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La Laconie, de la vallée de Sparte au rocher de Monemvasia
La Laconie occupe le sud-est du Péloponnèse, 3 636 km² encadrés par le Taygète, point culminant de la péninsule à 2 407 m, et le Parnon. Au centre, la vallée de l’Eurotas, plantée d’orangers et d’oliviers, mène de Sparte au golfe de Laconie. La région réunit deux des grands sites médiévaux de Grèce, la cité byzantine de Mystras, inscrite à l’UNESCO, et la ville fortifiée de Monemvasia, puis s’achève au sud par la péninsule des Vatika et l’île d’Elafonissos. La fréquentation se concentre sur Monemvasia les week-ends d’été et sur les plages d’Elafonissos en août ; Sparte, Geraki ou Kyparissi restent calmes. Le Magne laconien, autour de Gythio et d’Areopoli, a sa propre page.
Vallée de l'Eurotas, Parnon et Vatika, la Laconie en trois territoires
La Laconie se lit en trois ensembles, plus le Magne. La vallée de l’Eurotas réunit Sparte, Mystras et les villages du pied du Taygète, avec Geraki et Chrysafa sur l’autre rive. La côte est et le Parnon, de Kyparissi à Monemvasia, alternent ports isolés, villages de montagne et le fjord de Gerakas. La péninsule des Vatika, au sud, avec Neapoli, la grotte de Kastania et l’île d’Elafonissos, ferme le Péloponnèse face à Cythère.
Que voir en Laconie ?
Que voir à Sparte et dans la vallée de l’Eurotas ?
Sparte (📍), ville moderne, garde peu de traces de la cité antique : Thucydide prévoyait déjà que ses ruines ne rendraient pas justice à sa puissance. On vient pour le musée archéologique, où trône un buste de guerrier en marbre que l’on rapproche de Léonidas, pour l’acropole antique et son théâtre, accessibles librement au nord de la ville, et pour le musée de l’Olive et de l’Huile grecque, installé dans l’ancienne compagnie d’électricité de la ville (fermé le mardi). C’est surtout une base pratique pour visiter Mystras.
À une quinzaine de minutes, Mystras (📍) (vue 360°), fondée en 1249 par le prince franc Guillaume de Villehardouin puis passée aux Byzantins, devint la capitale du despotat de Morée et l’un des derniers foyers de l’Empire byzantin : le dernier empereur, Constantin XI, y fut proclamé en 1449. Inscrite à l’UNESCO en 1989, la cité étagée sur un contrefort du Taygète réunit un château, une ville haute autour du palais des Despotes et une ville basse riche en églises. La Métropole, la plus ancienne, le monastère de la Pantanassa, de 1428, où vivent encore quelques religieuses, et la Péribleptos (vue 360°), aux fresques du XIVe siècle presque intactes, justifient à elles seules la visite. Deux entrées, à 2 km l’une de l’autre, desservent le haut et le bas : prévoyez une demi-journée, de bonnes chaussures et de l’eau, et commencez tôt, avant la chaleur et les cars.
Sur l’autre rive de l’Eurotas, Geraki et Chrysafa conservent des groupes d’églises médiévales, et Geraki une belle forteresse ; le village est aussi connu pour son tissage de kilims au métier vertical. À l’ouest, la route de Kalamata franchit le Taygète par le col de la Langada, une soixantaine de kilomètres de virages à travers les forêts, en passant par Trypi, réputé pour son chevreau.
Que voir à Monemvasia et sur la côte est ?
Monemvasia (📍) (vue 360°), dont le nom signifie « entrée unique », occupe un rocher relié au continent par une chaussée. Fondée au VIe siècle par des habitants fuyant les invasions, elle devint l’un des grands ports marchands de l’Empire byzantin. Invisible depuis la terre, la ville basse se découvre après une porte en chicane : une rue principale bordée de boutiques et de tavernes, une quarantaine d’églises, et la cathédrale du Christ Elkomenos, la plus grande église de la ville. La montée à la ville haute, une vingtaine de minutes, mène à l’église Agia Sofia, posée au bord de la falaise, et aux ruines de la citadelle. Seule une poignée d’habitants vit encore sur le rocher à l’année ; la vie se concentre à Gefyra, sur le continent. Les cars d’excursion font de Monemvasia une étape chargée les week-ends et l’été : la ville est à son meilleur tôt le matin et le soir, d’où l’intérêt d’y dormir. Le poète Yannis Ritsos, natif du lieu, repose dans le petit cimetière de la chaussée.
