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Plaka et Anafiotika, le plus vieux quartier d'Athènes sous l'Acropole
Plaka occupe le versant nord et est du rocher de l’Acropole, entre Monastiraki, Syntagma et l’Olympieion. C’est le seul secteur d’Athènes classé dans sa totalité : un labyrinthe de ruelles pavées, de maisons néoclassiques et d’églises byzantines, surmonté par le petit quartier d’Anafiotika, une quarantaine de maisons blanches bâties par des maçons de l’île d’Anafi. Le quartier convient à un premier séjour court, deux ou trois nuits, quand la priorité est de tout faire à pied. Reste à savoir s’il vaut mieux dormir dans Plaka ou un peu plus loin au calme, et par quoi commencer si le temps manque : la liste courte de ce qui compte vraiment ferme cette page. Sur la pression touristique, autant être direct : Plaka est le quartier le plus fréquenté d’Athènes, et vous croiserez plus de touristes que d’habitants.
Où se situe Plaka et comment y aller ?
Plaka tient dans un triangle de quelques centaines de mètres. Depuis la place Filomoussou Etaireias, son centre de gravité, comptez cinq minutes de marche jusqu’à Syntagma, cinq jusqu’à Monastiraki et une dizaine jusqu’à l’entrée sud de l’Acropole. Deux rues suffisent à s’orienter : la rue piétonne Kydathinaion, qui descend en diagonale, et la rue Adrianou, qui longe le quartier d’est en ouest.
Aucune station de métro ne se trouve à l’intérieur du quartier, mais trois le bordent : Monastiraki (lignes 1 et 3), Akropoli (ligne 2) et Syntagma (lignes 2 et 3). Depuis l’aéroport, la ligne 3 arrive en direct à Monastiraki ou à Syntagma en une quarantaine de minutes, et le bus X95 dessert Syntagma toute la nuit. Vers le port du Pirée, la ligne 1 depuis Monastiraki prend une vingtaine de minutes. Rafina, en revanche, oblige à traverser la ville jusqu’au terminal de la rue Mavromateon.
Dernier point, et il compte : Plaka est presque entièrement piétonne, pavée de dalles de marbre glissantes par temps de pluie, et Anafiotika ne se fait qu’à pied par des escaliers. Arriver en taxi avec des valises signifie finir à pied. Le détail des transports athéniens et des liaisons aéroport et ports figure sur leurs pages dédiées.
→ Toutes nos adresses pour manger ou boire un verre sur Google Map
Quelle ambiance dans le quartier de Plaka ?
Plaka est la plus ancienne zone habitée d’Athènes, et son nom viendrait d’une grande dalle de pierre trouvée près de l’ancien théâtre de Dionysos. Anafiotika, la poignée de maisons blanches accrochées sous le rocher, date du milieu du XIXe siècle : des maçons venus de l’île d’Anafi, réputés les meilleurs du pays, avaient été appelés pour bâtir le palais du roi Othon et ont reconstitué là leur village. Le quartier s’est ensuite densifié avec les réfugiés d’Asie Mineure.
Sous la dictature des colonels, Plaka s’est couverte de bars et de boîtes à sono qui ont chassé ses derniers habitants. Le décret présidentiel de 1982, qui fixe les usages autorisés du sol, a fait fermer ces établissements et rendu le quartier à l’habitation. Quarante ans plus tard, c’est ce même décret qui sert d’argument à l’association Elliniki Etaireia devant le Conseil d’État, dans onze recours visant des immeubles de Plaka transformés en meublés de courte durée. L’enregistrement de nouveaux logements de ce type est par ailleurs actuellement gelé dans le centre historique d’Athènes.
Le résultat se ressent au fil de la journée. Avant neuf heures, les ruelles sont vides, les chats sortent et le quartier est à son plus beau. De onze heures à sept heures du soir, la foule est continue et les guides se croisent. Le soir, les terrasses se remplissent et l’animation retombe assez tôt. Le week-end, ce sont des Athéniens qui redescendent y prendre un café, souvent les mêmes familles depuis des décennies. Il reste des habitants, quelques centaines, très majoritairement âgés, et une poignée de résidents d’Anafiotika qui tiennent bon dans des maisons expropriées depuis longtemps. L’été, les hauteurs sous le rocher captent un filet d’air que les ruelles basses n’ont pas. Plaka n’a ni marché hebdomadaire ni presque aucun commerce d’usage quotidien : c’est l’indice le plus parlant de ce que le quartier est devenu, et il faut sortir du périmètre pour retrouver un vrai laiki athénien.
