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La Corinthie, vignes de Némée et lacs de montagne derrière l'isthme

À une heure d’Athènes, la Corinthie se résume souvent, pour les voyageurs qui gagnent le Péloponnèse, à un arrêt au canal. Le canal et la cité antique de Corinthe ne sont pourtant qu’une partie d’une région de 2 290 km² qui s’étend entre le golfe de Corinthe et le golfe Saronique. Derrière l’isthme commencent les vignobles de Némée, l’un des grands terroirs de vin rouge de Grèce, autour du cépage agiorgitiko, puis des montagnes de sapins où se cachent le lac Doxa, le plateau de Feneos et les villages de pierre de Trikala. Sur la côte, Loutraki et Xylokastro sont des stations balnéaires grecques, animées l’été et le week-end. Hors du canal et de l’Acrocorinthe, les visiteurs étrangers y sont rares.

De l'isthme aux lacs de montagne, les trois visages de la Corinthie

La Corinthie se parcourt en trois ensembles. L’isthme et ses deux golfes réunissent le canal, Corinthe antique, l’Acrocorinthe, Loutraki, la presqu’île de Perachora et, au sud-est, la baie de Korfos face à Égine. La côte du golfe de Corinthe, de Kiato à Derveni par Xylokastro, aligne des stations balnéaires fréquentées par les Grecs. La Corinthie des montagnes, au sud et à l’ouest, rassemble Némée et ses vignes, les lacs de Stymfalia et de Doxa, le plateau de Feneos et les villages de la Ziria. Ces trois zones structurent la description et les plages ci-dessous.

Que voir en Corinthie ?

Que voir autour de l’isthme et de Corinthe ?

Le canal de Corinthe, ouvert en 1893, coupe l’isthme sur plus de 6 km entre deux parois verticales (vue 360°) ; on l’observe depuis les ponts ou depuis le port d’Isthmia, détaillé sur notre page Corinthe. La ville moderne de Corinthe présente peu d’intérêt au-delà du canal. Corinthe antique (📍), où l’apôtre Paul prêcha, s’étend bien au-delà de la zone fouillée : le temple d’Apollon et ses sept colonnes doriques, la fontaine Pirène et le musée, riche en mosaïques et en statues romaines. Au-dessus, l’Acrocorinthe occupe un rocher de 575 m ceint de remparts, avec une triple ligne de portes turques, vénitiennes et byzantines ; la vue porte sur les deux golfes. Autour de l’isthme, les amateurs d’histoire ajouteront Isthmia, les ports antiques de Kenchrées et de Léchaion, et le diolkos, chaussée pavée sur laquelle les Anciens halaient les navires d’un golfe à l’autre.

Au nord du canal, Loutraki (📍) (vue 360°) est une grande station thermale moderne, connue pour son casino et ses sources (voir notre page sources thermales en Grèce) ; la ville elle-même a peu de charme, mais elle sert de base pratique. L’intérêt est autour : sur la presqu’île de Perachora, l’Héraion, sanctuaire d’Héra au bord de l’eau, se combine avec une baignade au lac de Vouliagmeni (vue 360°), lagune reliée au golfe par un chenal étroit, aux tavernes de poisson ouvertes toute l’année. Au sud-est de l’isthme, face à Égine, Korfos, village d’environ 300 habitants fondé à la fin du XIXe siècle comme port d’exportation de résine, a gardé ses caïques et ses tavernes de poisson au fond d’une baie abritée.

Que voir sur la côte du golfe de Corinthe ?

À l’ouest de Corinthe, la côte du golfe s’est couverte de résidences secondaires depuis plusieurs décennies : Kiato, Xylokastro et Derveni vivent surtout au rythme des vacances grecques. Près de Kiato, l’antique Sicyone conserve un vaste théâtre adossé à la colline, au-dessus d’une plaine de vergers. Xylokastro (📍) est la plus agréable des stations de la côte, avec la pinède de Pefkias qui borde la mer à l’est de la ville. Dans ce bois, la villa achevée en 1916 sur les plans du poète Angelos Sikelianos, sur un terrain acheté par son épouse Eva Palmer, a reçu Palamas, Kazantzakis et Karyotakis. Plus à l’ouest, Derveni, enrichi au XIXe siècle par le commerce du raisin de Corinthe, garde les maisons de pierre de ses marchands et sa gare de 1885, fermée en 2007 : la culture de ce raisin noir est d’ailleurs inscrite au registre national du patrimoine immatériel.