À une vingtaine de kilomètres au nord, le petit port de Gerakas s’étire le long d’un bras de mer étroit souvent présenté comme le seul fjord de Grèce, dont les zones humides attirent les oiseaux migrateurs. Plus haut sur la côte, Kyparissi, village d’environ 400 habitants accessible seulement par la mer jusqu’aux années 1970, se rejoint en deux heures depuis Sparte par une route étroite qui descend du Parnon ; il reste calme même en haute saison. Dans la montagne, Vamvakou, à 900 m, berceau de la famille Niarchos, revit depuis la fin des années 2010 grâce à la coopérative Vamvakou Revival, soutenue par la Fondation Stavros Niarchos.
Que voir dans la péninsule des Vatika et à Elafonissos ?
Au sud de Monemvasia, la péninsule des Vatika est le dernier doigt du Péloponnèse. Neapoli (📍), port sans grand charme, est surtout le point de départ des ferries pour Cythère, à environ 1 h 15 de traversée. À plus d’une heure de route de Monemvasia, la grotte de Kastania, gérée par la municipalité, se visite en 30 minutes sur un circuit de 500 m, au milieu de concrétions formées depuis environ trois millions d’années ; hors été, elle n’ouvre que le week-end. La péninsule garde aussi le géoparc des arbres pétrifiés d’Agios Nikolaos (voir plus bas), le château des Vatika et des villages comme Faraklo, Kato Kastania ou Velanidia, que l’on rejoint souvent par des pistes.
À l’ouest, Elafonissos (📍) se rejoint en dix minutes de ferry depuis Pounta, à 13 km de Neapoli. Sa plage de Simos, double baie de sable blanc aux eaux turquoise adossée à des dunes et à des genévriers, attire les foules en plein été : visez juin ou septembre. Au large de Pounta, Pavlopetri est une ville engloutie de l’âge du bronze.
Que voir dans le Magne laconien ?
Gythio, ancien port de Sparte (vue 360°), ouvre le Magne laconien : Areopoli, les grottes de Diros, les tours de Vathia et le cap Ténare. Toute la péninsule, partagée entre Laconie et Messénie, est décrite sur notre page Magne.
Où se baigner et que faire au bord de l'eau en Laconie ?
La Laconie a deux visages balnéaires : les criques de la côte est, souvent désertes, et les grandes plages de sable du sud.
Autour de Monemvasia, la plage de Pori, longue d’environ 2 km, offre une vue spectaculaire sur le rocher ; Vlychada est entourée de pentes boisées, et Balogeri est une petite baie fermée entre des rochers. Sur le rocher même, on se baigne depuis les rochers près de la petite porte de la mer, le Portello. À 5 km au nord, la plage d’Épidaure Limera, au pied d’une colline antique, est couverte de galets multicolores, comme ceux que Pausanias admirait sur le promontoire voisin de Minoa. Plus au nord, Kyparissi a deux plages de galets, Mikri Ammos et Megali Ammos, à l’eau claire et peu profonde, calmes même par vent fort ; à 2 km, Agia Kyriaki a de beaux fonds pour le masque, et de petites criques ne s’atteignent qu’en bateau.
Au sud, Elafonissos concentre les grandes plages de sable blanc : Simos, double baie (Sarakiniko à l’est, Fragkos à l’ouest) séparée par une dune plantée de genévriers, en partie équipée de transats et de beach-bars, et la petite plage de Panagia, près du port, ombragée de tamaris. Dans la péninsule des Vatika, plages de sable sombre ou clair et criques rocheuses alternent, comme à Agios Pavlos.
À l’ouest du golfe, les plages de Gythio, Mavrovouni, Selinitsa et celle de l’épave du Dimitrios à Valtaki (ou Glyfada), sont décrites sur la page Magne.
Pour les grimpeurs, Kyparissi est devenu un site d’escalade sportive reconnu, plus calme que Leonidio et couvert par le même topo ; l’automne est la meilleure saison. À Pounta, face à Elafonissos, la cité engloutie de Pavlopetri, habitée de la fin du Néolithique, vers 3500 av. J.-C., à la fin de l’âge du bronze, repose entre 1 et 4 m de fond : elle se découvre au masque et aux palmes, sans ancrer ni rien prélever. À une quinzaine de kilomètres de Neapoli, au-delà du village d’Agios Nikolaos, le géoparc montre sur le rivage des troncs et des souches pétrifiés, certaines d’un mètre de diamètre ; l’accès se fait par 2 km de piste, prévoyez de bonnes chaussures pour les rochers.
Où randonner en Laconie ?
