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Leucade (Lefkada), la montagne qui plonge dans la mer ionienne

Leucade ou Lefkada (en grec Λευκάδα) est la quatrième île des Ioniennes par la taille, posée contre la côte d’Acarnanie à laquelle un pont flottant la relie : c’est l’une des rares îles grecques où l’on arrive en voiture, sans ferry. Son nom vient de lefkós, « blanc », en référence aux falaises calcaires de sa côte ouest. Montagneuse à 70 %, elle culmine au mont Stavrota (1 182 m) et déroule environ 117 km de littoral, entre lagune au nord, criques abritées à l’est et longues plages sauvages à l’ouest. L’Antiquité plaçait au cap Lefkatas le rocher d’où la poétesse Sappho se serait jetée par chagrin d’amour. Leucade est touristique sans être saturée : la pression se concentre sur quelques stations de la côte est, l’intérieur et l’ouest restant largement préservés.

Leucade : la plage de Porto Katsiki, plage la plus connue de l'île Leucade ou Lefkada : la plage de Kavalikefta Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : la plage touristique de Porto Katsiki Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : la plage de Porto Katsiki Leucade ou Lefkada : la plage de Kathisma Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : vue aérienne sur la ville et la marina Leucade ou Lefkada : la baie de Vliho à Nydri Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : vue sur un village dans l'arrière pays Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : la plage vierge d'Agiofili Beach Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : panomara depuis la montagne Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : vue sur la marina de la capitale et ses toits rouges Leucade ou Lefkada dans les îles ionienne : vue sur la baie de Nydri
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Le meilleur de Leucade

Leucade s’organise autour de trois grandes zones. Le nord à partir de la capitale, Lefkada, sa lagune et l’arrière-pays montagneux (Karya, Englouvi, Sfakiotes) : c’est le coeur administratif et culturel, peu balnéaire. La côte est, du nord au sud (Lygia, Nikiana, Nydrí, Sývota, Vassiliki), concentre les ports, les criques abritées et l’essentiel du tourisme de l’île ; Nydrí en est la station la plus développée. La côte ouest, sauvage et spectaculaire, aligne de longues plages de sable au pied de falaises (Káthisma, Egremní, Pórto Katsíki) et ne compte qu’une vraie station, Agios Nikitas. On peut ajouter la petite île de Meganísi, au sud-est, qui se visite en bateau depuis Nydrí et mérite à elle seule une journée.

Le nord : la capitale, la lagune et les villages de montagne

La capitale, Lefkáda, occupe la pointe nord de l’île, là où le pont rejoint le continent. Détruite par les séismes de 1948 et 1953, elle a été reconstruite dans un style antisismique reconnaissable : maisons à ossature de bois dont les étages sont habillés de tôle ondulée peinte de couleurs passées, qui lui donnent un faux air de port caribéen. On traverse à pied son centre piéton en une dizaine de minutes, entre la place Agiou Spyridonos et la rue commerçante Ioannou Mela. Plusieurs églises de famille y conservent des oeuvres de l’École ionienne de peinture. Le Musée archéologique, sur le front de mer ouest, présente notamment des terres cuites du VIᵉ siècle av. J.-C. liées à un culte de Pan, et la mémoire de l’archéologue allemand Wilhelm Dörpfeld. À l’entrée de la digue veille la forteresse vénitienne d’Agia Mavra (Santa Maura), bâtie au XIVᵉ siècle et cernée d’un fossé d’eau salée. Un petit musée du phonographe et de la radio, plein d’objets anciens, prolonge cette flânerie. Leucade cultive d’ailleurs une forte tradition littéraire : elle a vu naître les poètes Angelos Sikelianos et Aristotelis Valaoritis, et l’écrivain américain Lafcadio Hearn y est lié. Le front de mer s’achève sur une marina moderne, et les marais salants qui bordent la lagune annoncent déjà l’arrière-pays. Au-dessus du hameau de Fríni, le monastère de Faneroméni domine la ville et la lagune ; on y conserve une petite chapelle et le souvenir de l’Occupation, quand les cloches étaient interdites.

