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Kolonaki, le quartier chic d'Athènes adossé à la colline du Lycabette
Kolonaki occupe le versant sud du Lycabette, entre la place Syntagma, l’avenue Vassilissis Sofias et les premières pentes de la colline. C’est le quartier bourgeois d’Athènes : boutiques de créateurs, galeries, terrasses de café et la plus forte concentration de musées de la ville. On y monte pour le panorama, on y reste pour l’atmosphère. Contrairement à Plaka ou Monastiraki, Kolonaki n’est pas un quartier saturé de visiteurs : les cafés de la place sont remplis d’Athéniens, et la pression touristique s’y mesure davantage à la hausse des loyers qu’aux files d’attente. Le quartier vit en revanche depuis plusieurs années au rythme du chantier de la future ligne 4 du métro, qui a éventré sa place principale. Reste à savoir s’il faut y poser ses valises, et par quoi commencer si vous n’y passez qu’une demi-journée : les sept choses à ne pas manquer sont en fin de page.
Où se situe Kolonaki et comment y aller ?
Kolonaki forme un triangle en pente entre la place Syntagma, l’avenue Vassilissis Sofias et le pied du Lycabette. Comptez dix minutes de marche depuis Syntagma pour atteindre la place Kolonaki, vingt-cinq minutes pour l’Acropole, cinq minutes pour le Jardin national.
Le quartier n’a aucune station de métro en son cœur. Les deux accès sont en bordure basse : Evangelismos et Syntagma, toutes deux sur la ligne 3, qui relie directement l’aéroport d’un côté et le port du Pirée de l’autre, sans changement. C’est un atout réel, souvent ignoré : depuis Evangelismos, vous rejoignez le port du Pirée ou l’aéroport d’une seule traite. Les détails de trajet figurent sur nos pages transferts aéroport, centre et ports et transports à Athènes. Pour un ferry au départ de Rafina, en revanche, Kolonaki n’offre aucun avantage : le terminal des bus se trouve rue Mavromateon, à l’opposé du centre.
Les trolleys 3, 7 et 8 longent Vassilissis Sofias et desservent tous les musées. Restent deux réalités physiques : ça monte, sérieusement dès qu’on dépasse la rue Skoufa, avec des rues en escaliers vers le Lycabette, et le stationnement y est parmi les plus difficiles d’Athènes. Un séjour à Kolonaki se fait à pied, pas en voiture.
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Quelle ambiance dans le quartier de Kolonaki ?
Les premières maisons datent du milieu du XIXe siècle. Avant cela, le secteur s’appelait Katsikadika, littéralement le lieu des chèvres : des pâturages au pied de la colline, où s’installèrent des familles venues de villages de montagne. Sa proximité avec le palais royal, l’actuel Parlement, en fit l’un des premiers quartiers de la capitale à se peupler d’habitants aisés. Le nom vient d’une petite colonne romaine en marbre, dressée d’abord à Dexameni puis déplacée sur la place officiellement appelée Filikis Etaireias, que personne ne nomme autrement que place Kolonaki. Elle est toujours là, dissimulée dans les arbres.
Kolonaki reste le quartier de la bourgeoisie athénienne et assume cette identité sans nostalgie. La géographie sociale du café y est d’une précision qui amuse les Grecs : les terrasses de la mode se tiennent rues Milioni et Kapsali, les politiques prennent un express rapide dans le haut, vers Tsakalof, les rendez-vous d’affaires se négocient entre Kanari et Koumbari, et les intellectuels descendent rue Skoufa, du côté de l’église Agios Dionysios. Une expression résume tout le quartier, pame platia, littéralement « on va sur la place » : à Athènes, tout le monde comprend de quelle place il s’agit.
Le quartier se lit à deux vitesses. En journée, bureaux, commerces et musées le rendent très fréquenté et bruyant sur les axes. À partir de la fin d’après-midi, les terrasses se remplissent et les rues piétonnes deviennent le lieu de sortie d’une clientèle jeune, sans que cela dégénère en quartier festif comme Psyri ou Gazi. Le dimanche, en revanche, Kolonaki se vide : commerces fermés, place calme, seuls quelques cafés restent ouverts.
Kolonaki figure dans le périmètre où la Ville d’Athènes a gelé la délivrance de nouvelles autorisations de location de courte durée, mesure entrée en vigueur début 2025 puis prolongée. Ce n’est pas un hasard : la pression immobilière y est forte et la population résidente vieillit. Le quartier conserve en revanche ses nerantzia (νεραντζιά), les orangers amers emblématiques d’Athènes, le long des immeubles anciens et des escaliers montant vers le Lycabette. Leurs fruits ne se mangent pas crus, malgré ce que croient les visiteurs qui les photographient.