Le Taygète est la grande montagne de la Laconie. Depuis Sparte, une route mène par Palaiopanagia à la source de Magganiaris, à 980 m, d’où un sentier gagne en 1 h 30 le refuge de Varvara, vers 1 550 m ; de là, comptez 2 h 30 à 3 h pour le sommet du Profitis Ilias, à 2 407 m. Le sommet marque la frontière avec la Messénie, et par temps clair on y voit la mer des deux côtés de la péninsule. Le refuge, de 26 places, se réserve auprès du club alpin de Sparte, à consulter aussi sur la météo. Plus bas, plusieurs sorties se font à la journée : au nord de Sparte, la gorge des Moulins descend de Georgitsi à Kastori (6,6 km, environ 2 h) entre cascades et anciens moulins, fermée de novembre à avril ; près de Mystras, la boucle de Parori mène en un quart d’heure au monastère rupestre de la Panagia Lagkadiotissa, et la gorge de la Langada est traversée par un sentier dans la forêt du Taygète, vers Kalamata.
Sur le versant oriental, le Parnon offre des sentiers plus doux, comme la marche d’une heure de Vamvakou au monastère d’Agia Kyriaki. Au sud, la péninsule des Vatika est un très bon terrain de randonnée, avec ses villages, ses châteaux et ses pistes, où un véhicule tout-terrain est souvent utile ; à Monemvasia, un sentier côtier part du Lazaretto, juste après le pont, et contourne le Rocher sous la muraille nord jusqu’au phare de Parapola (environ 1 h). À la pointe de la péninsule, le sentier balisé de Velanidia au phare du cap Malée compte environ 9 km et 3 h 30 de marche à l’aller, avec peu de dénivelé mais un sol caillouteux et exposé, à éviter aux heures chaudes ; une source coule à Agios Myronas, et partir de la chapelle d’Osios Thomas raccourcit la marche d’environ 1 h 30.
Meilleures saisons : avril à juin et septembre-octobre. Le Taygète reste enneigé jusque tard au printemps, parfois jusqu’au début de l’été. Voir aussi nos conseils randonnée en Grèce.
La carte du Péloponnèse
Comment venir et se déplacer en Laconie ?
Sparte est à environ 225 km d’Athènes par l’autoroute qui passe par Corinthe et Tripoli, puis par la bretelle de Lefktro, ouverte en 2016 ; l’aéroport le plus proche est celui de Kalamata (KLX), à environ 70 km par le col de la Langada, desservi en saison par des vols depuis la France, et celui d’Athènes (ATH). Les bus KTEL Laconie relient Athènes à Sparte via Tripoli, puis Sparte à Mystras, Monemvasia, Gythio et Neapoli. Depuis Leonidio, une route de montagne traverse le Parnon jusqu’à Sparte, en environ 85 km et 1 h 45. Neapoli et Gythio sont reliés par ferry à Cythère. Pour Geraki, Kyparissi et les Vatika, une voiture de location est indispensable.
Quelles spécialités goûter en Laconie ?
La vallée de l’Eurotas est couverte d’orangers et de mandariniers, l’un des grands vergers d’agrumes du pays, et ses oliveraies produisent sous l’IGP Lakonia ; trois huiles AOP portent le nom de leur terroir, Krokees, Petrina et Finiki. La sfela (σφέλα), fromage AOP salé et piquant de lait de brebis ou de chèvre, conservé en saumure, se partage avec la Messénie.
Le paspalas (πασπαλάς), bouillie de farine et d’huile aux morceaux de porc frit, et les haricots géants au four avec du sigklino (σύγκλινο), porc salé et fumé, sont des plats de la vallée. Dans les Vatika, les tsaitia (τσαΐτια), petits chaussons frits aux herbes et au fromage frais de chèvre, sont la spécialité locale. Monemvasia a donné son nom à la malvoisie, vin doux qui a fait sa richesse au Moyen Âge : l’AOP Monemvasia-Malvasia la protège aujourd’hui, et la tradition du vin de raisins séchés au soleil est inscrite au registre national du patrimoine immatériel. On y achète aussi des amygdalota (αμυγδαλωτά), petits gâteaux aux amandes.
Quelles fêtes et quels événements en Laconie ?
- Lundi suivant le dimanche de Thomas (huit jours après Pâques) : fête de la Panagia Chrysafitissa, la plus grande fête de la ville, Monemvasia.
Que ne faut-il pas rater en Laconie ?
- La Péribleptos et la Pantanassa de Mystras, dont les fresques comptent parmi les mieux conservées du site, dès l’ouverture.
- Une nuit sur le rocher de Monemvasia, pour la ville basse au calme du soir, une fois les cars d’excursion repartis.
- La montée matinale à l’église Agia Sofia de Monemvasia, posée au bord de la falaise, avant que le soleil ne frappe la ville haute.
