le site, libre d’accès et plus modeste qu’on ne l’imagine, vaut autant pour la vue sur la baie d’Afales que pour les vestiges.
Les villages de l’intérieur forment le vrai cœur de cette moitié. Anogi, perché à 500 mètres, ancienne capitale aujourd’hui presque déserte, conserve un campanile vénitien isolé et l’église de la Panagia, aux fresques byzantines restaurées (on demande la clé au kafenío). Tout autour, d’étranges formations rocheuses dressent leurs silhouettes, dont le bloc d’Araklis, haut de 8 mètres. À 3 km de là, le monastère des Katharon, dédié à la Panagia Kathariotissa, patronne d’Ithaque depuis 1696, offre le plus beau panorama de l’île sur le golfe de Vathy. Plus au nord, Exogi, accroché au-dessus de la baie d’Afales, intrigue avec ses curieuses « pyramides » de pierre, érigées au début du XXe siècle par un habitant excentrique, tandis que la vallée verdoyante de Platrithias et le hameau de Lefki, sur le versant ouest, comptent parmi les coins les plus paisibles de l’île. Puis viennent les deux petits ports de la côte est : Frikes, niché entre deux collines, fondé seulement au XVIe siècle, retrouve son calme dès que les ferries repartent, et c’est là tout son charme. Kioni, enfin, est le plus joli village de l’île : épargné par le pire du séisme de 1953, il garde des maisons d’avant le XXe siècle qui dégringolent vers un minuscule port. C’est aussi le point le plus saturé : son tourisme est largement aux mains de voyagistes britanniques et des voiliers, et la baie déborde en plein été. Pour en profiter, venez tôt le matin, ou préférez les criques discrètes entre Frikes et Kioni et la baie d’Afales. À l’échelle des Ioniennes, Ithaque reste de toute façon un refuge : si vous fuyez les resorts de Zakynthos ou l’affluence de Corfou, elle figure parmi les valeurs basses de notre Index du Surtourisme.
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Peut-on randonner à Ithaque ?
La marche est l’une des meilleures raisons de venir à Ithaque, et l’un de ses points forts. L’île fait partie du géoparc mondial UNESCO de Céphalonie-Ithaque et dispose depuis 2019 d’un réseau balisé, Ithaca Trails, redessiné et marqué de bleu et blanc par Paths of Greece : environ 50 km de sentiers en boucle qui reprennent les vieux chemins muletiers reliant les villages perchés (Exogi, Anogi, la Paleochora abandonnée) aux ports de la côte. La carte de randonnée Anavasi au 1:25 000 et la carte numérique d’Ithaca Trails complètent le balisage.
Plusieurs itinéraires sortent du lot. Le plus exigeant relie Kioni à Anogi (environ 11 km, 500 m de dénivelé, 4 heures), grimpant des oliviers centenaires vers le plateau d’Anogi, entre cabanes de pierre et vieux moulins. D’Anogi, un sentier presque horizontal longe la crête du Niritos jusqu’au monastère des Katharon. Au nord, la boucle Stavros, Rousano et Exogi ouvre des vues à 360° sur la mer Ionienne et passe par les énigmatiques pyramides d’Exogi. Plus court, le tracé Stavros-École d’Homère mène en quarante minutes au palais présumé d’Ulysse, et au sud, le long sentier côtier de Vathy à Gidaki, via la chapelle d’Agios Andreas, s’achève sur le sable blanc de la plus belle plage de l’île. Le terrain est aride et peu ombragé : prévoyez de l’eau, de bonnes chaussures, et vérifiez sur place l’état des vieux tracés, parfois envahis. Des structures locales (Explore Ithaca, Outdoor Ithaca, Island Walks) encadrent des sorties à pied ou en kayak de mer.
Côté nature, les eaux d’Ithaque appartiennent à l’archipel ionien intérieur, classé Natura 2000 (site GR2220003), une zone de 882 km² à 98 % marine qui protège des herbiers de posidonie, des dauphins et le rare phoque moine de Méditerranée, présent dans les grottes des îlots à l’est de l’île. Voir nos pages sur les zones Natura 2000
Quelles plages choisir à Ithaque ?
