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Corfou, perle romantique de la mer ionienne au charme italien

Située à la pointe nord-ouest de la Grèce, face à l’Épire et à moins de trois kilomètres de l’Albanie, Corfou (Kerkyra) est la plus au nord et la plus verte des îles ioniennes. Quatre siècles de présence vénitienne, suivis d’un bref protectorat britannique jusqu’en 1864, lui ont laissé une vieille ville sans équivalent en Grèce, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Homère y plaçait l’île des Phéaciens, où Ulysse fut accueilli par Nausicaa. Avec ses 593 km², ses immenses oliveraies, son mont Pantokrator et certaines des plus belles plages de l’archipel, l’île demande au moins une semaine. Corfou fut aussi l’une des premières îles grecques à basculer dans le tourisme de masse : quelques stations du nord et du sud sont à éviter, mais l’intérieur et les côtes escarpées restent magnifiques.

Au sommaire

Le meilleur de Corfou

Corfou s’étire sur 64 km du nord au sud et on peut distinguer trois grandes sous régions : un nord montagneux dominé par le Pantokrator (906 m), un centre vallonné couvert d’oliveraies, un sud de plaines et de lagunes. Pour la visite, je distingue six zones. Corfou-ville (Kerkyra), élégante et très fréquentée, concentre le patrimoine. Le nord-est, montagneux et resté authentique, descend vers des criques de galets. La côte nord aligne de longues plages de sable et les stations les plus bétonnées de l’île. Le nord-ouest, autour de Paleokastritsa, offre les paysages les plus spectaculaires. Le centre et la côte ouest mêlent plages sauvages et villages de l’intérieur. Le sud, plus discret, abrite la lagune de Korission et la ville de Lefkimi.

Corfou-ville (Kerkyra) : que visiter dans la vieille ville ?

La vieille ville est le joyau de l’île : une mosaïque vénitienne, française et britannique enserrée entre deux forteresses. Le Paleo Frourio [vue 360°], entamé par les Byzantins au XIIe siècle, et le Neo Frourio vénitien dominent le port. Entre les deux, le Liston, élégante galerie à arcades dessinée par l’architecte de la rue de Rivoli à Paris, borde la Spianada, vaste esplanade où subsiste un terrain de cricket hérité des Anglais. Au nord se dresse le palais Saint-Michel-et-Saint-Georges, qui abrite un remarquable musée d’Art asiatique. Ne manquez pas le musée archéologique et son colossal fronton de la Gorgone, le musée byzantin Antivouniotissa, et l’église Agios Spyridon, qui conserve le cercueil d’argent du saint patron de l’île. Au sud de la ville, la presqu’île de Kanoni domine le couvent de Vlacherna et l’îlot de Pontikonissi, le cliché le plus photographié de Corfou, tandis que le domaine de Mon Repos recèle les temples antiques de Paléopolis. Plus loin, l’Achilleion, palais bâti par l’impératrice Élisabeth d’Autriche (Sissi) à Gastouri, vaut surtout pour ses jardins. En été, la vieille ville sature en journée : Corfou reçoit chaque année plus de 450 navires de croisière et près de 650 000 croisiéristes, qui débarquent vers 10 h. Venez tôt le matin ou en fin de journée, et consultez notre index du surtourisme pour situer la pression réelle.

Le nord-est et le mont Pantokrator : où trouver la Corfou la plus authentique ?

Passé les banlieues de Dassia et le très bruyant Ipsos, le nord-est devient la partie la plus typiquement grecque de l’île : une côte montagneuse découpée en criques de galets aux eaux limpides. Agni et Yialiskari, accessibles par sentier, sont des mouillages réputés pour leurs tavernes ; Kalami [vue 360°] abrite la White House où Lawrence Durrell écrivit Prospero’s Cell, et le minuscule port de Kouloura a gardé tout son charme. Au-dessus, le mont Pantokrator (906 m), coiffé d’un monastère, offre par temps clair une vue jusqu’à l’Italie. On l’atteint par les villages de montagne de Spartilas et Strinilas, ou par le superbe village fantôme vénitien de Palia Perithia, abandonné dans les années 1960 et qui revit aujourd’hui autour de quelques tavernes.