- La route du col de la Langada, de Sparte à Kalamata, à travers les forêts du Taygète, avec un arrêt à Trypi pour le chevreau.
- Les églises médiévales et la forteresse de Geraki, à l’écart des circuits, sur les pentes du Parnon face à la vallée de l’Eurotas.
- Le village de Kyparissi, ses deux plages de galets et sa route vertigineuse, longtemps accessible seulement par la mer.
- La plage de Simos à Elafonissos en juin ou en septembre, quand dunes et eau turquoise ne sont pas encore prises d’assaut.
- La grotte de Kastania, dans la péninsule des Vatika, et ses concrétions estimées à trois millions d’années, en visite guidée sur un circuit de 500 m.
- Le musée de l’Olive et de l’Huile grecque à Sparte, ses pressoirs anciens et son parcours sur l’huile depuis l’Antiquité, fermé le mardi.
- Une traversée vers Cythère depuis Neapoli, pour prolonger le séjour sur une île restée à l’écart du tourisme de masse.
Questions fréquentes sur la Laconie
Combien de temps faut-il pour visiter Mystras ?
Une demi-journée, en commençant tôt. Le site a deux entrées, en haut et en bas, à 2 km l’une de l’autre : on peut monter en voiture ou en taxi à l’entrée haute et descendre à pied. Prévoyez de l’eau, un chapeau et de bonnes chaussures.
Faut-il dormir à Monemvasia ?
C’est recommandé : la journée, les cars d’excursion remplissent la rue principale, surtout l’été et le week-end. Tôt le matin et le soir, la ville retrouve son calme. Réservez à l’avance, surtout le week-end et en août ; on trouve aussi des chambres à Gefyra, sur le continent.
Comment aller à Elafonissos ?
En voiture jusqu’à Pounta, à 13 km de Neapoli, puis en ferry, environ dix minutes de traversée, avec ou sans véhicule. Des bus relient Neapoli à Pounta, et un bus local fait le tour de l’île en saison, jusqu’aux plages de Simos, Panagia et Sarakiniko.
Sparte vaut-elle le détour ?
Pour la ville antique elle-même, peu : il reste surtout l’acropole et le théâtre. Le musée archéologique et le musée de l’Olive méritent une visite, et Sparte est la base la plus pratique pour Mystras, Geraki et le Taygète.
Combien de jours prévoir en Laconie ?
Au moins quatre jours sans le Magne : un pour Sparte et Mystras, un pour Monemvasia, un pour les Vatika ou Elafonissos, un pour Geraki ou la route de la Langada. Ajoutez deux jours ou plus pour le Magne.
Quand partir en Laconie ?
Avril-juin et septembre-octobre sont idéaux pour Mystras, Monemvasia et la randonnée. L’été convient aux plages d’Elafonissos et de Kyparissi, mais Monemvasia et Simos sont alors très fréquentés. L’hiver est doux sur la côte et enneigé sur le Taygète.
Comment aller à Cythère depuis la Laconie ?
Par ferry depuis Neapoli, environ 1 h 15 de traversée, avec des départs quotidiens, ou depuis Gythio, plusieurs fois par semaine, en un peu plus de deux heures. Cythère dépend administrativement de l’Attique mais se combine naturellement avec un séjour en Laconie.
Liens utiles sur la Laconie
- Site touristique officiel de la région Péloponnèse
- Real Sparta, site touristique de la municipalité de Sparte
- Municipalité de Monemvasia (en grec)
- Hellenic Heritage : Mystras, billets officiels
- Grotte de Kastania (municipalité de Monemvasia)
- Musée de l’Olive et de l’Huile grecque, Sparte
- Visit Vatika, portail touristique de la péninsule des Vatika
- Visit Elafonisos : plages et traversées
- Ferry Neapoli-Cythère (Triton Ferries)
- Taygète, Parnon, Elafonissos (organisme de gestion des espaces protégés)
- Bus KTEL Laconie
La Laconie en chiffres
- Superficie : 3 636 km²
- Population : 84 337 habitants (2021)
- Chef-lieu : Sparte ; autres villes : Molaoi, Gythio, Neapoli, Monemvasia-Gefyra
- Cinq communes : Sparte, Évrotas, Monemvasia, Magne oriental, Elafonissos
- Point culminant : Taygète (Profitis Ilias), 2 407 m, aussi point culminant du Péloponnèse
- Site UNESCO : Mystras (1989)
- Depuis Athènes : Sparte à environ 225 km
- Aéroport le plus proche : Kalamata (KLX), à environ 70 km de Sparte