Ithaque n’est pas une île de grandes plages : ce sont surtout des criques de galets, souvent au bout d’un sentier ou accessibles seulement par bateau. C’est précisément ce qui fait leur charme et leur tranquillité. Dans le sud, autour de Vathy, la plus belle est Gidaki, longue grève de sable clair que l’on rejoint à pied par un sentier côtier d’environ 40 minutes ou en kaïki depuis le port. Plus près de la ville, Filiatro (Filiatros), bordée de falaises, est la plus jolie et la mieux équipée (transats, cantine, sports nautiques), mais aussi la plus fréquentée en plein été. Sarakiniko et Skinos, à une heure de marche du quai, séduisent les amateurs de coins tranquilles. Pour un accès facile, à un quart d’heure à pied de Vathy, Dexa, identifiée au port homérique de Phorkys, et la minuscule Loutsa conviennent bien aux familles et à leurs eaux peu profondes. Plus au sud, au pied de la source d’Aréthuse, la plage isolée de Pera Pigadi récompense les marcheurs.
Au nord, la baie d’Afales, la plus vaste crique de l’île, déroule une plage de galets et de sable restée sauvage, que l’on atteint par une piste depuis Platrithias. La baie de Polis, sous Stavros, et Marmakas, près de Frikes avec son îlot-chapelle, sont d’autres haltes discrètes, appréciées pour le snorkeling. Sur la côte ouest, Aspros Gialos (Agios Ioannis) aligne ses galets blancs au pied d’un sentier dallé. Entre Frikes et Kioni s’égrènent enfin de petites criques aux eaux limpides, équipées de simples bancs de pierre, et Kioni possède sa propre plage de sable et galets, à 1 km au sud du village.
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Plages et activités sportives - 7/10
7/10
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Patrimoine historique et culturel - 7/10
7/10
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Villages et arrière pays - 6/10
6/10
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Authenticité - 7.5/10
7.5/10
Avis des voyageurs
6.95/10 (11 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
- Office de tourisme officiel d’Ithaque
- Musées d’Ithaque (musée archéologique de Vathy et collection archéologique de Stavros)
- Bus local KTEL Céphalonie-Ithaque (arrêt au port de Vathy)
- Location de voiture, scooter et vélo à Vathy (Alpha Cars & Bikes)
- Guide local en anglais (plus de 20 ans)
- Géoparc mondial UNESCO Céphalonie-Ithaque (géosites et sentiers)
- Réseau de sentiers Ithaca Trails, par Paths of Greece
- Meilleurs itinéraires de randonnée d’Ithaque sur AllTrails
- Island Walks (randonnées guidées sur l’île d’Ithaque)
- Explore Ithaca (randonnées guidées à Ithaque)
- Randonnées guidées avec Odyssey
- Outdoor Ithaca (randonnée, kayak de mer, plongée et snorkeling)
- Location de bateau et excursions en mer depuis Vathy
- Protection du Phoque moine et dauphin de la mer ionienne
- Site institutionnel de la municipalité (el)
Quelques repères sur Ithaque
- Superficie : environ 96 km² (101 km de littoral)
- Longueur maximum : 23 km ; largeur maximum : 6 km (isthme d’Aetos : 600 m)
- Point culminant : mont Nirito, 806 m
- Population : environ 2 860 habitants (recensement 2021)
- Ports principaux : Vathy (capitale) et Pisaetos (port des ferries), ainsi que Frikes
- Aéroport le plus proche : Céphalonie (EFL)
Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques
Les principales fêtes à Ithaque
- Juillet, août : Fête du Vin (Giorti tou Krasiou), à Perachori, et programme estival de concerts, expositions, conférences et théâtre, à Vathy.
- 14 août : panigyri de la Panagia, devant l’église du XVIe siècle, à Anogi.
- 15 août : grande fête de la Dormition de la Vierge, le dernier grand panigyri de l’été, à Platrithias.
- Début septembre : rencontres et manifestations autour d’Homère et de l’Odyssée, à Vathy.
- 7 et 8 septembre : panigyri du monastère des Katharon, fête de la patronne de l’île, à la Moni Katharon.
Les autres destinations pour :
La carte d'Ithaque
Comment venir à Ithaque et s’y déplacer ?
