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Arki, quarante habitants, aucune route et le plus beau mouillage du Dodécanèse

Arki est une île de 6,69 km² du Dodécanèse, à 20 minutes de catamaran de Patmos, dont elle dépend administrativement. Le recensement de 2011 y comptait 44 habitants ; ils sont une quarantaine à y passer l’hiver. L’île n’a ni route goudronnée, ni voiture de location, ni distributeur de billets : on s’y déplace à pied, on nage, on mange du poisson et on ne fait rien d’autre. C’est la tête d’un archipel d’une douzaine d’îlots, dont Marathi, habité par cinq personnes. Un fortin élevé par des colons de Milet au IVe siècle avant notre ère domine encore la baie du port. Le tourisme se résume aux bateaux d’excursion qui viennent nager à Tiganakia : Arki reste l’une des îles les moins fréquentées de l’archipel.

Au sommaire

Le meilleur de Arki

Arki est rocheuse, presque sans eau dans son sol, couverte de phrygana et de rares arbres. Les trois quarts du territoire sont inhabités, parcourus par les chèvres. Le relief est modeste et la marche suffit à tout atteindre. Quatre zones structurent un séjour. Le port, dans une baie profonde de la côte ouest, concentre le village, les tavernes et la totalité des services. Les hauteurs et le nord portent les chapelles, les ruines et les criques les plus isolées. Le sud-est, autour de Tiganakia, est la seule zone qui reçoive du monde en été. Marathi et les îlots, enfin, se rejoignent en caïque et forment un archipel presque désert.

Que voir à Arki, zone par zone ?

Le port et la place : tout Arki tient là

Le seul village de l’île occupe une baie étroite et profonde de la côte ouest, un fjord miniature que les marins appellent Porto Avgousta. Une vingtaine de bateaux y tiennent, et c’est ce mouillage, l’un des plus sûrs du secteur, qui fait vivre l’île autant que la pêche. Au-dessus, les ruines du fortin d’Avgoustinis, élevé par des colons de Milet au IVe siècle avant notre ère puis repris à l’époque byzantine, donnent son nom à la baie.

Le village aligne quelques maisons de pierre, des constructions récentes, un kiosque, une épicerie et quatre tavernes. La place se réduit à un carrefour qu’un olivier partage en trois. Pas une rue goudronnée, seulement des voies de ciment ; pas de distributeur, pas de pharmacie, pas de bus, pas de taxi, aucun loueur de véhicule. Les habitants vivent de la pêche, de l’élevage de chèvres et de moutons, et de l’avitaillement des voiliers. Le soir, les tavernes du quai sont l’unique programme de l’île, et celle de Trypas fait office de bar jusqu’à tard.

L’arrivée se fait au môle, au fond de la baie ; un second appontement, plus récent, sert aux bateaux d’excursion. L’eau douce est la vraie contrainte de l’île, dont le sol en retient très peu : on la ménage, et les hébergements le rappellent volontiers. Les chambres se comptent sur les doigts de deux mains, une quarantaine au total, ce qui suffit à expliquer pourquoi Arki n’a jamais basculé dans le tourisme.

Derrière le village, sur une butte, la chapelle de la Metamorphosis. Un peu à l’écart, quelques maisons dispersées sur les crêtes forment ce que les habitants appellent le Pano Chorio, le village d’en haut, deuxième et dernier noyau d’habitat de l’île.

Les hauteurs, les chapelles et les vestiges italiens

La montée à Panagia Pantanassa est la sortie à faire dès l’arrivée : quinze minutes depuis le port, sur la colline la plus haute au nord-est. C’est la plus ancienne église de l’île, et la vue couvre la baie, l’archipel et, par temps clair, la côte turque. Autour subsistent les traces du vieil habitat. Les campagnes archéologiques ont livré ici des tessons et des outils d’obsidienne attribués au Néolithique récent et au Bronze ancien : Arki est fréquentée depuis très longtemps.

Plus au nord, un poste d’observation italien en ruine rappelle que le Dodécanèse a été administré par l’Italie de 1912 à 1943. Les habitants montrent aussi une grotte qui a servi d’abri pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, et une autre, à concrétions, sur le versant ouest : comptez une heure de marche et faites-vous accompagner par quelqu’un qui connaît le passage, le sentier n’est pas balisé. Deux autres chapelles, Agioi Anargyri et Agios Eleftherios, complètent le patrimoine religieux d’une île qui n’a pas de musée, pas de site antique aménagé, pas de billetterie.

