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Syros, l'île la plus grecque des Cyclades, loin du surtourisme

Syros (Σύρος) est une île des Cyclades située au centre de l’archipel, à 78 milles nautiques du Pirée. C’est la capitale administrative des Cyclades et la plus peuplée d’entre elles, avec environ 21 000 habitants regroupés autour d’Ermoupoli, sa capitale néoclassique. Surnommée l’archontissa, la dame des Cyclades, Syros doit son visage à son histoire : peuplée dès le Néolithique, vénitienne et catholique au Moyen Âge, elle accueille après 1821 les réfugiés de Chios et de Psara, qui en font le premier port et la deuxième ville de Grèce au XIXe siècle. L’île est aussi la patrie du philosophe Pherekydis, maître présumé de Pythagore. Côté tourisme, Syros reste l’une des rares Cyclades où la vie locale prime sur les visiteurs : fréquentée surtout par des Grecs, elle ne connaît pas la saturation de ses voisines.

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Le meilleur de Syros

Syros tient dans un mouchoir de poche : 83,6 km²87 km de côtes, un sommet modeste (le mont Pyrgos, 442 m) et rien à plus de 15 km d’Ermoupoli. Deux ensembles structurent l’île. Au nord se trouvent Ermoupoli et son arrière-pays montagneux, l’Apano Meria, qui couvre près de la moitié de l’île : la ville cosmopolite d’un côté, de l’autre un nord aride, quasi désert, protégé et sillonné de sentiers. Au sud et à l’ouest s’étend la Syros balnéaire : plaines cultivées, villages côtiers et la plupart des plages, plus fréquentée l’été mais jamais bondée. C’est ce contraste, urbain et sauvage, qui fait l’intérêt de l’île.

 

Ermoupoli, la capitale néoclassique des Cyclades

On ne visite pas Ermoupoli comme un village cycladique : ici, pas de cubes blanchis à la chaux, mais des immeubles ocre, roses et abricot qui dévalent deux collines depuis le port. La ville, dont le nom vient d’Hermès, est un véritable musée à ciel ouvert protégé, héritage de l’âge d’or commercial du XIXe siècle. Tout converge vers la place Miaouli, l’une des plus belles places de Grèce, dominée par un hôtel de ville monumental dessiné par l’architecte Ernst Ziller (1876 à 1881), qui abrite aussi le musée archéologique. À deux pas, le théâtre Apollon, conçu en 1864 par l’Italien Pietro Sampo, est une réplique miniature de la Scala de Milan. En montant vers la colline de Vrondadho, l’église orthodoxe de l’Anastasis offre une vue sur Tinos et Mykonos, tandis que l’église de la Dormition (Koimisis tis Theotokou) conserve une œuvre du jeune El Greco. Le quartier aristocratique de Vaporia, où les armateurs ont bâti leurs demeures, descend directement à la mer : on s’y baigne depuis les plateformes d’Ayios Nikolaos. La Pinacothèque des Cyclades et le musée industriel complètent la visite, et il faut lever les yeux sur la jetée pour repérer le vieux phare de l’îlot de Gaidouronisi, le plus ancien (1834) et le plus haut de Grèce. Côté port, les chantiers navals du Neorion, toujours actifs, rappellent que Syros vit d’abord de son activité, pas du tourisme. La ville fête d’ailleurs en 2026 le bicentenaire de sa fondation. Particularité de l’île : orthodoxes (les deux tiers) et catholiques cohabitent et célèbrent Pâques ensemble, à la date orthodoxe, un syncrétisme qu’on ne retrouve qu’à Tinos.

Ano Syros, le bourg médiéval catholique

À 2 km au-dessus de la place Miaouli, Ano Syros (Ano Syros) est le noyau médiéval fondé par les Vénitiens, un labyrinthe d’escaliers et de ruelles blanches couronné par la cathédrale catholique Saint-Georges. On y trouve aussi le monastère des Capucins (1633) et celui des Jésuites. Ano Syros est surtout le berceau du rebetiko : le grand compositeur Markos Vamvakaris y est né en 1905, et un petit musée lui rend hommage. Un soir, j’ai dîné à la taverne Lilis, où Vamvakaris jouait autrefois : la vue sur Ermoupoli illuminée vaut à elle seule la montée. C’est une halte incontournable pour qui s’intéresse à la culture grecque vivante.

