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Samos, l'île de Pythagore, entre vignes en terrasses et forêts de pins

Samos est une grande île du Nord-Égée, séparée de la Turquie par un détroit de moins de deux kilomètres à son point le plus étroit. Longue de 56 kilomètres, elle est connue pour son vin doux de Moschato, ses montagnes couvertes de forêts et son passé antique : selon la tradition, Pythagore, la déesse Héra et le philosophe Épicure y sont nés. Pythagoreio et l’Héraion sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le tourisme s’y concentre surtout en juillet et en août sur le sud-est et la côte nord, mais la majeure partie de l’île reste rurale, tournée vers la vigne et l’olivier. J’y ai passé plusieurs jours à sillonner ses routes de montagne, entre dégustations de vin et marches vers des cascades.

Au sommaire

Le meilleur de Samos

Samos se découpe en plusieurs régions aux ambiances bien distinctes. À l’est, Vathy (ou Samos ville), la capitale portuaire, plutôt calme. Au sud-est, Pythagoreio et l’Héraion, la zone la plus touristique et la plus historique de l’île. Au centre, des villages agricoles comme Mytilinioi ou Pyrgos, peu visités. À l’ouest, la région du mont Kerkis et de Karlovasi, sauvage et montagneuse. Au nord, la côte de Kokkari, animée l’été, et les villages de montagne comme Manolates ou Vourliotes, restés authentiques malgré leur notoriété.

Que voir à Vathy et à l’est de l’île ?

Vathy (ou Samos ville) est la capitale de l’île, construite en amphithéâtre au fond d’une baie profonde. Le quartier historique d’Ano Vathy, aux maisons du 19e siècle à toit de tuiles, se prête à la flânerie, tout comme la place Pythagora et sa statue de lion, rendez-vous classique des habitants en soirée. L’église d’Ai Giannakis, où fut proclamée l’insurrection de 1821 contre les Ottomans, et les vestiges épars du mur de Polycrate rappellent le rôle de Vathy dans l’histoire du soulèvement samien. Le musée archéologique de Vathy conserve un kouros de marbre parmi les plus grands retrouvés en Grèce, provenant de l’Héraion. Près du port, dans le quartier de Malagari, le musée du vin samien retrace l’histoire de la coopérative viticole fondée en 1934, avec des bouteilles conservées depuis 1892.

À l’est de Vathy, la côte devient plus sauvage : le sentier reliant Psili Ammos à Kerveli via le petit port de pêche de Poseidonio traverse une végétation de pins jusqu’à des criques isolées. Plus au sud, la zone humide de l’Alyki, classée Natura 2000, accueille des oiseaux migrateurs à quelques centaines de mètres des côtes turques.

Que voir à Pythagoreio et sur la côte sud-est ?

Pythagoreio, sur la côte sud-est, est le point le plus historique et le plus fréquenté de Samos. La bourgade porte le nom de Pythagore, né ici selon la tradition, et son port antique, l’un des premiers ports artificiels de Méditerranée, est aujourd’hui bordé de yachts et de tavernes. La ville et l’Héraion voisin forment ensemble un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le château de Lykourgos Logothetis, bâti en 1824 par le chef de la résistance samienne, domine le port. À quelques minutes à pied, le tunnel d’Eupalinos, aqueduc creusé au 6e siècle avant notre ère par l’ingénieur Eupalinos de Mégare, s’étend sur 1036 mètres sous la colline du Kastro (fermé le mardi).

À 4 kilomètres à l’ouest de la ville, l’Héraion abritait l’un des plus vastes sanctuaires du monde grec selon Hérodote, avec 155 colonnes ioniques de 20 mètres de haut à l’origine. Une seule colonne, conservée sur la moitié de sa hauteur, tient encore debout aujourd’hui. Le musée archéologique de Pythagoreio conserve plus de 3000 objets mis au jour sur le site, dont certains remontent au 4e millénaire avant notre ère.

Au large, l’îlot de Samiopoula, inhabité, se visite en excursion à la journée depuis le port de Pythagoreio, pour une baignade dans des eaux turquoise loin de la foule.

C’est autour de Pythagoreio que se concentre l’essentiel de la fréquentation estivale de Samos. En juillet et en août, les ruelles piétonnes et les plages voisines comme Potokaki tournent à plein régime, et l’afflux de visiteurs turcs venus à la journée depuis Kusadasi (à 1h30 de bateau) s’est nettement accru ces dernières années. Pour visiter le site plus tranquillement, mieux vaut arriver tôt le matin, avant l’ouverture du tunnel d’Eupalinos, ou privilégier le printemps et l’automne. Voir aussi notre index du surtourisme des îles grecques.

