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Traditions des îles Saroniques : pistache, dentelle et fêtes paysannes

Aux portes d'Athènes, les îles Saroniques ont gardé des traditions modestes et très ancrées. À Égine, la pistache est au cœur de l'identité de l'île depuis le XIXe siècle : culture, transformation, produits traditionnels, et un festival annuel qui lui est consacré. Le même monde paysan a donné le leidinos, repas léger pris au crépuscule après les travaux des champs, de la mi-mars à la mi-septembre ; chaque 14 septembre, à Kypseli, on l'enterre au cours de funérailles parodiques, avec lamentations et koliva, avant la fête. À Salamine, des groupes de femmes et des artisanes tressent encore le kopaneli, une dentelle aux fuseaux qui ornait le costume de Koulouri, nom ancien de la ville. Notre démarche est présentée sur Traditions vivantes de Grèce.

Pourquoi prendre le temps de rester à Égine et à Salamine ?

Parce que ces îles proches d'Athènes sont trop souvent vues en une journée, entre deux bateaux. Leurs traditions demandent l'inverse : elles sont nées du rythme des champs, de l'organisation patiente des producteurs et des heures de travail des dentellières. Nous conseillons de rester au moins une nuit, de quitter le port et d'aller vers les villages et les vergers de pistachiers plutôt que d'enchaîner les excursions. C'est là que l'on comprend comment Égine et Salamine ont gardé une vie propre, à quelques milles du Pirée. Si près de la capitale, le slow tourisme y a peut-être plus de sens qu'ailleurs : il suffit de ne pas reprendre le bateau du soir.

Quand découvrir les traditions des îles Saroniques ?

À Égine comme à Salamine, la tradition ne se limite pas à une fête annuelle. Elle se vit dans le travail des vergers, dans les gestes répétés des dentellières, dans un attachement à l’île qui résiste à la proximité d’Athènes. Quelques rendez-vous jalonnent cependant l’année et ont été retenus comme particulièrement représentatifs des coutumes de ces îles.

  • Le 14 septembre, Kypseli, à Égine, enterre le leidinos à la fin de la saison des champs.
  • Chaque année, Égine consacre un festival à sa pistache.
  • Toute l’année, les dentellières de Salamine perpétuent le kopaneli.

Quelles traditions découvrir dans les îles Saroniques ?

Choisissez une île pour afficher ses traditions : Égine ou Salamine.

3 traditions

Le kopaneli, dentelle aux fuseaux de Salamine

To kopaneli tis Salaminas

SalamineSaroniquesRegistre 2026

Le kopaneli de Salamine est une dentelle aux fuseaux : on la tresse sur un coussin cylindrique avec des bobines de bois, dont le choc pendant le travail a donné son nom. Le grand nombre de fuseaux utilisés distingue sa technique de celles d'autres régions. Elle orne le costume de Koulouri, nom ancien de la ville de Salamine, ainsi que le trousseau, des bijoux et des accessoires féminins, à la fois utilitaires et décoratifs. Vieille de plusieurs siècles, la technique est encore pratiquée par des groupes de femmes et par des artisanes indépendantes.

Registre national
Inscrite en 2026

Leidinos d'Égine

Leidinos tis Aiginas

Kypseli (Égine)SaroniquesRegistre 2025

Le leidinos était le repas léger que les paysans d'Égine prenaient au crépuscule, en rentrant des champs, de la mi-mars à la mi-septembre. Quand les jours raccourcissent, la coutume s'arrête : chaque 14 septembre, jour de l'Exaltation de la Croix, le village de Kypseli l'enterre. On fabrique un mannequin d'homme, que les enfants promènent dans les rues avec des fleurs, des palmes et des drapeaux, tandis que les femmes agitent leurs mouchoirs et chantent. Viennent les lamentations parodiques, l'inhumation et les koliva, avant un festin et une distribution de petits pains d'orge. Organisée par l'association culturelle de Kypseli, cette fête satirique, d'esprit dionysiaque, réunit chaque année des centaines d'habitants et de visiteurs.

Registre national
Inscrite en 2025

Le pistachier et la pistache d'Égine

I fistikia kai to fistiki stin Aigina

ÉgineSaroniquesRegistre 2023

Le pistachier est arrivé à Égine à la fin du XIXe siècle : la première plantation date de 1896, et la première pépinière commerciale de 1925. Il couvre aujourd'hui l'essentiel de la plaine du nord-ouest de l'île, avec près de 240 000 arbres, greffés sur des pistachiers sauvages. La récolte se fait de la fin août au début septembre, à la main, avec des bâtons et des filets ; les fruits sont décortiqués, autrefois au pied, séchés au soleil, puis grillés avec du sel. On en tire pistaches fraîches ou grillées, huile, liqueur et pâte. La coopérative des producteurs, fondée en 1947 et installée à Myloi, porte cette culture, protégée par une appellation d'origine depuis 1996. Chaque année, le festival de la pistache attire des milliers de visiteurs sur l'île.

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