Apano Meria, le nord sauvage et protégé

Au nord d’Ano Syros commence l’Apano Meria, un autre monde : collines rocheuses, murets de pierre sèche (xerolithika), thym et lavande, hameaux dispersés. Ce nord aride, classé Natura 2000 (sites GR4220032 et GR4220018), a échappé au bétonnage qui a défiguré une partie des Cyclades. C’est ici qu’on goûte le fromage de l’île au hameau de San Michalis, et qu’on rejoint les sites archéologiques majeurs de Kastri et Chalandriani : une cité fortifiée et une nécropole d’environ 600 tombes du Cycladique ancien (2700 à 2300 av. J.-C.), fouillées par Christos Tsountas dès 1899, où furent mises au jour de célèbres idoles cycladiques. Plus loin, la crique de Grammata garde dans la roche des inscriptions de marins romains et byzantins, et la grotte de Pherekydis, où la tradition fait vivre le philosophe, se cache dans le même secteur. Le nord recèle aussi une curiosité géologique rare en Grèce, les éclogites, roches vertes affleurant près d’Aerolithos. En redescendant vers la capitale, on traverse les villages de Talanta et d’Episkopio, ancienne villégiature d’hiver aux villas du XIXe siècle, et la grotte d’Alithini offre un beau point de vue sur Ano Syros. Au large, l’îlot inhabité de Gyaros, ancien bagne politique, est devenu l’un des principaux refuges du phoque moine de Méditerranée et fait l’objet d’excursions saisonnières en bateau. Pour découvrir les îles grecques les moins touristiques dans cet esprit, voir notre dossier dédié.

Que faire dans le sud et l’ouest de Syros ?

Le sud et l’ouest concentrent les villages balnéaires, reliés entre eux et à Ermoupoli par de bonnes routes. Sur la côte ouest, Kini est un joli village de pêcheurs réputé pour ses tavernes de poisson et sa baie en fer à cheval. Plus bas, Galissas est la station la plus développée de l’île, avec sa longue plage, son camping et les vestiges d’une acropole antique sur la colline d’Agia Pakou. En continuant vers le sud, Finikas, ancien port de pêche, précède Poseidonia, aussi appelée Dellagrazia du nom de son église catholique : ce fut dès le milieu du XIXe siècle la villégiature chic des familles d’Ermoupoli, qui y ont laissé de superbes villas néoclassiques. Suivent Megas Yialos, station diffuse au bord d’une grande plage, puis Vari, l’un des plus anciens villages de l’île, entouré de fermes et flanqué du hameau verdoyant de Chroussa, et enfin Azolimnos, la plage la plus proche de la capitale. Entre Poseidonia et Ermoupoli, le petit village de Parakopi aligne lui aussi ses villas bourgeoises, témoins de la prospérité passée.

C’est dans ce sud que se joue, à petite échelle, la question du tourisme. En juillet et août, Galissas et Vari se remplissent, mais l’essentiel des visiteurs sont des Grecs, et Syros reste très loin de la pression de ses voisines : là où Mykonos et Paros saturent, Syros se contente d’être animée. Notre Index du Surtourisme la classe parmi les îles les moins exposées de l’archipel, ce qui en fait l’une des destinations les plus authentiques des Cyclades.

Peut-on randonner à Syros ?

 

Oui, et c’est même l’une des plus belles surprises de l’île. Le réseau de sentiers se concentre dans l’Apano Meria, au nord, classé Natura 2000. Une vingtaine d’itinéraires balisés couvrent le nord et quelques zones du sud. Les plus faciles partent de Kini : le sentier côtier vers Delfini (environ 3 km, sans dénivelé notable) convient à tous niveaux et se double d’une baignade en arrivée. Depuis Kambos, les itinéraires plus engagés descendent vers les criques isolées (Grammata, Aetos, Varvarousa) à travers un paysage de phrygana où prospèrent une cinquantaine d’espèces d’oiseaux et plusieurs reptiles, et où affleurent des roches vertes rares, les éclogites. On y marche sur d’anciens chemins muletiers bordés de murets de pierre sèche, au rythme des chèvres et loin de tout bruit de moteur.