Plaka en un coup d'œil
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Situation et transports - 10/10
10/10
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Ambiance et sorties - 8/10
8/10
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Vie locale - 2/10
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Calme - 4/10
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Sécurité - 8/10
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Espaces verts - 6/10
6/10
Localisation : Monastiraki, Akropoli et Syntagma en bordure, Acropole au pied, accès direct aéroport et Pirée sans changement selon la station choisie.
Ambiance : densité de commerces et de tavernes très forte, mais offre largement calibrée pour les visiteurs.
Vie locale : habitants partis, immeubles convertis, commerces de souvenirs dominants. Le plancher de l’échelle.
Calme : foule et musique de tavernes en soirée, cars et groupes en journée. Les ruelles hautes vers Anafiotika sont plus calmes.
Sécurité : aucun enjeu au-delà des pickpockets, actifs et documentés autour de Monastiraki et des accès à l’Acropole.
Vert : pentes de l’Acropole et Jardin national en bordure, mais ruelles minérales sans ombre l’après-midi.
Idéal pour : première visite courte, deux ou trois nuits, priorité absolue à la proximité des sites.
À éviter si : séjour long, sensibilité au bruit, envie de comprendre Athènes autrement qu’en visiteur.
La carte du quartier
Que voir et que faire à Plaka ?
Anafiotika reste le point fort du quartier. Il n’en subsiste qu’une quarantaine de maisons, dont beaucoup ne dépassent pas 35 m2 : une partie a été démolie en 1950 pour les fouilles, un tiers exproprié en 1980 vers les murs antiques. Les ruelles n’y ont toujours pas de nom et les maisons sont numérotées Anafiotika 1, Anafiotika 2, et ainsi de suite. On y trouve la petite église Agios Georgios tou Vrachou, un panorama sur toute la ville [vue 360°] et, rue Erechtheos, les Agioi Anargyroi, l’église qui reçoit chaque samedi de Pâques la flamme rapportée de Jérusalem [vue 360°].
En bas, le monument de Lysicrate (335 av. J.-C.) est le dernier survivant des monuments chorégiques de l’ancienne rue des Trépieds. Un couvent de capucins l’a absorbé en 1669, Byron y a séjourné, et c’est dans ces jardins qu’aurait poussé la première tomate cultivée en Grèce, en 1818. À l’autre bout, l’agora romaine et sa tour des Vents, horloge hydraulique et girouette du Ier siècle av. J.-C., voisinent avec le bain ottoman de la rue Kyrristou.
Côté musées, le Musée de la culture grecque moderne occupe depuis 2023 un îlot entier de dix-huit bâtiments avec théâtre de plein air, et le musée Frissiras loge sa peinture européenne contemporaine dans un bâtiment néoclassique pensé par Ziller. Ce qu’il vaut mieux éviter tient en une phrase : la partie basse de la rue Adrianou vers Monastiraki, saturée de boutiques de souvenirs, et les terrasses à rabatteurs.
Une balade d’une heure dans Plaka
Commencez au monument de Lysicrate, à l’angle sud-est du quartier, et remontez la rue Tripodon puis la rue Farmaki jusqu’à la place Filomoussou Etaireias. Redescendez la rue Kydathinaion, en passant devant l’église Sotira tou Kotaki et la façade du Cine Paris, jusqu’à la rue Adrianou. Prenez alors à gauche les escaliers de la rue Mnisikleous, qui grimpent droit vers le rocher, puis la rue Erechtheos : vous êtes dans Anafiotika. Faites-en le tour par le haut jusqu’au belvédère, avant de redescendre par la rue Theorias, devant le musée Kanellopoulos, puis la rue Tholou, où la maison de l’architecte Kleanthis a abrité la première université d’Athènes de 1837 à 1842. La rue Panos vous dépose enfin devant la tour des Vents et l’entrée de l’agora romaine.
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Où boire un café, manger ou prendre un verre à Plaka ?
Le matin, trois adresses tiennent encore la comparaison avec le reste de la ville. La Klepsydra (📍), cachée rue Thrasyvoulou dans une cour à géraniums, sert des cafés et des tourtes maison à deux pas de la tour des Vents ; c’est l’adresse où l’on tient une heure sans être bousculé. Le Cafe Melina (📍) est un kafeneio de quartier entièrement dédié à Melina Mercouri, où les voisins passent encore prendre les nouvelles autour d’un café grec. O Glykys (📍), tapi entre Kydathinaion et Adrianou sous une treille, fonctionne à la fois comme café et comme mezedopoleio.
