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Iraklia, la grande île tranquille des Petites Cyclades entre Naxos et Amorgos
Iraklia est la plus grande des Petites Cyclades, l’archipel de quatre îles habitées coincé entre Naxos et Amorgos. 18 km² de terre, 29 km de côtes.. On y vient pour quatre choses : des plages sans transats, huit sentiers balisés, la plus vaste grotte des Cyclades, et surtout son ambiance très relax. Pas d’aéroport, pas de station-service, pas de pharmacie, un seul distributeur. L’île est habitée depuis le troisième millénaire avant notre ère, comme en témoigne une vingtaine de pétroglyphes en spirale. La tradition locale attribue au cyclope Polyphème les rochers des Avelonisia, au large. Côté tourisme, Iraklia reste l’une des îles les moins fréquentées des Cyclades, y compris en août.
Au sommaire
Le meilleur d’Iraklia
Iraklia est une île sèche et vallonnée, sans rivière ni forêt, dominée par le mont Papas (420 m), point culminant de tout l’archipel des Petites Cyclades. Une seule route asphaltée la traverse, du port jusqu’à Panagia. Tout le reste se parcourt à pied ou par la mer.
Agios Georgios, le port où tout se passe
Le ferry accoste dans une anse profonde, au fond de laquelle s’étale Agios Georgios, seul véritable village de l’île. Une centaine de maisons blanches réparties sans plan d’ensemble sur les pentes, des cours plantées de bougainvillées, des pins et des cyprès centenaires, deux supérettes, un médecin avec dispensaire, un distributeur automatique. C’est tout, et c’est suffisant. La quasi-totalité de l’hébergement de l’île se trouve ici ou sur la colline qui domine le port : je détaille les options sur la page où dormir à Iraklia.
Ce qui frappe, c’est l’absence de séparation entre les visiteurs et les habitants. Il n’y a pas de zone touristique et de zone résidentielle. Le café-épicerie Melissa, tenu par la famille Gavalas depuis les années 1960, en est l’illustration la plus nette. On y achète son pain, on y prend son café, on y attend le bateau. C’est aussi ici que se règlent les questions pratiques du séjour : billets pour l’excursion en caïque, horaires du bus saisonnier, état des sentiers.
Cette île pleine n’a pourtant presque jamais été peuplée en continu. Prospère à l’âge du bronze cycladique, elle a été désertée pendant des siècles à cause des raids de pirates. Le repeuplement moderne date de 1826 : des familles d’Aigiali, sur Amorgos, s’y installent d’abord sans autorisation, avant de signer en 1831 un bail avec le monastère de Panagia Hozoviotissa, propriétaire des terres. Les patronymes d’aujourd’hui, Gavalas en tête, viennent de là, et l’accent d’Iraklia reste plus proche de celui d’Amorgos que de celui de Naxos.
Les traces les plus anciennes, elles, sont gravées dans la roche : une vingtaine de speires, spirales et cercles concentriques taillés il y a environ cinq mille ans, répertoriés depuis 1997 et connus localement sous le nom de bousoules. Leur fonction reste inexpliquée. Elles ne sont ni signalées ni aménagées, et c’est très bien ainsi.
Derrière le village, l’église Agios Ioannis marque le départ du réseau de sentiers. C’est le point de repère à mémoriser dès le premier jour, car presque toutes les marches de l’île commencent ou finissent là.
Livadi et Panagia, la colonne vertébrale de l’île
La route sud quitte le port, franchit une colline et redescend sur Livadi, la grande baie sableuse de l’île. Sur le promontoire qui la domine subsistent les ruines du kastro de Livadi, une forteresse d’époque hellénistique (IVe au IIe siècle avant notre ère) qui surveillait le mouillage. Il ne reste que des pans de murs et des fondations, mais la position parle d’elle-même : c’est de là que l’on comprend pourquoi cette baie a été occupée pendant trois mille ans.
C’est aussi ici que la question de la fréquentation se pose, à une échelle qui reste modeste. En juillet et surtout en août, Livadi accueille les voiliers au mouillage, les excursionnistes venus de Naxos à la journée et l’essentiel des vacanciers de l’île. Le camping sauvage, longtemps toléré sur la plage, y est désormais interdit. Rien de comparable avec Koufonissia, sixième de l’Index du Surtourisme quand Iraklia est cinquante-cinquième, mais il suffit de marcher vingt minutes de plus pour retrouver le vide complet.