Organiser votre voyage: où dormir à Samos ?

Que voir dans les villages du centre de l’île ?

Entre Vathy et Pythagoreio, les villages du centre vivent surtout de l’agriculture et voient très peu de visiteurs. Mytilinioi, le plus grand d’entre eux, est construit en amphithéâtre autour d’une place ombragée de platanes ; son musée d’histoire naturelle et de paléontologie expose des fossiles d’animaux ayant vécu sur Samos il y a 8 à 10 millions d’années. Pyrgos, bâti sur les rives de la rivière Amfilyssos, est réputé pour son miel de thym. À Pagondas, construit en amphithéâtre au milieu des vignes et des oliviers, un petit musée du folklore complète la visite de la place principale. Plus au sud, Koumaradaioi (ou Koumeika) perpétue une tradition de poterie et de tissage, non loin du monastère de la Megali Panagia, fondé en 1586. Le hameau de Spatharaioi, surnommé le balcon du sud de Samos, offre une vue dégagée jusqu’aux îles du Dodécanèse. C’est dans cette région, à l’écart des foules estivales, que Samos se découvre dans son quotidien le plus authentique.

Que voir à l’ouest, autour du mont Kerkis ?

À l’ouest, le paysage change radicalement : le mont Kerkis (1434 mètres), deuxième sommet le plus élevé de la mer Égée après ceux de Crète, domine une région bien plus sauvage et bien moins fréquentée que le sud-est de l’île. Marathokambos, bâti en amphithéâtre sur le versant du mont Fteria, conserve une architecture populaire remarquable, avec son école Kentoureios de 1920 et sa fontaine publique de 1881. Son port, l’Ormos, concentre l’essentiel de l’animation touristique de la côte sud-ouest. Le hameau de Kallithea est réputé pour ses couchers de soleil. À Drakei, dernier village avant que la route ne s’arrête, débute un sentier qui traverse une zone Natura 2000 jusqu’aux plages sauvages de Seitani.

Sur la côte, le petit port d’Agios Isidoros abrite le dernier chantier de construction de caïques en bois de l’île, une tradition inscrite au patrimoine culturel immatériel de la Grèce depuis 2013. Non loin, dans la gorge de Kiourka, la grotte de Pythagore (grotte de la Sarantoskaliotissa) est le lieu où le philosophe se serait retiré pour méditer, avant de fuir vers la Sicile : il faut grimper environ 300 marches pour l’atteindre.

Plus au nord, Karlovasi, deuxième ville de l’île et siège de la faculté des sciences de l’université de l’Égée, est un port actif tourné vers le Nord-Égée et les Cyclades. Les cascades de Potami, à sa périphérie, se rejoignent par un sentier ombragé longeant une petite église byzantine du 11e siècle.

Que voir au nord et dans les villages de montagne ?

Sur la côte nord, Kokkari est passée en un siècle du statut de petit port de pêche de Mytilinioi à celui de station la plus animée de Samos, avec son centre de windsurf et ses plages de galets blancs très fréquentées en été. L’église Agios Nikolaos, la plus grande de l’île, abrite un musée ecclésiastique et folklorique. Un peu plus loin, le village d’Agios Konstantinos reste plus tranquille.

Juste au-dessus de la côte, les villages de montagne offrent un contraste complet avec l’agitation estivale du littoral. Manolates, à 22 kilomètres de Vathy sur les pentes du mont Karvounis (ou Ambelos), vit de ses ateliers de céramique et de ses ruelles fleuries : la vue depuis le village porte jusqu’aux côtes turques. Vourliotes, fondé au 17e siècle par des familles réfugiées de Vourla, près de Smyrne, conserve une architecture influencée par la Micrasie et des terrasses de vigne travaillées à la main. Le monastère de la Panagia Vrondiani, l’un des plus anciens de l’île, se trouve à deux kilomètres. Entre les deux villages, la route qui mène à Stavrinides et à Platanos traverse des vignobles en terrasses accrochés à la montagne, tandis que le chemin reliant Platanakia à Manolates emprunte la vallée des Rossignols, une gorge ombragée de platanes centenaires.

Où randonner à Samos ?

Samos compte une quarantaine de sentiers balisés, pour un total d’environ 260 kilomètres, recensés sur le site samoshikes.com tenu par des randonneurs locaux. L’île se prête aussi bien à des balades familiales sur quelques kilomètres qu’à des itinéraires de montagne plus engagés, à réserver aux marcheurs habitués aux dénivelés importants.