La côte nord : quelles stations préférer ?

La côte nord, entre Kassiopi et Sidari, possède les plus belles étendues de sable de l’île, et donc ses stations les plus saturées. Kassiopi, ancien village de pêcheurs devenu station festive, conserve un kastro angevin et de jolies plages de galets. Roda a basculé dans le surdéveloppement et Sidari, entièrement tourné vers le tourisme de masse, ne vaut que pour le très photographié Canal d’Amour [vue 360°] et ses criques de grès sculpté. On leur préférera Acharavi [vue 360°] côté vieux village, adossé à la plage d’Almyros et à la lagune d’Antinioti, ou la pointe nord-ouest autour de Peroulades.

Le nord-ouest et Paleokastritsa : les plus beaux paysages de Corfou ?

Le nord-ouest concentre les paysages côtiers les plus dramatiques. Paleokastritsa déploie une succession de baies vertes et de criques sous un monastère, le Theotokou, dont les jardins surplombent la mer ; au-dessus, le château byzantin en ruine d’Angelokastro récompense la montée par un panorama presque circulaire. Plus au nord, Agios Georgios Pagon est un centre de planche à voile, et Afionas offre une belle marche jusqu’au phare. À l’extrême nord-ouest, le village de Peroulades domine la spectaculaire plage de Longas, à la verticale de falaises rougeoyantes qui la maintiennent à l’ombre jusqu’en début d’après-midi.

Organiser votre voyage: où dormir à Corfou ?

Le centre et la côte ouest : plages sauvages et villages de l’intérieur

Le centre de l’île est occupé par la plaine fertile de la Ropa, qui s’adosse à de très belles plages. Myrtiotissa, longue plage sauvage que Lawrence Durrell jugeait la plus belle du monde, est aujourd’hui prisée des naturistes à son extrémité sud ; Glyfada, plus organisée, et la baie de Pelekas la prolongent. Dans les terres, Pelekas, village de semi-montagne, conserve le trône du Kaiser, point de vue favori de Guillaume II, tandis que Sinarades abrite un musée du folklore dans une authentique maison de village. Plus au sud, Aï Gordis est l’une des plages festives de l’île, et le bourg agricole d’Agios Matthaios donne son nom à une huile d’olive protégée.

Le sud de Corfou : la lagune de Korission et Lefkimi

Le sud, plus plat et plus discret, alterne côtes bétonnées et coins préservés. Évitez l’enfilade de Moraitika et Mesongi sur la côte est, mais arrêtez-vous à Boukari et Petriti, petits ports tranquilles bordés d’oliviers. Côté ouest, la lagune de Korission, longue de plus de 5 km et séparée de la mer par les dunes de Halikouna, est un site protégé qui abrite tortues et oiseaux migrateurs. Lefkimi, deuxième ville de l’île, montre comment vit une Corfou loin du tourisme et sert de second port vers Igoumenitsa. Tout au sud, mieux vaut éviter la station de Kavos, vouée à la fête, sauf à rechercher justement cela. De l’extrême sud, on aperçoit Paxos et Antipaxos, deux petites îles splendides à une heure de bateau.

Peut-on randonner à Corfou ?

Oui, la randonnée est l’une des grandes forces de l’île et la plus belle façon de découvrir l’intérieur que le tourisme balnéaire ignore. Son épine dorsale est le Corfu Trail, sentier de grande randonnée créé en 2001, long d’environ 180 km et balisé en jaune (lettres CT et flèches). Il traverse Corfou du sud vers le nord, du cap Asprokavos jusqu’à la plage d’Agios Spyridon, et se parcourt en une dizaine d’étapes. Comme tous les bus verts partent et reviennent de Corfou-ville, on peut aussi n’en marcher que des portions à la journée.