Kolonaki en un coup d'œil
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Centralité et transports - 6/10
6/10
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Ambiance et sorties - 8/10
8/10
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Vie locale et authenticité - 8/10
8/10
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Calme la nuit - 6/10
6/10
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Sécurité ressentie - 10/10
10/10
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Vert et confort l'été - 8/10
8/10
Situation : aucune station au cœur du quartier, Evangelismos et Syntagma en bordure basse, montée sensible au retour. La station Kolonaki de la ligne 4 est en chantier, mise en service non prévue avant la fin de la décennie.
Ambiance : bourgeoisie athénienne, jolis du café, commerces, musées et galeries, terrasses. Animation forte du matin au soir.
Vie locale : quartier réellement habité par des Athéniens, avec ses institutions et ses habitués, malgré une image de vitrine.
Calme : rues hautes vers le Lycabette calmes, secteur Tsakalof, Milioni et Kapsali animé en soirée. Le chantier de la ligne 4 pèse sur la place principale.
Sécurité : le quartier le plus tranquille du centre à toute heure.
Espaces verts : Lycabette accessible à pied, place Dexameni ombragée, altitude et brise sensibles en été.
Idéal pour : séjour urbain sans priorité sur les sites antiques, voyageurs sensibles au calme et à la sécurité.
À éviter si : budget serré, mobilité réduite, priorité donnée à la proximité de l’Acropole.
La carte du quartier
Que voir et que faire à Kolonaki ?
Kolonaki concentre le plus beau alignement de musées d’Athènes, tous à quelques minutes les uns des autres le long de Vassilissis Sofias. Le musée Benaki présente la collection léguée dans les années 1950 par Antonis Benakis, négociant en coton : un condensé de toute la Grèce, avec un café au dernier étage dont la terrasse donne sur le Jardin national. Le musée d’Art cycladique, rue Neofytou Douka, est un musée à taille humaine dont les figurines de marbre aux bras croisés ont inspiré Picasso, Brancusi et Moore. Le musée byzantin et chrétien conserve des icônes du XIIIe siècle et une coupole remontée dans le bâtiment. Dans son parc, en accès libre, les vestiges du Lycée d’Aristote ont été dégagés.
Deux lieux plus discrets méritent le détour. La bibliothèque Gennadius abrite les 26 000 volumes donnés en 1922 par Ioannis Gennadios à l’École américaine d’études classiques, avec des aquarelles d’Edward Lear et des souvenirs de Byron. L’église Agios Dionysios, rue Skoufa, associe une façade néo-Renaissance des années 1930 à un intérieur byzantin : Denys l’Aréopagite est le saint patron d’Athènes.
Enfin, le mont Lycabette, Lykavittos pour les Athéniens, culmine à 277 mètres et offre le panorama le plus complet de la ville, de l’Acropole au Pirée [vue 360°]. Le funiculaire part de la rue Aristippou. Mieux montez à pied, en une vingtaines minutes par le sentier qui démarre au-dessus de Dexameni.
Une balade dans Kolonaki
Si vous ne faites pas le tour des musées, vers le bas du quartier en direction du Jardin national, partez de la place Kolonaki, aujourd’hui éventrée par le chantier du métro, et remontez la rue Skoufa pour son bâti néoclassique et art déco jusqu’à Agios Dionysios. Derrière l’église, la petite place Lykavittou est dominée par le mégaron Dragoumis, ancienne ambassade du Brésil devenue résidence privée. Redescendez par Anagnostopoulou vers Xenokratous, rue d’épiciers qui accueille l’un des marchés de quartier le vendredi matin. Montez ensuite jusqu’au sommet du Lycabette, en funiculaire ou mieux à pied par le sentier, pour la vue. En redescendant, prenez un verre et quelques mezze place Dexameni, l’ancien réservoir de l’aqueduc d’Hadrien, sous les ormes, avec son cinéma en plein air. L’autre cinéma d’été du quartier, le Cine Athinaia, est rue Charitos.
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Où boire un café, manger ou prendre un verre à Kolonaki ?
Le matin, tout se joue entre deux places. En terrasse du Da Capo (📍), sur Tsakalof, commandez un freddo cappuccino et regardez passer les gens : c’est l’institution du quartier et le meilleur poste d’observation qui soit [vue 360°]. Cent mètres plus haut, le kafeneio historique de la Dexameni (📍), sous les arbres, en est le contrepoint exact : plus lent, moins soucieux des marques, du retraité à l’étudiant. C’est là que je m’installe en fin de journée. Pour le pain et les viennoiseries, Kora (📍) fait partie des micro-boulangeries qui ont changé les habitudes athéniennes. Et pour un sandwich sur le pouce ou quelques produits grecs à rapporter, Kostarelos (📍), rue Patriarchou Ioakim, est une maison de fromagers.