La randonnée la plus connue relie Vourliotes à Kokkari en une boucle de 8 kilomètres à travers oliveraies et forêts. Entre Platanakia et Manolates, un sentier traverse la vallée des Rossignols, une gorge fraîche plantée de platanes centenaires. Près de Potami, un chemin longe un ruisseau et des ponts de bois jusqu’à deux cascades, la première à environ 1,5 kilomètre du parking, la seconde accessible après une courte traversée à la nage. Une autre chute, haute d’environ 8 mètres, se trouve à l’ouest du village d’Ambelos, au bout d’une marche d’1,5 kilomètre.

Pour les marcheurs plus aguerris, le sentier partant de Drakei traverse une zone Natura 2000 jusqu’aux plages sauvages de Seitani, sur la côte nord-ouest. L’ascension du mont Kerkis, jusqu’au sommet de la Vigla à environ 1400 mètres, offre par temps clair une vue sur la moitié de la mer Égée : c’est l’itinéraire le plus exigeant de l’île, réservé aux randonneurs expérimentés. Plus accessible, la montée vers la grotte de Pythagore, dans la gorge de Kiourka, compte environ 300 marches.

Plusieurs zones traversées par ces sentiers, dont le mont Kerkis, les plages de Seitani et la forêt de Kastania, sont classées Natura 2000. Prévoir de l’eau en quantité et des chaussures fermées : l’ombre se fait rare sur les tronçons les plus exposés, notamment en fin de matinée.

Quelles sont les plus belles plages de Samos ?

Samos compte une quarantaine de plages, du galet fin au sable, dispersées entre criques sauvages et rivages organisés, la plupart accessibles en voiture et certaines uniquement à pied ou en bateau.

À l’est et autour de Pythagoreio, Psili Ammos est la plage la plus proche de la Turquie, peu profonde et idéale pour les familles. Kerveli, à 9 kilomètres de Vathy, forme une baie bien abritée du vent du nord. À proximité, l’îlot de Kasonisi dessine un lagon turquoise accessible en 600 mètres de sentier ou en bateau. Au nord-est, Livadaki forme une crique en fjord aux eaux chaudes et peu profondes, tandis que Mykali, entre Pythagoreio et Psili Ammos, est équipée pour les sports nautiques et adaptée aux familles. Près de Pythagoreio, Potokaki s’étend en une longue plage de galets fins, tandis que Glykoriza longe le site de l’Héraion.

Sur la côte sud, au pied de Marathokambos, Votsalakia est sans doute la plus longue plage de l’île, organisée mais bordée d’arbres offrant de l’ombre naturelle. Un peu plus loin, Balos séduit par ses eaux profondes et limpides, restées peu aménagées, et par les quelques tavernes installées à proximité.

Au nord, Kokkari propose une plage de galets blancs très fréquentée, ventée et prisée pour le windsurf. Juste à côté, Lemonakia et Tsamadou offrent des eaux turquoise sous une pinède : Tsamadou est la seule plage naturiste officielle de l’île. Tsampou, encadrée de falaises, se prête aux sauts et à l’exploration des rochers.

Près de Karlovasi, Potami combine une longue étendue de galets et de sable avec, à proximité, deux cascades accessibles à pied. Au-delà, la route s’arrête et un sentier côtier mène aux plages de Seitani (Mikro et Megalo), accessibles uniquement à pied ou en caïque depuis Karlovasi : sable fin, eaux transparentes et absence totale d’aménagement.

En été, les plages de Kokkari et de Pythagoreio sont les plus courues de l’île, avec location de transats et surveillance sur les rivages principaux. Pour un bain plus tranquille, mieux vaut viser les plages du sud-ouest, autour de Balos et de Marathokambos, ou marcher jusqu’à Seitani.

  • Plages et activités sportives - 7/10
    7/10
  • Patrimoine historique et culturel - 7.5/10
    7.5/10
  • Villages et arrière pays - 6.5/10
    6.5/10
  • Authenticité - 7/10
    7/10
7/10
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : environ 477,6 km² (plus de 150 km de littoral)
  • Longueur maximum : 56 km, largeur maximum : 20 km
  • Point culminant : mont Kerkis, 1434 m (deuxième sommet de la mer Égée après la Crète)
  • Environ 32 640 habitants (recensement 2021)
  • Ports principaux : Vathy et Karlovasi (Pythagoreio pour les liaisons vers le Dodécanèse)
  • Aéroport le plus proche : Aristarchos de Samos (SMI), près de Pythagoreio

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • 5 août : panégyrie de la Transfiguration, veille de la fête, Koumeika (l’une des plus grandes fêtes de l’île).
  • 6 août : fête de la Métamorphose du Sauveur, Pythagoreio, en mémoire de la victoire navale grecque de 1824 dans le détroit de Mycale.
  • 27 juillet : fête de Saint-Pantéléimon, Koumaradaioi.
  • 15 août : panégyrie de la Dormition, Vourliotes et Manolates, avec la fête voisine de la Panagia Vrondiani.
  • Fin octobre à début décembre : fêtes des alambics de souma (kazanemata), villages de montagne comme Ydroussa, Manolates ou Vourliotes.