Le décor change sans cesse : dunes de genévriers et lagune de Korission au sud, vastes oliveraies au centre, puis plateau karstique et gorges au nord, la partie la plus sauvage et la plus spectaculaire. Les plus belles portions se trouvent justement dans la moitié nord. Au départ de Paleokastritsa, de vieux chemins pavés grimpent vers Lakones et Makrades (avec une variante par le château d’Angelokastro), avant une descente vertigineuse en lacets le long d’une falaise, l’un des plus beaux sentiers de Grèce. Plus au nord, l’étape de Sokraki à Palia Perithia franchit le plateau karstique jusqu’au village fantôme byzantin, et la section finale plonge dans une gorge boisée vers la mer.

Hors du Corfu Trail, l’ascension du Pantokrator (906 m) depuis Strinilas ou Palia Perithia et celle de l’Agii Deka, deuxième sommet de l’île, restent les marches phares, tandis que le sud, plus plat, convient aux promeneurs autour de la lagune. Préférez le printemps ou l’automne : l’été est trop chaud et l’eau manque sur les hauteurs. Un seul camping organisé jalonne l’itinéraire, à Paleokastritsa. Plusieurs sites Natura 2000, dont la lagune de Korission et les pentes du Pantokrator, riches en orchidées et en rapaces, ponctuent le parcours : restez sur les sentiers et ne faites jamais de feu.

Quelles plages choisir à Corfou ?

Corfou compte des dizaines de plages, du sable organisé du nord aux criques sauvages de l’ouest. Voici les plus marquantes par zone.

Au nord, le sable domine. Acharavi et sa plage d’Almyros, l’une des plus longues de l’île, conviennent bien aux familles avec ses eaux peu profondes. Plus à l’ouest, Sidari et son fameux Canal d’Amour, très fréquentés, sont à réserver aux amateurs d’ambiance animée.

Au nord-est, la côte se découpe en criques de galets aux eaux limpides : Barbati, la plus sableuse et familiale, puis AgniKalami et Kerasia, plus intimes, souvent accessibles à pied ou en bateau.

Au nord-ouest, les petites criques de Paleokastritsa, la grande baie de planche à voile d’Agios Georgios Pagon, la calme Arillas et surtout la spectaculaire plage de Longas, sous des falaises rouges qui l’ombragent jusqu’en début d’après-midi, offrent les décors les plus photogéniques.

Sur la côte ouestGlyfada est une belle plage de sable organisée, avec transats et tavernes, tandis que Myrtiotissa, sauvage, prisée des naturistes et d’accès raide, reste un secret de moins en moins bien gardé ; Kontogialos, en contrebas de Pelekas, la complète.

Au sud, les longues plages de dunes de Halikouna, prisée des kitesurfeurs, et d’Issos, le long de la lagune de Korission, comptent parmi les plus sauvages de l’île, tout comme l’isolée Aï Gordis Paleochoriou, près du cap Asprokavos.

  • Plages et activités sportives - 8.5/10
    8.5/10
  • Patrimoine historique et culturel - 8.5/10
    8.5/10
  • Villages et arrière pays - 6.5/10
    6.5/10
  • Authenticité - 5/10
    5/10
7.1/10
6.9/10
Avis des voyageurs
6.86/10 (535 votes)
Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : environ 614 km² (217 km de littoral)
  • Longueur maximum : 64 km, largeur maximum : 32 km
  • Point culminant : mont Pantokrator, 906 m
  • Environ 101 600 habitants (recensement 2011)
  • Ports principaux : Corfou-ville (Kerkyra) et Lefkimi (LEY), au sud
  • Aéroport : Corfou Ioannis Kapodistrias (CFU)

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • Dimanche des Rameaux (avril, date mobile) : grande litanie des reliques de Saint Spyridon accompagnée des philharmoniques, ville de Corfou.
  • Samedi saint (avril, date mobile) : procession de l’épitaphios, puis lancer des botides (pots de terre cuite) depuis les balcons, autour de la Spianada, ville de Corfou.
  • Semaine de Pâques : concerts et marches funèbres des trois philharmoniques, ville de Corfou.
  • 11 août : procession de Saint Spyridon en mémoire de la libération de la peste, ville de Corfou.
  • 15 août (Assomption) : panigyria et fêtes patronales dans les villages de l’île.
  • Premier dimanche de novembre : procession de Saint Spyridon, ville de Corfou.

La carte de Corfou

Comment venir à Corfou et s’y déplacer ?