L’intérieur montagneux se gagne par de petites routes sinueuses. Karya, à 500 m d’altitude, est le bourg central : sa place ombragée de platanes, ses tavernes et son musée du folklore rappellent une tradition réputée de dentelle et de broderie, introduite au XIXᵉ siècle par une brodeuse manchote, Maria Koutsochero. Plus haut, Englouvi (730 m) est le village le plus élevé de l’île, connu pour ses lentilles et son miel. Les Sfakiotes, en contrebas, alignent des hameaux agricoles propices à la marche.

La côte est : de Lygia à Vassiliki

Du nord au sud, la côte est commence par les villages de pêcheurs de Lygia, Nikiana et Perigiali, aux petites plages de galets, avant d’atteindre Nydrí. C’est la plus grande station de l’île, dans un cadre superbe : la baie fait face aux îlots de Madouri et Sparti et à Skorpios, l’ancienne propriété de la famille Onassis. Mais le bord de mer s’est mué en alignement quasi ininterrompu de boutiques et de bars, sans plage de qualité. C’est l’unique point réellement saturé de Leucade en juillet-août. Pour situer cette pression touristique, voyez l’Index du surtourisme des îles grecques ; et préférez, pour dormir ou dîner au calme, les villages voisins comme Sývota ou la baie de Mikrós Gialós. Depuis Nydrí partent aussi les excursions vers Meganísi et les îlots, et l’on rejoint à l’intérieur les cascades du Dimosari.

Plus au sud, après le port abrité de Vlychó, la baie de Dessími et celle de Roúda (officiellement Mikrós Gialós) comptent parmi les plus jolis recoins de la côte est. Sývota, fjord profond où mouillent les voiliers, n’a pas de plage mais d’excellentes tavernes de poisson. Vassiliki, à la pointe sud, est la capitale grecque de la planche à voile : un vent thermique d’après-midi (que les véliplanchistes surnomment « Eric ») y souffle tout l’été. C’est aussi une base de plongée reconnue (récifs, tombants et une grotte bleue accessibles au large), et son nouveau port complète celui de Nydrí pour les liaisons en ferry. Au large, Leucade compte quatre îlots satellites : seul Meganísi, le plus grand, se visite (ports de Spiliá et Vathý, villages de Spartochóri et Katoméri) ; Skorpios, Madouri et Sparti restent privés ou inaccessibles.

La côte ouest : falaises et grandes plages

La côte ouest rivalise avec les plus beaux paysages côtiers de Grèce : la route de montagne s’élève et redescend, ouvrant sur des plages de sable encadrées de falaises et d’une mer translucide. Agios Nikitas, à une douzaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, est la seule vraie station : un village piéton de petites maisons de bois, niché dans une combe, d’où l’on gagne la crique de Mýlos par un sentier ou en taxi-bateau, tandis que la longue plage de Pefkoúlia s’étire juste au nord. Au sud s’égrènent les hameaux de Kalamítsi, Hortáta et Komíli, où le paysage devient presque primitif, puis Athani, point de départ le plus reculé, où des étals vendent huile d’olive, miel et vin et d’où partent les routes vers les grandes plages du sud-ouest. Au bout de l’île, le cap Lefkatas tombe à pic de 75 m dans la mer : c’est le rocher de Sappho, surmonté d’un phare et des ruines d’un temple d’Apollon, où se tient chaque été en juillet un tournoi de parapente. La première fois que j’ai longé cette côte au coucher du soleil, la lumière sur le calcaire blanc m’a fait comprendre pourquoi les anciens y voyaient un lieu de bascule.

Où randonner à Leucade ?