La carte de Samos

Comment se rendre à Samos et s’y déplacer ?

L’aéroport de Samos (Aristarchos, code SMI), près de Pythagore, est desservi par des vols directs depuis Athènes toute l’année et par des liaisons charters européennes en été. L’île compte trois ports : Vathy, le principal, relié à Pirée (8 à 11 heures de traversée), à Mykonos, Syros, Patmos et Rhodes, et en saison à Kusadasi en Turquie (1h30) ; Karlovasi, tourné vers les autres îles du Nord-Égée et les Cyclades ; et Pythagoreio, point de départ des catamarans vers le Dodécanèse. Voir notre page sur les liaisons en ferry entre les îles grecques.

Le réseau de bus KTEL Samou relie les principales localités mais avec des fréquences limitées, surtout hors saison : louer une voiture reste le moyen le plus pratique pour explorer les villages de montagne et les plages isolées.

Pythagoreio et Kokkari, les zones les plus touristiques de l’île, sont nettement plus calmes au printemps et à l’automne.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

Que manger et que boire à Samos ?

Le vin est la grande fierté de Samos. Le moschato (μοσχάτο), issu du cépage muscat blanc à petits grains cultivé en terrasses sur les pentes du mont Ambelos entre 100 et 900 mètres d’altitude, bénéficie d’une AOP Samos depuis 1970, l’une des plus anciennes de Grèce. La coopérative viticole EOSS, fondée en 1934, en exporte encore aujourd’hui la majeure partie de la production. L’huile d’olive de Samos, issue en grande partie de la variété locale throumboelia cultivée sur le versant sud de l’île, bénéficie quant à elle d’une IGP.

Côté fromages, l’armogalo, crème onctueuse de lait de chèvre à la saveur légèrement acidulée, est la spécialité la plus emblématique de l’île, même si elle ne bénéficie d’aucune appellation protégée à ce jour. Le miel samiote, produit par près de 165 apiculteurs, tire ses arômes du thym, du pin et des agrumes de l’île.

Le plat signature de Samos est le dos de chevreau farci au riz, aux abats et aux herbes, cuit au four sur des sarments de vigne. On trouve aussi le keskeki, plat de fête à base de blé et de viande hérité de la cuisine d’Asie Mineure, et les kremmydontolmades, des dolmas préparés avec les longs oignons de Koumeika. En fin de saison, entre fin octobre et début décembre, les villages de montagne s’activent autour des alambics de souma (σούμα), une eau-de-vie de marc de raisin proche du tsipouro, traditionnelle mais elle aussi sans appellation officielle.

    • Héraion : les vestiges du plus vaste sanctuaire dédié à Héra du monde grec antique, avec sa colonne unique encore debout, à quatre kilomètres de Pythagoreio.
    • Tunnel d’Eupalinos : cet aqueduc creusé au 6e siècle avant notre ère depuis deux extrémités opposées reste une prouesse d’ingénierie antique rarement égalée.
    • Pythagoreio : ruelles piétonnes, port historique et château de 1824, le tout classé au patrimoine mondial de l’UNESCO avec l’Héraion voisin.
    • Musée du vin samien : à Vathy, visite des chais et dégustation dans les locaux de la coopérative fondée en 1934, avec des bouteilles conservées depuis 1892.
    • Vourliotes et Manolates : deux villages de montagne aux ruelles fleuries, ateliers de céramique et vue sur les côtes turques depuis les hauteurs du Karvounis.
    • Cascades de Potami : une marche ombragée le long d’un ruisseau mène à deux chutes d’eau, la seconde accessible après une brève traversée à la nage.
    • Grotte de Pythagore : dans la gorge de Kiourka, environ 300 marches mènent à l’endroit où le philosophe se serait retiré pour méditer.
    • Agios Isidoros : le dernier chantier naval traditionnel de Samos, où se construisent encore des caïques en bois selon des méthodes séculaires.
    • Plages de Seitani : accessibles uniquement à pied ou en bateau depuis Karlovasi, Mikro et Megalo Seitani restent parmi les rivages les plus sauvages de l’île.
    • Mont Kerkis : deuxième sommet de la mer Égée après la Crète, son ascension jusqu’à la Vigla récompense les randonneurs par une vue sur tout le sud de l’île.

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