Deux itinéraires se distinguent : la marche vers la crique de Grammata (environ 1 h depuis Kambos), avec ses inscriptions antiques gravées dans la roche, et le sentier de Richopou vers la grotte de Pherekydis (30 min, facile), qui mène à l’antre du philosophe. Dans le sud, une boucle entre Megas Yialos et Poseidonia (environ 8 km) suit les collines et traverse des paysages de vignes et d’oliviers. Avant de partir, téléchargez les traces hors ligne sur AllTrails, car la connexion est aléatoire dans le nord. Randonnée à réserver au printemps ou à l’automne, car le nord est sans ombre. Pour préparer votre séjour, voir notre guide randonnée en Grèce et le dossier sur les espaces naturels protégés.

Quelles plages choisir à Syros ?

Les plages de Syros sont petites mais variées, et rarement bondées même en haute saison. Les plus accessibles bordent le sud et l’ouest. Azolimnos et Vari, sableuses et bien abritées, sont parfaites en famille et appréciées quand souffle le meltemi. Megas Yialos et sa petite voisine Ambela sont ombragées de tamaris, et la minuscule crique d’Akhladhi, abritée, ravit les familles. Au sud-ouest, Agathopes est la plus belle plage de sable de l’île, face à l’îlot de Skhinonisi (attention, une base navale jouxte le site) : on y accède facilement depuis Finikas. La crique voisine de Komito, en contrebas d’une oliveraie, reste sauvage et tranquille, avec des oliviers pour ombre et des eaux limpides. Derrière le cordon de sable de plusieurs de ces plages poussent au printemps les délicats lys de mer, protégés. À ne pas manquer non plus, la chapelle troglodytique d’Ayios Stefanos bâtie dans une grotte au bord de la mer, que l’on rejoint depuis Galissas par une piste puis 30 minutes de marche, ou par bateau.

Finikas et la plage de Voulgari, exposées au vent du nord, plaisent aux véliplanchistes et aux kitesurfeurs. Galissas, la plus grande, propose sports nautiques et, à dix minutes à pied derrière la chapelle d’Agia Pakou, la plage naturiste d’Armeos dans une petite crique préservée. Sur la côte ouest, Kini et sa voisine plus calme, Loto, conviennent aux familles grâce à leurs eaux peu profondes.

Tout autre chose au nord : dans l’Apano Meria, les criques de DelfiniVarvarousaAetosLiaKlisoura et Grammata ne se méritent qu’à pied ou en bateau. Eau cristalline, absence d’aménagement, parfois pas la moindre taverne : ce sont les plages des amateurs de solitude et des marcheurs. La plupart des prestataires de bateaux au départ de Kini ou de Finikas proposent des demi-journées vers ces criques, avec baignade et déjeuner à bord. C’est souvent la meilleure façon de les combiner toutes en une journée sans équipement de randonnée, et de voir simultanément la côte nord depuis la mer.

  • Plages et activités sportives - 6/10
    6/10
  • Patrimoine historique et culturel - 7/10
    7/10
  • Villages et arrière pays - 8/10
    8/10
  • Authenticité - 8/10
    8/10
7.3/10
8.1/10
Avis des voyageurs
8.13/10 (4 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : 83,6 km² (87 km de littoral)
  • Dimensions : environ 18 km de long sur 11 km de large
  • Point culminant : mont Pyrgos, 442 m
  • Population : environ 21 100 habitants (recensement 2021)
  • Port principal : Ermoupoli
  • Aéroport : aéroport national de Syros « Dimitrios Vikelas », à 2 km d’Ermoupoli

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • Février-mars : Carnaval (Apokries), défilés à Ano Syros et Ermoupoli.
  • Juin : Festival choral d’Ermoupoli, organisé par le Syros Music Club, Ermoupoli.
  • Juillet : Festival international de l’Égée (opéra et musique classique), Ermoupoli.
  • Juillet-août : Ermoupoleia, concerts et spectacles, Ermoupoli.
  • Août : Festival international d’orgue ANO, cathédrale Saint-Georges, Ano Syros.
  • Fin août : Festival du rebetiko « Syra de Markos Vamvakaris », Ano Syros et théâtre Apollon.
  • Septembre : Animasyros, festival international du film d’animation, Ermoupoli.

La carte de Syros

Comment venir à Syros et s’y déplacer ?