L’intérieur montagneux se prête à la marche entre des villages distants de quelques kilomètres. L’itinéraire le plus connu mène aux cascades du Dimosari, dans la gorge au-dessus de Nydrí. Depuis Englouvi, des sentiers montent vers le massif du Stavrota et ses points de vue sur les deux côtes ; la gorge de Melissa, près des Sfakiotes, et la marche vers le cap Lefkatas complètent l’offre. Le balisage reste inégal et l’information difficile à trouver : mieux vaut une carte locale et, si possible, un contact sur place. Un réseau de sentiers (les « Lefkada Trails ») est en cours de structuration.

Au nord, la lagune de Leucade et les dunes de Gýra forment une zone humide protégée au titre de Natura 2000, importante pour les oiseaux migrateurs : on y observe hérons, échasses et flamants selon la saison. Pour comprendre le statut de ces milieux, voyez la page zones Natura 2000.

Quelles plages choisir à Leucade ?

La côte est offre surtout de petites plages de galets. Les plus belles sont la baie de Dessími et celle de Mikrós Gialós, abritées et bordées de pins, et Agiofili, près de Vassiliki, qu’on rejoint à pied ou en barque. La plage de Vassiliki, caillouteuse, est surtout le terrain des véliplanchistes.

Les stars sont à l’ouest. Káthisma est la plus accessible : un long ruban de sable fin, aménagé de bars de plage et adapté aux familles, qui devient naturiste et bien plus calme au-delà des grands rochers, à mi-longueur. Pefkoúlia, au nord d’Agios Nikitas, est l’une des plus longues de l’île. Plus au sud, deux plages mythiques se méritent. Egremní, près de 3 km de sable doré sous des falaises de 150 m, avait vu son escalier détruit par le séisme du 17 novembre 2015 ; reconstruit entre 2021 et 2023, il compte aujourd’hui environ 325 marches métalliques, et la plage reste aussi accessible en bateau depuis Nydrí ou Vassiliki. Pórto Katsíki, emblème de l’île au pied d’une falaise blanche concave, se rejoint par un escalier depuis un parking payant (environ 10 €) ou par mer ; il n’y a pas de surveillance de baignade. Au nord, le long cordon de Gýra et Agios Ioannis, en bordure de lagune, reste souvent désert à deux pas de la capitale et attire les véliplanchistes. Pour ces plages très photographiées, venez tôt le matin ou en fin de journée afin d’éviter la foule. Quelques remarques et conseils concernant les plages de Káthisma ou Mýlos, et le naturisme en Grèce.

  • Plages et activités sportives - 9/10
    9/10
  • Patrimoine historique et culturel - 6/10
    6/10
  • Villages et arrière pays - 7/10
    7/10
  • Authenticité - 6.5/10
    6.5/10
7.1/10
6.3/10
Avis des voyageurs
6.33/10 (6 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : environ 302 km² (environ 117 km de littoral)
  • Longueur maximum : environ 35 km ; largeur maximum : environ 15 km
  • Point culminant : mont Stavrota, 1 182 m
  • Environ 22 000 habitants (recensement 2021)
  • Ports principaux : Lefkáda (capitale) et Nydrí
  • Aéroport le plus proche : Aktion (Áktio / Préveza), environ 25 min

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • Lundi de Pâques : panigýri de Sývota.
  • 24 juin : Lampardes de la Saint-Jean, Pinakochóri.
  • 6 juillet : panigýri d’Agia Kyriaki.
  • 20 juillet : panigýri du Prophète Élie, Spanochóri.
  • Juillet : fête gastronomique de Leucade, place de Markás, Lefkáda.
  • Juillet et août : Valaoriteia (discours, danses, Varkarola), Nydrí.
  • Juillet à septembre : Festival international du folklore et Rencontres du Verbe et des Arts, château Santa Maura et villages.
  • 6 août : Fête de la lentille (Agios Donatos), Englouvi.
  • Août : reconstitution du mariage traditionnel léucadien et fête de la riganada, Karya.
  • 15 août : panigýria de la Panagia, Exánthia, Lygia et Vassiliki.
  • Automne : Lefkada MTB Open Race, Sfakiotes (Lazaráta).