Tiganakia et le sud-est : la seule zone fréquentée

À la pointe sud-est, Tiganakia est la carte postale de l’archipel : une lagune fermée par des îlots blancs, une eau turquoise très claire, un fond peu profond. C’est aussi le seul endroit d’Arki où l’on peut se retrouver à cinquante. En juillet et en août, les caïques d’excursion de Patmos et de Lipsi y déposent leurs passagers en milieu de journée, mouillent une heure ou deux, puis repartent. Arki se classe 63e sur 74 dans l’index du surtourisme des îles grecques : la pression est très faible à l’échelle de l’île, mais elle se concentre entièrement sur ce point de la côte et sur ce créneau horaire.

Deux tavernes se tiennent hors du village, du côté du mouillage de Steno et de la pointe de Tourlou : on y déjeune de pâtes aux crevettes et de légumes du jardin après la marche, et c’est de là que part le dernier tronçon vers la lagune.

La parade est simple, et c’est celle que je conseille : venir à pied depuis le village, tôt le matin ou après 16 h, quand les bateaux sont repartis. Il faut alors compter cinquante minutes à une heure de marche, d’abord sur la route de ciment, ensuite sur une piste caillouteuse. La crique voisine de Kapsalismeno reste vide toute la journée.

Organiser votre voyage: où dormir à Arki ?

Marathi et les îlots : l’archipel en caïque

Face à Arki, Marathi couvre 355 stremmata, environ 0,36 km², et comptait 5 habitants au recensement de 2011. Dix minutes de bateau suffisent. L’îlot n’a qu’une seule plage, un ruban de sable de 400 m ombragé de tamaris, deux tavernes qui louent des chambres, l’église Agios Panteleimonas et un ancien hameau perché sur la hauteur, que l’on rejoint par une piste baptisée sans rire l’avenue Agios Nikolaos. Aucun véhicule sur l’île.

Marathi vit trois mois par an : quelques familles reviennent l’été rouvrir les tavernes, puis referment tout à l’automne. Les bateaux d’excursion de Patmos y font escale à l’heure du déjeuner, et l’îlot retrouve son silence dès le milieu de l’après-midi.

Le reste de l’archipel se visite en louant un caïque au quai d’Arki : les Aspronisia, trois écueils de calcaire blanc dont les eaux peu profondes valent l’arrêt, Makronisi et ses grottes marines, Strongyli, Agrelousa, Kalovolos, Psathonisi, Tsouka et Avaptisto. C’est le vrai luxe d’Arki : une journée de navigation à trois ou quatre, sans personne autour.

Peut-on randonner à Arki ?

Il n’existe pas de réseau de sentiers balisés et numérotés sur Arki. On marche sur les voies de ciment du village, puis sur des pistes de terre et des chemins de chèvres, en refermant derrière soi les portillons qui retiennent les troupeaux. Le calcaire est coupant et abîme les semelles : des chaussures fermées sont préférables aux sandales, et il n’y a ni source, ni ombre, ni point d’eau sur le parcours.

Trois itinéraires structurent la journée. Le premier monte du port à Panagia Pantanassa, quinze minutes de raidillon pour la meilleure vue de l’île. Le deuxième file au nord-est vers Limnari, vingt-cinq minutes depuis la dernière maison du village. Le troisième traverse l’île vers le sud-est jusqu’à Tiganakia, cinquante minutes à une heure, et c’est la vraie randonnée d’Arki : on peut l’enchaîner avec la chapelle, une trace de ce parcours est publiée sur Wikiloc. Une quatrième sortie, la grotte à concrétions du versant ouest, demande environ une heure et un accompagnement local.

La bonne fenêtre va d’avril à début juin, puis de mi-septembre à fin octobre : en juillet et en août, l’absence totale d’ombre rend les traversées pénibles avant 17 h.

Arki, Marathi et les îlots voisins appartiennent au site Natura 2000 GR4210010, « Arki, Lipsi, Agathonisi et îlots », un couloir de passage pour les oiseaux migrateurs venus d’Afrique et un secteur de reproduction pour la faune marine. Voir la page sur les espaces naturels protégés de Grèce.

Quelles plages choisir à Arki ?

Aucune plage d’Arki n’est organisée. Pas de transat, pas de buvette, pas de douche, très peu d’ombre : on emporte de l’eau et un parasol, et on repart avec ses déchets.

