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L'Argolide, citadelles mycéniennes et rivage de Nauplie à deux heures d'Athènes

L’Argolide est la plus petite unité régionale du Péloponnèse, environ 2 150 km² entre la Corinthie, l’Arcadie et le golfe Saronique. Elle concentre pourtant les grandes citadelles mycéniennes et deux sites inscrits à l’UNESCO : Mycènes, Tirynthe, Épidaure et Argos sont à moins d’une heure de route les uns des autres. Nauplie, capitale de la Grèce indépendante jusqu’en 1834, sert de base naturelle, à environ deux heures d’Athènes. La fréquentation se concentre sur peu de points : les cars d’excursion à Mycènes et à Épidaure en milieu de journée, et Nauplie le week-end, quand les Athéniens descendent. Au sud, la presqu’île d’Ermionida, avec Kranidi, Ermioni et Porto Heli, tourne le dos aux sites antiques et regarde Hydra et Spetses.

Plaine d'Argos, côte saronique et Ermionida, trois Argolide en une

L’Argolide se lit en trois ensembles. La plaine d’Argos et le golfe de Nauplie, plantés d’orangers et d’oliviers, réunissent Nauplie, Argos, Tirynthe, Mycènes et les plages de Tolo : c’est la partie la plus visitée. La côte saronique, à l’est, s’organise autour d’Épidaure, de Lygourio et des petits ports de Palaia et Nea Epidavros, avec la presqu’île de Trézène et Methana au-delà. La presqu’île d’Ermionida, au sud, mêle collines d’oliviers, grottes préhistoriques et ports tournés vers les îles Saroniques. Ces trois zones structurent la description et les plages ci-dessous.

Que voir en Argolide ?

Que voir autour de Nauplie et dans la plaine d’Argos ?

Nauplie (📍) est le point d’ancrage de presque tous les séjours : vieille ville piétonne, forteresse vénitienne du Palamidi, îlot fortifié du Bourtzi et musées, détaillés sur notre page. La ville fut la capitale de la Grèce indépendante jusqu’en 1834, et c’est devant l’église Agios Spyridon, où l’on voit encore l’impact d’une balle, que le gouverneur Kapodistrias fut assassiné en 1831. Elle se remplit le week-end et en été ; en semaine et hors saison, les prix des hôtels de la vieille ville baissent nettement.

À 25 km au nord, Mycènes (📍), inscrite à l’UNESCO en 1999 avec Tirynthe, attire les foules de la plaine : porte des Lionnes, murs cyclopéens, trésor d’Atrée. Venez à l’ouverture, avant les cars, ou en fin d’après-midi. Tirynthe, à 8 km au sud-est d’Argos, est plus discrète et souvent presque vide. Ses murailles cyclopéennes, longues de 750 m et épaisses par endroits de 7 m, impressionnaient déjà Pausanias, et la forteresse dominait autrefois le rivage, aujourd’hui reculé au milieu des agrumes. Horaires et billets sont détaillés sur notre page Mycènes.

Argos (📍), l’une des plus anciennes villes habitées d’Europe, aux vestiges plus discrets, garde un théâtre antique taillé dans la colline qui pouvait accueillir environ 20 000 spectateurs, davantage qu’Épidaure. L’agora et les thermes romains se visitent à côté, et un sentier raide monte au château de la Larissa, forteresse byzantine reconstruite par les Francs au XIIIe siècle sur l’acropole antique, pour une vue sur tout le golfe. Sur la route de Tripoli, le site de Lerne, occupé dès 6500 av. J.-C., est le lieu où la mythologie place l’Hydre combattue par Héraclès. Au sud-est de Nauplie, Tolo et l’acropole d’Asini, sur le cap de Kastraki, ferment le golfe ; les Suédois y ont fouillé dans les années 1920 avec le futur roi Gustave VI Adolphe.

Quels sites moins connus voir dans la plaine d’Argos ?

Entre Mycènes et Nauplie, une route secondaire relie plusieurs sites peu fréquentés. L’Héraion d’Argos, grand sanctuaire d’Héra étagé en terrasses, dominait la plaine que traversaient les processions venues d’Argos, à 8 km ; une tombe mycénienne à coupole se trouve tout près, à Prosymna. Un peu plus loin, la citadelle de Midée, forteresse cyclopéenne du XIIIe siècle av. J.-C., comptait parmi les plus grands sites mycéniens et offre une belle vue sur la plaine. Sa nécropole, à Dendra, a livré l’armure de bronze exposée au musée archéologique de Nauplie, l’une des plus anciennes panoplies complètes connues. À environ 5 km au sud d’Argos, les sources de Kefalari jaillissent au pied du mont Chaon, sous deux grottes dédiées dans l’Antiquité à Pan et à Dionysos ; le parc ombragé et ses tavernes sont une sortie locale, bondée les week-ends d’été. Au nord, le défilé de Dervenaki rappelle la victoire de Kolokotronis sur l’armée de Dramali, en 1822.