Que voir dans la Corinthie des montagnes et des lacs ?

À une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Corinthe, Némée (📍) réunit un sanctuaire antique et l’une des grandes régions viticoles de Grèce, où la mythologie place le premier travail d’Héraclès, contre le lion. Comme Olympie, Némée était un sanctuaire de Zeus qui accueillait des jeux panhelléniques : le temple, dont quelques colonnes doriques ont été relevées, voisine avec un petit musée clair et bien présenté, consacré aux trouvailles du sanctuaire, et, à 500 m, un stade dont le tunnel voûté d’entrée, vers 330 av. J.-C., l’un des plus anciens connus en Grèce, garde des graffitis d’athlètes. Le site est calme, loin des foules de Mycènes pourtant toute proche. Autour, les domaines de l’appellation Némée se visitent sur rendez-vous.

Plus haut, le lac de Stymfalia, site Natura 2000, est un lieu privilégié d’observation des oiseaux : c’est là que la mythologie place le sixième travail d’Héraclès. Sur sa rive, les ruines d’une abbaye cistercienne du XIIIe siècle et un musée de l’environnement complètent la visite. Le lac Doxa (📍) (vue 360°), à environ 900 m d’altitude au pied du Chelmos, n’existe que depuis la construction d’un barrage à la fin des années 1990 ; le monastère d’Agios Georgios le domine, et la chapelle d’Agios Fanourios s’avance sur une langue de terre. Le paysage, presque alpin, est à son plus beau en automne, avec les couleurs de la forêt. Au sud, le plateau de Feneos aligne villages de pierre, platanes et fontaines, et sa fava se vend encore directement chez les producteurs. Son propre lac, au sud du plateau, s’assèche presque entièrement en été et en automne ; au village d’Archaia Feneos, un petit musée expose les statues du sanctuaire d’Asclépios fouillé sur l’acropole antique. Entre les deux lacs, Gkoura, à 956 m, est l’un des villages où l’on s’arrête pour déjeuner après la promenade.

Sur les pentes de la Ziria, le mont Cyllène des Anciens, Trikala, en trois quartiers étagés au-dessus de 900 m, aligne demeures de pierre restaurées et tavernes ; l’église de la Dormition, à Mesaia Trikala, date d’environ 1700. Très fréquenté le week-end par les Grecs, il est agréable en semaine et hors saison. Kastania, entre Stymfalia et Feneos, au pied du Cyllène, est un autre point de départ pour la marche, avec ses maisons de pierre. Ces routes de montagne, sinueuses, permettent de relier Némée, Stymfalia, Feneos et le lac Doxa en une longue journée de voiture.

Où se baigner et que faire au bord de l'eau en Corinthie ?

La Corinthie a deux littoraux très différents : le golfe de Corinthe, aux plages de galets qui descendent vite, et le golfe Saronique, plus découpé et plus abrité.

Autour de l’isthme, Loutraki a une longue plage de galets bordée d’une promenade piétonne ; hors pleine saison, plage et cafés y sont bien plus tranquilles. À une dizaine de minutes, Flampouro mêle sable fin et galets dans une eau bleu clair. Sur la presqu’île de Perachora, le lac de Vouliagmeni, lagune reliée au golfe, offre une eau calme, peu profonde au bord mais qui devient vite profonde : surveillez les enfants. Au sud-est, la baie de Korfos, presque sans vagues, s’approfondit doucement : c’est l’une des meilleures haltes de la région pour les familles avec de jeunes enfants, et les fonds se découvrent au masque.

Sur le golfe de Corinthe, la côte de Léchaion à Kiato et Xylokastro est équipée de longue date : plages aménagées, bars de plage, cafés et hébergements. Xylokastro a une grande plage à l’eau très propre, une longue promenade et une piste cyclable, et celle de Pefkias, à l’extrémité est de la ville, labellisée Pavillon bleu, s’adosse à la pinède. Derveni, plus calme, a une plage de galets fins où l’eau devient vite profonde, comme sur la plupart de cette côte ; c’est une première baignade commode sur la route d’Athènes vers l’ouest. À Derveni comme à Xylokastro, les tavernes de poisson du front de mer prolongent la journée.