À table, l’adresse qui traverse le siècle est le Filippou (📍), rue Xenokratous, ouvert en 1923 comme dépôt de vin et de charbon, devenu taverne puis restaurant en 1968, toujours tenu par la même famille. On y vient pour les mageirefta, les plats mijotés du jour, dans une salle qui a servi tout Athènes. Même registre au Kafeneio (📍), un mageireio classique passé récemment en d’autres mains, qui sert la cuisine de la casserole à midi et bascule vers les mezze le soir. Pour déjeuner dehors, Me Kolonaki (📍) occupe la rue Kapsali, courte artère commerçante très caractéristique du quartier, et sert du matin au soir.
Le soir, deux valeurs sûres. L’Ippopotamos (📍), ouvert en 1978 exactement là où Kolonaki touche Exarchia, a vu défiler des générations entières et sa sangria est devenue une légende locale. Le Jazz in Jazz (📍), ouvert en 1996, petite salle tapissée de portraits de musiciens et de disques rares, se boit lentement, un verre à la main. Une réserve utile : le dimanche, une grande partie du quartier baisse le rideau, cafés des places exceptés.
Kolonaki est-il un bon quartier pour s’installer ?
Kolonaki est le quartier le plus tranquille du centre d’Athènes, et le plus cher. La question à se poser est simple : préférez-vous marcher vingt-cinq minutes chaque matin pour rejoindre l’Acropole, en échange de soirées calmes et d’un quartier réellement athénien, ou dormir dans la foule au pied du rocher ?
Les avantages
- Sécurité et calme : aucune vigilance particulière à avoir, y compris tard le soir.
- Tous les musées à pied, et le Lycabette au bout de la rue pour respirer.
- Un vrai quartier habité, avec ses commerces de bouche et ses cafés d’habitués.
- Ligne 3 en bordure, donc aéroport et Pirée sans changement.
Les inconvénients
- Aucune station de métro dans le quartier, et une pente sérieuse au retour.
- Vingt-cinq minutes de marche jusqu’à l’Acropole, davantage à la montée.
- Le chantier de la ligne 4 défigure la place principale et génère du bruit.
- Peu adapté aux petits budgets et aux mobilités réduites.
L’offre hôtelière est restreinte et nettement orientée vers le haut de gamme. En pratique, une large part des logements disponibles à Kolonaki passe par Airbnb, dans un quartier précisément visé par le gel des nouvelles autorisations, mais au delà quelques adresses sont à recommander.
- Monsieur Didot, rue Sina, à l’angle de la piétonne Didotou : six chambres dans une maison néoclassique restaurée, ambiance littéraire. Haut de gamme.
- St George Lycabettus, au-dessus de Dexameni : institution du quartier, piscine et bar sur le toit face à l’Acropole. Haut de gamme.
- COCO-MAT Hotel Athens, rue Patriarchou Ioakim : quatre étoiles au cœur des boutiques, dans un immeuble signé Emmanouil Lazaridis. Haut de gamme.
- The Modernist Athens, côté Rigillis : l’ancienne ambassade du Canada reconvertie, à cinq minutes du pied du Lycabette. Haut de gamme.
- Hotel Lozenge, rue piétonne Valaoritou, à la limite de Syntagma : vingt-cinq chambres, toit-terrasse et bon petit-déjeuner. Intermédiaire.
- Urban K, près d’Evangelismos : appart-hôtel récent avec coin cuisine, sans réception permanente ni parties communes. Intermédiaire.
Soyons clairs : il n’existe pas d’adresse réellement abordable à Kolonaki, et les deux options intermédiaires ci-dessus restent chères à l’échelle d’Athènes. Si le budget compte, mieux vaut viser un quartier voisin et consulter nos conseils sur où dormir à Athènes, ou comparer avec les autres quartiers d’Athènes.
Ce qu’il ne faut pas rater à Kolonaki
- Un café en terrasse sur la place Kolonaki, la petite colonne romaine cachée dans les arbres juste derrière vous.
- Les figurines cycladiques aux bras croisés du musée d’Art cycladique, dont la simplicité a marqué la sculpture du XXe siècle.
- Le coucher de soleil depuis le sommet du Lycabette, de préférence à pied à la montée et en funiculaire à la descente.
- La séance du cinéma en plein air de Dexameni, sur la place où les écrivains grecs se retrouvaient.
- Les plats mijotés du jour chez Filippou, rue Xenokratous, ouvert sans interruption depuis 1923 et toujours tenu par la même famille.
- La salle de lecture de la bibliothèque Gennadius, son plafond ouvragé et l’inscription d’Isocrate gravée au-dessus de la porte d’entrée.
- Les vestiges du Lycée d’Aristote, dégagés dans le parc du musée byzantin, librement accessibles et ignorés de presque tous les visiteurs.