Autour du port, la plus accessible est Avgousta, une plage de galets bordée d’arbres, à deux pas des tavernes, parfaite pour un bain de fin de journée. Patelia est la plus intéressante du secteur : une petite anse de sable soigneusement entretenue près du môle extérieur, à 500 m du village et huit minutes de marche, avec un fond sableux et une eau calme. C’est la seule vraie plage familiale de l’île. La crique de Piso Patelia, juste derrière, et le mouillage d’Ampelaki complètent le tableau.

Ces criques du port ont un avantage décisif : on y descend en cinq à dix minutes après le bain de mer du matin, et l’on remonte déjeuner à la taverne sans avoir à organiser quoi que ce soit.

Au nord, Limnari est une minuscule baie de galets sur la côte nord-est, que l’on atteint en vingt-cinq minutes de marche en passant par la maison la plus haute du village. Elle tient cinq baigneurs, pas davantage, et c’est précisément l’intérêt.

Au sud-est, Tiganakia est la plus spectaculaire du Dodécanèse septentrional : sable et galets fins, îlots blancs à quelques brasses, eau d’un turquoise irréel. Sa voisine Kapsalismeno, moins photogénique, se gagne par la même piste et reste déserte.

On peut aussi rejoindre Tiganakia par la mer, en louant un caïque au quai, ce qui évite l’heure de piste sous le soleil : la lagune se découvre alors par son ouverture, entre les îlots blancs, et c’est de loin la plus belle approche. Les Aspronisia, à quelques minutes de navigation, offrent le même fond clair sans aucun aménagement.

À Marathi, enfin, la plage unique du port est la seule grande étendue de sable ombragé de tout l’archipel, et la seule où l’on trouve une taverne les pieds dans l’eau. Une partie du littoral d’Arki figure au décret de 2026 sur les plages sauvages protégées, où transats et parasols commerciaux sont interdits.

Quelques liens pour aller plus loin
  • Superficie : 6,69 km²
  • Point culminant : 115 m
  • 44 habitants (recensement 2011), une quarantaine à l’année
  • Port principal : port d’Arki, au fond de la baie de Porto Avgousta
  • Archipel : une douzaine d’îlots, dont Marathi (0,36 km², 5 habitants en 2011)
  • Aéroport le plus proche : Leros (LRS), puis Kos (KGS) et Samos (SMI)
  • Site Natura 2000 : GR4210010, Arki, Lipsi, Agathonisi et îlots

Comparez les îles avec notre indicateur touristique des iles grecques

  • 1er juillet : fête patronale de la chapelle des Agioi Anargyri, Arki.
  • 6 août : Metamorphosis tou Sotiros, fête de la chapelle qui domine le village, Arki.
  • 23 août : panigiri de la Panagia, la grande fête de l’île, tables réunies sur la place du port, musique et danses jusqu’au matin, Arki.

Les autres destinations pour :

La carte de Arki

Comment aller à Arki et s’y déplacer ?

Arki n’a pas d’aéroport. Le plus proche est celui de Leros (LRS), puis ceux de Kos (KGS) et de Samos (SMI) : voir la page aéroports en Grèce. L’île a un seul port, au fond de la baie du village.

Les catamarans de Dodekanisos Seaways desservent Arki en saison sur la ligne du Dodécanèse : 20 minutes depuis Patmos, 30 minutes depuis Agathonisi, 50 minutes depuis Lipsi, 1 h 15 depuis Leros. Le Nisos Kalymnos de l’ANE Kalymnou complète le dispositif à l’année, une fois par semaine environ, sur la ligne Kalymnos, Leros, Lipsi, Patmos, Arki, Agathonisi, Pythagorio. En été, des caïques d’excursion partent quotidiennement de Skala à Patmos et de Lipsi. Pour Marathi, un caïque local part d’Arki plusieurs fois par semaine. Voir les conseils pour les ferries en Grèce.

Sur place, tout se fait à pied : ni bus, ni taxi, ni location. Prévoyez du liquide, l’île n’a pas de distributeur.

→ Conseils pour la réservation des ferries

Que mange-t-on à Arki ?

On est ici dans l’autoconsommation et la vente directe, à l’échelle de quatre tavernes. La cuisine de l’île tient à deux ressources, la mer et la chèvre.

Le poisson est pêché par les patrons eux-mêmes et servi le jour même. On y mange du poulpe, du calamar, des petits poissons de roche, et surtout de la langouste, préparée en astakomakaronada (αστακομακαρονάδα), pâtes à la langouste et à la tomate, le plat de fête de tout le nord du Dodécanèse. Le chevreau, katsikaki (κατσικάκι), vient des troupeaux qui occupent les trois quarts de l’île. La xinomizithra (ξινομυζήθρα), fromage frais acide de brebis et de chèvre, arrive des îles voisines et accompagne aussi bien les légumes du jardin que les entrées de poisson. Chez Nikolas, la cuisine des mayirefta mijotés se pratique encore, avec des poivrons farcis au fromage de chèvre et des desserts faits maison.