Que voir du côté d’Épidaure, sur le golfe Saronique ?

Le sanctuaire d’Épidaure (📍), inscrit à l’UNESCO en 1988, réunit le grand théâtre du IVe siècle av. J.-C., célèbre pour son acoustique, et le sanctuaire d’Asclépios, l’un des grands centres de guérison du monde antique. Il se trouve près du village de Lygourio, à une quinzaine de kilomètres de la mer, et se remplit en été les soirs de représentation du festival. Sur la côte, Palaia Epidavros garde son petit théâtre d’environ 2 000 places et une cité antique engloutie dans la baie de Gliati, visible avec un masque. Nea Epidavros, un peu plus au nord, où siégea la première Assemblée nationale grecque en 1822, est connue des randonneurs pour sa gorge.

Plus à l’est, la presqu’île de Trézène et le volcan de Methana (📍) relèvent administrativement de l’Attique, mais on y accède par l’Argolide. Methana, avec ses villages, son cratère et ses eaux thermales, a sa page dédiée. À Galatas, une courte traversée mène à Poros, et la forêt de citronniers de Lemonodasos s’étend sur la côte voisine. Le site de l’antique Trézène, patrie légendaire de Thésée, se visite à l’écart des circuits.

Que découvrir dans la presqu’île d’Ermionida ?

Le sud de l’Argolide change d’échelle : peu de sites célèbres, des collines d’oliviers et des ports tournés vers les îles. Kranidi, bourg agricole, donne son nom à une huile d’olive AOP. À une soixantaine de kilomètres de Nauplie, les « grottes » de Didyma sont deux immenses dolines : la plus petite, dans la plaine, mesure environ 150 m de diamètre pour 80 m de profondeur, et un passage en escalier descend vers deux chapelles byzantines creusées dans sa paroi, la Métamorphose et Agios Georgios. Près de Kilada, village de pêcheurs et de chantiers navals, la grotte de Franchthi est l’un des sites préhistoriques majeurs d’Europe, occupé sur plus de 30 000 ans, du Paléolithique au Néolithique ; on l’approche à pied depuis la plage (voir plus bas).

Ermioni (📍) a gardé une atmosphère de village de pêcheurs autour d’un port où les plaisanciers mouillent presque toute l’année ; des bateaux en partent pour Hydra et Spetses, et ses grenades AOP se récoltent à l’automne. Porto Heli (📍) (vue 360°), face à Spetses, est devenue une station de vacances haut de gamme, avec hôtels de luxe et marina : ceux qui cherchent un village authentique risquent d’être déçus. Au sud, le cap d’Agios Emilianos, ses plages de sable et sa chapelle tournée vers Spetses valent en revanche un coucher de soleil. Depuis Kosta, à quelques kilomètres, des bateaux rejoignent aussi Spetses.

Où se baigner et que faire au bord de l'eau en Argolide ?

L’Argolide offre des plages faciles, souvent aménagées, et quelques criques plus sauvages vers Épidaure et l’Ermionida.

Autour de Nauplie, Karathona, à 4 km de la ville, est la plage préférée des habitants : longue plage de sable bordée de tamaris et de palmiers, reliée à Arvanitia par un sentier en corniche. Tolo, à une dizaine de kilomètres, aligne la plage organisée de Psili Ammos face aux îlots de Koronisi et Romvi, très fréquentée en juillet et en août. La mer du golfe, abritée, convient bien aux familles avec de jeunes enfants, à Karathona comme à Psili Ammos. Dans Nauplie même, on se baigne à la plage d’Arvanitia, au pied de l’Acronauplie, ou dans la petite crique de Neraki. Pour plus de calme, la petite crique de galets de Kastraki, au pied de l’acropole d’Asini, est préférable.

Sur la côte saronique, Kalamaki, entre Palaia et Nea Epidavros, est l’une des plages les plus agréables de cette côte (voir notre page Épidaure). À Palaia Epidavros, Gliati se prête au masque et tuba au-dessus des vestiges engloutis.

En Ermionida, la côte est découpée en criques, souvent rejointes en bateau depuis Porto Heli ou Ermioni ; Ermioni n’a pas de grande plage, et l’on se baigne surtout depuis les rochers et les anses voisines. Au sud de Porto Heli, Kounoupi prolonge les plages d’Agios Emilianos. Près de Nauplie, la grande plage de Plaka, à Drepano, mêle petits galets et fond de sable.