La route continue vers Panagia, également appelée Chora, à environ 4,5 km du port. Une quarantaine d’habitants y vivent à l’année. Le village est un condensé d’architecture cycladique intacte : ruelles étroites, maisons basses aux menuiseries bleues, cheminées faites de jarres en terre cuite encastrées dans les murs, une particularité locale. En journée, Panagia paraît déserte et l’on y circule comme dans un musée à ciel ouvert. La vie reprend en fin d’après-midi : les moutons redescendent par la rue principale, les tavernes ouvrent, les habitants sortent leurs chaises. C’est le meilleur moment pour monter.
La grotte d’Agios Ioannis et l’ouest sauvage
La grotte d’Agios Ioannis est le site majeur d’Iraklia et la plus grande cavité des Cyclades. Un berger y aurait découvert au XIXe siècle une icône de saint Jean-Baptiste, à l’origine du culte qui s’y perpétue. On y accède depuis Panagia par un sentier de 2,6 km, ou depuis Agios Georgios en enchaînant plusieurs tronçons, soit environ deux heures de marche. L’entrée est étroite : il faut ramper sur quelques mètres dans un boyau bas avant de déboucher dans une succession de salles couvertes de stalactites, de stalagmites et de concrétions laiteuses. Lampe frontale et chaussures fermées sont indispensables. Pour la première visite, mieux vaut passer par un accompagnateur local plutôt que d’y aller seul.
Au nord-ouest, le hameau d’Agios Athanasios a été abandonné au cours du XXe siècle. Les maisons sont vides, les terrasses agricoles s’effacent, mais le plan du village et l’architecture restent lisibles. Plus à l’ouest encore, la baie de Merichas est cernée de falaises verticales de plus de cent mètres où nichent rapaces et pigeons sauvages : c’est le meilleur poste d’observation ornithologique de l’île, et l’un des paysages les plus impressionnants des Petites Cyclades. Aucune route n’y mène.
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Peut-on randonner à Iraklia et sur quels sentiers ?
La randonnée est l’une des bonne rasion de venir. Iraklia dispose de huit sentiers balisés totalisant environ 16 km, entretenus et signalés, sur une île où presque aucun autre moyen de transport n’existe. Les distances sont courtes et les dénivelés modérés : c’est un terrain accessible, y compris à des marcheurs peu expérimentés, à condition de partir tôt et d’emporter de l’eau, car il n’y a aucun point de ravitaillement en chemin et la couverture mobile est aléatoire.
Le sentier 1 monte de Panagia au sommet du Papas (420 m) en 1,8 km et une petite quarantaine de minutes : par temps clair, la vue couvre Naxos, Ios, Amorgos, Paros et l’ensemble des Petites Cyclades. Le sentier 3, le plus exigeant, relie Panagia à la grotte d’Agios Ioannis en 2,6 km, en passant par le col de Seladi (270 m). Le sentier 5 prolonge la marche de la grotte jusqu’à la crique d’Alimia (1,4 km, 30 minutes). Le sentier 6, le plus long, remonte la côte nord d’Alimia à Agios Athanasios en 3,3 km et 1h15, avec un passage par Vourkaria. Le sentier 2 conduit de Panagia au surplomb de la baie de Merichas en 1,6 km, avec la chapelle de Profitis Ilias en variante.
L’île entière fait partie du site Natura 2000 GR4220013 « Petites Cyclades », classé à la fois zone spéciale de conservation et zone de protection spéciale pour les oiseaux, sur 12 589 hectares dont plus de la moitié en mer. Les falaises abritent des rapaces nicheurs, les fonds des herbiers de posidonie et des grottes marines fréquentées par le phoque moine.
Quelles plages choisir à Iraklia ?
Autour du port
La plage d’Agios Georgios borde le village : du sable, des tamaris pour l’ombre, une eau calme au fond d’une anse bien abritée, et l’avantage de pouvoir y descendre en sortant de sa chambre. C’est la baignade du matin et du soir des habitants, entre deux courses à l’épicerie. Elle se remplit en août, sans jamais devenir invivable. Sur les 29 km de littoral d’Iraklia, c’est la seule plage véritablement urbaine.
Livadi et la côte sud
Livadi est la plus belle plage de l’île et la seule vraiment grande : un long croissant de sable clair, une eau peu profonde sur plusieurs dizaines de mètres, quelques tamaris. C’est le choix évident avec de jeunes enfants. Deux adresses y servent à boire et à manger, ce qui en fait aussi la plage la plus fréquentée.
Au bout de la route, Tourkopigado est une crique encaissée aux galets clairs, avec quelques barques de pêche. Elle est protégée du vent : c’est là que vont les gens de l’île les jours de meltemi, quand Livadi devient inconfortable. Depuis Livadi, un sentier de 700 m mène à la crique d’Agriomelissa, un décor de roches sculptées et de petites grottes marines, sans aucun aménagement.