À l’intérieur, le lac Doxa, retenue achevée à la fin des années 1990 à environ 900 m d’altitude, a une eau froide qui se prête à la baignade en juillet et en août ; on en fait le tour à pied, à vélo ou à cheval, des pédalos se louent sur la rive, et l’on pique-nique sous les sapins.

Côté sensations, le saut à l’élastique depuis un pont du canal de Corinthe, 70 à 80 m au-dessus de l’eau selon les sources, se pratique en principe de mars à décembre, surtout le week-end hors été (calendrier à vérifier auprès de l’opérateur), à partir de 18 ans. À Vouliagmeni, le chenal d’à peine 6 m de large qui relie la lagune au golfe laisse voir un courant de marée qui s’inverse toutes les six heures environ, et le phare de pierre de Melagavi, au bout du cap, est le rendez-vous du coucher de soleil.

Où randonner en Corinthie ?

La Corinthie cache l’un des grands massifs du Péloponnèse : la Ziria, l’ancien Cyllène, culmine à 2 374 m à la frontière de l’Achaïe. Depuis Trikala, une route monte au plateau de la Ziria, vers 1 600 m, où se trouvent la petite station de ski, ouverte quand l’enneigement le permet, et les refuges du club alpin (EOS), ouverts sur demande. De là, la voie normale gagne le sommet en trois à quatre heures de marche soutenue, et les villages de Trikala servent de base toute l’année.

Plus au sud, la région de Kastania, sur le versant méridional du Cyllène, est appréciée des marcheurs et des botanistes ; des routes de montagne la relient au plateau de Feneos et au lac Doxa. Depuis la rive ouest du lac, un sentier balisé monte à travers la sapinière jusqu’au point culminant du massif du Ntourntouvana, la Triantafyllia (2 109 m) : environ 1 200 m de dénivelé et 5 h à l’aller, à réserver aux marcheurs entraînés. Au bord du lac de Stymfalia, les vestiges de la ville antique, murs polygonaux et chaussée aux ornières de chars, se découvrent au fil d’une marche le long de la rive, jumelles en main pour les oiseaux.

Près de Corinthe, la montée à pied de Corinthe antique à l’Acrocorinthe représente environ 4 km et près d’une heure d’effort, sans ombre ; sur le site, les chemins de pierre sont glissants. Meilleures saisons : mai-juin et septembre-octobre pour la montagne, l’automne pour les couleurs du lac Doxa. Voir aussi nos conseils randonnée en Grèce.

La carte du Péloponnèse

Comment venir et se déplacer en Corinthie ?

Corinthe est à environ une heure d’Athènes par l’autoroute qui longe le golfe Saronique, et l’aéroport le plus proche est celui d’Athènes (ATH). Le train de banlieue Proastiakos relie chaque jour Athènes à Corinthe et Kiato, en 1 h 30 environ jusqu’à Kiato. Les bus KTEL de longue distance s’arrêtent à la gare routière d’Isthmos, à 6 km à l’est de Corinthe, d’où l’on rejoint la ville en bus local ou en taxi ; le réseau KTEL Corinthie dessert ensuite Corinthe antique, Loutraki, Némée et la côte. Le lac Doxa est à environ deux heures d’Athènes : par l’autoroute de Patras, sortie de Kiato puis Stymfalia, ou sortie de Xylokastro puis la route de montagne vers Feneos. Pour les montagnes, Némée et les lacs, une voiture de location est indispensable.

Quelles spécialités goûter en Corinthie ?

La Corinthie est d’abord un pays de raisin. Le raisin de Corinthe, petit raisin noir séché au soleil en août, a fait la fortune de la côte (son AOP la plus connue, la Vostitsa, vient de l’Achaïe voisine), et on le retrouve dans la cuisine, avec la viande comme dans les gâteaux. Les villages de montagne cuisinent le porc et le gibier, et le plateau de Feneos ses légumineuses.

Némée est l’une des grandes appellations de vin rouge de Grèce : AOP depuis 1971, elle repose sur l’agiorgitiko, et l’IGP Korinthos couvre le reste de la région. Sur le plateau de Feneos, la fava de Feneos et les haricots vanilies de Feneos sont tous deux protégés en IGP. Les vergers de la côte donnent agrumes, abricots et figues, et les villages de montagne châtaignes et noix.