Côté activités, Nauplie est aussi un site d’escalade : les falaises de l’Acronauplie, de Neraki et de Karathona, au bord de l’eau, comptent environ 160 voies, adaptées aux débutants et aux grimpeurs intermédiaires, à pratiquer de l’automne au printemps. En Ermionida, les ruines de l’antique Halieis, englouties à faible profondeur à l’entrée de la baie de Porto Heli, s’observent au masque et au tuba, et le club nautique d’Ermioni propose des initiations à la voile. Un centre de plongée est aussi installé à Nauplie, et des vélos se louent à Nauplie et à Argos pour parcourir la plaine, plate, entre Tirynthe et les vergers. Des bateaux font en quelques minutes la navette entre le port de Nauplie et le Bourtzi. En été, programmez les sorties tôt le matin : la plaine d’Argos devient brûlante l’après-midi.

Où marcher en Argolide ?

Aux reliefs modestes, l’Argolide se prête surtout à des marches courtes, souvent liées aux sites ; les grands massifs commencent à l’ouest, en Arcadie.

À Nauplie, le sentier en corniche qui longe la falaise d’Arvanitia jusqu’à la plage de Karathona se parcourt en famille, et l’ascension des marches du Palamidi se fait de préférence tôt le matin ou au coucher du soleil, avec de l’eau (détails sur notre page Nauplie). À Argos, le sentier qui monte du théâtre antique au château de la Larissa demande environ 45 minutes d’une montée raide, à redescendre par le même chemin.

Près d’Épidaure, la gorge de Nea Epidavros est la sortie nature la plus connue de la côte saronique. En Ermionida, le court sentier de rochers qui mène à la grotte de Franchthi, balisé de flèches rouges, combine marche et baignade, et les collines autour de Didyma et de Kranidi se parcourent sur des chemins agricoles, sans balisage. À Methana, voisine, un sentier taillé dans la lave monte en une demi-heure au cratère depuis Kaimeni Chora (voir notre page Methana).

Entre Mycènes et Nauplie, les citadelles de Midée et de l’Héraion se rejoignent par de petites routes agricoles où l’on marche entre vergers et oliviers, avec la plaine en contrebas.

Pour des itinéraires de plusieurs jours, cap sur l’Arcadie et le sentier du Ménale, à une heure de route, ou sur les montagnes de Corinthie. Évitez les heures chaudes de juillet et août, sans ombre sur la plupart de ces sentiers. Voir aussi nos conseils randonnée en Grèce.

La carte du Péloponnèse

Comment venir et se déplacer en Argolide ?

Nauplie est à environ deux heures de route d’Athènes par l’autoroute qui passe le canal de Corinthe, et Mycènes à environ 1 h 30. L’aéroport le plus proche est celui d’Athènes (ATH), qui concentre les vols depuis la France. Les bus KTEL Argolide partent du terminal de Kifissos, à Athènes, pour Argos, Mycènes et Nauplie, environ dix par jour, en 2 h jusqu’à Argos ; la gare routière de Nauplie est à l’entrée de la vieille ville, et Argos est à 30 minutes. Depuis Nauplie, des bus desservent Mycènes, Épidaure et Tolo, mais les horaires se prêtent mal à plusieurs sites dans la journée. À Nauplie même, la voiture est inutile : la vieille ville est piétonne. Pour l’Ermionida, Épidaure et les criques, une voiture de location reste indispensable. Ermioni et Porto Heli sont aussi reliés par bateau aux îles Saroniques et au Pirée.

Quelles spécialités goûter en Argolide ?

La cuisine argolide est celle d’une plaine fertile, entre vergers et bergeries. Les gkogkes (γκόγκες) sont des pâtes fraîches faites à la main, autrefois de farine et d’eau, aujourd’hui souvent enrichies d’huile d’olive, roulées puis creusées sur une planchette striée ; cuites, on les fait revenir au beurre et on les couvre de mizithra. La bogana (μπογάνα), agneau cuit longuement en cocotte avec pommes de terre et aromates, est le plat des jours de fête.

La région compte plusieurs produits protégés : les huiles d’olive AOP de Kranidi, de Lygourio-Asklipiou et, sur la presqu’île voisine, de Trézène, et la grenade d’Ermioni AOP, récoltée à l’automne. La plaine d’Argos produit aussi oranges, melons et artichauts, ceux d’Iria étant les plus réputés. Les fromagers de la plaine produisent mizithra et graviera. Côté vin, l’IGP Argolida couvre la région, et l’AOP Némée, centrée sur la Corinthie voisine, déborde au nord de la plaine, autour de Gymno et de Malandreni.