Les criques de l’ouest et du nord
Alimia est la plus belle des plages isolées : sable doré, eau limpide, accès uniquement par la mer ou par le sentier depuis la grotte. Son intérêt supplémentaire est sous l’eau, l’épave d’un hydravion allemand Arado coulé en 1943 reposant par sept mètres de fond, à portée de masque et tuba. Juste à côté, Karvounolakkos est une plage de galets encadrée de roches colorées, accessible en bateau seulement.
Vorini Spilia, au nord, offre une eau d’une transparence remarquable mais reste exposée au vent du nord. Vourkaria se mérite : une heure et demie de marche depuis le village, des galets, personne. En saison, un petit bateau part du port pour faire le tour de l’île et déposer les baigneurs à Alimia et Karvounolakkos. Les billets s’achètent la veille à l’épicerie du port.
Quelques liens pour aller plus loin
- Municipalité de Naxos et des Petites Cyclades, site officiel
- Guide officiel des Petites Cyclades en grec, PDF
- Discover Iraklia, randonnées guidées et visite de la grotte
- Scooters Roussos, location de deux-roues au port
- Descriptif des huit sentiers balisés d’Iraklia
- Les traces GPS des sentiers d’Iraklia sur AllTrails
- Zone protégée Natura 2000 des Petites Cyclades, OFYPEKA
- Fiche Iraklia du portail officiel des Cyclades, en grec
- La panigyri de la grotte racontée par Greek Gastronomy Guide
- Meltemi Retreat, hébergement et retraites de yoga
- Hôtel Aiolos, sa page sur les curiosités de l’île
Quelques repères sur Iraklia
- Superficie : 18,1 km² (29 km de littoral)
- Point culminant : mont Papas, 420 m, sommet des Petites Cyclades
- Environ 148 habitants (recensement 2021)
- Villages : Agios Georgios (port) et Panagia (Chora)
- Port principal : Agios Georgios
- Aéroport le plus proche : Naxos (JNX), à 18 milles nautiques
Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques
Les principales fêtes à Iraklia
- 23 avril, fête de Saint-Georges, Agios Georgios
- 15 août, fête de la Dormition de la Vierge, Panagia (Chora)
- 28 août au soir, vêpres de la Saint-Jean-Baptiste célébrées à l’intérieur de la grotte d’Agios Ioannis, à la bougie
- 29 août, fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste, panigyri avec musiciens des îles voisines, Panagia (Chora)
- 8 et 9 novembre, fêtes religieuses locales
Lire aussi: Les Cyclades, l’Éden grec de la mer Égée
Les autres destinations pour :
La carte d'Ikraklia
Comment venir à Iraklia et s’y déplacer ?
Iraklia n’a bien sûr pas d’aéroport. Le plus proche est celui de Naxos (JNX), relié à Athènes ; l’alternative est l’aéroport de Santorin ou de Mykonos puis un ferry. Le port unique de l’île est Agios Georgios.
Depuis Le Pirée, Blue Star Ferries dessert Iraklia au moins trois fois par semaine, en 6h30 à 7h30. Depuis Naxos, la traversée dure environ 1h à 1h30. La liaison la plus utile reste l’Express Skopelitis, le petit ferry des Petites Cyclades qui circule quasi quotidiennement en saison entre Naxos, Iraklia, Schinoussa, Koufonissia, Donoussa et Amorgos, et transporte aussi le ravitaillement. Il tangue, il est lent, il est irremplaçable. La page consacrée aux ferries entre les îles grecques détaille le fonctionnement des réservations.
Sur place, on marche. Un bus saisonnier relie le port à Panagia en été, un loueur propose des scooters au port, et il n’y a pas de station-service sur l’île : le plein se fait ailleurs. En cas d’urgence médicale, des vedettes assurent le transfert vers Naxos 24h/24.
→ Conseils pour la réservation des ferries
Prochaine(s) traversée(s)
Organiser votre voyage: quels villages et quel hébergement à Iraklia ?