Ithaque n’a pas d’aéroport : l’aéroport le plus proche est celui de Céphalonie (EFL), puis transfert en ferry, l’aéroport d’Aktion (Preveza) servant plutôt pour l’accès via Leucade. Il n’y a pas non plus de ferry direct depuis Le Pirée. Le port principal des ferries est Pisaetos, sur la côte ouest (Sami, en Céphalonie, en 40 min environ ; Patras en 4 h ; Kyllini en saison estivale en 2 h 30 environ). Vathy est relié à Astakos sur le continent, et Frikes assure en été une liaison vers Vassiliki (Lefkade) et Fiskardo (Céphalonie). Voir notre guide des ferries pour les îles grecques. Sur place, les transports en commun sont quasi inexistants (au mieux deux bus par jour en saison entre Vathy, Stavros et Kioni) : il faut louer une voiture ou un scooter, à Vathy de préférence, les taxis stationnant sur la place du port. Le printemps et le mois de septembre restent les meilleures périodes pour éviter la cohue des voiliers d’août.
Les durées indiquées sont les plus courtes sur chaque trajet (source gtp.gr). Par ailleurs, certaines lignes peuvent ne pas être assurées hors saison.
→ Conseils pour la réservation des ferries
Prochaine(s) traversée(s)
Organiser votre voyage: Nos recommandations de locations à Ithaque
La gastronomie et les spécialités typiques d’Ithaque
La cuisine d’Ithaque, comme celle des Ioniennes, mêle racines grecques et héritage italien. Le plat emblématique de l’île est l’arni tserepa (τσερέπα), un agneau cuit lentement au four dans un plat d’argile traditionnel, avec pommes de terre et poivrons. On y prépare aussi le savoro (σαβόρο), une vieille méthode de conservation du poisson frit dans une sauce au vinaigre, romarin et raisins secs, longtemps essentielle aux marins de l’île. Côté sucré, ne quittez pas Ithaque sans goûter le rovani (ροβανί), gâteau sirupeux à base de riz, de miel et de clous de girofle, originaire de Stavros, que l’on sert dans les fêtes et les repas de famille (à ne pas confondre avec le ravani).
L’île produit du miel de thym, un peu d’huile d’olive et quelques vins en petite quantité, mais elle n’a pas d’appellation AOP ou IGP qui lui soit propre : le grand vin d’appellation des Ioniennes, le Robola, vient de la Céphalonie voisine (voir notre page sur les vins grecs). On mange surtout dans les tavernes qui bordent les quais de Vathy, Frikes et Kioni, où le poisson frais et les plats du jour mijotés tiennent le haut du pavé. Pour la pause de l’après-midi, rien ne vaut un café grec sur la place d’un village.
Découvrir la Grèce : produits de terroir AOP et gastronomie grecque
Les 10 choses à ne pas rater à Ithaque
- La grotte des Nymphes (Marmarospilia), au-dessus de la plage de Dexa, où Ulysse aurait caché à son retour les présents offerts par les Phéaciens.
- L’École d’Homère, au-dessus de Stavros, où des fouilles ont mis au jour les fondations d’un palais mycénien que certains identifient à celui d’Ulysse.
- Le monastère des Katharon, dédié à la patronne de l’île depuis 1696, offre depuis le mont Niritos le plus beau panorama d’Ithaque sur le golfe de Vathy.
- La plage de Gidaki, la plus belle de l’île, longue grève de sable clair que l’on rejoint à pied depuis Vathy ou en kaïki.
- Le village de Kioni et son minuscule port aux maisons anciennes, à découvrir tôt le matin, avant que les voiliers n’envahissent la baie.
- Les fresques byzantines de l’église de la Panagia, à Anogi, et le campanile vénitien qui domine ce village médiéval presque déserté (clé au kafenío).
- Un arni tserepa, agneau cuit lentement au four dans son plat d’argile traditionnel avec pommes de terre et poivrons, plat emblématique de l’île.
- Le rovani, gâteau sirupeux au riz, au miel et aux clous de girofle, originaire de Stavros, que l’on sert lors des fêtes du village.
- La baie d’Afales, la plus grande crique de l’île, plage sauvage de galets et de sable que l’on atteint par une piste depuis Platrithias.
- La source d’Aréthuse, au bout d’un sentier homérique de trois heures sous la roche du Corbeau, où Eumée menait boire les troupeaux d’Ulysse.