Une habitude locale mérite d’être connue : on passe commande la veille, ou au moins le matin, pour la langouste comme pour le chevreau. L’unique épicerie et le kiosque du port dépannent pour le reste, mais l’approvisionnement dépend du bateau et se raréfie en fin de semaine.

Arki appartenant au dème de Patmos, on y retrouve la table patinienne : la tyropita patiniotiki (τυρόπιτα πατινιώτικη), grosse tourte au fromage relevée de cannelle et de sucre, à mi-chemin du salé et du sucré, et les pougkia (πουγκιά), petits chaussons frits aux noix et au miel.

    • La montée de quinze minutes à Panagia Pantanassa, la plus vieille église de l’île, pour la vue sur la baie et tout l’archipel.
    • Tiganakia à pied, tôt le matin ou après 16 h, quand les bateaux d’excursion sont repartis et que la lagune est vide.
    • Le panigiri du 23 août, quand les tavernes réunissent leurs tables sur la place et que la fête dure toute la nuit.
    • Une journée à Marathi : dix minutes de caïque, une plage de sable sous les tamaris, un déjeuner de langouste et rien d’autre.
    • La location d’un caïque au quai pour la boucle des Aspronisia et de Makronisi, écueils blancs et grottes marines.
    • Le fortin d’Avgoustinis au-dessus du mouillage, élevé par des colons de Milet et repris à l’époque byzantine.
    • Une astakomakaronada commandée la veille dans l’une des tavernes du port, la langouste étant pêchée à la demande.
    • La crique de Limnari, vingt-cinq minutes de marche au nord-est du village, galets et eau claire, qui tient cinq baigneurs au maximum.
    • Le poste d’observation italien en ruine au nord de l’île, vestige de l’administration italienne du Dodécanèse entre 1912 et 1943.
    • La soirée chez Trypas, seule taverne de l’île qui se prolonge en bar, sur le quai, jusqu’à une heure avancée.
    • Le sable entretenu de Patelia, à huit minutes du village, la seule plage vraiment adaptée aux jeunes enfants.
    • L’olivier de la place, qui partage le carrefour du village en trois et tient lieu de centre-ville à Arki.

Où dormir à Arki ?

Arki compte environ quarante chambres au total, réparties entre cinq ou six adresses, toutes à moins de cinq cents mètres du port. Il n’y a pas d’hôtel, pas de camping, aucun établissement de chaîne : ce sont des chambres chez l’habitant et des tavernes qui louent à l’étage. En juillet et en août, et plus encore autour du 23 août, l’île est complète des semaines à l’avance. Beaucoup d’adresses ne prennent que le téléphone et demandent un acompte par virement. Voir la page se loger en Grèce.

Sur l’île d’Arki

  • Ta Petrina tis Evdokias : quatre chambres dans un jardin, à environ 250 m au sud du village, vue sur le port. L’adresse la plus soignée de l’île. Tél. 22470 31652. Fiche officielle
  • Arki Island Katsavidis Rooms : onze chambres à 500 m du port, la plus grande capacité de l’île. Tél. 6983 452797. Facebook
  • Nikolas : taverne de la place du port, tenue par la famille Kavouras, qui loue des chambres avec salle de bain, réfrigérateur, télévision et véranda sur la mer. Tél. 22470 32477 ou 6972 923367
  • O Trypas (aussi appelé Tou Manoli) : cinq chambres doubles au-dessus de la taverne du bord de l’eau, dix mètres après le carrefour de la route du nouveau port. Balcon privatif, ventilateur de plafond plutôt que climatisation. Tél. 22470 32230. Site
  • Kaiti’s House : chambres sur une butte verdoyante à l’extrémité sud du mouillage, au-dessus du port. Fiche officielle
  • Anastasios Katsaros : chambres à louer au village. Tél. 22470 31923

Sur l’îlot de Marathi

  • Pantelis Marathi : de loin l’adresse la plus étoffée de l’archipel, avec chambres doubles, cabanas, maisonnettes et trois maisons pour trois à six personnes, au bord de la plage. Le restaurant est ouvert depuis 1978. Tél. 6972 279873, Site
  • Pirate : taverne de bord de mer tenue par la famille Kavouras, avec quelques chambres simples. Tél. 22470 31580

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