L’aéroport international de Corfou Ioannis Kapodistrias (CFU) se trouve à 2 km au sud de la ville. Il reçoit des vols saisonniers directs depuis la France et, toute l’année, des correspondances par Athènes.

En ferry, la porte d’entrée principale est Igoumenitsa, sur le continent : la traversée dure 1 h 10 à 1 h 30, avec jusqu’à 25 à 30 départs par jour en été et des billets dès 6 €. Le port de Lefkimi, au sud, est relié lui aussi à Igoumenitsa (environ 50 min). Corfou est également desservie depuis Saranda en Albanie (environ 30 min), de façon saisonnière depuis Paxos et les îles Diapontia, et par bateaux pour l’Italie (Venise, Ancône, Bari, Brindisi).

Sur place, les bus verts KTEL rayonnent depuis Corfou-ville vers toute l’île, complétés par les bus bleus de banlieue, mais les liaisons restent radiales : pour explorer librement, une voiture ou un scooter reste le plus pratique.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Prochaine(s) traversée(s)

Que manger à Corfou ?

La cuisine corfiote est la plus italianisante de Grèce, héritage des quatre siècles vénitiens. Le plat emblématique est la pastitsada (παστιτσάδα), un coq ou un veau mijoté à l’ail, au vin et à la tomate, relevé d’un mélange d’épices, le spetsieriko, et servi sur de grosses pâtes. Vient ensuite le sofrito (σοφρίτο), fines escalopes de veau en sauce blanche à l’ail, au persil et au vinaigre, puis le bourdeto (μπουρδέτο), un poisson en sauce rouge piquante, et le bianco (μπιάνκο), sa version blanche à l’ail et au citron. Côté charcuterie, goûtez le noumboulo (νούμπουλο), un filet de porc fumé, et côté légumes le tsigarelli (τσιγαρέλι), herbes sauvages relevées.

Corfou possède deux produits protégés : le kumquat (κουμκουάτ), petit agrume doré que l’île est presque seule à cultiver en Europe, surtout autour du village de Nymfes, vendu confit ou en liqueur sous l’appellation Koum Kouat Kerkyras (IGP) ; et l’huile d’olive d’Agios Mattheos (AOP). On y boit aussi la tsitsibira (τσιτσιμπίρα), une bière de gingembre héritée des Anglais, et un vin du cépage local kakotrygis que l’on retrouve sur notre page vins grecs.

Les 10 choses à ne pas rater à Corfou

  • Se perdre dans les ruelles de la vieille ville de Kerkyra, classée à l’UNESCO, tôt le matin, avant l’arrivée des croisiéristes vers dix heures.
  • Goûter une vraie pastitsada (παστιτσάδα) dans une taverne du centre, le plat de fête corfiote au coq et aux épices vénitiennes.
  • Monter au sommet du mont Pantokrator (906 m) pour un panorama sur toute l’île, l’Albanie et, par temps clair, l’Italie.
  • Se lancer sur les 200km de chemins de randonnées bien entretenus qui couvrent l’ensemble de l’île du nord au sud (et avec l’aide de l’indispensable corfutrailguide – 10€)
  • Admirer les baies de Paleokastritsa, puis grimper jusqu’au château byzantin d’Angelokastro pour des vues presque circulaires sur la mer.
  • Vivre le Pâques corfiote, le plus spectaculaire de Grèce, avec ses botides jetés des balcons et ses trois philharmoniques.
  • Se baigner à Myrtiotissa, longue plage sauvage de la côte ouest que l’écrivain Lawrence Durrell jugeait la plus belle du monde.
  • Flâner dans le village fantôme vénitien de Palia Perithia, sur les pentes nord du Pantokrator, autour de ses tavernes.
  • Observer les oiseaux migrateurs et les dunes autour de la lagune de Korission, vaste site naturel protégé du sud de l’île.
  • Déguster un kumquat confit ou en liqueur, le petit agrume doré que Corfou est presque seule à cultiver en Europe.
  • Traverser à Paxos et Antipaxos en bateau pour leurs eaux turquoise, à une heure environ au sud de Corfou.