Syros possède son propre aéroport, l’aéroport national « Dimítrios Vikélas », à 2 km d’Ermoúpoli, relié à Athènes en 30 à 35 minutes de vol. Mais la plupart des voyageurs arrivent par la mer : tous les ferries accostent à Ermoupoli, à 2 h 30 à 4 h du Pirée selon le bateau, avec aussi des liaisons depuis Rafína et, en saison, Lávrio. Plaque tournante des Cyclades du nord, Syros est très bien connectée : Mykonos (environ 50 min), Tinos (1 h, quotidien), Páros, Náxos et Ándros sont à portée de traversée. Sur place, deux lignes de bus circulaires desservent les villages du sud (Galissás, Fínikas, Poseidonía, Mégas Yialós, Vári, Azólimnos), avec une ligne saisonnière vers Kíni et des bus pour Ano Syros. Pour atteindre l’Apáno Meriá et les plages isolées, mieux vaut louer une voiture ou un scooter, disponibles sur le port. Les vols depuis Athènes restent peu nombreux et de petits appareils, et en août il est prudent de réserver ses traversées à l’avance. Pour comparer les options, voir notre guide ferry et bateau.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

Organiser votre voyage: notre sélectioon de logements à Syros

Que manger à Syros ?

La cuisine de Syros est un métissage rare : à la frugalité cycladique se mêlent les recettes complexes des réfugiés d’Asie Mineure et la touche cosmopolite héritée des marchands du XIXe siècle. Le produit phare est le San Michali (Σαν Μιχάλη), seul fromage grec d’AOP élaboré exclusivement au lait de vache : affiné de quatre à huit mois, à la croûte dorée et au goût piquant et noiseté, il porte le nom du hameau du nord et passe pour le plus cher des fromages grecs. On le déguste en saganaki ou simplement avec du pain. À côté, l’île produit d’autres fromages, une graviera douce, l’anthotyro crémeux et le frais piquant kopanisti (κοπανιστή), ainsi qu’une charcuterie réputée, surtout la louza (λούζα), filet de porc séché parfumé au fenouil sauvage. Syros est aussi célèbre pour ses douceurs : les loukoumi (λουκούμι), introduits dès 1832 par les réfugiés de Chios et parfumés à la rose, au mastic ou à la bergamote, et la halvadopita (χαλβαδόπιτα), nougat tendre serré entre deux hosties, déclinée parfois en mandolato (μαντολάτο). Côté plats, goûtez la kakavia (κακαβιά), soupe de poissons de roche, et le lapin au vin. Les meilleures tables se trouvent dans les ruelles d’Ano Syros et autour du port. Pour rapporter ces produits, fuyez les coffrets calibrés pour touristes du front de mer et préférez les petites épiceries d’Ermoupoli et les ateliers de loukoumi qui travaillent encore en famille. Notre rubrique gastronomie approfondit ces produits et les vins grecs.

Ce qu’il ne faut pas rater à Syros

  • La place Miaouli d’Ermoupoli, avec l’hôtel de ville monumental dessiné par Ernst Ziller, est l’une des plus belles places de Grèce.
  • Le théâtre Apollon, construit en 1864 par Pietro Sampo sur le modèle de la Scala de Milan, accueille encore des concerts en été.
  • La montée à pied depuis Ermoupoli jusqu’à Ano Syros, le quartier médiéval catholique, pour découvrir la cathédrale Saint-Georges et le labyrinthe de ruelles.
  • Le musée Markos Vamvakaris à Ano Syros, berceau du rebetiko, et un dîner à la taverne Lilis avec vue sur Ermoupoli illuminée la nuit.
  • Le quartier de Vaporia, où les armateurs du XIXe siècle ont bâti leurs demeures, et la baignade aux plateformes d’Ayios Nikolaos.
  • Le fromage San Michali (AOP), seul fromage grec élaboré exclusivement au lait de vache, affiné huit mois, au goût piquant et noiseté.
  • Les loukoumi parfumés à la rose ou au mastic et la halvadopita, tous deux introduits par les réfugiés de Chios après 1832 à Syros.
  • La randonnée depuis Kambos jusqu’à la crique de Grammata, où des marins romains et byzantins ont gravé leurs prières dans la roche.
  • Le hameau de San Michalis, au nord de l’île, pour déjeuner à la taverne Plakostroto avec vue sur les vallons et les îles voisines.
  • La plage d’Agathopes, la plus belle plage de sable du sud, et la crique sauvage de Komito, accessible en 10 minutes à pied depuis Finikas.

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