La gastronomie et les spécialités typiques d’Iraklia
L’agriculture et l’élevage restent l’activité de fond de l’île, et cela se voit dans les assiettes. Le produit emblématique est le miel de thym, meli thymarisio (μέλι θυμαρίσιο), récolté sur des collines couvertes de thym sauvage. Viennent ensuite les fromages de chèvre et de brebis fabriqués sur place, xinomizithra (ξινομυζήθρα), fraîche et acidulée, et anthotyro (ανθότυρο), plus douce, ainsi que la fava (φάβα) cultivée dans les terrasses de l’île. Le katsikaki (κατσικάκι), chevreau, cuit longuement au four ou en ragoût, reste le plat des jours de fête. Aucun produit d’Iraklia n’est enregistré en AOP ni en IGP : ce sont des productions de très petite échelle, vendues sur l’île ou consommées par les familles.
Côté tables, l’adresse la plus intéressante est Araklia, à Agios Georgios : Giannis Gavalas, chef passé par Athènes et Mykonos, a rénové la maison familiale pour y cuisiner une carte construite à 80 % sur des produits des Cyclades, pâtes et vins de Tinos, fromages d’Andros et d’Ios, légumes de Naxos, fava et herbes d’Iraklia. Feuilles de vigne farcies, chevreau au fenouil sauvage, poulpe grillé.
Askos croise cuisine grecque et technique italienne, Thymari sert une carte méditerranéenne posée sur les rochers de Livadi, Syrma et Perigiali restent les tavernes de poisson du port. À Panagia, To Steki, qui fait aussi boulangerie et épicerie, et le mezedopoleio Drosia et sa cour intérieure servent une cuisine de famille tirée de leurs propres bêtes et de leurs propres jardins : côtelettes grillées, fromage fumé sur place, fava aux oignons confits. C’est là que l’on mange le plus juste, et le moins cher.
Découvrir la Grèce : produits de terroir AOP et gastronomie grecque
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- La grotte d’Agios Ioannis : deux heures de marche, un boyau à ramper, puis la plus vaste cavité à stalactites des Cyclades. Prévoir une lampe frontale.
- Le sommet du Papas à 420 m, atteint en quarante minutes depuis Panagia, avec une vue circulaire sur Naxos, Ios, Paros et Amorgos.
- La plage de Livadi au petit matin, avant l’arrivée des bateaux d’excursion : sable clair, eau peu profonde, ruines de la forteresse au-dessus.
- Panagia en fin d’après-midi, quand les troupeaux redescendent la rue principale et que le village sort de sa sieste. Le meilleur moment de la journée.
- L’épave de l’hydravion Arado dans la baie d’Alimia, par sept mètres de fond, visible avec un simple masque et tuba depuis la plage.
- Le tour de l’île en caïque en saison, avec escale à Alimia et Karvounolakkos, deux plages que rien d’autre ne permet d’atteindre.
- Le miel de thym acheté directement à un producteur du village : il n’est pas commercialisé hors de l’île et n’a rien à voir avec le miel des supermarchés.
- Le hameau abandonné d’Agios Athanasios, sur le sentier 6 ou 7, dont le plan et les maisons restent parfaitement lisibles malgré la ruine.
- La baie de Merichas vue du sentier 2 : cent mètres de falaise verticale, des rapaces en vol, aucune trace humaine sur tout l’horizon.
- Une traversée sur l’Express Skopelitis, le ferry-épicerie des Petites Cyclades, où l’on charge autant de cageots que de passagers.
- La crique de Tourkopigado les jours de meltemi, quand tout le reste de l’île est venté et que ses galets restent parfaitement abrités.
- Un dîner chez Araklia, la seule table de l’île à travailler les produits cycladiques avec une vraie intention de cuisine, face à Schinoussa.
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Comptez au moins 2 à 3 jours. Une journée suffit à voir le port et Livadi, mais il en faut une seconde pour la grotte et le Papas, et une troisième pour les criques isolées. Plus de temps permet surtout d’entrer dans le rythme de l’île.
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Non. Iraklia se classe dans le dernier tiers de notre l’Index du Surtourisme loin derrièrer Koufonissia sa voisine. Seule la plage de Livadi se remplit vraiment, en juillet et août.
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Oui, et c’est même le mode normal. L’île fait 18 km², une seule route est asphaltée, huit sentiers balisés couvrent le reste. Un bus saisonnier relie le port à Panagia en été et un loueur propose des scooters au port.
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Oui, des bateaux d’excursion partent de Naxos en saison. Mais l’intérêt de l’île se joue le soir, une fois les excursionnistes repartis, quand les tavernes ouvrent et que le village se retrouve. Prévoyez 2 ou 3 nuits.
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L’Express Skopelitis relie Iraklia à Naxos, Schinoussa, Koufonissia, Donoussa et Amorgos, presque quotidiennement en saison et plusieurs fois par semaine le reste de l’année. Blue Star Ferries dessert aussi Paros, Syros et Le Pirée.