À table, Saita (📍) est une adresse que j’aime bien : ancien koutouki de sous-sol devenu taverne familiale, la même famille aux fourneaux depuis plus de cinquante ans, une morue frite à la purée d’ail servie toute l’année et des fresques d’époque sur les murs. O Platanos (📍), ouvert en 1933 sur sa placette près de la tour des Vents à perdu de sa superbe mais toujours pas mal pour des plats mijotés, chevreau au four et légumes à l’huile en tête. La Palia Taverna tou Psarra (📍), en activité depuis 1898 au pied des escaliers de Mnisikleous, mérite le détour hors saison et au déjeuner, quand elle redevient une taverne plutôt qu’une machine.
Pour le verre du soir, Brettos (📍) est une distillerie de 1909 devenue bar, avec son mur de bouteilles éclairées pour Instagram, et surtout son ouzo et ses liqueurs maison servis au comptoir. Je conseille en revanche de traverser sans s’arrêter les enfilades de tables à menus traduits en six langues et à photos de plats : les Athéniens les évitent, et c’est un réflexe qui s’apprend vite. La règle empirique tient en trois signes : un employé posté à l’entrée, des photos de plats sur le menu, et une carte qui propose à la fois moussaka, pizzas et petit-déjeuner anglais.
Plaka est-il un bon quartier pour s’installer ?
Les avantages :
- tout se fait à pied, l’Acropole comme les musées, sans jamais prendre un transport ;
- trois stations de métro en bordure, avec accès direct à l’aéroport et au Pirée ;
- un cadre exceptionnel, ruelles piétonnes, jasmin et vues sur le rocher ;
- une sécurité ressentie élevée, avec des rues éclairées et fréquentées tard.
Les inconvénients :
- presque aucun commerce d’usage quotidien, ni supérette correcte ni marché ;
- foule continue de onze à dix-neuf heures, juste sous vos fenêtres ;
- arrivée et départ compliqués : pavés, escaliers, pas d’accès voiture ;
- ruelles minérales sans ombre, difficiles à supporter en juillet et août ;
- prix au mètre carré parmi les plus élevés de la ville, à prestation égale.
L’offre est abondante mais déséquilibrée : quelques dizaines d’hôtels seulement, dont une poignée d’anciennes maisons de caractère, face à une masse de meublés de courte durée qui représentent aujourd’hui l’essentiel des lits disponibles. Le gel des nouveaux enregistrements ne réduit pas ce stock, il l’empêche seulement de croître, et les recours en cours devant le Conseil d’État ne changeront rien à court terme pour le voyageur. Concrètement, réserver dans Plaka signifie le plus souvent réserver un appartement meublé plutôt qu’un hôtel. Voici quelques adresses recommandées.
- Acropolis House, rue Kodrou : demeure de 1860 tenue par la même famille, chambres modestes, bibliothèque et petit-déjeuner généreux. Abordable.
- Hotel Phaedra, rue Herefondos : petit hôtel simple sur un angle calme face à l’église Agia Aikaterini, terrasse sur le toit. Abordable.
- Nefeli Hotel, rue Iperidou : deux étoiles sans prétention, très bien placé à l’entrée de Plaka côté Syntagma. Abordable.
- Niki Athens Hotel, rue Nikis : confort contemporain à la lisière de Syntagma, chambres mansardées avec vue sur l’Acropole. Intermédiaire.
- AVA Hotel and Suites, rue Lysikratous : une quinzaine de suites avec cuisine, balcons face au rocher, service très attentif. Haut de gamme.
- Electra Palace, rue Nikodimou : cinq étoiles classique du quartier, piscine sur le toit et vue frontale sur le Parthénon. Très haut de gamme.
Pour comparer avec les autres secteurs de la ville, voyez notre page où dormir à Athènes et le panorama des quartiers d’Athènes.
Ce qu’il ne faut pas rater à Plaka
- Anafiotika au lever du jour : les ruelles sans nom, les maisons cycladiques et le panorama sur la ville, avant l’arrivée des premiers groupes.
- L’église des Agioi Anargyroi, rue Erechtheos : c’est ici qu’arrive la flamme du Saint-Feu rapportée de Jérusalem chaque samedi de Pâques.
- Le monument de Lysicrate : dernier monument chorégique debout d’Athènes, absorbé par un couvent de capucins où Byron a séjourné.
- La tour des Vents : horloge hydraulique, girouette et cadran solaire du Ier siècle av. J.-C., dans l’enceinte de l’agora romaine.
- Le Musée de la culture grecque moderne : dix-huit bâtiments restaurés autour d’une cour, un théâtre de plein air et une muséographie remarquable.
- Une séance au Cine Paris : cinéma en plein air sur un toit de la rue Kydathinaion, avec le Parthénon éclairé en fond d’écran.
- Le bain ottoman de la rue Kyrristou : hammam en service de 1450 à 1965, l’un des rares vestiges ottomans visitables de la ville.