Quelles fêtes et quels événements en Corinthie ?

  • Fin juin : Pavleia, fêtes de saint Paul, patron de la ville, Corinthe.
  • Septembre : vendanges dans les domaines de l’appellation, Némée.
  • Tous les quatre ans : Jeux néméens, courses pieds nus dans le stade antique, Némée.

Que ne faut-il pas rater en Corinthie ?

  • La vue sur les deux golfes depuis le sommet de l’Acrocorinthe, en fin d’après-midi, après la visite de Corinthe antique.
  • Le musée et le stade de Némée, dont le tunnel d’entrée garde les graffitis des athlètes antiques, loin des foules de Mycènes.
  • Une dégustation d’agiorgitiko dans un domaine de l’appellation Némée, réservée à l’avance auprès du producteur choisi, en septembre, pendant les vendanges.
  • Le lac Doxa en automne, quand la forêt qui l’entoure prend ses couleurs et que le monastère se reflète dans l’eau.
  • L’Héraion de Perachora au bord de l’eau, puis le phare de Melagavi et une baignade dans la lagune voisine de Vouliagmeni.
  • Les oiseaux et les roselières du lac de Stymfalia, avec les ruines de l’abbaye cistercienne et le musée de l’environnement.
  • Un week-end hors saison à Trikala, sur les pentes de la Ziria, quand les Athéniens ne sont pas encore montés.
  • Une promenade dans la pinède de Pefkias à Xylokastro, jusqu’à la villa où Sikelianos recevait les écrivains grecs.
  • La baie abritée de Korfos, face à Égine, pour un déjeuner de poisson dans un village encore tranquille.
  • Un achat de fava directement chez un producteur du plateau de Feneos, avant de reprendre la route des montagnes.

Questions fréquentes sur la Corinthie

Combien de temps prévoir pour la Corinthie ?

Une demi-journée suffit pour le canal, Corinthe antique et l’Acrocorinthe, mais deux ou trois jours permettent d’ajouter Némée et ses domaines, le lac Doxa, Stymfalia et Trikala. Pour la côte et Perachora, comptez une journée de plus.

Corinthe antique et l’Acrocorinthe, le sanctuaire et le stade de Némée, l’Héraion de Perachora, les lacs de Stymfalia et de Doxa, le plateau de Feneos et le village de Trikala sur les pentes de la Ziria.

Dans les domaines de l’appellation, autour de Némée et dans les villages voisins comme Koutsi, Stimanga ou Archaia Nemea. La plupart se visitent sur rendez-vous, avec visite des chais et dégustation. Les vendanges ont lieu en septembre.

Oui, surtout en automne pour les couleurs de la forêt, ou en hiver pour son ambiance alpine. À environ 900 m d’altitude, il se trouve à deux heures d’Athènes ; on y fait le tour à pied ou à vélo, et l’on s’y baigne en été dans une eau froide.

Pour le canal et Corinthe, non : le train de banlieue relie Athènes à Corinthe et des bus desservent le site antique. Pour Némée, les lacs, Feneos et Trikala, une voiture est indispensable, les bus de montagne étant rares.

Oui pour le canal, Corinthe antique et l’Acrocorinthe, à une heure de route. Némée s’ajoute facilement dans la même journée. Les lacs et les villages de montagne méritent en revanche une nuit sur place.

À Loutraki et sur la presqu’île de Perachora, dans la lagune de Vouliagmeni, à Xylokastro et à Derveni sur le golfe de Corinthe, et dans la baie abritée de Korfos sur le golfe Saronique, la plus adaptée aux jeunes enfants.

Liens utiles sur la Corinthie
  • Superficie : environ 2 290 km²
  • Population : 138 310 habitants (2021)
  • Chef-lieu : Corinthe ; autres villes : Loutraki, Kiato, Xylokastro, Némée
  • Six communes : Corinthe, Loutraki-Perachora-Agioi Theodoroi, Némée, Sicyone, Velo-Vocha, Xylokastro-Evrostini
  • Point culminant : Ziria (Cyllène), 2 374 m
  • Depuis Athènes : Corinthe à environ 1 h ; lac Doxa à environ 2 h
  • Aéroport le plus proche : Athènes (ATH) ; train de banlieue jusqu’à Corinthe et Kiato