Quelles fêtes et quels événements en Argolide ?

  • Fin juin à début août : festival d’Athènes et d’Épidaure, représentations les vendredis et samedis au grand théâtre, Épidaure.
  • Juillet : festival de Nauplie, concerts de musique classique et traditionnelle, Nauplie.
  • Automne : récolte des grenades, Ermioni.

Que ne faut-il pas rater en Argolide ?

  • Le site de Mycènes dès l’ouverture, avant l’arrivée des cars d’excursion, puis le trésor d’Atrée encore à l’ombre du matin.
  • Les murailles cyclopéennes de Tirynthe, site inscrit à l’UNESCO et souvent presque vide, à quelques minutes de route de Nauplie.
  • Le théâtre antique d’Argos, plus vaste qu’Épidaure, puis la montée au château de la Larissa pour la vue sur tout le golfe.
  • Une représentation estivale au grand théâtre d’Épidaure, dont l’acoustique se vérifie depuis les derniers gradins pendant le festival.
  • Une soirée dans la vieille ville de Nauplie en semaine, quand les visiteurs du week-end venus d’Athènes sont repartis.
  • Le masque et le tuba au-dessus de la cité antique engloutie de Palaia Epidavros, dans la baie peu profonde de Gliati.
  • L’église byzantine d’Agios Georgios cachée au fond d’une doline effondrée à Didyma, dans l’intérieur de la presqu’île d’Ermionida.
  • Un coucher de soleil sur Spetses depuis la chapelle du cap d’Agios Emilianos, à quelques kilomètres au sud de Porto Heli.
  • Un plat de gkogkes revenues au beurre et couvertes de mizithra, dans une taverne de la plaine d’Argos ou de Nauplie.
  • Une traversée vers Hydra depuis le port d’Ermioni, pour combiner l’Argolide et une île sans voiture le temps d’une journée.
  • La citadelle mycénienne de Midée et l’Héraion d’Argos, deux sites peu fréquentés entre Mycènes et Nauplie, avec vue sur la plaine.

Questions fréquentes sur l'Argolide

Combien de jours faut-il pour visiter l'Argolide ?

Comptez trois jours pour l’essentiel : un pour Mycènes et Tirynthe, un pour Épidaure et Palaia Epidavros, un pour Nauplie et Argos. Ajoutez un ou deux jours pour l’Ermionida et une excursion à Hydra ou Spetses.

C’est la base la plus pratique : tous les grands sites sont à moins d’une heure, et la ville se visite à pied. Les prix montent le week-end ; Tolo, Argos ou les villages de la route d’Épidaure sont des alternatives moins chères. Pour l’Ermionida, dormez à Ermioni.

Oui, en milieu de journée et surtout de mai à octobre, quand les cars d’excursion se succèdent. Arrivez à l’ouverture ou en fin d’après-midi. Tirynthe, Argos et Asini restent calmes même en été.

En partie. Les bus KTEL relient Athènes à Argos et Nauplie, et desservent Mycènes, Tolo et Épidaure depuis Nauplie, mais avec peu de fréquences. Pour enchaîner plusieurs sites dans la journée ou rejoindre l’Ermionida, une voiture est nécessaire.

Avril-mai et septembre-octobre sont idéaux pour les sites, sans la chaleur de la plaine d’Argos. L’été convient aux plages et au festival d’Épidaure, mais les sites sont brûlants l’après-midi. L’hiver est doux à Nauplie, qui reste animée toute l’année.

Hydra depuis Ermioni, Spetses depuis Kosta ou Porto Heli, et Poros depuis Galatas, par de courtes traversées. Les trois se visitent à la journée et se combinent bien avec un séjour à Nauplie.

Non : la presqu’île volcanique de Methana et la Trézénie relèvent administrativement de l’Attique. Elles prolongent pourtant l’Argolide par la route, et l’on y accède depuis Épidaure ou Nauplie, en combinant volcan, thermes et traversée vers Poros.

Liens utiles sur l'Argolide
  • Superficie : 2 154 km², la plus petite unité régionale du Péloponnèse
  • Population : 93 216 habitants (2021)
  • Chef-lieu : Nauplie ; autres villes : Argos, Kranidi, Ermioni
  • Quatre communes : Argos-Mycènes, Épidaure, Ermionida, Nauplie
  • Sites UNESCO : Mycènes et Tirynthe (1999) ; sanctuaire d’Asclépios à Épidaure (1988)
  • Depuis Athènes : Mycènes à environ 1 h 30, Nauplie à environ 2 h
  • Aéroport le plus proche : Athènes (ATH)