La carte de Leucade

Comment venir à Leucade et s’y déplacer ?

Leucade n’a pas d’aéroport. Le plus proche est l’aéroport national d’Aktion près de Préveza (📍) à environ 25 minutes du port, qui reçoit des vols charters et quelques lignes régulières.

Par la route, on franchit la digue et le pont flottant sans ferry : un car KTEL relie Athènes à la capitale en environ 5 h (380 km), avec aussi des liaisons vers Igoumenítsa, Pátra et Thessalonique.

En ferry, on rejoint en été Kefalonia (Fiskárdo) et Ithaque (Fríkes) depuis Nydrí, ainsi que Meganísi. Sur place, les bus KTEL desservent les principales stations (Nydrí, Vassiliki, Agios Nikitas, Káthisma) mais se raréfient le dimanche et hors saison ; la location de voiture ou de scooter (capitale, Nydrí, Vassiliki) reste indispensable pour la côte ouest. Et comme partout, il n’est pas besoin de rapeller que le printemps et l’automne permettent de profiter des grandes plages sans la foule estivale.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

La gastronomie et les spécialités typiques de Leucade

La charcuterie est l’emblème de l’île : le salami Lefkados (σαλάμι Λευκάδας), séché à l’air, parfumé à l’ail et piqué de grains de poivre entiers, se prépare selon une recette héritée de l’époque vénitienne. Côté terre, les lentilles d’Englouvi (φακή Εγκλουβής), petites, multicolores et à cuisson rapide, viennent du village le plus haut de l’île et sont réputées dans toute la Grèce ; on y ajoute le miel de thym d’Athani et l’huile d’olive de l’arrière-pays. La lagune fournit un produit rare, l’avgotaracho (αυγοτάραχο), poutargue de mulet, ainsi que de petites crevettes et des poissons frits. Les tavernes servent aussi la morue bianco, le poulpe au vin et la riganada (ριγανάδα), pain rassis arrosé d’huile et d’origan. Au rayon douceurs : mantolato (μαντολάτο), nougat aux amandes, pasteli (παστέλι) au sésame et miel, et soumada (σουμάδα), sirop d’amande à diluer.

Le vignoble, le plus petit des îles Ioniennes, est dominé par le cépage rouge Vertzami (Βερτζαμί), complété de rares blancs locaux (Vardea, Chlori) ; l’IGP Leucade est l’appellation enregistrée de l’île. Seul ce vin bénéficie d’une protection européenne : le salami et les lentilles, bien que célèbres, n’ont pas d’AOP ni d’IGP. Plus de repères sur la page vins grecs.

Les 10 choses à ne pas rater à Leucade

  • Pórto Katsíki : la plage la plus photographiée de l’île, au pied d’une falaise blanche concave.
  • Egremní : 3 km de sable sauvage, de nouveau accessibles par un escalier reconstruit ou en bateau.
  • Káthisma : longue plage de sable, à la fois aménagée et naturiste au-delà des rochers.
  • Cap Lefkatas : le rocher de Sappho, son phare et son temple d’Apollon, au coucher du soleil.
  • Karya : place aux platanes, tavernes et musée de la broderie au coeur de la montagne.
  • Englouvi : déguster la fameuse lentille dans le village le plus haut de l’île.
  • Vassiliki : s’initier à la planche à voile dans la baie balayée par le vent d’après-midi.
  • Sývota : dîner du poisson au fond du fjord, devant les voiliers à l’ancre.
  • Meganísi : traverser en bateau depuis Nydrí pour ses criques et le village de Spartochóri.
  • Salami Lefkados : goûter la charcuterie maison dans une épicerie de la capitale.

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